Le CESE plaide en faveur d’un budget de l’UE plus important que celui proposé dans le projet de cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 de la Commission, qui s’élève au total à 1 816 milliards d’euros. Le Comité a examiné le projet lors de sa session plénière de décembre dans le cadre de la préparation d’un avis attendu pour janvier 2026, qui s’appuie sur l’évaluation de la révision à mi-parcours qu’il a réalisée en avril 2025.

Le CESE plaide en faveur d’un budget de l’UE plus important que celui proposé dans le projet de cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 de la Commission, qui s’élève au total à 1 816 milliards d’euros.

Le Comité a examiné le projet lors de sa session plénière de décembre dans le cadre de la préparation d’un avis attendu pour janvier 2026, qui s’appuie sur l’évaluation de la révision à mi-parcours qu’il a réalisée en avril 2025. Le débat a été marqué par la participation de Piotr Serafin, commissaire au budget, à la lutte antifraude et à l’administration publique, de Carla Tavares, députée au Parlement européen, et d’Enrico Giovannini, ancien ministre italien au sein du gouvernement Draghi et directeur scientifique de l’Alliance italienne pour le développement durable (ASviS).

«Notre Union ne pourra rester résiliente que si les acteurs les plus proches du terrain — les acteurs régionaux et locaux, les partenaires sociaux et la société civile organisée — continuent à être pleinement associés à la définition des domaines et des modalités d’utilisation des fonds», a déclaré Séamus Boland, président du CESE.

Au cours du débat, les membres du CESE ont mis en garde contre le fait que la fusion des financements en faveur de la cohésion, de l’agriculture et de la pêche dans de nouveaux plans de partenariat national et régional (plans PNR) pourrait risquer de centraliser la gestion des fonds. Ils ont également souligné qu’il s’imposait d’éviter de répéter les lacunes en matière de consultation observées dans les plans pour la reprise et la résilience. Des inquiétudes ont été exprimées quant à l’établissement d’un lien entre les plans PNR et les priorités du Semestre européen, ce qui pourrait imposer des conditions macroéconomiques injustifiées.

Le Comité a soutenu l’utilisation des recettes provenant du système d’échange de quotas d’émission et du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, mais s’est opposé à une nouvelle taxe sur les entreprises, recommandant plutôt une taxe sur les services numériques. Il a en outre demandé une augmentation des financements en faveur du Fonds social européen plus, du Fonds pour une transition juste, d’Horizon Europe et du mécanisme pour l’interconnexion en Europe. Le CESE a salué le nouveau programme AgoraEU, conçu pour soutenir la culture, le pluralisme des médias, la participation démocratique et la société civile.

Enfin, il a été avancé que des objectifs plus clairs, une plus grande transparence et une participation plus active des acteurs locaux renforceraient la gouvernance démocratique et amélioreraient la proposition de CFP.

Le premier forum de l’Union européenne sur la résilience dans le domaine de l’eau, organisé conjointement par le CESE, le Comité européen des régions et la Commission européenne, a réuni des décideurs politiques et des parties prenantes afin de définir des solutions face aux défis croissants auxquels l’Europe est confrontée dans le domaine de l’eau. 

Le premier forum de l’Union européenne sur la résilience dans le domaine de l’eau, organisé conjointement par le CESE, le Comité européen des régions et la Commission européenne, a réuni des décideurs politiques et des parties prenantes afin de définir des solutions face aux défis croissants auxquels l’Europe est confrontée dans le domaine de l’eau.

La commissaire Jessika Roswall a mis en garde quant au fait que «l’eau n’est plus une ressource infinie», et elle a appelé à prendre d’urgence des mesures collectives. De son côté, la vice-présidente exécutive de la Commission, Teresa Ribera, a souligné que «l’eau est le lien entre tout ce à quoi nous tenons», que «l’eau est la vie» et qu’elle représente une «responsabilité partagée». Le forum a également été l’occasion de lancer la plateforme des acteurs de la résilience dans le domaine de l’eau, conçue pour transformer les idées conjointes en réalisations coordonnées.

La résilience dans le domaine de l’eau au cœur des priorités de l’UE

Pour le CESE, le forum a renforcé la dynamique en faveur de son pacte bleu pour l’Europe, qui a contribué à faire progresser la question de la sécurité de l’approvisionnement en eau dans le programme politique de l’UE et a inspiré la création d’un portefeuille de commissaire spécialement dédié à ce thème. La «Déclaration renouvelée en vue d’un pacte bleu pour l’Europe» comprend désormais 31 actions spécifiques, avec notamment l’application d’un «test hydrique» de l’Union, qui vise à évaluer l’incidence de toute nouvelle législation sur les ressources en eau et la pollution. Le président du CESE, Séamus Boland, a insisté sur la dimension sociale de l’eau: «Un accès équitable à l’eau est une question de justice. [...] L’avenir de l’eau en Europe consiste en fin de compte à protéger les personnes, les moyens de subsistance et les générations futures», a-t-il notamment déclaré.

