La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine n’a pas seulement remodelé le paysage de la sécurité en Europe, elle a aussi contraint l’Union européenne à repenser ses propres fondements. Après avoir débuté en 2014 par l’annexion illégale de la Crimée, le conflit s’est aggravé lors de la guerre du Donbass pour aboutir à l’invasion à grande échelle en février 2022, qui a annihilé le peu de confiance que l’on accordait encore à Moscou. Aujourd’hui, la Russie est nettement moins considérée comme un partenaire stratégique, et davantage perçue comme une menace existentielle aux portes de l’Europe.

Bruxelles a mis en place un nouveau statut d’entreprise: les «petites entreprises à moyenne capitalisation» (PEMC). L’idée qui sous-tend cette décision est simple: faciliter la vie des entreprises trop grandes pour être considérées comme des PME, mais trop petites pour pouvoir pleinement assumer le poids de la réglementation édictée par l’UE. À première vue, ce nouveau statut semble être un pas dans la bonne direction pour contribuer à l’objectif de simplification. Peut-on toutefois affirmer que cette mesure apporte un réel soulagement, ou faut-il y voir un énième ajout dans un paysage réglementaire déjà surchargé?

L’Europe est depuis longtemps un vivier d’idées brillantes. Entre les percées de l’intelligence artificielle à Paris et les innovations du secteur des technologies vertes à Stockholm, les jeunes pousses européennes font régulièrement les gros titres de la presse mondiale. Pourtant, trop souvent, ces entreprises prometteuses se heurtent à un mur. 

Le secteur européen du commerce de détail subit une crise silencieuse mais grave. Chaque jour, des centaines de milliers de colis provenant de plateformes de pays tiers envahissent le marché unique de l’UE, échappent aux contrôles douaniers, contournent les taxes, ne respectent pas les règles de l’Union en matière de sécurité des produits et contreviennent aux réglementations que les entreprises européennes respectent scrupuleusement. La concurrence est la bienvenue, mais elle doit être équitable et suivre des règles. 

L’industrie automobile européenne est entrée dans l’une des transformations les plus profondes de son histoire. La transition vers une mobilité plus propre, numérique et plus durable n’est plus une option, elle est à la fois inévitable et complexe. Dans son récent avis (CCMI/249), le Comité économique et social européen (CESE) défend l’idée selon laquelle cette transition doit être non seulement technologique, mais aussi industrielle, économique, sociale et surtout humaine.

Lors de sa session plénière de juillet, le Comité économique et social européen (CESE) a approuvé de nouvelles propositions de l’UE visant à renforcer la préparation de l’Europe en matière de défense, tout en soulignant l’importance de préserver les valeurs démocratiques et d’élaborer une stratégie à long terme en faveur de la paix.

Lors de sa session plénière de juillet, le Comité économique et social européen (CESE) a approuvé de nouvelles propositions de l’UE visant à renforcer la préparation de l’Europe en matière de défense, tout en soulignant l’importance de préserver les valeurs démocratiques et d’élaborer une stratégie à long terme pour la paix.

Dans un avis récemment adopté, le CESE exprime son soutien résolu à l’instrument «Agir pour la sécurité en Europe» (SAFE), conçu pour financer les acquisitions conjointes dans le domaine de la défense et renforcer l’industrie européenne dans ce même secteur. Il invite instamment les États membres à tirer pleinement parti de l’instrument SAFE, en soulignant sa capacité à stimuler les investissements dans les technologies de fabrication européenne, à améliorer la sécurité de l’approvisionnement et à renforcer l’autonomie stratégique.

«Les initiatives européennes en matière d’industrie de la défense doivent de toute urgence renforcer la capacité de l’UE et de ses États membres à préserver la paix et la sécurité», a déclaré Maurizio Mensi, rapporteur du CESE.

