Par le groupe des organisations de la société civile du CESE

À l’heure où l’Union se prépare à lancer sa stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, attendue de longue date, nous nous sommes entretenus avec Alain Coheur, nouveau président de la commission consultative des mutations industrielles (CCMI) du CESE et rapporteur de l’avis du CESE intitulé «Lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en exploitant le pouvoir de l’économie sociale et des innovations socio-économiques», adopté en 2024.

Par le groupe des organisations de la société civile du CESE

À l’heure où l’Union se prépare à lancer sa stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, attendue de longue date, nous nous sommes entretenus avec Alain Coheur, nouveau président de la commission consultative des mutations industrielles (CCMI) du CESE et rapporteur de l’avis du CESE intitulé «Lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en exploitant le pouvoir de l’économie sociale et des innovations socio-économiques», adopté en 2024.

Quelles sont les trois principales conclusions de l’avis?

L’avis considère la pauvreté comme une problématique pluridimensionnelle, qui a une incidence sur le logement, l’éducation, les soins de santé, l’accès à l’énergie et l’inclusion numérique. Pour aborder cette question dans toute sa complexité, il est nécessaire d’assurer une coordination entre les niveaux local, national, européen et international. L’économie sociale constitue un vecteur de changement essentiel, mais sous-utilisé. Ancrées dans la solidarité et la gouvernance démocratique, les organisations de l’économie sociale favorisent des écosystèmes inclusifs, stimulent l’innovation sociale et apportent leur soutien aux groupes vulnérables. Toutefois, pour libérer le potentiel de l’économie sociale, il nous faut surmonter des obstacles tels que sa reconnaissance insuffisante sur le plan juridique, son financement fragmenté et le soutien limité qu’elle reçoit de la part des institutions. En l’absence d’une stratégie européenne intégrée, les efforts collectifs de lutte contre la pauvreté se trouvent compromis.

Comment ces problèmes peuvent-ils être traités? Quelles sont les trois principales recommandations?

Pour relever ces défis, l’avis préconise une approche en trois volets. Au niveau local, les organisations de l’économie sociale doivent apporter des solutions adaptées, en nouant des partenariats, en créant des rôles d’ambassadeurs locaux et en stimulant l’innovation sur le terrain. Au niveau national, les gouvernements devraient s’acquitter de leur obligation de garantir les droits fondamentaux en mettant en place des cadres juridiques et budgétaires porteurs. Au niveau européen, il convient de mettre en place une stratégie unifiée intégrant l’économie sociale dans les transitions plus larges que sont notamment l’agenda social, la stratégie numérique et le programme en matière de climat. Cela nécessite de mobiliser un soutien financier solide, consistant à optimiser les fonds de cohésion et de résilience de l’UE tout en prévoyant des financements européens spécifiques pour l’économie sociale. L’alignement sur les cadres mondiaux tels que les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, les résolutions mondiales et thématiques et les recommandations de l’OCDE amplifiera l’impact systémique de l’économie sociale et permettra un changement transformateur.

Comment la nouvelle stratégie européenne de lutte contre la pauvreté peut-elle faire progresser le combat contre la pauvreté, l’exclusion sociale et la discrimination?

La stratégie européenne de lutte contre la pauvreté offre une occasion essentielle d’atteindre des objectifs mondiaux tels que l’ODD 1 (Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde) et l’ODD 10 (Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre), et prépare en même temps une vision d’une Europe de l’après-2025 axée sur le bien-être. Les politiques doivent s’attaquer aux disparités économiques, sociales et environnementales, tout en donnant la priorité aux initiatives locales, étant donné que les communautés locales sont les mieux placées pour apporter des solutions efficaces. Les gouvernements nationaux doivent garantir un accès universel aux services essentiels tels que le logement, les soins de santé et l’éducation. L’UE devrait jouer un rôle de premier plan en encourageant la collaboration transfrontière et en redéfinissant la prospérité grâce à des indicateurs de bien-être et d’équité allant au-delà du PIB. Institutionnaliser l’économie sociale en tant que pierre angulaire de cette transition garantira des résultats inclusifs et justes pour tous.

Lors de sa session plénière de septembre, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé un débat avec Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, et a demandé à la Commission d’agir sans attendre pour faire face à la crise du logement en cours.

Lors de sa session plénière de septembre, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé un débat avec Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, et a demandé à la Commission d’agir sans attendre pour faire face à la crise du logement en cours.