Action locale, responsabilité partagée

Les villes et les régions jouent un rôle central. La présidente du Comité européen des régions, Kata Tüttő, a rappelé aux participants que «l’eau est omniprésente dans nos vies» et que nous ressentons tous les jours une forme d’anxiété liée au manque possible d’eau.  Elle a souligné qu’une collaboration transfrontière est indispensable dans ce domaine, en faisant observer combien la pollution d’une ville a des effets pour les populations bien en aval de celle-ci. Les participants au forum ont échangé des solutions concrètes sur la restauration du cycle de l’eau, l’amélioration de l’utilisation rationnelle de l’eau, le déploiement d’outils numériques en la matière et la garantie d’un accès équitable, en particulier pour les groupes vulnérables.

Des engagements à l’action

Le forum s’est conclu par un appel déterminé commun à traduire l’ambition politique en mesures et investissements concrets afin de parvenir à la résilience dans le domaine de l’eau d’ici à 2050. Avec le lancement de la plateforme des acteurs de la résilience dans le domaine de l’eau, le CESE a réaffirmé qu’il était prêt à contribuer à mettre en relation les décideurs politiques avec les travailleurs, les entreprises, les agriculteurs et les communautés locales. «Cette plateforme est l’occasion de transformer des idées en solutions pratiques et centrées sur la population et de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte», a conclu le président du CESE. (gb)

Lors de sa session plénière de décembre 2025, le CESE a adopté un avis d’initiative invitant instamment l’UE à reconnaître officiellement les matériaux permanents, à savoir l’acier, l’aluminium et le verre, comme étant essentiels à une économie véritablement circulaire. 

Lors de sa session plénière de décembre 2025, le CESE a adopté un avis d’initiative invitant instamment l’UE à reconnaître officiellement les matériaux permanents, à savoir l’acier, l’aluminium et le verre, comme étant essentiels à une économie véritablement circulaire.

Ces matériaux conservent leurs propriétés tout au long d’innombrables recyclages, ce qui permet de réaliser des économies significatives en matière de climat et de ressources: le recyclage de l’aluminium réduit la consommation d’énergie de 95 % et fait passer les émissions de 15,1 tonnes équivalent CO2 par tonne d’aluminium primaire à seulement 0,52 tonne équivalent CO2. Andrea Mone, rapporteur de l’avis, a souligné la dimension sociale de la transition, déclarant qu’«il s’impose de garantir l’accès au perfectionnement et à la reconversion professionnels afin de favoriser les passages en douceur d’un emploi à un autre et de s’assurer que les travailleurs bénéficient pleinement de l’économie circulaire». Michal Pintér, corapporteur, a plaidé en faveur d’actions politiques plus fortes, en signalant que «nous avons besoin d’une législation concrète pour passer des slogans à des modèles pratiques et viables».

Pourquoi les matériaux permanents sont importants

Les matériaux permanents permettent un recyclage circulaire en circuit fermé sans perte de qualité, contrairement à d’autres matériaux qui se dégradent à chaque cycle. Les taux de recyclage élevés montrent déjà leur potentiel: les emballages en fer-blanc affichent des taux de recyclage supérieurs à 80 % dans plusieurs États membres et, pour ce qui est du verre, chaque augmentation de 10 % de la part de verre recyclé réduit la consommation d’énergie de 3 % et les émissions de CO2 de 5 %. Ces gains rendent les matériaux permanents essentiels pour atteindre les objectifs de neutralité climatique de l’UE tout en réduisant la dépendance à l’égard des matières premières vierges.

Ce qui doit changer

Le CESE souligne que l’UE a besoin d’une législation plus claire pour distinguer les matériaux permanents de ceux qui se dégradent au fil du temps et fixer des objectifs ambitieux en matière de recyclage et de collecte. Parvenir à 90 % de collecte séparée des déchets d’emballages d’ici à 2030, harmoniser les régimes de responsabilité élargie des producteurs, investir dans des infrastructures de recyclage modernes et accroître la participation des consommateurs constituent des priorités essentielles. Le Comité souligne également que la transition circulaire doit être socialement équitable, en garantissant l’accès à la formation, en soutenant les passages d’un emploi à un autre et en renforçant le dialogue social tout au long de la transition vers des modèles d’entreprise circulaires. (gb)

Dans un nouvel avis adopté en décembre, le Comité économique et social européen (CESE) affirme que, si elle veut protéger efficacement ses citoyens, l’UE se doit de passer d’un mode d’appréhension des crises fondé sur la réaction à une prospective à long terme en matière de catastrophes. Cet appel intervient alors que l’Europe est confrontée à des phénomènes climatiques extrêmes plus fréquents, à des risques cyberphysiques croissants et à une instabilité géopolitique.

Dans un nouvel avis adopté en décembre, le Comité économique et social européen (CESE) affirme que, si elle veut protéger efficacement ses citoyens, l’UE se doit de passer d’un mode d’appréhension des crises fondé sur la réaction à une prospective à long terme en matière de catastrophes. Cet appel intervient alors que l’Europe est confrontée à des phénomènes climatiques extrêmes plus fréquents, à des risques cyberphysiques croissants et à une instabilité géopolitique.

