European Economic
and Social Committee
Stimuler la productivité en faisant davantage entendre la voix des travailleurs
Le CESE plaide en faveur de syndicats plus forts afin d’aider l’Europe à combler son écart de productivité, en particulier par rapport aux États-Unis. Dans un avis récemment adopté, il fait valoir que la productivité ne consiste pas seulement à investir dans la technologie et le capital, mais aussi à donner aux travailleurs les moyens d’agir, à renforcer le dialogue social et à encourager l’innovation sur le lieu de travail.
Le CESE souligne que la productivité et la hausse des salaires ne sont pas incompatibles. La négociation collective, la consultation et la participation des travailleurs peuvent augmenter les performances des entreprises, les syndicats étant bien placés pour améliorer les pratiques et soutenir la formation.
«En associant les travailleurs à l’élaboration des décisions, nous ne nous contentons pas de protéger les droits, nous libérons aussi le potentiel», a déclaré Philip von Brockdorff, rapporteur. «Des syndicats plus forts peuvent aider les entreprises à innover, à réduire l’absentéisme et à retenir des travailleurs qualifiés.»
L’avis met en exergue le rôle positif des organes tels que les comités d’entreprise, qui favorisent la satisfaction au travail, augmentent les salaires et réduisent la rotation du personnel. Il préconise par ailleurs une coopération plus étroite entre les employeurs, les syndicats et les gouvernements a) pour développer des programmes de formation continue et de renforcement des compétences, en particulier dans les secteurs en mutation rapide, et b) pour fixer des critères de productivité qui privilégient la qualité, la durabilité et l’innovation plutôt que des économies de coûts à court terme.
Le CESE insiste sur le fait que les syndicats peuvent contribuer directement à des structures salariales plus équitables, à la stabilité des emplois et à des solutions aux difficultés que connaît le marché du travail, telles que l’inadéquation des compétences et une mobilité limitée. Il est primordial de reconnaître qu’ils soutiennent l’adaptation de la main-d’œuvre à l’évolution technologique et à la numérisation.
Le Comité conclut par un message clair:
à l’heure actuelle, dans une économie mondiale compétitive, les travailleurs ne sont pas un coût qu’il faut réduire, mais bien une ressource qui doit être valorisée. Le dialogue, la participation et le partenariat rendent les syndicats indispensables pour garantir des salaires équitables, des emplois de qualité ainsi qu’une croissance durable. (tk)