Le CESE a exhorté la Commission à élaborer un plan d’action pour des logements abordables. À cet effet, il a émis un avis spécifique et se tient prêt à organiser, conjointement avec la Commission, le Parlement européen et le Comité européen des régions, le tout premier sommet européen sur le logement.

Laurenţiu Plosceanu, vice-président sortant du CESE chargé de la communication, a souligné l’engagement du Comité en faveur de logements décents, abordables et durables pour tous, mettant en évidence la contribution de la société civile au futur plan européen pour des logements abordables. «Notre message est sans équivoque: l’Union européenne doit se doter d’un plan d’action pour faire du droit au logement une réalité, et l’inscrire formellement dans sa législation», a-t-il déclaré.

Le commissaire Jørgensen a assuré qu'il mesure bien l’ampleur du défi, et qu'il n'ignore pas que de nombreux Européens peinent à trouver un logement abordable et digne. Selon lui, remédier à cette crise serait une occasion d’opérer un changement durable: «pour une Europe plus juste, plus compétitive et véritablement autonome, il est indispensable que chacun ait accès à un logement décent, durable et abordable».

Dans son avis récemment adopté, élaboré par John Comer et Thomas Kattnig, le CESE affirme que le droit à un logement décent, durable et abordable doit être formellement inscrit dans le droit primaire de l’Union.

«La durabilité est indissociable du caractère abordable des logements. Nos concitoyens n’ont pas les moyens de se loger. Dans les villes d’Europe, nombreux sont ceux qui consacrent jusqu’à 40 % de leur salaire à leur logement», a expliqué M. Comer.

«La crise du logement est un problème sociétal central qui risque de faire beaucoup de mal à la démocratie», a souligné M. Kattnig.

La politique du logement relevant principalement de la compétence des États membres, le CESE estime que l’UE doit adopter une approche coordonnée qui respecte le principe de subsidiarité. Il préconise aussi de réformer les règles en matière d’aides d’État afin d’élargir l’accès au logement social, sachant que les définitions actuelles excluent les ménages à revenu intermédiaire et les travailleurs clés.

Le CESE plaide aussi en faveur d’une action coordonnée pour réglementer les locations de courte durée, notamment par un échange de données transparent, des mesures territorialement ciblées et une surveillance stricte, avec pour visée de mettre un terme aux investissements spéculatifs et à l’évasion fiscale. Au cours du débat, les représentants de la société civile ont insisté sur l’importance de politiques budgétaires saines, de solutions adaptées aux différents systèmes de logement et régimes de financement européens innovants pour soutenir la modernisation et le logement social.

L’eau doit être une priorité stratégique pour l’Europe, a souligné le CESE lors de sa session plénière de septembre, au cours de laquelle il a adopté trois nouveaux avis sur la politique de l’eau. Le débat en plénière a réuni de hauts représentants de l’UE et des Nations unies, mettant en évidence l’engagement constant du CESE en faveur du pacte bleu pour l’Europe, dont il s’est fait le champion depuis près de quatre ans.

L’eau doit être une priorité stratégique pour l’Europe, a souligné le Comité économique et social européen (CESE) lors de sa session plénière de septembre, au cours de laquelle il a adopté trois nouveaux avis sur la politique de l’eau. Le débat en plénière a réuni de hauts représentants de l’UE et des Nations unies, mettant en évidence l’engagement constant du CESE en faveur du pacte bleu pour l’Europe, dont il s’est fait le champion depuis près de quatre ans.

Laurenţiu Plosceanu, vice-président sortant du CESE chargé de la communication, a ouvert le débat en déclarant: «Le pacte bleu a été l’une des initiatives les plus ambitieuses de notre Comité. La société civile, les entreprises, les citoyens et les partenaires sociaux sont prêts à travailler ensemble pour garantir la résilience dans le domaine de l’eau aujourd’hui et dans les années à venir.»

Deux ans après la déclaration du CESE en vue d’un pacte bleu pour l’Europe, les progrès sont évidents: l’UE dispose désormais d’un commissaire chargé de l’eau, et la stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau répond à de nombreuses exigences fondamentales. Des difficultés subsistent malgré tout. Le CESE plaide en faveur d’une intégration transversale des politiques, d’une attention accrue accordée à l’eau dans le pacte pour une industrie propre et d’un test hydrique pour l’ensemble de la législation européenne, aussi bien nouvelle que révisée.

