European Economic
and Social Committee
« — Une seule santé»: pourquoi l’avenir de l’Europe dépend de sa capacité à protéger les personnes et la planète
Le CESE plaide pour une stratégie intégrée de l’Union européenne qui permettra d’articuler les politiques en matière d’environnement, d’alimentation et de santé afin de préserver le bien-être de ses citoyens.
Lors de sa plénière de septembre dernier, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté un avis d’initiative consacré à l’approche «One Health» ou «Une seule santé», dans lequel il expose une vision globale de la manière dont l’Europe peut protéger le bien-être des personnes face à la montée des périls environnementaux et sanitaires.
Cet avis tire les leçons de la pandémie de COVID-19 et de la «triple crise planétaire» que nous connaissons actuellement sous l’effet du changement climatique, du recul de la biodiversité et de la pollution. Son message central est simple mais urgent: l’état de notre environnement a une influence directe sur la santé de nos concitoyens.
«Notre vision est claire: pour une population en bonne santé, il faut une planète en bonne santé», précise Mme Nicoletta Merlo, rapporteure de l’avis. «Si l’Europe veut réellement lutter contre le changement climatique, le recul de la biodiversité et la pollution, elle doit décloisonner son action. Les politiques menées dans les domaines de l’environnement, de l’agriculture, de l’alimentation, du commerce et de la santé doivent conjuguer leurs effets — et bénéficier d’un véritable financement.»
L’approche «Une seule santé» reconnaît qu’un air pur, une eau salubre, des sols fertiles et des systèmes alimentaires durables ne sont pas des objectifs environnementaux abstraits, mais la base même d’une vie saine. Dans son avis, le Comité adresse une mise en garde contre les substances nocives présentes dans les emballages et d’autres matériaux, contre les conséquences d’une hausse des températures et contre une pollution dont les effets peuvent être délétères pour la santé à la fois physique et mentale.
M. Arnaud Schwartz, corapporteur de l’avis, insiste sur la dimension économique et sociale: «Mieux vaut prévenir que guérir, c’est le meilleur investissement que l’on puisse faire pour l’humanité. Protéger la nature, faire preuve de vigilance face aux risques et arrêter les crises avant qu’elles ne s’installent: c’est ainsi que l’on assurera notre prospérité et notre résilience futures.»
Pour passer des principes à l’action, le CESE exhorte l’Union européenne à adopter une solide stratégie mettant en œuvre l’approche «Une seule santé» ainsi qu’un plan d’action afférent, assortis de véritables engagements financiers. Parmi les mesures concrètes à prendre, il s’agit notamment de promouvoir des systèmes durables pour une alimentation sûre et nutritive, de protéger les écosystèmes et d’investir dans l’éducation et la formation pour sensibiliser le public — et surtout les jeunes — aux corrélations étroites qui relient la santé des êtres humains, celle des animaux et celle de l’environnement.
L’avis a aussi pour objectif de développer un discours nouveau qui résonne auprès de nos concitoyens, en explicitant le lien entre la prospérité et la santé au quotidien et la résilience des écosystèmes naturels. Par cette démarche, le CESE entend soutenir les travaux de la Commission européenne sur l’approche «Une seule santé» et, dans le même temps, faire davantage entendre la voix de la société civile dans les orientations prises sur ces sujets. (ks/fb)