Selon Florian Marin, rapporteur de l’avis, l’Union continue de traiter les catastrophes comme des chocs isolés plutôt que comme des menaces prévisibles et interconnectées. «La prévention n’est plus facultative», déclare-t-il, faisant valoir qu’il s’agit de la forme de défense la plus rentable et la plus humaine dont l’Europe dispose.

Si le mécanisme de protection civile de l’Union (MPCU) a été renforcé ces dernières années, en particulier au moyen de la réserve rescEU après des incendies de forêt dévastateurs, le CESE estime que le système reste trop axé sur la réaction d’urgence plutôt que sur la réduction des risques. La fragmentation entre les politiques de protection civile, d’adaptation au changement climatique et de sécurité continue de limiter la coordination.

Le Comité plaide en faveur d’une réduction des formalités administratives, d’une modernisation des données et des systèmes d’alerte précoce, d’une meilleure formation du personnel, d’une rationalisation des marchés publics et d’un financement stable pour les professionnels et les bénévoles. La réduction des risques de catastrophe devrait également devenir un pilier essentiel de la planification régionale de l’UE pour la période 2028-2034.

Les récentes réponses transfrontières apportées aux inondations montrent ce qu’il est possible de faire. «Une Union préparée est une Union plus forte», conclut M. Marin. L’Europe ne peut se permettre d’attendre la prochaine crise. (ks) 

Le Comité économique et social européen (CESE) accueillera la troisième édition de la Semaine de la société civile, du 2 au 5 mars 2026, sous l’intitulé «Citoyens, démocratie, résilience — Notre avenir!». Dans le cadre du programme aura également lieu la Journée de l’initiative citoyenne européenne (ICE), manifestation annuelle qui revient le 3 mars pour sa 14e édition. 

Le Comité économique et social européen (CESE) accueillera la troisième édition de la Semaine de la société civile, du 2 au 5 mars 2026, sous l’intitulé «Citoyens, démocratie, résilience — Notre avenir!». Dans le cadre du programme aura également lieu la Journée de l’initiative citoyenne européenne (ICE), manifestation annuelle qui revient le 3 mars pour sa 14e édition.

La Semaine de la société civile sera axée sur la lutte contre la pauvreté, la réduction de l’exclusion sociale, la participation des citoyens et la réduction des fractures entre les régions et les générations en vue de rétablir la confiance et de favoriser une cohésion sociale durable. Dans ce contexte, la promotion de la diversité, de l’engagement civique, de l’égalité et de l’inclusion apparaît comme un moyen essentiel de renouveler la promesse sociale et démocratique de l’Europe pour les générations futures.

Le programme de quatre jours comprendra des sessions organisées par le Groupe de liaison du CESE avec les organisations et réseaux européens de la société civile, la Journée de l’ICE, mais aussi des sessions organisées par les conseils économiques et sociaux nationaux et par le groupe ad hoc du CESE sur les droits fondamentaux et l’état de droit (groupe DFED). Parmi les participants, il y aura entre autres des représentants de la jeunesse, des journalistes et des acteurs de la société civile des pays candidats.

Les inscriptions seront ouvertes le 2 février.

Le programme complet et le lien pour s’inscrire seront bientôt disponibles sur la page web de l’événement.

Les 19 et 20 mars prochains, le Comité économique et social européen accueillera l’édition 2026 de sa session plénière des jeunes («Votre Europe, votre avis!»), sur le thème «Des liens constructifs, une participation active et un engagement démocratique».

Les 19 et 20 mars prochains, le Comité économique et social européen accueillera l’édition 2026 de sa session plénière des jeunes («Votre Europe, votre avis!»), sur le thème «Des liens constructifs, une participation active et un engagement démocratique».

L’appel à manifestation d’intérêt de cette année a suscité plus de 3 000 candidatures, soit plus de 2 500 candidatures individuelles et environ 500 d’établissements d’enseignement secondaire. À partir de ce vivier, un établissement scolaire par pays a été sélectionné pour participer à la manifestation, les pays représentés étant les États membres de l’Union, les neuf pays candidats et le Royaume-Uni. Plus de 40 participants individuels, issus des divers pays susmentionnés, y participeront également, ce qui garantira un échange de vues diversifié et inclusif. Les pays ayant soumis le plus grand nombre de candidatures sont l’Italie, la Roumanie et l’Ukraine.

À partir de la mi-janvier, les membres du CESE se rendront dans les établissements sélectionnés pour y présenter «Votre Europe, votre avis!» et expliquer le rôle joué par le Comité dans la construction de l’avenir de l’Europe.

L’édition 2026 de «Votre Europe, votre avis!» entend être davantage qu’une simple manifestation. Il s’agit d’une plateforme qui permet aux jeunes de créer des liens, de s’engager activement et de contribuer à la vie démocratique dans toute l’Europe, et l’événement devrait alimenter des discussions et des processus de consultation plus larges sur la prochaine stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Pour de plus amples informations à ce sujet, consultez la page web de l’événement. 