Pedro Arrojo-Agudo, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement, a déclaré que dans les stratégies qu’elle consacre à ces sujets, l’UE doit prendre en compte l’enjeu des droits de l’homme et aller au-delà des simples déclarations d’intention: «Manquons-nous de ressources pour une course aux armements suicidaire? Apparemment non. Mais pour ce qui est du droit de l’homme à l’eau, soudainement, il n’y a plus aucun financement. C’est une question de priorités.»

Pernille Weiss-Ehler, membre du cabinet de Jessika Roswall, commissaire à l’environnement, à la résilience en matière d’eau et à l’économie circulaire compétitive, a déclaré que la stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau allait au-delà des mots: «La stratégie compte plus de 30 actions pour remédier au problème du cycle de l’eau, construire une économie intelligente dans le domaine hydrique et garantir une eau propre et abordable pour tous.»

Les trois avis du CESE proposent une approche cohérente de la résilience dans le domaine de l’eau. L’avis sur la stratégie européenne de résilience dans le domaine de l’eau accueille favorablement cette stratégie, mais plaide en faveur d’une gouvernance renforcée, d’un financement spécifique, d’un objectif d’efficacité de 10 % dans les plans sectoriels et de plans nationaux obligatoires visant à réduire les fuites.

L’avis sur la résilience dans le domaine de l’eau et la double transition traite de la relation entre l’eau, la numérisation et la décarbonation en plaidant pour des technologies efficaces, des centres de données résilients, l’utilisation de l’IA et des actions dans les zones où l’eau est rare.

Enfin, l’avis sur la diplomatie bleue et la coopération dans le domaine de l’eau souligne la nécessité d’intégrer l’eau dans la politique étrangère et de développement de l’UE afin de lutter contre les pénuries, les tensions transfrontières et les migrations climatiques.

La session plénière a confirmé la détermination du CESE à maintenir l’eau au premier rang des priorités de l’UE, traduisant ainsi le pacte bleu en actions. En clôture, M. Plosceanu a déclaré que le Comité continuera de jouer un rôle actif au sein du Forum sur la résilience dans le domaine de l’eau, de l’Alliance industrielle intelligente et en vue de la mise en place d’une plateforme des parties prenantes dans le domaine de l’eau, et demande que des mesures soient prises avant la conférence des Nations unies sur l’eau de 2026. (gb)

L’industrie sidérurgique européenne est confrontée à de graves problèmes dont les implications sont considérables. À défaut d’action rapide, on risque d’assister à des fermetures d’usines et des pertes d’emplois et de voir menacée l’autonomie stratégique de l’Union européenne en matière de défense, d’énergie propre et de technologies numériques. Le CESE invite la Commission européenne à renforcer les garanties commerciales, à réformer les politiques énergétiques et à soutenir une production à faible intensité de carbone.

L’industrie sidérurgique européenne est confrontée à de graves problèmes dont les implications sont considérables. À défaut d’action rapide, on risque d’assister à des fermetures d’usines et des pertes d’emplois et de voir menacée l’autonomie stratégique de l’Union européenne en matière de défense, d’énergie propre et de technologies numériques. Le CESE invite la Commission européenne à renforcer les garanties commerciales, à réformer les politiques énergétiques et à soutenir une production à faible intensité de carbone.

Dans un avis adopté lors de sa session plénière de septembre dernier, le CESE a invité la Commission à agir sans délai. Les mesures européennes de sauvegarde actuellement en vigueur, destinées à lutter contre les hausses soudaines d’importations d’acier et appelées à expirer en juillet 2026, ont perdu leur efficacité. Le Comité propose d’imposer des limites strictes à l’importation, des droits de douane plus élevés sur les importations excédentaires et d’introduire une règle dite «fondue et coulée» afin de vérifier le véritable pays d’origine, et ainsi de pouvoir combler les failles commerciales.

«La sidérurgie et la métallurgie européennes font face à une crise existentielle sans précédent qui menace non seulement les capacités industrielles, mais aussi l’autonomie stratégique, la transition écologique et la sécurité économique de l’Europe, explique Michal Pintér, corapporteur de l’avis. Les mécanismes de protection en vigueur et les instruments de défense commerciale existants sont défaillants. L’Union a maintenant besoin de mesures commerciales audacieuses, globales et permanentes.»

