European Economic
and Social Committee
Une énergie nouvelle au service de défis bien réels: rééquilibrage des forces au sein du CESE
L’Europe se trouve à la croisée des chemins. Quand de nouveaux membres rejoignent notre assemblée, c’est toujours avec cet élan vital d’énergies et de perspectives nouvelles pour relever les défis complexes qui nous attendent. Mais grâce aux collègues qui, sous le précédent mandat, ont œuvré sans relâche à placer la compétitivité au cœur du programme de l’Union européenne, ils ne partiront pas de zéro: notre groupe connaît déjà ses priorités et, sur le plan financier, nous poursuivrons nos activités dans le respect de l’enveloppe budgétaire allouée pour 2025.
Cependant, le monde qui nous entoure est loin d’être stable. L’imprévisibilité géopolitique et l’évolution du climat politique dans les États membres créent un contexte d’incertitude quasi inédite. L’entrepreneuriat a toujours comporté sa part de risques et de volatilité, mais ceux-ci sont aujourd’hui d’une ampleur sans précédent. Ces circonstances menacent la compétitivité et la résilience économique de l’Europe.
Dans ce contexte, le monde des entreprises attend à juste titre de ses représentants à Bruxelles — que nous sommes — qu’ils défendent ses intérêts, avec clarté et fermeté.
À travers les avis que nous rendons aux institutions de l’Union, nous jouons un rôle décisif pour porter rapidement à l’attention des responsables politiques les réalités auxquelles sont confrontées les entreprises européennes. La base industrielle de l’Europe doit être préservée; il est urgent de simplifier les lourdes réglementations qui asphyxient l’innovation et la croissance; et l’aide à une expansion économique durable doit être au centre de nos priorités.
Certains diront que les questions sociales, comme la pauvreté et l’inclusion, sont en concurrence avec les préoccupations économiques. La position du groupe des employeurs du Conseil économique et social européen (CESE) est, quant à elle, plus nuancée: l’économie et la société sont des vases communicants, telles les deux faces d’une même médaille. Sans une économie saine, le bien-être social est intenable; sans stabilité sociale, la réussite économique est fragile. Cette interdépendance doit se refléter dans chaque débat politique mené au sein du Comité et à l’extérieur.
C’est une immense responsabilité que celle qui repose sur nos épaules.
En ma qualité de vice-présidente du CESE représentant le groupe I, je suis déterminée à faire en sorte que le trio constituant la présidence reconnaisse au monde des entreprises son statut de partenaire économique essentiel, dont les contributions sous-tendent la prospérité de l’Europe.
En interne, le CESE doit s’astreindre à une discipline financière rigoureuse, garantir une gestion transparente des fonds publics et s’inscrire dans le processus budgétaire de l’Union. Notre demande budgétaire pour 2026 fera bientôt l’objet de discussions en trilogue entre les institutions européennes. Nous mettons également la dernière main à la procédure de décharge pour 2024 accordée par le Parlement, un exercice toujours révélateur de la perception de nos travaux par les responsables politiques européens.
Les nouvelles règles en matière de remboursement des frais de voyage mettent en évidence la nécessité permanente de veiller à l’adaptabilité et à la réactivité de nos activités. De même, nous devons améliorer sans répit la planification et l’allocation de nos ressources, afin d’en optimiser les retombées et d’éviter les mesures inefficaces.
Mais au-delà des budgets et des règles se joue la bataille fondamentale de notre pertinence: la Commission, le Conseil et le Parlement doivent nous considérer non comme une formalité administrative, mais comme un partenaire indispensable à l’élaboration d’une législation au service des entreprises et des citoyens.
Depuis sa création en 1958, le CESE remplit son rôle d’organe consultatif de l’Union européenne, en rendant des avis fondés sur l’expérience du terrain. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons renvoyer une image moderne et dynamique, et veiller à ce que notre mission trouve un écho auprès de ceux et celles que nous conseillons.
Si l’Europe veut tirer son épingle du jeu au sein du paysage géopolitique imprévisible qui se profile, nous devons pouvoir compter sur cette synergie d’idées neuves, de bonne gestion et de défense sans équivoque de nos entreprises. La voie à suivre requiert impérativement nos efforts collectifs les plus soutenus.
Par Alena Mastantuono, vice-présidente du CESE chargée du budget et membre du groupe des employeurs