Le Comité économique et social européen (CESE) approuve la nouvelle stratégie de la Commission européenne visant à réformer le marché unique et demande une mise en œuvre complète des mesures liées au marché unique ainsi qu’une application effective de la législation de l’Union. 

Le Comité économique et social européen (CESE) approuve la nouvelle stratégie de la Commission européenne visant à réformer le marché unique et demande une mise en œuvre complète des mesures liées au marché unique ainsi qu’une application effective de la législation de l’Union.

Dans un avis adopté lors de sa session plénière de décembre, le CESE se félicite que la Commission mette l’accent sur la réduction des obstacles internes, la modernisation des règles relatives aux services, le soutien aux PME et aux entreprises en expansion, l’amélioration de la numérisation et la rationalisation de la législation. Il y souligne que le succès de la nouvelle stratégie pour le marché unique, présentée en mai 2025, dépend désormais d’une mise en œuvre rapide et efficace.

L’avis a été élaboré par trois rapporteurs représentant les groupes du CESE — employeurs, travailleurs et organisations de la société civile — et reflète la position commune de la société civile organisée européenne.

«Nous insistons sur la nécessité d’une réponse européenne cohérente et collective — une politique commune —, qui soit comprise et appliquée de manière cohérente, de Bruxelles jusqu’aux capitales des États membres», déclare Émilie Prouzet (groupe des employeurs), rapporteure de l’avis.

Le CESE estime que la simplification réglementaire est essentielle dans le contexte géopolitique et économique actuel, mais fait observer qu’il demeurera vigilant à mesure que les trains de mesures de simplification avanceront.

«La simplification réglementaire est un levier stratégique, mais celui-ci doit être actionné dans le plein respect des droits sociaux et des droits des travailleurs. À ce titre, il est essentiel que le Parlement européen, les parlements nationaux et les partenaires sociaux soient structurellement associés dès les premières étapes du processus législatif, en particulier en ce qui concerne les trains de mesures omnibus», explique Angelo Pagliara (groupe des travailleurs).

Giuseppe Guerini (groupe des organisations de la société civile) souligne que la nouvelle stratégie pour le marché unique européen doit mieux tenir compte de l’accessibilité pour les entités de l’économie sociale et précise que «la Commission devrait renforcer, et non retirer, la proposition relative aux associations transfrontalières européennes».

Étant donné que l’inflation et le coût élevé de la vie continuent d’affecter les ménages, le CESE réitère son appel en faveur d’une action de l’UE en ce qui concerne les restrictions territoriales en matière d’approvisionnement et les divergences dans l’étiquetage des produits, en faisant observer que ces disparités nuisent à la concurrence loyale et créent des conditions inégales entre les États membres.

Le Comité exprime également son soutien à la future proposition de la Commission relative à un «28e régime» facultatif, qui offrirait aux entreprises la possibilité d’adhérer, sur une base volontaire, à un cadre juridique à l’échelle de l’Union pour faciliter leur expansion transfrontière. Il fait cependant valoir que ce système ne doit pas devenir un moyen de contourner les obligations existantes. (ll)

Avec plus de 1,6 milliard d’utilisateurs dans le monde, dont plus de 200 millions en Europe, et une proportion considérable de jeunes qui s’en servent comme source principale d’information, TikTok est devenu un espace d’expression politique et de partage d’informations de premier plan et, partant, fait l’objet d’un contrôle croissant de la part des régulateurs et de la société civile. À la suite de préoccupations récemment exprimées, la Commission européenne a ouvert une procédure formelle au titre du règlement sur les services numériques afin d’examiner si TikTok évalue et atténue de manière adéquate les risques systémiques liés à l’intégrité des élections et au débat public. Nous avons demandé à Francesca Scapolo, experte en intégrité électorale pour les politiques publiques en Europe chez TikTok, comment la plateforme comprend la responsabilité qui lui incombe face à ces risques dans la pratique, de quelle manière elle coopère avec les autorités et quelles garanties elle a mises en place pour protéger les processus démocratiques.

Avec plus de 1,6 milliard d’utilisateurs dans le monde, dont plus de 200 millions en Europe, et une proportion considérable de jeunes qui s’en servent comme source principale d’information, TikTok est devenu un espace d’expression politique et de partage d’informations de premier plan et, partant, fait l’objet d’un contrôle croissant de la part des régulateurs et de la société civile. À la suite de préoccupations récemment exprimées, la Commission européenne a ouvert une procédure formelle au titre du règlement sur les services numériques afin d’examiner si TikTok évalue et atténue de manière adéquate les risques systémiques liés à l’intégrité des élections et au débat public. Nous avons demandé à Francesca Scapolo, experte en intégrité électorale pour les politiques publiques en Europe chez TikTok, comment la plateforme comprend la responsabilité qui lui incombe face à ces risques dans la pratique, de quelle manière elle coopère avec les autorités et quelles garanties elle a mises en place pour protéger les processus démocratiques.