Au-delà des aspects commerciaux, l’avis est particulièrement attentif aux coûts de l’énergie: les producteurs européens paient deux à trois fois plus cher pour leur électricité que leurs concurrents américains, ce qui nuit à la compétitivité et aux investissements écologiques. Le CESE plaide en faveur d’une réforme du marché de l’électricité, d’une aide temporaire pour les industries à forte intensité énergétique et d’un meilleur accès à l’hydrogène propre.

Anastasis Yiapanis, rapporteur, demande avec force que la compétitivité soit liée à l’investissement: «Il faut agir sans tarder pour rétablir la compétitivité de l’acier européen. Il faut que la Commission évalue les besoins de financement et accroisse le soutien qu’elle apporte, y compris au moyen des recettes du marché du carbone et de la banque de décarbonation industrielle.»

Le CESE souligne l’importance du recyclage: les déchets métalliques sont moins chers et plus propres que l’acier neuf, mais de grandes quantités quittent l’Europe pour aller vers des marchés où les normes sont moins strictes. Des contrôles plus rigoureux permettront de ne pas perdre ce matériau et de renforcer l’économie circulaire.

La transition écologique doit aussi être équitable. Le CESE propose de créer un fonds spécifique pour les travailleurs des industries à forte intensité énergétique dans le but d’aider ces derniers à se reconvertir, à acquérir de nouvelles compétences, voire à partir s’installer dans une autre région si nécessaire.

Le secteur de l’acier et des métaux qui pèse encore près de trois millions d’emplois reste essentiel à l’économie européenne, mais il a perdu depuis 2008 quelque 95 000 emplois, dont 18 000 en 2024. Lorsque l’on sait que la surcapacité sidérurgique mondiale doit dépasser cinq fois la production annuelle de l’Union d’ici à 2027, le message du CESE est clair: l’Europe doit agir aujourd’hui pour garantir l’avenir de son industrie sidérurgique. (gb/dm)

Lors de sa plénière de septembre dernier, le CESE a adopté un avis d’initiative consacré à l’approche «One Health» ou «Une seule santé», dans lequel il expose une vision globale de la manière dont l’Europe peut protéger le bien-être des personnes face à la montée des périls environnementaux et sanitaires.

Le CESE plaide pour une stratégie intégrée de l’Union européenne qui permettra d’articuler les politiques en matière d’environnement, d’alimentation et de santé afin de préserver le bien-être de ses citoyens.

Lors de sa plénière de septembre dernier, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté un avis d’initiative consacré à l’approche «One Health» ou «Une seule santé», dans lequel il expose une vision globale de la manière dont l’Europe peut protéger le bien-être des personnes face à la montée des périls environnementaux et sanitaires.

Cet avis tire les leçons de la pandémie de COVID-19 et de la «triple crise planétaire» que nous connaissons actuellement sous l’effet du changement climatique, du recul de la biodiversité et de la pollution. Son message central est simple mais urgent: l’état de notre environnement a une influence directe sur la santé de nos concitoyens.

«Notre vision est claire: pour une population en bonne santé, il faut une planète en bonne santé», précise Mme Nicoletta Merlo, rapporteure de l’avis. «Si l’Europe veut réellement lutter contre le changement climatique, le recul de la biodiversité et la pollution, elle doit décloisonner son action. Les politiques menées dans les domaines de l’environnement, de l’agriculture, de l’alimentation, du commerce et de la santé doivent conjuguer leurs effets — et bénéficier d’un véritable financement.»

L’approche «Une seule santé» reconnaît qu’un air pur, une eau salubre, des sols fertiles et des systèmes alimentaires durables ne sont pas des objectifs environnementaux abstraits, mais la base même d’une vie saine. Dans son avis, le Comité adresse une mise en garde contre les substances nocives présentes dans les emballages et d’autres matériaux, contre les conséquences d’une hausse des températures et contre une pollution dont les effets peuvent être délétères pour la santé à la fois physique et mentale.

M. Arnaud Schwartz, corapporteur de l’avis, insiste sur la dimension économique et sociale: «Mieux vaut prévenir que guérir, c’est le meilleur investissement que l’on puisse faire pour l’humanité. Protéger la nature, faire preuve de vigilance face aux risques et arrêter les crises avant qu’elles ne s’installent: c’est ainsi que l’on assurera notre prospérité et notre résilience futures.»