L’instrument SAFE répond à l’instabilité géopolitique croissante et au besoin urgent d’accroître les capacités de défense de l’Europe d’une manière coordonnée et rentable. Le Comité souligne que le financement devrait combler les lacunes les plus urgentes dont souffrent les capacités tout en renforçant la base industrielle de l’Union européenne. Des systèmes complexes et de grande valeur devraient provenir de l’Europe afin de garantir le contrôle de la conception des produits ainsi que leur adaptabilité à long terme.

Le CESE est également favorable à une participation limitée des pays tiers à la passation conjointe de marchés, réservée aux partenaires ayant conclu des accords formels en matière de défense avec l’Union. À l’heure actuelle, l’Ukraine, la Norvège et le Royaume-Uni sont explicitement les bienvenus, tandis qu’une participation plus large est considérée comme un risque pour l’indépendance technologique de l’Europe.

Dans un deuxième avis intitulé «Livre blanc conjoint — préparation de la défense européenne à l’horizon 2030», le CESE plaide en faveur d’une action élargie, au-delà de l’instrument SAFE. Il insiste sur la nécessité d’une stratégie globale de l’Union en matière de défense, mettant en garde contre une flexibilité limitée des règles nationales régissant les dépenses qui pourrait engendrer des risques d’arbitrage entre les investissements dans le domaine de la défense et les politiques sociales essentielles. Il affirme que la sécurité doit aller de pair avec la résilience démocratique.

Le Comité invite dès lors instamment l’Union européenne à accélérer les travaux sur une politique de défense commune assortie d’une législation plus solide, d’un financement accru et d’une coopération plus étroite avec les partenaires mondiaux. Il appelle par ailleurs à une plus grande participation des instituts de recherche et à un soutien accru aux PME du secteur de la défense. La préparation dans le domaine de la défense doit s’inscrire dans un programme stratégique plus vaste incluant les infrastructures civiles, la résilience numérique et la cohésion sociale.

Ensemble, ces avis exposent une vision pragmatique et tournée vers l’avenir de la politique de défense de l’Union, axée sur la préparation et ancrée dans la paix, la démocratie et la responsabilité collective.

Marcin Nowacki, rapporteur de l’avis, a conclu en affirmant que «la montée des menaces et la guerre aux portes de l’Europe obligent l’Union à agir maintenant. La défense ne se limite pas à l’armement: elle comprend aussi l’innovation, l’industrie et la résilience. Nous devons construire notre propre technologie de défense en soutenant l’industrie et la recherche et en simplifiant les formalités administratives.». (gb)

Le CESE est le premier organe européen à formuler des recommandations concrètes sur l’utilisation des outils numériques pour améliorer le processus législatif — un domaine encore miné par l’opacité et la complexité.

Le CESE est le premier organe européen à formuler des recommandations concrètes sur l’utilisation des outils numériques pour améliorer le processus législatif — un domaine encore miné par l’opacité et la complexité.

Le Comité économique et social européen (CESE) a adressé une série de recommandations aux institutions européennes en vue d’une utilisation responsable des outils numériques dans l’élaboration des politiques.

Dans un avis adopté lors de sa session plénière de juillet, le CESE demande que les avantages de technologies telles que l’intelligence artificielle (IA) et l’automatisation soient exploités à des fins de transparence et d’efficacité, tout en les assortissant de solides garde-fous contre les discrimination, biais et autres inexactitudes pouvant entacher le processus législatif.

Cette approche pourrait considérablement améliorer la cohérence juridique, réduire les obstacles au marché unique et les charges administratives et, surtout, renforcer le respect des règles et accroître la confiance dans les institutions publiques.

«À l’ère de l’informatique en nuage et de l’IA, il est paradoxal que le fonctionnement des mécanismes législatifs européens repose encore sur des conceptions héritées de l’époque napoléonienne», déplore Alena Mastantuono, rapporteure de l’avis.

Au fil des décennies, les lois se sont accumulées, créant une charge administrative involontaire et donnant lieu à un système de plus en plus opaque.

