Mesures en faveur d’une économie européenne résiliente, cohésive et inclusive

Download — Avis du CESE: Mesures en faveur d’une économie européenne résiliente, cohésive et inclusive

Points clés

Le CESE:

  • estime qu’il est urgent que l’Union passe d’une compétitivité défensive à une stratégie offensive en la matière, qui concilie le dynamisme économique et les valeurs européennes; suggère que les mesures passent d’une gestion réactive des crises à un renforcement volontariste de la résilience;
  • recommande de mettre en place un processus de consultation officiel, permanent et structuré dans le cadre duquel les gouvernements nationaux œuvreraient étroitement avec les pouvoirs publics à tous les niveaux, et en partenariat avec les syndicats, les employeurs, les organisations de la société civile et d’autres acteurs responsables tout au long du cycle politique, de la phase de préparation puis de mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation;
  • plaide en faveur d’un système global de pilotage de la résilience économique de l’Union, qui doit être assorti d’un suivi en temps réel des prix d’importance systémique, des vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement et du fonctionnement du marché;
  • demande que les réglementations soient mises en cohérence tout en maintenant des normes élevées, en accordant plus rapidement des autorisations pour les investissements stratégiques, en harmonisant la mise en œuvre dans les États membres et en approfondissant le marché unique;
  • invite à développer un cadre de gouvernance de l’inflation de l’UE plus sophistiqué, susceptible de s’attaquer directement à l’inflation causée par des chocs sur des prix d’importance systémique («shockflation») au moyen d’une action coordonnée entre politique monétaire et mesures sectorielles ciblées;
  • estime qu’il convient de créer une capacité de stabilisation budgétaire permanente au niveau européen qui s’appuie sur les expériences tirées de NextGenerationEU, avec des mécanismes de stabilisation automatique déclenchés par des indicateurs économiques objectifs et financés par des flux de recettes européennes dédiées dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP);
  • signale que nous devons identifier et traiter les vingt vulnérabilités d’approvisionnement les plus critiques dans l’économie européenne en relocalisant de façon stratégique la production essentielle en Europe ou dans des pays partageant les mêmes valeurs, en constituant des réserves stratégiques au niveau de l’Union pour les produits de base critiques, ou encore en introduisant des instruments de placement public-privé pour la capacité de production stratégique;
  • demande que des conditions sociales plus strictes soient applicables à toutes les formes de financement et de marchés publics européens afin de favoriser activement les emplois de qualité, la négociation collective et les conditions de travail décentes, en particulier dans les régions en transition;
  • souligne que nous devons renforcer les investissements dans le capital humain, en veillant particulièrement à améliorer les compétences numériques et l’intégration de l’intelligence artificielle, qui sont des composantes fondamentales de la préparation de la main-d’œuvre de demain, mais aussi remédier aux disparités régionales en matière de productivité et de salaires au moyen d’initiatives ciblées d’éducation et de formation;
  • invite à établir un fonds d’investissement européen d’au moins 1 % du PIB de l’Union pour combler le déficit d’investissement annuel de 700 milliards d’EUR pour les priorités stratégiques, en privilégiant les infrastructures transfrontalières, l’intégration du marché de l’énergie et les technologies essentielles qui réduisent le handicap dont pâtit l’Europe pour ce qui est du coût de l’énergie, lequel est presque deux fois plus élevé que celui de ses concurrents mondiaux;
  • considère qu’il convient aussi de créer un système de soutien ciblé pour les groupes vulnérables en utilisant un outil de cartographie de la vulnérabilité à l’échelle européenne avec des données granulaires relatives aux ménages pour s’assurer que les réponses aux crises protègent effectivement les catégories les plus à risque;
  • estime qu’il importe de trouver un équilibre entre les dépenses en matière de défense et les autres priorités stratégiques, et d’intégrer dans la définition de la défense des éléments tout aussi essentiels à l’existence même de l’Union, à savoir la démocratie, l’état de droit et les valeurs sociales;
  • souligne que, pour faire face aux risques systémiques auxquels l’économie de l’Union est confrontée, il faut responsabiliser les décideurs politiques à tous les niveaux de pouvoir et assurer une coopération plus étroite entre toutes les parties prenantes, afin de garantir un avenir économique durable. Pour accomplir ces tâches qui sortent de l’ordinaire, il sera plus que jamais crucial de dialoguer et de coopérer avec tous les acteurs compétents et responsables pour emprunter la voie d’un développement durable et résilient de l’économie de l’Union.

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  • Record of proceedings ECO/661