Pour passer des principes à l’action, le CESE exhorte l’Union européenne à adopter une solide stratégie mettant en œuvre l’approche «Une seule santé» ainsi qu’un plan d’action afférent, assortis de véritables engagements financiers. Parmi les mesures concrètes à prendre, il s’agit notamment de promouvoir des systèmes durables pour une alimentation sûre et nutritive, de protéger les écosystèmes et d’investir dans l’éducation et la formation pour sensibiliser le public — et surtout les jeunes — aux corrélations étroites qui relient la santé des êtres humains, celle des animaux et celle de l’environnement.

L’avis a aussi pour objectif de développer un discours nouveau qui résonne auprès de nos concitoyens, en explicitant le lien entre la prospérité et la santé au quotidien et la résilience des écosystèmes naturels. Par cette démarche, le CESE entend soutenir les travaux de la Commission européenne sur l’approche «Une seule santé» et, dans le même temps, faire davantage entendre la voix de la société civile dans les orientations prises sur ces sujets. (ks/fb)

Par Sandra Parthie, présidente du groupe des employeurs

Pour faire reculer la pauvreté en Europe, il nous faut commencer par investir directement dans le potentiel des citoyens. Aujourd’hui, plus de 94 millions d’Européens demeurent exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Un risque auquel sont particulièrement vulnérables les enfants et les jeunes adultes. En plus d’être une tragédie humaine, leur marginalisation s’apparente à un gaspillage de talents.

Par Sandra Parthie, présidente du groupe des employeurs

Pour faire reculer la pauvreté en Europe, il nous faut commencer par investir directement dans le potentiel des citoyens. Aujourd’hui, plus de 94 millions d’Européens — soit plus de 21 % de la population — demeurent exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Un risque auquel sont particulièrement vulnérables les enfants et les jeunes adultes. En plus d’être une tragédie humaine, leur marginalisation s’apparente à un gaspillage de talents.

En effet, la lutte contre la pauvreté ne peut être dissociée du moteur que représente la croissance économique, véritable source d’opportunités. Les politiques de lutte contre la pauvreté doivent s’accompagner de stratégies qui favorisent la compétitivité. Un environnement propice aux entreprises — c’est-à-dire qui encourage l’investissement, la création d’emplois et l’esprit d’entreprise — est la voie la plus sûre vers une réduction durable de la pauvreté.

Les employeurs réclament des mesures susceptibles d’ouvrir des débouchés professionnels et d’élargir le champ des possibilités, au lieu de politiques uniquement basées sur la redistribution ou l’aide à court terme. La lutte contre la pauvreté nous impose de créer les conditions permettant à chacun et chacune de participer au marché du travail et d’en bénéficier.

Renforcer l’accès à l’entrepreneuriat

Pour nos économies, il est fondamental de réduire les obstacles à l’entrepreneuriat. Les entrepreneurs stimulent l’innovation, créent des emplois, améliorent les revenus des ménages et garantissent souvent des biens et des services abordables dans les collectivités mal desservies. Dans le même temps, pourtant, leurs intérêts sont souvent sous-représentés et leur quotidien est émaillé d’obstacles structurels tels qu’un accès limité aux financements, des charges administratives excessives et une éducation inadéquate à l’esprit d’entreprise. Ce constat est d’autant plus vrai pour les jeunes entrepreneurs, dont les ambitions ne sont pas suffisamment soutenues. Si l’Europe entend réellement œuvrer à une mobilité sociale ascendante et à sa compétitivité à long terme, la suppression de ces obstacles doit être au centre des priorités.

Le marché unique en guise d’outil social

Avec un marché unique performant, l’Union européenne dispose d’un des leviers les plus puissants pour lutter contre la pauvreté. L’intégration complète du marché intérieur pourrait libérer plus de 2 800 milliards d’euros de produit intérieur brut (PIB) supplémentaire d’ici 2030. Selon le Fonds monétaire international (FMI), une suppression ne fût-ce que partielle des obstacles internes pourrait faire progresser le PIB de l’UE d’environ 7 %, et ce, sans nouvelles ressources budgétaires. Ces gains soutiendraient les régions tant innovantes que manufacturières, renforçant ainsi la cohésion dans l’ensemble de l’Union.

Il s’agit là d’une réelle chance de transformation: la pauvreté ne se combat pas à coups de subventions sans cesse revues à la hausse, mais en stimulant la croissance, l’innovation et l’esprit d’entreprise au sein de notre économie sociale de marché.