 

 

Compte tenu de l’ampleur que prend TikTok et de son rôle croissant en tant que source d’information politique pour des millions d’utilisateurs partout dans l’Union, comment l’entreprise aborde-t-elle de manière plus large la question de la responsabilité concernant les risques systémiques sur la plateforme, comme la propagation de la désinformation, les comportements coordonnés ou les faux comptes et les comptes fictifs? De quelle manière ces efforts se traduisent-ils par une coopération avec les autorités nationales et les institutions de l’UE, en particulier lors de moments délicats tels que les élections?

TikTok est une plateforme de découverte à laquelle plus de 200 millions d’Européens se connectent afin de partager leurs passions ou de trouver des sources d’inspiration. Nous sommes bien conscients que l’essor est synonyme de responsabilité et nous œuvrons sans relâche à protéger notre plateforme et à maintenir un espace civil permettant aux citoyens de s’exprimer et de construire une communauté, y compris lors des élections. Nous avons investi massivement dans des systèmes, des équipes spécialisées et des partenariats pour faire face aux risques systémiques tels que la désinformation préjudiciable, les faux comptes et les comptes fictifs, les comportements coordonnés non authentiques et les comportements trompeurs.

Dans l’ensemble de l’UE, nous nous efforçons notamment d’appliquer proactivement nos règles communautaires, d’investir dans des fonctionnalités, des outils et des ressources visant à donner à notre communauté les moyens d’agir, y compris sous la forme d’initiatives en matière d’éducation aux médias, et de développer des partenariats avec des experts externes. En fait, grâce au programme mondial de vérification des faits de TikTok, nous travaillons en étroite collaboration avec plus de 20 organisations accréditées par l’IFCN actives dans ce domaine, parmi lesquelles AFP en France, DPA en Allemagne et Newtral en Espagne.

Nos travaux techniques et nos activités de contrôle de l’application des règles sont complétés par une coopération permanente avec les autorités nationales et les régulateurs de l’UE. Dans le cadre du règlement sur les services numériques (DSA) et du code de conduite contre la désinformation, nous dialoguons avec les coordinateurs pour les services numériques et la Commission européenne. Nous fournissons également régulièrement des informations actualisées sur nos efforts de modération des contenus dans nos rapports de transparence.

Durant les périodes cruciales telles que les élections, nous collaborons également avec les autorités nationales et les commissions électorales et participons au système de réaction rapide du code de conduite, favorisant un partage d’informations diligent et coordonné entre les organisations de la société civile, les vérificateurs de faits et les plateformes afin de pouvoir faire face aux menaces urgentes ou émergentes, une capacité critique en périodes électorales.

Considérés dans leur ensemble, ces efforts montrent comment nous conjuguons atténuation proactive des risques, outils de responsabilisation des utilisateurs et coopération réglementaire afin de contribuer à préserver le débat démocratique dans l’ensemble de l’UE, en particulier lors de périodes électorales délicates.

Selon vous, les mesures prises par TikTok actuellement en vigueur sont-elles suffisantes pour faire face aux risques systémiques pesant sur les processus démocratiques lors des élections, en particulier ceux liés aux algorithmes de recommandation, à la dynamique de visibilité et aux campagnes coordonnées? Ou estimez-vous qu’il est nécessaire de mettre en place des garanties plus solides ou plus proactives?

Lors des élections, nous œuvrons sans relâche à protéger notre plateforme et à maintenir un espace civil permettant aux citoyens de s’exprimer et de construire une communauté. Au cours des cinq dernières années, des milliers de professionnels de la confiance, de la sûreté et de la sécurité ont protégé TikTok lors de plus de 200 élections à travers le monde. Notre stratégie globale repose principalement sur trois piliers:

  • protéger l’intégrité des élections: supprimer la désinformation préjudiciable, entraver les tentatives d’influencer notre communauté, y compris les opérations d’influence clandestines, collaborer avec les vérificateurs de faits de manière à évaluer l’exactitude des contenus et étiqueter les allégations invérifiables;

  • donner aux utilisateurs les moyens d’agir: fournir un accès à des informations fiables par l’intermédiaire des centres électoraux, faire en sorte que les utilisateurs soient en mesure de distinguer la réalité de la fiction;

  • collaborer avec des experts: établir des partenariats avec les commissions électorales et les organisations de vérification des faits pour lutter contre les menaces émergentes.

Grâce à ces efforts, en 2025, nous avons perturbé plus de 75 réseaux d’influence clandestine et supprimé des dizaines de milliers de comptes pour avoir violé nos politiques en matière d’influence clandestine. Nous rendons des comptes à notre communauté en publiant des mises à jour régulières sur la manière dont nous protégeons l’intégrité des élections, ainsi que des rapports fréquents sur les opérations d’influence clandestines que nous avons entravées.

Pour ce qui concerne l’avenir, nous restons déterminés à renforcer ces piliers et à faire évoluer nos garanties à mesure que les risques évoluent.

Le projet Clover, qui repose sur un investissement à long terme d’environ 12 milliards d’euros, a été présenté comme un pilier essentiel de la stratégie européenne de gouvernance des données de TikTok. Pourtant, il demeure relativement peu connu du public. Comment cette initiative modifie-t-elle concrètement la manière dont TikTok traite les données des utilisateurs européens et quelle est sa pertinence pour l’intégrité des élections et les garanties démocratiques dans l’Union?

