The EESC issues between 160 and 190 opinions and information reports a year.
It also organises several annual initiatives and events with a focus on civil society and citizens’ participation such as the Civil Society Prize, the Civil Society Days, the Your Europe, Your Say youth plenary and the ECI Day.
Here you can find news and information about the EESC'swork, including its social media accounts, the EESC Info newsletter, photo galleries and videos.
The EESC brings together representatives from all areas of organised civil society, who give their independent advice on EU policies and legislation. The EESC's326 Members are organised into three groups: Employers, Workers and Various Interests.
The EESC has six sections, specialising in concrete topics of relevance to the citizens of the European Union, ranging from social to economic affairs, energy, environment, external relations or the internal market.
Dans un contexte comme celui que traverse l'Europe, marqué par de multiples crises, il est opportun de promouvoir une réflexion sur les biens publics européens et sur les priorités politiques fondamentales capables d'assurer la croissance durable de l'UE et le bien-être de ses citoyens. Cette réflexion prend d'autant plus d'importance dans la perspective des négociations à venir sur le prochain cadre financier pluriannuel européen pour la période post-2027.
Début mars, c’est le cœur très lourd que j’ai quitté Kiev, pour un voyage de deux jours en direction de la France, où je devais participer à un symposium sur l’Ukraine. Je n’ai dès lors pas pu assister à une cérémonie importante prévue à Kiev: notre amie, la poétesse Svitlana Povalyaeva, avait choisi Maïdan, place centrale de la capitale, pour rendre un dernier hommage à son fils aîné, Vasyl, tombé au combat à l’âge de 28 ans. Son frère cadet, Roman, avait lui été tué à l’été 2022 en libérant la région de Kharkiv. Il avait 24 ans.
Début mars, c’est le cœur très lourd que j’ai quitté Kiev, pour un voyage de deux jours en direction de la France, où je devais participer à un symposium sur l’Ukraine. Je n’ai dès lors pas pu assister à une cérémonie importante prévue à Kiev: notre amie, la poétesse Svitlana Povalyaeva, avait choisi Maïdan, place centrale de la capitale, pour rendre un dernier hommage à son fils aîné, Vasyl, tombé au combat à l’âge de 28 ans. Son frère cadet, Roman, avait lui été tué à l’été 2022 en libérant la région de Kharkiv. Il avait 24 ans.
Je suis montée à bord du train le cœur serré, ayant laissé derrière moi mes trois enfants dans l’habitation familiale. Depuis le déclenchement de la guerre, ce n’était certes pas la première fois que je partais pour un court déplacement à l’étranger, mais pour le coup, j'ai été assaillie par un sentiment d’anxiété.
Je savais qu’en cas de menace de tirs de missiles balistiques russes, le système d’alerte de mon téléphone ne se déclencherait pas. Pendant plusieurs jours, je serais à deux mille kilomètres de chez moi, sans aucune possibilité de savoir si mes filles étaient en sécurité: l’idée me terrifiait.
Si le système d’alerte risquait de ne pas fonctionner, c’est parce que les États-Unis avaient cessé de partager leurs renseignements avec l’Ukraine, y compris ceux grâce auxquels il est possible de détecter à un stade précoce les lancements de missiles balistiques depuis le territoire russe. Ils avaient également suspendu l’aide militaire et étaient même allés jusqu’à bloquer le matériel déjà envoyé en Pologne.
Quelques jours plus tard, j’étais de retour au pays. Les délégations ukrainienne, américaine et saoudienne avaient pu mener des négociations entre-temps. L’Ukraine était disposée à accepter un cessez-le-feu total et immédiat, à condition que la Russie fasse de même. Donald Trump était satisfait. La transmission des renseignements américains reprit, tout comme l’aide militaire convenue sous la présidence de Joe Biden.
Cependant, la confiance était rompue, car quand on a été trahi, il est difficile de faire comme si tout allait bien...
Ce sentiment de trahison est-il partagé en Europe? Elle est révolue, l’époque où le Vieux Continent pouvait compter sur la protection de l’OTAN, emmenée par les États-Unis. La nébuleuse MAGA nous tourne le dos et cherche à réduire la présence militaire et humanitaire des États-Unis en Europe, tout en s’employant à sortir le pays agresseur, la Russie, de son isolement diplomatique et économique.
