Du 10 au 21 novembre 2025

Le CESE à la COP 30 de la CCNUCC

13 novembre 2025

Former la main-d’œuvre de demain: une participation inclusive et des emplois de qualité pour une Europe compétitive

25 novembre 2025

Conférence annuelle sur les droits fondamentaux et l’état de droit

27 novembre 2025

Forum européen sur la migration

1er décembre 2025

Journée européenne du consommateur 2025 sur le thème: «L’Europe à l’encan? Comment les marchés mondiaux changent notre société — ce qu’il nous faut faire dès maintenant»

3 et 4 décembre 2025

Session plénière du CESE

Du 10 au 21 novembre 2025

Le CESE à la COP 30 de la CCNUCC

13 novembre 2025

Former la main-d’œuvre de demain: une participation inclusive et des emplois de qualité pour une Europe compétitive

25 novembre 2025

Conférence annuelle sur les droits fondamentaux et l’état de droit

27 novembre 2025

Forum européen sur la migration

1er décembre 2025

Journée européenne du consommateur 2025 sur le thème: «L’Europe à l’encan? Comment les marchés mondiaux changent notre société — ce qu’il nous faut faire dès maintenant»

3 et 4 décembre 2025

Session plénière du CESE

Par Sotiria Theodoropoulou, ETUI

Un emploi devrait normalement ouvrir une voie sûre vers une vie décente. Et pourtant, en 2024, un adulte actif sur douze en Europe était un «travailleur pauvre». Dans un entretien accordé à CESE info, Sotiria Theodoropoulou, chercheuse à l’Institut syndical européen, nous en donne la définition et nous explique en quoi cette notion diffère de la privation matérielle et sociale grave. En Europe, c’est au Luxembourg que le taux de pauvreté au travail est le plus haut, alors même que le pays affiche le PIB par habitant le plus élevé de l’Union.

Par Sotiria Theodoropoulou, ETUI

Un emploi devrait normalement ouvrir une voie sûre vers une vie décente. Et pourtant, en 2024, un adulte actif sur douze en Europe était un «travailleur pauvre». Dans un entretien accordé à CESE info, Sotiria Theodoropoulou, chercheuse à l’Institut syndical européen, nous en donne la définition et nous explique en quoi cette notion diffère de la privation matérielle et sociale grave. En Europe, c’est au Luxembourg que le taux de pauvreté au travail est le plus haut, alors même que le pays affiche le PIB par habitant le plus élevé de l’Union.

Qu’est-ce qu’un «travailleur pauvre»? Et quelle est la différence entre la pauvreté au travail et les autres formes de pauvreté, comme la privation matérielle?

Les «travailleurs pauvres» (des personnes qui travaillent mais sont exposées au risque de pauvreté) sont des adultes qui, alors qu’ils ont un emploi (ce qui en fait des travailleurs), disposent de revenus faibles (et sont donc exposés au risque de pauvreté). Le revenu de leur ménage, après ajustement pour tenir compte du nombre et de l’âge des personnes qu’il comprend, se situe en deçà de 60 % du revenu moyen observé dans leur pays.

La pauvreté au travail correspond à une situation dans laquelle le revenu d’un ménage est bas par rapport à celui des autres habitants du pays; elle n’est donc pas nécessairement synonyme de faible niveau de vie. Ce n’est pas la même chose que d’être exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale est en effet plus vaste et englobe toute personne percevant de faibles revenus, se trouvant dans un état de privation matérielle et sociale grave ou faisant partie d’un ménage à très faible intensité de travail (au sein duquel les adultes en âge de travailler le font 20 % ou moins de leur temps de travail potentiel).