Le projet Clover est l’un des programmes de protection des données les plus avancés et les plus complets qui soient. Ses principes fondamentaux consistent notamment à stocker les données des utilisateurs européens dans une enclave européenne spécifique par défaut et à les protéger grâce à des garanties et des restrictions supplémentaires, en s’appuyant sur nos contrôles existants concernant les personnes habilitées à accéder aux données.

Nous avons également acquis les services d’une société européenne de cybersécurité renommée, le groupe NCC, afin de surveiller et de vérifier ces garanties de manière indépendante. Le contrôle assuré par le groupe NCC est un gage de responsabilité offert par une tierce partie pour nos travaux visant à protéger les données des utilisateurs européens. Nous avons également déployé des outils, appelés «technologies de protection de la vie privée», pour renforcer la protection de la vie privée des utilisateurs européens.

Ces mesures vont au-delà des exigences réglementaires, tout en étant alignées sur les principes du RGPD et sur nos efforts généraux visant à protéger notre plateforme et nos utilisateurs au moyen de processus, de politiques et de procédures solides.

Francesca Scapolo supervise les efforts de TikTok en matière de politique publique d’intégrité des élections à l’échelle européenne, en assurant la coordination entre les équipes chargées des produits, de la confiance et de la sécurité, ainsi que des politiques. En collaboration avec les parties prenantes internes et externes, elle met en œuvre des stratégies de politiques publiques régionales qui renforcent la confiance civique et préservent l’intégrité électorale. Avant de rejoindre TikTok, Francesca Scapolo a travaillé au sein du conseil de surveillance de Meta et à la Commission européenne. 

@European Union 2025 – Source: EP

Le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit constitue la plus haute distinction accordée par l’Union européenne dans le domaine des droits humains. Décerné chaque année depuis 1988 par le Parlement européen, il rend hommage aux personnes ou organisations qui défendent la liberté de pensée et les droits fondamentaux. En 2025, il a été attribué à deux journalistes courageux qui ont payé le prix fort pour avoir défendu la dignité humaine et la démocratie dans leurs pays respectifs: il s’agit du journaliste biélorussien issu de la minorité polonaise, Andrzej Poczobut, et de la journaliste géorgienne, Mzia Amaglobeli, tous deux toujours emprisonnés et privés de tout contact (ou presque) avec le monde extérieur.

Le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit constitue la plus haute distinction accordée par l’Union européenne dans le domaine des droits humains. Décerné chaque année depuis 1988 par le Parlement européen, il rend hommage aux personnes ou organisations qui défendent la liberté de pensée et les droits fondamentaux. En 2025, il a été attribué à deux journalistes courageux qui ont payé le prix fort pour avoir défendu la dignité humaine et la démocratie dans leurs pays respectifs: il s’agit du journaliste biélorussien issu de la minorité polonaise, Andrzej Poczobut, et de la journaliste géorgienne, Mzia Amaglobeli, tous deux toujours emprisonnés et privés de tout contact (ou presque) avec le monde extérieur.

Le 16 décembre dernier, à Strasbourg, le Parlement européen a organisé la cérémonie de remise du prix Sakharov en présence de représentants des deux lauréats. Les deux autres finalistes étaient également de la partie, à savoir des représentants des journalistes et travailleurs humanitaires actifs en Palestine et dans toutes les zones de conflit, ainsi que des étudiants serbes qui manifestent depuis plus d’un an contre la corruption dans leur pays.

«Le Parlement européen est solidaire du combat d’Andrzej Poczobut et de Mzia Amaglobeli. Nous demandons leur libération immédiate, ainsi que celle de toutes les personnes détenues à tort. Nous maintiendrons la pression jusqu’à ce que tous soient libres... La démocratie n’advient pas sans peine; elle exige un engagement de tous les instants et le courage de passer à l’action, même quand le prix à payer est incroyablement élevé. C’est ce que les lauréats de cette année nous enseignent», a déclaré Roberta Metsola, la présidente du Parlement européen.

Jana Poczobut, qui a reçu le prix au nom de son père, s’est exprimée en ces termes: «Vous montrez que même lorsqu’une personne disparaît, ses principes ne peuvent disparaître avec elle. Et même lorsqu’une personne est réduite au silence, d’autres reprennent ses paroles.»

Andrzej Poczobut a passé des années à enquêter sur le régime oppressif en Biélorussie et à défendre la minorité polonaise dans ce pays. À la suite de mesures de répression ciblant l’Union des Polonais, il purge depuis 2021 une peine de huit ans d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire. Il est maintenu en isolement dans une cellule en béton. Sa famille ne lui a plus parlé ni ne l’a vu depuis cinq ans.

«Chaque jour, nous faisons le choix d’espérer, car l’espoir est la seule chose qui ne nous a pas été enlevée. Et tant de familles ont une histoire qui fait écho à la nôtre... Votre reconnaissance ne peut pas changer le passé, mais elle nous donne quelque chose d’extrêmement précieux pour l’avenir: la conviction que la justice et l’humanité ont toujours une place dans ce monde», a déclaré Jana Poczobut dans un discours émouvant tenu devant le Parlement.