Réduire la pauvreté en donnant à nos concitoyens les moyens de travailler, d’innover et de réussir est autant une obligation morale qu’un impératif économique. 

Lors de sa session plénière de septembre, le CESE a adopté un avis dans lequel il invite instamment la Commission à s’assurer que le train de mesures sur l’énergie citoyenne place véritablement les citoyens au cœur du système énergétique européen.

Lors de sa session plénière de septembre, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté un avis dans lequel il invite instamment la Commission à s’assurer que le train de mesures sur l’énergie citoyenne place véritablement les citoyens au cœur du système énergétique européen. Il ne saurait selon lui s’agir d’une simple liste de contrôle, et cette initiative doit servir de base à un véritable pacte social qui rendra possible une transition énergétique axée sur les citoyens.

Le Comité appelle à clarifier un certain nombre de concepts clés, comme les communautés énergétiques et le prosumérisme, et à considérer les citoyens non plus comme des consommateurs passifs mais comme des cocréateurs de l’avenir énergétique de l’Europe. Dans l’avis élaboré par Corina Murafa Benga, le CESE propose plusieurs mesures concrètes, comme des bacs à sable réglementaires, des flux de financement spécifiques et une assistance technique pour faire des communautés énergétiques et du partage de l’énergie des réalités fonctionnelles partout dans l’Union.

«À l’heure actuelle, le discours tenu dans l’Union européenne en ce qui concerne l’énergie tend souvent à considérer les particuliers comme des consommateurs, ce qui renforce implicitement les modèles centrés sur le marché. Il nous faut désormais nous orienter davantage vers une vision des personnes en tant que citoyens, c’est-à-dire des membres d’une communauté politique jouissant de droits en matière d’énergie», explique Mme Murafa Benga. «Sans énergie, il ne saurait y avoir de citoyenneté, et il appartient à l’Union de veiller à la pleine mise en œuvre de la citoyenneté européenne.»

Estimant que les communautés énergétiques ont un rôle stratégique à jouer dans le cadre de la transition, le CESE exhorte la Commission à indiquer clairement comment les établir et les gérer, notamment en ce qui concerne les déductions fiscales et tarifaires, ainsi que l’assistance technique proposée par les gestionnaires de réseau de distribution (GRD). Le Comité recommande également que la Banque européenne d’investissement mette en place un mécanisme destiné aux communautés énergétiques locales et régionales, et que les financements s’attachent prioritairement à faire participer les jeunes, à favoriser la connaissance des enjeux énergétiques et à développer les compétences vertes.

La lutte contre la précarité énergétique constitue une priorité essentielle. C’est pourquoi le CESE appelle à en donner une définition unifiée et à recenser sur la base de données les ménages qui en souffrent, en partant de l’échelon local. Il insiste en outre pour que les ménages servent de point de référence pour les jalons de la précarité énergétique. Le Comité prie instamment l’Union d’adopter des mesures spécifiques, comme une interdiction des coupures d’énergie pour les ménages sur l’ensemble de son territoire, l’abandon du système de préséance économique qui lie les prix de l’électricité à ceux du gaz et la mise en place d’un médiateur européen de l’énergie ayant des antennes locales dans les États membres.

Il souligne pour finir l’importance de rattacher le financement public en faveur de projets énergétiques à la participation des communautés locales en tant qu’actionnaires de ces projets et à d’autres formes de partage des bénéfices. (mp) 

Le CESE a demandé que des mesures soient prises de toute urgence pour faire en sorte que l’intelligence artificielle (IA) et les mégadonnées soient utilisées de façon éthique et inclusive durant le traitement des maladies rares et leur diagnostic. Lors de sa session plénière de septembre 2025, le Comité a adopté un avis qui souligne que l’innovation numérique doit améliorer les résultats pour les patients tout en préservant leurs droits et la transparence. 

Le CESE a demandé que des mesures soient prises de toute urgence pour faire en sorte que l’intelligence artificielle (IA) et les mégadonnées soient utilisées de façon éthique et inclusive durant le traitement des maladies rares et leur diagnostic. Lors de sa session plénière de septembre 2025, le Comité a adopté un avis qui souligne que l’innovation numérique doit améliorer les résultats pour les patients tout en préservant leurs droits et la transparence.