La notion de pauvreté au travail diffère de celle de privation matérielle et sociale grave, qui désigne le fait d’être contraint de se priver d’au moins sept des treize éléments considérés comme nécessaires et souhaitables pour mener une vie convenable. Les travailleurs pauvres ne se trouvent donc pas obligatoirement dans une situation de privation matérielle et sociale grave. Le fait de vivre dans un ménage à très faible intensité de travail, où les adultes en âge de travailler le font 20 % ou moins de leur temps de travail potentiel, constitue en revanche un facteur déterminant de pauvreté au travail.

Quelles sont les dernières statistiques relatives aux travailleurs pauvres au sein de l’Union européenne? La tendance est-elle à la hausse ou à la stagnation par rapport à il y a cinq ou dix ans?

Les écarts entre les taux de pauvreté au travail restent très marqués au sein de l’Union: en 2024, le Luxembourg occupait la tête du classement (13,4 %), tandis que la Finlande et la Tchéquie affichaient les taux les plus bas (2,8 % et 3,7 % respectivement) (voir figure 1). Si, pour l’ensemble de l’Union, le taux a diminué par rapport au pic de 9,8 % atteint en 2016, ce qui montre une certaine amélioration, la résilience, ou la capacité à faire face à la pression économique, reste inégale. Certains pays résistent en effet mieux que d’autres au coût élevé de la vie.

Quels sont les groupes de population les plus exposés? À quelles conséquences ces travailleurs sont-ils confrontés?

Les groupes les plus exposés au risque de pauvreté au travail sont ceux dont l’intensité de travail au sein du ménage est faible, qui ont des contrats atypiques (à durée déterminée ou à temps partiel), qui possèdent moins de qualifications ou qui sont composés de migrants ou de parents isolés (voir figure 2). Les écarts entre les hommes et les femmes en matière de soins et la concentration du travail à temps partiel aggravent en outre l’exposition des femmes dans de nombreux États membres, ce qui montre que le nombre d’heures et la composition du ménage comptent autant que le salaire horaire.

Figure 1: Taux de pauvreté au travail (en %), Europe des Vingt-sept et États membres, 2024

Figure 1: Taux de pauvreté au travail (en %), Europe des Vingt-sept et États membres, 2024

Source: base de données EU-SILC (ilc_iw01 series)

Figure 2: Taux de pauvreté au travail (en %) en fonction des caractéristiques sociodémographiques et liées au marché du travail, Europe des Vingt-sept, 2024

Figure 2: Taux de pauvreté au travail (en %) en fonction des caractéristiques sociodémographiques et liées au marché du travail, Europe des Vingt-sept, 2024

Source: base de données EU-SILC (ilc_iw01/02/03/04/05/06/07/16 series)

Quelles sont les mesures prises par l’Union et les États membres pour lutter contre la pauvreté au travail et sont-elles suffisantes? Que faudrait-il faire de plus?

Certaines politiques peuvent contribuer à réduire la pauvreté au travail:

  • des planchers salariaux adéquats (un salaire minimum équitable pour tous les travailleurs) et une large couverture des négociations collectives (jusqu’à 80 % des travailleurs couverts par des accords qui fixent leur rémunération et leurs conditions de travail);
  • la transparence et l’application des règles en matière d’égalité des rémunérations;
  • des contrats équitables;
  • un nombre d’heures prévisible et un plein accès à la protection sociale pour les travailleurs atypiques;
  • des services de garde d’enfants universels et abordables qui permettent à plus d’adultes au sein d’une famille de travailler ou d’accepter un plus grand nombre d’heures de travail s’ils le souhaitent;
  • une aide au revenu minimum adéquat qui ne tienne pas compte des revenus, de manière à permettre aux familles de continuer à bénéficier de certaines prestations lorsqu’un de leurs membres commence à percevoir une rémunération, afin que le deuxième contributeur aux revenus du ménage y gagne réellement en travaillant plus d’heures.

Le droit et les orientations de l’Union fournissent désormais une boîte à outils en la matière: la directive relative à des salaires minimaux adéquats, la directive sur la transparence des rémunérations, la directive sur le travail via une plateforme et la recommandation de 2023 relative à un revenu minimum adéquat.