Les chiffres montrent que l’Union européenne génère chaque année 18 000 pages de nouvelle législation contraignante. Il faudrait au citoyen lambda environ 720 heures par an pour lire tous ces textes juridiques, soit l’équivalent de deux heures par jour. Pour la seule année 2022, les coûts administratifs récurrents dans l’ensemble de l’Union ont été estimés à 150 milliards d’euros.

Mme Mastantuono insiste sur le fait que le CESE est le premier organe européen à définir la manière dont les outils numériques devraient être utilisés dans le processus législatif: «Le CESE propose des solutions et formule des recommandations pour faire évoluer le processus législatif européen, en tirant parti des outils numériques et en recensant plus efficacement les obligations juridiques.»

«Le droit de l’Union devrait faire l’objet d’un réexamen général, centré sur les citoyens et fondé sur les données. Nous devons veiller à ce que les lois restent adaptées à leur finalité — pour les citoyens, pour les PME et pour l’environnement», estime le corapporteur, Tymoteusz Zych.

Le CESE recommande que tous les nouveaux actes juridiques — qu’ils soient adoptés aux niveaux européen, national, régional ou local — s’accompagnent d’un résumé concis et aisément compréhensible de ce qu’ils exigent. Ces résumés, rédigés par des régulateurs afin d’en garantir l’exactitude et la clarté, devraient également respecter un format compatible avec les outils numériques. Cela permettrait l’intervention de l’intelligence artificielle — pour détecter des chevauchements, des incohérences ou des lacunes, en reliant les règles connexes et en pointant les interactions entre différentes normes juridiques. Le même exercice devrait être appliqué à la législation existante, afin de la rendre plus accessible au public.

Une autre recommandation consiste à créer une plateforme numérique unifiée et interopérable de l’Union pour l’élaboration de la législation, qui permettrait de centraliser les textes et les métadonnées, de réaliser des contrôles de cohérence en temps réel et d’utiliser un langage harmonisé. (ll)

Le CESE plaide en faveur de syndicats plus forts afin d’aider l’Europe à combler son écart de productivité, en particulier par rapport aux États-Unis. Dans un avis récemment adopté, il fait valoir que la productivité ne consiste pas seulement à investir dans la technologie et le capital, mais aussi à donner aux travailleurs les moyens d’agir, à renforcer le dialogue social et à encourager l’innovation sur le lieu de travail.

Le CESE plaide en faveur de syndicats plus forts afin d’aider l’Europe à combler son écart de productivité, en particulier par rapport aux États-Unis. Dans un avis récemment adopté, il fait valoir que la productivité ne consiste pas seulement à investir dans la technologie et le capital, mais aussi à donner aux travailleurs les moyens d’agir, à renforcer le dialogue social et à encourager l’innovation sur le lieu de travail.

Le CESE souligne que la productivité et la hausse des salaires ne sont pas incompatibles. La négociation collective, la consultation et la participation des travailleurs peuvent augmenter les performances des entreprises, les syndicats étant bien placés pour améliorer les pratiques et soutenir la formation.

«En associant les travailleurs à l’élaboration des décisions, nous ne nous contentons pas de protéger les droits, nous libérons aussi le potentiel», a déclaré Philip von Brockdorff, rapporteur. «Des syndicats plus forts peuvent aider les entreprises à innover, à réduire l’absentéisme et à retenir des travailleurs qualifiés.»

L’avis met en exergue le rôle positif des organes tels que les comités d’entreprise, qui favorisent la satisfaction au travail, augmentent les salaires et réduisent la rotation du personnel. Il préconise par ailleurs une coopération plus étroite entre les employeurs, les syndicats et les gouvernements a) pour développer des programmes de formation continue et de renforcement des compétences, en particulier dans les secteurs en mutation rapide, et b) pour fixer des critères de productivité qui privilégient la qualité, la durabilité et l’innovation plutôt que des économies de coûts à court terme.