Plus de 7 000 maladies rares touchent quelque 300 millions de personnes à travers le monde, dont 30 millions au sein de l’Union. Les outils fondés sur l’IA peuvent accélérer le diagnostic et permettre des traitements personnalisés. Le CESE avertit toutefois que ces avancées doivent être contrebalancées par de solides garanties éthiques et juridiques. Il encourage l’ensemble des États membres de l’Union à numériser les données de santé, à adopter des normes d’enregistrement de haute qualité, et à faire en sorte que les modèles d’IA en matière de soins de santé n’aient accès qu’aux données anonymisées et cryptées des patients.

Il convient de remédier aux inégalités de genre et aux disparités ethniques qui persistent dans le diagnostic des maladies rares. Le CESE préconise l’utilisation de données d’entraînement reflétant la diversité des genres, la réalisation d’audits sur les biais et un financement ciblé pour accroître la participation des femmes dans le domaine des soins de santé fondés sur l’IA. Les patients devraient pouvoir contrôler leurs données, notamment en donnant leur consentement pour leur utilisation, et bénéficier de mesures de transparence.

Afin d’empêcher la domination des grandes entreprises, l’Union devrait consacrer des fonds aux jeunes entreprises et aux petites et moyennes entreprises (PME) qui développent l’IA dans le domaine du diagnostic des maladies rares. Les partenariats public-privé et l’accès équitable aux données sont essentiels pour que les innovations restent abordables et accessibles. Le CESE exige des lignes directrices éthiques à l’échelle de l’Union, une supervision par un médecin et la formation des professionnels, afin de donner les moyens d’agir aux professionnels de la santé et aux patients. (lm)

Les négociations sur l’objectif climatique de l’Union à l’horizon 2040 sont au point mort. Le CESE soutient la proposition de modification de la loi sur le climat et alerte sur la nécessité que tout objectif en la matière reflète également la probabilité d’une expansion future de l’UE.

Dans un avis adopté lors de sa session plénière de septembre, le CESE exhorte le Conseil et le Parlement à s’entendre sur l’objectif de 90 % avant la COP 30 qui se tiendra au Brésil, une décision tardive risquant de nuire à la crédibilité de l’Europe.

Teppo Säkkinen, rapporteur de l’avis, a déclaré: «L’Europe étant le continent qui se réchauffe le plus rapidement, il est dans son intérêt de s’engager résolument en faveur d’une action mondiale pour le climat. Si nous voulons que la Chine, l’Inde et d’autres pays rehaussent leurs ambitions, nous devons démontrer notre sérieux.»

Étant donné que l’Union aura probablement de nouveaux membres d’ici à 2040, l’objectif climatique devrait en tenir compte. «La reconstruction de l’Ukraine pourrait contribuer à la réalisation de ces objectifs», a ajouté M. Säkkinen. «Le soutien aux mesures en faveur du climat en Ukraine, en Moldavie et dans les Balkans occidentaux facilitera leur adhésion à l’UE et contribuera directement à la réalisation des objectifs climatiques de l’UE.»

Le CESE recommande d’aller plus loin que la proposition de la Commission en prévoyant la prise en compte, à partir de 2031, des crédits internationaux issus de pays candidats. Les autres modifications proposées portent sur les questions suivantes:

  • Qualité élevée des crédits internationaux: garantir la haute intégrité des crédits, dont l’utilisation ne devrait pas être autorisée à des fins de conformité au système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’Union. La réduction des émissions au sein de l’Union doit figurer en tête des priorités de l’action pour le climat.
  • Exportation des technologies propres: inclure l’exportation de technologies propres dans les objectifs économiques de la loi et créer un tableau de bord pour une industrie propre qui mesurerait la croissance de l’emploi et l’innovation et rendrait compte de la place de l’Europe dans l’économie verte mondiale.
  • Sécurité alimentaire et précarité énergétique: ajouter dans la loi sur le climat des exigences spécifiques visant à préserver la production alimentaire et à réduire la précarité énergétique, de manière à soutenir les populations rurales et à faire baisser la facture d’électricité et de chauffage pour les ménages.

Le Comité plaide en faveur d’un large dialogue avec les parties prenantes dans le cadre de l’élaboration des politiques à l’appui de l’objectif à l’horizon 2040: «Pour être réussie, la transition doit être fondée sur des mesures concrètes visant à inclure tout le monde — des chefs d’entreprise aux travailleurs, en passant par les agriculteurs et les familles.»