Si Trump veut obtenir un cessez-le-feu en Ukraine au plus vite et à n’importe quelles conditions, c’est parce que le sort du pays ne lui importe guère. Son unique préoccupation est de réduire les coûts pour le budget américain. C’est ainsi que les États-Unis ne participent plus aux réunions organisées à la base aérienne de Ramstein, par exemple, et que plus aucune nouvelle forme d’aide militaire américaine n’est prévue pour l’année en cours.
Établir la paix au prix de la défaite de l’Ukraine ne semble poser aucun problème à la nouvelle administration américaine. Les émissaires Steve Witkoff et Keith Kellogg proposent même des plans de division de l’Ukraine en deux ou trois zones, qui sont le parfait reflet du sort réservé à l’Allemagne nazie après la Seconde Guerre mondiale, comme si l’Ukraine était l’agresseur qui avait perdu la guerre.
L’Europe est cependant tout aussi menacée. Si Trump veut réduire la présence militaire américaine sur le Vieux Continent et exige des pays membres de l’OTAN qu’ils accroissent les budgets de leurs armées pour les porter à 5 % de leur PIB, c’est parce qu’il estime que la défense de l’Europe est un problème européen.
Et pendant ce temps, la Russie observe. Pour elle, une OTAN qui ne serait plus sous direction américaine ne serait plus une force ni de défense ni de dissuasion. Combien de temps nous faudrait-il pour bâtir une «Europe de la défense», capable d’assurer sa propre sécurité de manière autonome? Si cette question vous semble trop abstraite, essayez de répondre à celle-ci: qui, parmi les Européens, irait défendre les pays baltes si la Russie venait à les attaquer après ses manœuvres en Biélorussie en septembre prochain?
Au lendemain de la trahison des États-Unis, l’Europe se trouve devant un choix très clair: défendre dès aujourd’hui l’Ukraine comme s’il s’agissait d’elle-même ou, demain, devoir affronter l’armée russe sur son propre territoire. Le combat s’annonce difficile, mais aucune bataille n’est perdue d’avance.
Fin mars, un sondage mené auprès de l’opinion publique ukrainienne a attiré mon attention: plus de 80% des Ukrainiens affirment que même sans le soutien des États-Unis, ils sont prêts à poursuivre la lutte contre la Russie.
Reste à savoir combien d’Européens se tiendront à nos côtés.
«Au lendemain de la trahison commise par les États-Unis, l’Europe se trouve placée devant un choix très clair: soit elle décide aujourd’hui de défendre l’Ukraine comme elle le ferait pour elle-même, soit il lui faudra, demain, affronter l’armée russe sur son propre territoire. Pareil combat sera tout sauf aisé, mais aucune bataille n’est perdue d’avance. Parmi les Européens, combien se tiendront à nos côtés? Tel est le point qui reste à éclaircir», a écrit notre invitée surprise, Tetyana Ogarkova.
«Au lendemain de la trahison commise par les États-Unis, l’Europe se trouve placée devant un choix très clair: soit elle décide aujourd’hui de défendre l’Ukraine comme elle le ferait pour elle-même, soit il lui faudra, demain, affronter l’armée russe sur son propre territoire. Pareil combat sera tout sauf aisé, mais aucune bataille n’est perdue d’avance. Parmi les Européens, combien se tiendront à nos côtés? Tel est le point qui reste à éclaircir», a écrit notre invitée surprise, Tetyana Ogarkova.
Ukrainienne installée à Kiev, Tetyana Ogarkova est journaliste, essayiste et spécialiste en études littéraires.Elle figure parmi les coordonnateurs du département international de l’Ukraine Crisis Media Center et coprésente les audios «L’Ukraine expliquée» («Explaining Ukraine»). Elle est par ailleurs maître de conférences à l’Université Mohyla de Kiev et docteure ès lettres de l’Université Paris-XII Val-de-Marne.
Display date
9 months 2 weeks ago
Investissements et réformes en faveur de la compétitivité et d’une union des marchés des capitaux