Le CESE insiste sur le fait que les syndicats peuvent contribuer directement à des structures salariales plus équitables, à la stabilité des emplois et à des solutions aux difficultés que connaît le marché du travail, telles que l’inadéquation des compétences et une mobilité limitée. Il est primordial de reconnaître qu’ils soutiennent l’adaptation de la main-d’œuvre à l’évolution technologique et à la numérisation.

Le Comité conclut par un message clair:
à l’heure actuelle, dans une économie mondiale compétitive, les travailleurs ne sont pas un coût qu’il faut réduire, mais bien une ressource qui doit être valorisée. Le dialogue, la participation et le partenariat rendent les syndicats indispensables pour garantir des salaires équitables, des emplois de qualité ainsi qu’une croissance durable. (tk)

© Homeless World Cup

Depuis 2003, la Homeless World Cup Foundation transforme le sort des sans-abri grâce au football. Sa mission? Utiliser ce sport pour venir en aide aux personnes sans abri, les inciter à changer le cours de leur vie et faire évoluer les mentalités à leur égard. Association caritative enregistrée en Écosse, la fondation gère un réseau mondial de quelque 70 organisations de terrain, qui voient leur travail acharné tout au long de l’année triompher lors de la Coupe du monde des sans-abri, le tournoi international de référence pour le football de rue féminin et masculin. Ce mouvement, qui a déjà permis d’aider plus d’un million d’individus dans le monde, a inspiré le film The Beautiful Game («Le Beau jeu»), diffusé sur Netflix.

CESE info s’est entretenu avec Mel Young, cofondateur et président de la fondation, au sujet de ce mouvement extraordinaire.

Depuis 2023, la Homeless World Cup Foundation transforme le sort des sans-abri grâce au football. Sa mission? Utiliser ce sport pour venir en aide aux personnes sans abri, les inciter à changer le cours de leur vie et faire évoluer les mentalités à leur égard. Association caritative enregistrée en Écosse, la fondation gère un réseau mondial de quelque 70 organisations de terrain, qui voient leur travail acharné tout au long de l’année triompher lors de la Coupe du monde des sans-abri, le tournoi international de référence pour le football de rue féminin et masculin. Ce mouvement, qui a déjà permis d’aider plus d’un million d’individus dans le monde, a inspiré le film The Beautiful Game («Le Beau jeu»), diffusé sur Netflix.

CESE info s’est entretenu avec Mel Young, cofondateur et président de la fondation, au sujet de ce mouvement extraordinaire.

Comment la Homeless World Cup Foundation a-t-elle fait du football un instrument d’inclusion sociale et quels types de changements avez-vous observés sur le terrain?

Notre fondation se sert du football comme d’un puissant outil universel pour établir des liens avec des personnes en situation de sans-abrisme ou d’exclusion sociale. En participant à des séances d’entraînement structurées et, par la suite, à la Coupe du monde des sans-abri, qui est un tournoi mondial, les joueurs refont le plein de confiance, acquièrent une discipline, se reconnectent aux autres et commencent souvent à aller de l’avant.

Sur le terrain, nous sommes témoins d’évolutions remarquables: des personnes qui guérissent d’une addiction, trouvent un logement stable, poursuivent des études ou décrochent un emploi. Beaucoup de joueurs nous rejoignent ensuite en tant que bénévoles, entraîneurs ou mentors, et contribuent à leur tour au cheminement d’autres personnes en difficulté. Le football offre un sentiment d’appartenance et de routine, ce qui fait souvent défaut dans la vie des sans-abri.

L’un de vos objectifs est de bousculer les mentalités à l’égard du sans-abrisme. Avez-vous constaté un changement de perception à la suite de votre travail?

Oui, tout à fait. En mettant en avant les talents, la résilience et l’humanité des personnes sans abri, la Coupe du monde des sans-abri bouscule les stéréotypes souvent négatifs qui leur collent à la peau. Quand les spectateurs, les médias et les collectivités voient des joueurs représenter leur nation, unis par le football, cela humanise le problème d’une façon aussi unique que puissante.

