La dimension insulaire dans les politiques européennes en faveur de la cohésion, de la compétitivité et du développement durable

Points clés

Le CESE:

  • estime que les îles de l’Union européenne sont confrontées à des handicaps structurels persistants, à savoir des contraintes géographiques, économiques, démographiques et climatiques telles que l’isolement, la fonte des glaces, les coûts élevés des transports et de l’énergie, la pression immobilière, les pénuries de main-d’œuvre et la dépendance excessive à l’égard du tourisme;
  • est d’avis que les îles sont déterminantes pour la place qu’occupe l’Union sur la scène géopolitique, pour la gestion des migrations, la sécurité maritime et la transition énergétique. Leurs écosystèmes marins et leurs zones économiques exclusives constituent l’ossature de l’économie bleue et des objectifs en matière de diversité biologique. Bien que l’Union fasse état explicitement dans ses traités et dans ses déclarations politiques des défis uniques qui se posent aux îles, elle ne traite pas ceux-ci de manière adéquate dans le cadre de ses politiques sectorielles. Les îles recèlent le potentiel de devenir des laboratoires d’innovation et de durabilité, et de faire la démonstration de solutions en matière d’adaptation au changement climatique, d’énergies renouvelables, de conservation du milieu marin et de tourisme durable;
  • reconnaît la nécessité d’une approche systémique. Une politique efficace de l’Union pour les îles et les territoires insulaires en général, y compris les régions ultrapériphériques et les régions lacustres, nécessite des stratégies intégrées et transsectorielles portant sur la connectivité, la diversification économique, la cohésion sociale, la résilience écologique, sociale et économique, et l’état de préparation géopolitique;
  • réclame la mise en place d’une stratégie de l’Union consacrée aux îles (un «pacte pour les îles»), étayée par un cadre législatif spécifique (une «loi sur les îles»). Ce cadre devrait s’accompagner d’une stratégie officielle et prévoir l’application effective d’une «clause d’insularité», en vue d’intégrer de manière systématique les besoins et contraintes propres aux îles dans les politiques de l’Union en matière de cohésion, de transport, d’énergie, d’aides d’État, d’environnement et d’affaires maritimes;
  • souligne que pour garantir la cohésion territoriale, il est essentiel de parfaire la connectivité et les infrastructures dans les territoires insulaires, et il demande d’améliorer les systèmes de transport et de mobilité publique, de renforcer la connectivité numérique et d’accroître la résilience des réseaux énergétiques, en mettant clairement l’accent sur la décarbonation et l’autonomie énergétique;
  • fait valoir qu’il s’impose pour les régions insulaires de diversifier leur économie et de développer pour ce faire une économie bleue qui soit durable et compétitive, et qui s’appuie sur leurs atouts uniques tels que leurs ressources marines, leur potentiel dans le domaine des énergies renouvelables, leurs activités touristiques, leur patrimoine culturel et leurs industries créatives;
  • met en avant le rôle central que jouent la cohésion sociale et le développement du capital humain pour assurer la viabilité à long terme des communautés insulaires. Il demande des politiques ciblées qui s’emploient à remédier aux pénuries de logements, aux inadéquations sur marché du travail, aux déficits de compétences et à l’émigration des jeunes, et qui associent une éducation inclusive, des possibilités d’emploi de qualité et des solutions de logement abordable adaptées aux caractéristiques spécifiques des îles;
  • souligne qu’il est urgent d’accomplir des progrès dans les domaines de la protection de l’environnement et de la résilience face au changement climatique dans les territoires insulaires, sachant que ce phénomène frappe ceux-ci de manière disproportionnée;
  • demande d’intégrer de manière officielle les activités de suivi, de prospective et de gouvernance participative dans le cadre des politiques insulaires, et propose ce faisant d’établir à intervalles réguliers un rapport sur la mise en œuvre du point de vue des îles, afin de surveiller les évolutions des principaux indicateurs démographiques, économiques, sociaux et environnementaux; 
  • estime que l’on ne saurait plus longtemps traiter les îles de l’Union comme des territoires périphériques. Elles constituent les avant-postes de la souveraineté, de la résilience et de la capacité d’innovation de l’Europe. Aussi serait-il essentiel de disposer d’une stratégie ciblée, systémique et ancrée dans la législation en faveur des îles de l’Union européenne (un «pacte pour les îles») afin de transformer celles-ci en moteurs de la croissance durable, de la résilience au changement climatique et de la sécurité géopolitique, et de faire ainsi en sorte que les communautés insulaires puissent prospérer, tout en renforçant l’autonomie stratégique et la cohésion de l’Europe. Cette problématique a été récemment illustrée par la place centrale qu’occupe le Groenland d’un point de vue géopolitique dans la dynamique de sécurité de l’Arctique, dans les relations transatlantiques et dans la rivalité entre grandes puissances, ainsi que par l’importance qu’il revêt pour l’autonomie stratégique de l’Europe en matière de défense.

Informations pratiques

Le Test Jeunesse de l'UE au CESE a été appliqué à cet avis. "JEF Europe" a été choisi par un groupe d'organisations de jeunesse intéressées pour les représenter toutes lors du processus d'élaboration de l'avis.

Downloads

Download — Avis du CESE: La dimension insulaire dans les politiques européennes en faveur de la cohésion, de la compétitivité et du développement durable
  • Record of proceedings ECO/689
  • Follow-up from the Commission ECO/689

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