Alors que le deuxième système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE 2) entrera en vigueur en 2027, le Fonds social pour le climat (2026-2032) pourra réduire les coûts inévitables en matière d’énergie et de transport qui maintiennent sous le seuil les ménages à bas revenus. Promouvoir un meilleur niveau d’instruction et permettre aux travailleurs migrants de travailler dans les règles peut également limiter le risque de pauvreté au travail.

Pour finir, il convient de suivre les avancées en examinant le nombre de travailleurs restant exposés au risque de pauvreté et en ventilant ces données par type de contrat, par sexe et par nombre de personnes actives au sein d’un ménage. Cela permettrait de s’assurer que les politiques bénéficient à ceux qui en ont le plus besoin. Ces informations, recueillies dans le cadre de la principale enquête de l’UE sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC), devraient être publiées de manière régulière et rendues accessibles afin que chacun puisse les consulter.

Sotiria Theodoropoulou est cheffe de l’unité de recherche «Politiques européennes économiques, sociales et de l’emploi» à l’Institut syndical européen (ETUI), basé à Bruxelles. 

Europe à vendre? Comment les marchés mondiaux changent notre société - ce qu'il nous faut faire dès maintenant
Event type
Conference

La Journée européenne du consommateur est un événement annuel organisé depuis 1999, qui donne aux consommateurs un forum pour discuter des développements politiques d'actualité. À la suite de l’avis très acclamé du CESE intitulé «Appel à une concurrence loyale en ce qui concerne les plateformes de pays tiers», adopté en septembre 2025, le thème de l’édition de cette année de la Journée européenne du consommateur était les défis liés au commerce électronique des plateformes de pays tiers dans une perspective économique et sociale plus large. L’objectif était de discuter de l’impact potentiel considérable de l’expansion des plateformes sur l’économie et la société de l’UE en tant que telles et d’associer des acteurs de tous horizons à la défense d’une cause commune.

Sandra Parthie prend la présidence du groupe des employeurs du CESE.

Chères lectrices, chers lecteurs,

J’ai le grand honneur de m’adresser à vous en tant que président nouvellement élu du Comité économique et social européen (CESE). Je tiens à remercier chaleureusement chacune et chacun d’entre vous et à vous exprimer ma sincère gratitude pour les contributions fondamentales que les organisations de la société civile apportent chaque jour à nos communautés.

Chères lectrices, chers lecteurs,

J’ai le grand honneur de m’adresser à vous en tant que président nouvellement élu du Comité économique et social européen (CESE). Je tiens à remercier chaleureusement chacune et chacun d’entre vous et à vous exprimer ma sincère gratitude pour les contributions fondamentales que les organisations de la société civile apportent chaque jour à nos communautés.

Comme le souligne mon programme de travail, ces contributions sont plus nécessaires que jamais à l’époque à la fois extraordinaire et ardue où nous vivons.

L’éventualité d’une guerre assombrit une nouvelle fois les perspectives de l’Europe. L’instabilité s’accroît dans le monde entier. L’échéance de 2030 que se sont fixée les Nations Unies pour leurs objectifs de développement durable approche rapidement, alors que la plupart d’entre eux sont loin d’être réalisés. La crise climatique, la perte de diversité biologique et la rareté de l’eau requièrent d’agir d’urgence.

Plus près de nous, plus de 20 % de la population de l’Union demeurent exposés au risque de pauvreté et d’exclusion sociale. Aussi bien les évolutions de la démographie, la difficulté à réaliser des transitions écologique et numérique équitables que le besoin urgent d’une main-d’œuvre qualifiée et protégée requièrent notre attention. Alors que l’Union européenne se fie de plus en plus à ses propres ressources, le besoin pour elle de disposer d’une économie forte apparaît primordial. Cette économie se doit d’être compétitive sur les marchés mondiaux et de créer des emplois, de l’innovation et de la prospérité.