Nous avons observé des changements dans la manière dont les collectivités locales, les médias et les décideurs politiques abordent le sujet du sans-abrisme, en mettant de côté les reproches et la stigmatisation pour laisser place à l’empathie, au soutien et à l’action. Le tournoi sert non seulement de tremplin pour les joueurs, mais aussi de vecteur de changement social.

Nous avons lancé l’initiative «Cities Ending Homelessness» en 2023 avec un objectif ambitieux: réunir des décideurs politiques, des acteurs de l’innovation sociale, des personnes ayant un vécu à partager et des universitaires de tous bords pour trouver des issues au sans-abrisme. À Oslo, nous avons organisé un forum durant les 7 jours du tournoi.

Quels types de structures d’aide sont mis en place pour les joueurs, une fois le tournoi terminé? Comment les aidez-vous à rester connectés et engagés tout au long de l’année?

Le tournoi n’est qu’une partie d’un mouvement plus large. Chaque pays membre (équipe et joueurs) du réseau «Homeless World Cup» s’emploie tout au long de l’année à soutenir les joueurs grâce à des programmes d’aide au logement, d’éducation, de parcours professionnel, de soutien à la santé mentale et de désintoxication.

Après le tournoi, les joueurs restent souvent connectés par le biais des ligues locales ou des possibilités de volontariat, ou encore en endossant le rôle d’ambassadeurs. Certains rejoignent nos effectifs, deviennent entraîneurs ou membres des futures délégations aux tournois. Le réseau veille à ce que la participation au tournoi ne sonne pas la fin du parcours, mais serve au contraire de tremplin pour une transformation à long terme.

Votre réseau peut s’appuyer sur une assise solide au sein de la société civile. Pourriez-vous nous dire comment les organisations locales contribuent à rendre possible la participation au tournoi?

Nos organisations partenaires locales, qui sont actives dans les 70 pays membres du réseau à travers le monde, sont au cœur du mouvement. Elles proposent des programmes de terrain au sein de leurs collectivités, identifient et soutiennent les joueurs, leur offrent un accompagnement et leur permettent d’acquérir des compétences personnelles et sociales, de même qu’elles gèrent toute la préparation inhérente à l’envoi d’une équipe à la Coupe du monde des sans-abri.

Ces organisations saisissent les enjeux propres à leur contexte local et veillent à un soutien pérenne. Elles sont également essentielles pour maintenir des relations à long terme avec les joueurs et assurer une continuité bien au-delà du tournoi. Sans nos pays membres et le travail qu'ils accomplissent, la Coupe du monde des sans-abri ne serait tout bonnement pas possible.

D’après votre expérience, que pourraient faire les institutions européennes ou les États membres pour soutenir davantage les initiatives d’inclusion par le sport?

Tout d’abord, il faut infléchir la vision politique quant au rôle du sport en tant que moteur de changement. Au départ, lorsque nous avons lancé la Coupe du monde des sans-abri, personne ne comprenait pourquoi nous utilisions le football comme levier pour changer la vie des plus marginalisés. Nous avons cependant prouvé d’année en année que cette approche a des bienfaits inestimables et à grande échelle. D’autres ONG actives dans le secteur du «sport au service du développement» peuvent, elles aussi, amplement démontrer à quel point ce travail peut être couronné de succès.

Il s’agit de recueillir les preuves et témoignages qui étayent cette réussite dans l’ensemble du secteur. Ensuite, il faut insuffler un changement de politique pour convaincre les gouvernements d’inclure des initiatives de «sport et développement» dans leurs plans de lutte contre la pauvreté et la marginalisation.

Par ailleurs, le sport doit être intégré plus largement dans d’autres domaines d’action. Il arrive trop souvent que ce secteur se retrouve isolé et sous-financé car il est uniquement perçu sous l’angle de la performance de haut niveau; or le sport a bien plus à offrir. Par exemple, il devrait être intégré dans les services de santé puisque, là aussi, ce ne sont pas les preuves qui manquent pour démontrer que le sport incite les gens à rester actifs, ce qui est bien meilleur pour la santé et réduit en conséquence la pression sur les budgets publics. Le sport devrait faire partie intégrante de chaque aspect d’une politique gouvernementale.

