Lors de sa session plénière de juillet 2025, le CESE a adopté un avis décisif qui exhorte la Commission européenne à élaborer une stratégie de lutte contre la pauvreté qui soit solide et fondée sur les droits. La pauvreté n’y est pas définie comme un effet secondaire économique, mais comme une injustice systémique et une violation des droits fondamentaux.

La stratégie préconise une approche multidimensionnelle, qui cible non seulement la privation matérielle, mais aussi les inégalités sociales, psychologiques et liées au genre. Elle propose des objectifs ambitieux, parmi lesquels la réduction de moitié de la pauvreté d’ici à 2030 et l’amélioration des instruments de mesure tels que AROPE et EU-SILC.

«Dans la région la plus riche du monde, 21 % des habitants sont exposés au risque de pauvreté: cette situation est extrêmement injuste et porte gravement atteinte à la dignité humaine. L’objectif de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté devrait donc être d’éradiquer la pauvreté, ici et maintenant!», a déclaré Krzysztof Balon, rapporteur.

«Les gouvernements nationaux doivent enfin assumer leurs responsabilités et redoubler d’efforts pour lutter contre la pauvreté. Le travail devrait constituer une base solide. C’est la raison pour laquelle nous demandons des politiques actives du marché du travail, des emplois de qualité et des salaires décents. Dans le même temps, il importe de garantir l’accès aux services d’intérêt général tels que l’eau, l’électricité, le logement et les soins de santé», a souligné Sophia Reisecker, corapporteure.

Le CESE soutient la pleine mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative à un revenu minimum adéquat et demande instamment que des mesures soient prises pour éviter le non-recours aux prestations en raison d’obstacles administratifs et numériques.

L’avis met en évidence l’augmentation de la pauvreté des travailleurs et plaide en faveur de salaires équitables, de contrats sûrs et de politiques du marché du travail inclusives. Il défend également l’apprentissage tout au long de la vie et l’égalité des chances dans le contexte des transitions écologique et numérique.

L’accès universel aux services est vital, tout comme le soutien à la garantie européenne pour l’enfance ou la stratégie européenne de lutte contre le sans-abrisme. Le Comité met en garde contre l’exclusion numérique et la précarité énergétique, appelant à des plans nationaux inclusifs.

Les vulnérabilités intersectionnelles liées au genre, à la migration, au handicap et à l’âge nécessitent de meilleures données et des garanties de lutte contre la discrimination. Le CESE s’oppose à la criminalisation de la pauvreté et demande l’égalité d’accès à la justice.

Pour garantir l’impact de la stratégie, le Comité propose de nommer un coordinateur européen de la lutte contre la pauvreté, de conjuguer financement et fiscalité progressive et d’associer les communautés concernées à l’élaboration des politiques.

Plus de 93 millions de citoyens européens sont exposés au risque de pauvreté. C’est pourquoi le Comité plaide en faveur d’une action audacieuse et coordonnée pour construire une Europe plus juste et plus inclusive. (lm)