Dans ce contexte, il apparaît légitime que l’Union européenne passe d’un projet de paix à un projet où sa défense est plus présente. L’Union aura besoin d’une approche globale pour préparer les citoyens à cette transformation. À mesure que cette dernière se déroulera, il est essentiel que le CESE serve de bastion pour la démocratie et l’engagement civique.

C’est pourquoi, au cours de ma présidence, j’accorderai la priorité à un programme de travail centré sur les personnes, qui place la société civile au cœur de l’Europe. Ma vision est celle d’une Union qui soit à la fois riche en perspectives, celle de la sécurité et celle de la résilience, autant d’axes autour desquels s’articule mon programme de travail.

Parvenir à une «Union riche en perspectives», c’est créer une Europe où chacun dispose d’une chance équitable de prospérer. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre la croissance économique, l’inclusion sociale et l’égalité d’accès aux chances. 

Pour réaliser une «Union de la sécurité», il s’agit de mettre en avant le rôle crucial du CESE pour défendre la démocratie, l’espace civique et la liberté des médias, et lutter dans le même temps contre des menaces telles que la désinformation et la perte de confiance du public.

L’«Union de la résilience» met l’accent sur la capacité de l’Union à relever les défis climatiques, industriels et démographiques grâce à des stratégies intégrées à long terme qui concilient durabilité, compétitivité et équité.

Dans le cadre de ce grand dessein, la lutte contre la pauvreté occupe une place centrale. Si la croissance économique et la création d’emplois jouent à cet égard un rôle essentiel, elles ne suffisent pas. La pauvreté perdure, qu’elle frappe les travailleurs, les enfants ou les personnes âgées.

Les efforts déployés ces dernières années par l’Union européenne pour lutter contre la pauvreté, s’ils constituent une avancée bienvenue dans la bonne direction, ne sont parvenus au mieux qu’à empêcher ce phénomène d’augmenter de manière catastrophique, puisque le nombre de personnes vivant dans la pauvreté ne cesse de persister à des niveaux très élevés. Plus de 93,3 millions de personnes, soit une sur cinq dans l’Union européenne, demeurent exposées au risque de pauvreté et d’exclusion sociale. Non seulement cette pauvreté conduit à une aliénation généralisée, mais elle contribue au sentiment de désillusion à l’égard de l’Union et de ses valeurs démocratiques et elle sape la confiance placée en celles-ci.

Je suis convaincu qu’il est en notre pouvoir de mettre fin à la pauvreté — et je m’emploierai à trouver des solutions inclusives et collaboratives pour venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin. Lorsqu’elles sont touchées par l’exclusion, les personnes ne peuvent, par définition, participer pleinement à la société. C’est tout autant le cas lorsque leur sécurité est menacée ou que l’espace dévolu à la société civile s’amenuise comme une peau de chagrin.

C’est pourquoi vos travaux — nos travaux — importent tant pour réaliser une Union riche en perspectives de la sécurité et de la résilience. Tous ensemble, plaçons la société civile au cœur de l’Europe.

Séamus Boland

Président du Comité économique et social européen

Le CESE a adopté un avis dans lequel il expose son point de vue sur la manière dont la Commission devrait mettre en œuvre l’encadrement des aides d’État dans le cadre du pacte pour une industrie propre (CISAF), le cadre adopté le 25 juin 2025 pour accélérer et réduire les risques liés aux investissements dans la décarbonation et les technologies propres. 

Organic Food

Le 16 juillet 2025, la Commission européenne a présenté ses propositions pour le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’après-2027 ainsi qu’une réforme en profondeur de la politique agricole commune (PAC), qu’elle a qualifiée de nouvelle trajectoire ambitieuse vers la simplification et la compétitivité. Mais cette réforme pourra-t-elle concrétiser ses ambitions ?