Mel Young est un entrepreneur social en série, qui a créé la Coupe du monde des sans-abri en 2003, avec Harald Schmied. Président de la Homeless World Cup Foundation, il est co-auteur du livre Home Game, paru en 2017, qui raconte l’histoire du mouvement et a inspiré le film «Le Beau jeu», diffusé sur Netflix. Passionné par le pouvoir transformateur du sport, il a lancé diverses initiatives sociales au fil des ans. 

Lors de sa session plénière de juillet 2025, le CESE a adopté un avis décisif qui exhorte la Commission européenne à élaborer une stratégie de lutte contre la pauvreté qui soit solide et fondée sur les droits. La pauvreté n’y est pas définie comme un effet secondaire économique, mais comme une injustice systémique et une violation des droits fondamentaux.

Lors de sa session plénière de juillet 2025, le CESE a adopté un avis décisif qui exhorte la Commission européenne à élaborer une stratégie de lutte contre la pauvreté qui soit solide et fondée sur les droits. La pauvreté n’y est pas définie comme un effet secondaire économique, mais comme une injustice systémique et une violation des droits fondamentaux.

La stratégie préconise une approche multidimensionnelle, qui cible non seulement la privation matérielle, mais aussi les inégalités sociales, psychologiques et liées au genre. Elle propose des objectifs ambitieux, parmi lesquels la réduction de moitié de la pauvreté d’ici à 2030 et l’amélioration des instruments de mesure tels que AROPE et EU-SILC.

«Dans la région la plus riche du monde, 21 % des habitants sont exposés au risque de pauvreté: cette situation est extrêmement injuste et porte gravement atteinte à la dignité humaine. L’objectif de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté devrait donc être d’éradiquer la pauvreté, ici et maintenant!», a déclaré Krzysztof Balon, rapporteur.

«Les gouvernements nationaux doivent enfin assumer leurs responsabilités et redoubler d’efforts pour lutter contre la pauvreté. Le travail devrait constituer une base solide. C’est la raison pour laquelle nous demandons des politiques actives du marché du travail, des emplois de qualité et des salaires décents. Dans le même temps, il importe de garantir l’accès aux services d’intérêt général tels que l’eau, l’électricité, le logement et les soins de santé», a souligné Sophia Reisecker, corapporteure.

Le CESE soutient la pleine mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative à un revenu minimum adéquat et demande instamment que des mesures soient prises pour éviter le non-recours aux prestations en raison d’obstacles administratifs et numériques.

L’avis met en évidence l’augmentation de la pauvreté des travailleurs et plaide en faveur de salaires équitables, de contrats sûrs et de politiques du marché du travail inclusives. Il défend également l’apprentissage tout au long de la vie et l’égalité des chances dans le contexte des transitions écologique et numérique.

L’accès universel aux services est vital, tout comme le soutien à la garantie européenne pour l’enfance ou la stratégie européenne de lutte contre le sans-abrisme. Le Comité met en garde contre l’exclusion numérique et la précarité énergétique, appelant à des plans nationaux inclusifs.

Les vulnérabilités intersectionnelles liées au genre, à la migration, au handicap et à l’âge nécessitent de meilleures données et des garanties de lutte contre la discrimination. Le CESE s’oppose à la criminalisation de la pauvreté et demande l’égalité d’accès à la justice.

Pour garantir l’impact de la stratégie, le Comité propose de nommer un coordinateur européen de la lutte contre la pauvreté, de conjuguer financement et fiscalité progressive et d’associer les communautés concernées à l’élaboration des politiques.

Plus de 93 millions de citoyens européens sont exposés au risque de pauvreté. C’est pourquoi le Comité plaide en faveur d’une action audacieuse et coordonnée pour construire une Europe plus juste et plus inclusive. (lm)