Dès l’annonce du confinement, les rues se sont désertées. Ce qui frappe, c’est le silence. Finis la course aux occupations, les déplacements à l’étranger pour deux heures de réunion, les klaxons de la ville, le bus qui n’arrive pas... Comme tant d’autres, nous avons obtempéré à cette claustration forcée, essayant tant bien que mal de nous accommoder de ce nouveau mode de vie. Si pour moi le télétravail était facile, il n’était pas concevable pour mon mari car son métier et les infrastructures ne s’y prêt(ai)ent pas. Cette inadaptation lui a cependant valu quelques nuits blanches suite à l’absentéisme record de ses employés. La peur s’est répandue au moins aussi vite que le virus lui-même.

Maintenant que la première vague est passée, je m’interroge: dans quel état psychique, social et économique allons-nous sortir de cette crise? Si la pandémie a permis une nouvelle hiérarchisation de l'essentiel et une conscientisation écologique, elle a aussi été témoin des comportements individuels à l’échelle nationale et mondiale. Personne au Luxembourg n’aurait cru possible de revivre la fermeture des frontières. Le travail frontalier est essentiel au Grand-Duché et la restriction de la libre-circulation des personnes nous faisait craindre une pénurie des soignants, entre autres.

Cette crise est aussi l'occasion d'une introspection sur notre propre vulnérabilité. Nous découvrons que nous sommes dépendants, non seulement des soignants, mais aussi du comportement de l’autre.

La relance économique se fera ensemble. Évitons le nationalisme et le repli des économies sur elles-mêmes alors que certains pays, au nom de la résilience, évoquent la nationalisation des chaînes de valeur. Une plus grande autonomie par rapport à la mondialisation doit se penser au niveau européen. Avec cette crise, nous avons pour ainsi dire l’opportunité d’observer un moment d’arrêt, qui doit nous aider à réfléchir sur nous-mêmes.