European Economic
and Social Committee
#CriseDuLogement — Le CESE soutient le plan européen pour des logements abordables et préconise une action urgente
Lors de sa session plénière de septembre, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé un débat avec Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, et a demandé à la Commission d’agir sans attendre pour faire face à la crise du logement en cours.
Le CESE a exhorté la Commission à élaborer un plan d’action pour des logements abordables. À cet effet, il a émis un avis spécifique et se tient prêt à organiser, conjointement avec la Commission, le Parlement européen et le Comité européen des régions, le tout premier sommet européen sur le logement.
Laurenţiu Plosceanu, vice-président sortant du CESE chargé de la communication, a souligné l’engagement du Comité en faveur de logements décents, abordables et durables pour tous, mettant en évidence la contribution de la société civile au futur plan européen pour des logements abordables. «Notre message est sans équivoque: l’Union européenne doit se doter d’un plan d’action pour faire du droit au logement une réalité, et l’inscrire formellement dans sa législation», a-t-il déclaré.
Le commissaire Jørgensen a assuré qu'il mesure bien l’ampleur du défi, et qu'il n'ignore pas que de nombreux Européens peinent à trouver un logement abordable et digne. Selon lui, remédier à cette crise serait une occasion d’opérer un changement durable: «pour une Europe plus juste, plus compétitive et véritablement autonome, il est indispensable que chacun ait accès à un logement décent, durable et abordable».
Dans son avis récemment adopté, élaboré par John Comer et Thomas Kattnig, le CESE affirme que le droit à un logement décent, durable et abordable doit être formellement inscrit dans le droit primaire de l’Union.
«La durabilité est indissociable du caractère abordable des logements. Nos concitoyens n’ont pas les moyens de se loger. Dans les villes d’Europe, nombreux sont ceux qui consacrent jusqu’à 40 % de leur salaire à leur logement», a expliqué M. Comer.
«La crise du logement est un problème sociétal central qui risque de faire beaucoup de mal à la démocratie», a souligné M. Kattnig.
La politique du logement relevant principalement de la compétence des États membres, le CESE estime que l’UE doit adopter une approche coordonnée qui respecte le principe de subsidiarité. Il préconise aussi de réformer les règles en matière d’aides d’État afin d’élargir l’accès au logement social, sachant que les définitions actuelles excluent les ménages à revenu intermédiaire et les travailleurs clés.
Le CESE plaide aussi en faveur d’une action coordonnée pour réglementer les locations de courte durée, notamment par un échange de données transparent, des mesures territorialement ciblées et une surveillance stricte, avec pour visée de mettre un terme aux investissements spéculatifs et à l’évasion fiscale. Au cours du débat, les représentants de la société civile ont insisté sur l’importance de politiques budgétaires saines, de solutions adaptées aux différents systèmes de logement et régimes de financement européens innovants pour soutenir la modernisation et le logement social.