La journaliste géorgienne Mzia Amaglobeli, cofondatrice et directrice des médias indépendants Batumelebi et Netgazeti, a été condamnée en janvier 2025 à deux ans de prison pour des accusations liées à une prétendue confrontation avec la police lors de manifestations antigouvernementales. Elle est devenue la première femme journaliste à être emprisonnée pour des motifs politiques depuis l’indépendance de la Géorgie.

Dans un discours lu lors de la cérémonie par son amie, la journaliste géorgienne Irma Dimitradze, Mme Amaglobeli a déclaré accepter le prix au nom de tous les prisonniers politiques injustement détenus et condamnés pour avoir lutté en faveur d’un avenir européen pour la Géorgie.

Pour Mme Amaglobeli, la Géorgie a été capturée par un régime qui sert les intérêts russes et détruit le journalisme indépendant, abolit les partis politiques d’opposition et démantèle les ONG en les qualifiant d’agents de l’étranger. C’est aussi un régime sans pitié qui réprime à coups de poings, d’amendes, d’arrestations et de chantages les citoyens qui descendent dans la rue depuis l’annonce de la suspension du processus d’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne.

«Je souhaite que vous soyez aux côtés de la société géorgienne, de sa démocratie et de ses aspirations européennes, de la même manière que vous défendriez la liberté dans votre propre pays... Il est désormais incontestable que les forces à l’œuvre derrière les horreurs commises en Biélorussie, en Ukraine et en Géorgie se rapprochent du cœur de l’Europe. Elles se dirigent vers vos foyers, nous sommes simplement en travers de leur route», a mis en garde Mme Amaglobeli.

Si l’Ukraine et la Géorgie devaient être abandonnées à leur sort face à l’agression de la Russie, il s’agirait d’une erreur historique irréparable pour laquelle nous aurions tous un lourd tribut à payer.

«Le sort de notre combat ne dépend pas seulement de nous, car ce combat n’est pas seulement le nôtre. Nous avons besoin de votre solidarité et de votre aide... Luttez avec nous, luttez pour nous. Luttez comme vous le feriez pour la liberté dans votre propre pays. Utilisez tous les mécanismes à votre disposition, et faites-le avant qu’il ne soit trop tard», a conclu Mme Amaglobeli.

Rien qu’en Biélorussie, plus d’un millier de personnes restent emprisonnées pour des raisons politiques. Dans un article récent paru dans CESE info, Hanna Liubakova, journaliste biélorussienne en exil condamnée à dix ans de prison par contumace, écrivait que l’Union européenne et la communauté internationale ne doivent en rien relâcher la pression tant que toutes n’auront pas été libérées et que la répression systémique n’aura pas pris fin.

En juillet 2025, le CESE a signé un protocole d’accord avec les forces démocratiques biélorussiennes, représentées par Sviatlana Tsikhanouskaya, et réaffirmé son soutien sans faille à une Biélorussie démocratique. Ce protocole officialise une nouvelle phase de collaboration structurée visant à soutenir la société civile biélorussienne et ses aspirations européennes.

Séamus Boland, le président du CESE, a félicité le Parlement européen pour sa décision d’attribuer le prix Sakharov à Andrzej Poczobut et à Mzia Amaglobeli. Le CESE a exprimé sa solidarité envers les lauréats et leur combat pour la liberté et la démocratie.

«Je tiens à rappeler avec force qu’il n’y a pas de démocratie sans journalistes indépendants, car la liberté de la presse est le pilier de la démocratie», a déclaré M. Boland dans la vidéo du CESE consacrée au prix Sakharov.

Le 1er novembre 2024, un toit en béton récemment rénové s’est effondré à la gare ferroviaire de Novi Sad, tuant 16 personnes et en blessant gravement une autre. La tragédie, largement imputée à une négligence dans la construction et à la corruption des pouvoirs publics, a déclenché ce qui allait devenir l’un des plus grands mouvements civiques de l’histoire récente de la Serbie. Les étudiants ont été les premiers à réagir. Appelant à un changement, ils sont descendus dans la rue et ont organisé des veillées, des manifestations et des blocus des routes et des universités.

Le 1er novembre 2024, un toit en béton récemment rénové s’est effondré à la gare ferroviaire de Novi Sad, tuant 16 personnes et en blessant gravement une autre. La tragédie, largement imputée à une négligence dans la construction et à la corruption des pouvoirs publics, a déclenché ce qui allait devenir l’un des plus grands mouvements civiques de l’histoire récente de la Serbie. Les étudiants ont été les premiers à réagir. Appelant à un changement, ils sont descendus dans la rue et ont organisé des veillées, des manifestations et des blocus des routes et des universités. Nombre d’entre eux ont été battus ou arrêtés par la police. En 2025, les étudiants serbes ont été nominés pour le prix Sakharov du Parlement européen pour la liberté de l’esprit. À l’occasion de la cérémonie de remise du prix à Strasbourg, nous nous sommes entretenus avec Stefan Tomić, un étudiant ayant été détenu par la police serbe.