Au-delà des objectifs climatiques, l’avis établit un lien entre la décarbonation et la défense, en appelant à investir dans des innovations à double usage telles que l’énergie propre décentralisée pour la logistique militaire et les matériaux à faibles émissions de carbone pour les équipements et la construction. La réduction de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles constitue également un enjeu de sécurité pour l’Europe.

L’avis a en outre fait l’objet du test jeunesse des politiques publiques de l’UE au CESE, dans le souci de placer la prochaine génération au cœur de la stratégie climatique de l’Europe, étant donné que celle-ci déterminera la qualité de vie future des jeunes Européens. (ks/fb)

À l’occasion de la Journée européenne du bio, qui s’est tenue le 23 septembre, le CESE a accueilli les lauréats de la quatrième édition des prix européens du bio dans trois catégories principales: la meilleure PME transformant des produits alimentaires biologiques, le meilleur détaillant de produits alimentaires biologiques et le meilleur restaurant ou service de restauration biologique.

À l’occasion de la Journée européenne du bio, qui s’est tenue le 23 septembre, le CESE a accueilli les lauréats de la quatrième édition des prix européens du bio dans trois catégories principales: la meilleure PME transformant des produits alimentaires biologiques, le meilleur détaillant de produits alimentaires biologiques et le meilleur restaurant ou service de restauration biologique.

La meilleure PME transformant des produits alimentaires biologiques est Joseph Brotmanufaktur GmbH (Autriche). En travaillant avec 14 variétés de céréales rares produites par 24 familles de petits exploitants, cette entreprise préserve la culture céréalière et promeut la biodiversité, des chaînes de valeur équitables et des systèmes alimentaires durables.

Le meilleur restaurant ou service de restauration biologique est Peskesi (Grèce). Implanté à Héraklion, en Crète, Peskesi compte parmi ses partenaires 98 % de producteurs locaux et gère depuis 2014 sa propre exploitation biologique selon une philosophie «de la ferme à la table» et «de la table à la ferme».

Le meilleur détaillant de produits alimentaires biologiques est Radis&Bona eG (Allemagne), une épicerie agricole coopérative de Ratisbonne qui propose depuis 2021 100 % de produits biologiques provenant d’un rayon de 80 km maximum. Son modèle coopératif renforce l’agriculture régionale, garantit des prix équitables et promeut la durabilité grâce à des circuits d’approvisionnement courts et à la participation des communautés locales.

Une centaine de candidatures provenant de 13 pays ont été reçues, parmi lesquelles 21 ont été présélectionnées. Les prix européens du bio comportent six catégories et sept prix récompensant des projets biologiques innovants, durables et inspirants.

Pour les trois autres catégories, «Meilleure ville biologique», «Meilleure région biologique» et «Meilleure agricultrice biologique/meilleur agriculteur biologique», les lauréats sont désignés par le Comité européen des régions, le COPA-COGECA et IFOAM Organics Europe, qui organisent les prix européens du bio en collaboration avec la Commission européenne et le CESE, avec le soutien du Parlement européen et du Conseil.

Stoyan Tchoukanov, membre du CESE, a déclaré: «Qu’il s’agisse de grandes boulangeries biologiques, de magasins coopératifs biologiques régionaux ou encore de restaurants à la ferme, les lauréats de cette année illustrent à nouveau l’excellence et l’innovation dont font preuve les entreprises biologiques européennes. Toutefois, pour atteindre l’objectif de 25 % d’ici à 2030, nous devons intensifier encore la consommation de produits biologiques et intégrer l’agriculture biologique et d’autres systèmes de qualité dans les stratégies en matière d’environnement, de santé, de climat et de développement rural.»

La Journée européenne du bio, lancée en 2021 par le Parlement européen, le Conseil et la Commission, promeut l’agriculture biologique. L’UE soutient le secteur biologique en organisant la Journée européenne du bio et les prix européens du bio et en consacrant à la conversion et au maintien des agriculteurs dans l’agriculture biologique 14,7 milliards d’euros dans le cadre des plans stratégiques relevant de la PAC (2023-2027). L’Union compte aujourd’hui 30 % d’agriculteurs biologiques de plus qu’en 2018, presque tous ses États membres disposent de stratégies biologiques, et elle est le deuxième marché du bio dans le monde. D’autres actions de l’UE dans ce domaine sont reprises dans cette fiche d’information. (ks/fb)