European Economic
and Social Committee
Stratégie pour les régions frontalières orientales
Points clés
Le CESE:
accueille favorablement la communication de la Commission et convient que les régions frontalières orientales constituent une priorité stratégique pour la sécurité, la cohésion et la résilience à long terme de l’Union européenne. Il s’agit de frontières européennes, et non de périphéries nationales; leur stabilité est vitale pour les valeurs, la prospérité et l’intégrité territoriale de l’Union. Il appelle de ses vœux une réponse ciblée et globale de l’Union européenne qui tienne compte des pressions spécifiques en matière sécuritaire, économique et démographique pesant sur les régions frontalières orientales, pour lesquels les instruments stratégiques habituels sont insuffisants;
fait valoir que les menaces hybrides persistantes, les cyberattaques, le sabotage des infrastructures, l’instrumentalisation de la migration et la désinformation nécessitent une réponse coordonnée au niveau de l’Union européenne, dans le respect du principe de territorialité; soutient la surveillance du flanc oriental, l’initiative de défense antidrones européenne ainsi que le renforcement de la préparation aux crises;
se dit profondément préoccupé par l’important déclin démographique de nombreuses régions frontalières orientales, dont certaines ont perdu plus de 17 % de leur population au cours de la dernière décennie. Ce déclin menace les marchés du travail, les finances publiques, les services essentiels et la cohésion territoriale à long terme. Le Comité plaide en faveur de mesures ciblées pour la revitalisation démographique, comprenant des incitations pour retenir les jeunes, développer les compétences et améliorer les conditions de vie;
note que la guerre d’agression menée par la Russie et les menaces hybrides ont touché de manière disproportionnée les régions frontalières orientales, ce qui a entraîné un ralentissement de la croissance de leur PIB, une hausse de l’inflation, une perturbation des échanges commerciaux et une baisse des investissements. Il est préoccupé par le fait que l’approche proposée repose principalement sur la réaffectation des ressources existantes. Il réclame à l’Union européenne un soutien financier supplémentaire spécifique, notamment des dotations suffisantes au titre du cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 assorties de mécanismes clairs de mise en œuvre de manière à produire des résultats sur le terrain, en veillant particulièrement au principe de partenariat;
propose, pour les régions frontalières orientales de l’UE, des appels à programmes spécifiques au titre du Fonds européen pour la compétitivité. Ceux-ci permettraient de remédier aux désavantages structurels, de soutenir les écosystèmes locaux d’entreprises et de renforcer la compétitivité et la résilience des régions confrontées à des pressions démographiques et sécuritaires. Il recommande également des mesures de garantie et de partage des risques de l’Union;
souligne que des goulets d’étranglement majeurs subsistent dans les transports, l’énergie et la connectivité numérique. Il soutient un développement plus rapide du RTE-T, des infrastructures à double usage, de meilleures liaisons transfrontalières avec l’Ukraine et la Moldavie ainsi que la résilience des réseaux numériques. Il appelle également à recourir aux projets d’infrastructures et aux projets industriels à double usage dans le cadre d’instruments tels que le MIE et le financement de la mobilité militaire, en veillant à ce que les investissements dans la défense et la sécurité entraînent également des avantages économiques locaux, des emplois, la participation des PME et le renforcement des chaînes d’approvisionnement régionales;
se félicite de l’accent placé sur les personnes et les groupes de population, soulignant que la sécurité et la résilience dépendent de la solidité des systèmes sociaux, de l’accessibilité des soins de santé, de la qualité de l’éducation et de l’efficacité de la gouvernance locale. Il préconise de renforcer les mécanismes locaux de dialogue avec la société civile et les partenaires sociaux, ainsi que les approches participatives;
considère le renforcement des capacités administratives et institutionnelles comme un pilier essentiel du développement et de la résilience dans les régions frontalières orientales;
est favorable à une intégration plus poussée des mesures en matière de sécurité, de résilience et de développement économique, tout en soulignant que les investissements dans la connectivité, l’innovation et les atouts locaux sont les moteurs d’une croissance durable. Un équilibre entre les priorités en matière de sécurité et de cohésion est nécessaire;
fait valoir qu’il importe de réexaminer les cadres relatifs aux aides d’État de manière à octroyer aux régions frontalières orientales davantage de souplesse, afin de permettre aux États membres de remédier de façon plus efficace aux déficits d’investissement et aux défaillances du marché;
est favorable à un dialogue politique annuel de haut niveau et encourage la Commission à élaborer un cadre stratégique à long terme pour les régions frontalières orientales qui aille au-delà de l’actuel CFP et qui inclue la société civile. Ce cadre devrait reconnaître ces régions comme un type spécifique de zone transnationale, conformément à l’agenda territorial 2030. La Commission devrait ajouter un chapitre consacré aux régions frontalières orientales dans son rapport sur la cohésion.
Downloads
-
Record of proceedings ECO/697