 

 

Lors de la table ronde organisée avec des organisations de la société civile à l’occasion de la remise du prix Sakharov à Strasbourg, vous avez indiqué que les manifestations étudiantes en Serbie avaient en fait été lancées par une seule jeune femme après la terrible tragédie de Novi Sad. Selon vous, comment et pourquoi la protestation a-t-elle atteint des proportions aussi massives?

Jusqu’à présent, les manifestations qui ont été organisées en Serbie l’ont été par des partis d’opposition ou d’autres groupes d’intérêt. Cette fois, c’est différent: la tragédie de Novi Sad a suscité une émotion tellement vive que nous avons pris les choses en main de notre propre initiative, sans le concours de personne. C’est dans ce cadre que cette jeune femme a organisé le premier blocus et qu’après l’avoir vue, nous avons rejoint le mouvement. C’est pour cette raison que la Serbie nous fait confiance et c’est aussi pourquoi les manifestations ont pris une telle ampleur.

Un autre étudiant, Dimitrije Dimić, a déclaré à Strasbourg que votre mouvement étudiant n’a en fait aucun leader. Comment vous rassemblez-vous et vous organisez-vous? Quelles conditions devraient être réunies pour que vous décidiez de mettre fin aux manifestations?

Nous tenons des assemblées dans les facultés, qui sont encadrées par une sorte de structure de coordination au sein de laquelle les décisions sont prises démocratiquement. Nous faisons confiance à ces décisions de la même manière que d’autres feraient confiance à un leader, et c’est la raison pour laquelle notre mouvement se passe très bien de dirigeant. Enfin, par rapport à votre question concernant la fin des manifestations, la réponse est simple: nos exigences doivent être satisfaites.

Comment les autorités et la police de la République de Serbie ont-elles réagi aux manifestations étudiantes? Vous avez vous-même été arrêté et assigné à résidence. Comment s’est déroulée votre arrestation et de quoi exactement avez-vous été inculpé?

Ils m’ont arrêté de manière inopinée. Je n’ai pas reçu de citation à comparaître et ils ne m’ont pas fourni d’avocat. Après cinq heures, je suppose que la pression extérieure était devenue suffisamment forte pour qu’ils soient contraints de m’accorder mes droits fondamentaux. J’ai ensuite découvert que j’étais accusé d’avoir appelé à un changement violent de l’ordre constitutionnel, et ils m’ont placé en détention pendant deux jours. Par la suite, mon assignation à résidence a commencé. La police n’a pas été tendre avec nous: ils nous ont battus à de très nombreuses reprises au cours de l’année écoulée.

Certains de vos avocats étaient avec vous à Strasbourg. Quel type d’aide juridique les étudiants reçoivent-ils de la part des avocats? Qui d’autre vous a soutenu? Comment êtes-vous dépeints dans les médias serbes?

Les avocats ont été parmi les premiers à faire grève, et aujourd’hui, lorsque nous sommes arrêtés, il est important d’avoir un bon avocat. Nous avons reçu le soutien de pratiquement tous les groupes en Serbie, mais les plus visibles ont certainement été les enseignants et les professeurs, le secteur des technologies de l’information, les chauffeurs de taxi et les cyclistes. Mais ce n’est pas grâce aux médias. Toutes les chaînes de télévision titulaires de licences de radiodiffusion nationale affirment que nous sommes des vendus, des mercenaires et des terroristes. Nova S et N1 sont les seules chaînes de télévision à rendre compte des événements de manière objective, et le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour les fermer. Les médias sociaux nous ont sauvés.

Certains détracteurs affirment toujours que personne ne sait vraiment quel est le programme des manifestants étudiants ou ce pour quoi vous vous battez. Comment répondez-vous à cela?

Plus d’un an s’est écoulé depuis le début des manifestations. Au début, j’aurais pu attribuer ces déclarations à l’ignorance; maintenant, je n’ai aucun doute quant au fait qu’elles sont malveillantes. Nous luttons contre le vol, le meurtre, la corruption... et pour la démocratie et l’égalité des droits pour tous. Nous nous battons pour que nos revendications soient satisfaites. L’objet de notre lutte est le même depuis le début. Nous ne serions pas si nombreux et les gens ne nous soutiendraient pas si nous n’avions pas d’objectif clair.

Les étudiants serbes ont été nominés pour le prix Sakharov 2025. Que signifie cette nomination pour vous personnellement et pour les autres étudiants?

C’est un sentiment extraordinaire. Nous sommes encore jeunes, et mettre en place un tel mouvement à l’échelle d’une nation entière sans avoir la moindre confirmation que nous faisons les choses comme il se doit est plutôt angoissant. Une telle reconnaissance est nécessaire, pour nous mais aussi pour tous ceux qui, dans le monde, se trouvent dans une situation similaire. Je vous en remercie, en mon nom et au nom de tous les étudiants.

Stefan Tomić, âgé de 20 ans, est étudiant à la faculté de physique de l’université de Belgrade.