La Commission devrait accorder aux partenaires sociaux des pays candidats à l’adhésion le statut d’observateur dans le cadre du dialogue social européen. Il s’agit là d’une condition préalable qui revêt une importance stratégique pour renforcer les valeurs européennes dans les pays candidats, comme l’indique Kristina Aaltonen, rapporteure de l’avis du CESE sur le thème «Renforcer les valeurs européennes dans les pays candidats en soutenant le secteur des services publics et en renforçant la position des partenaires sociaux et des organisations de la société civile.

La Commission devrait accorder aux partenaires sociaux des pays candidats à l’adhésion le statut d’observateur dans le cadre du dialogue social européen. Il s’agit là d’une condition préalable qui revêt une importance stratégique pour renforcer les valeurs européennes dans les pays candidats, comme l’indique Kristina Aaltonen, rapporteure de l’avis du CESE sur le thème «Renforcer les valeurs européennes dans les pays candidats en soutenant le secteur des services publics et en renforçant la position des partenaires sociaux et des organisations de la société civile.

Ce n’est pas lorsque tout le monde est d’accord qu’un véritable dialogue s’instaure, mais quand on accepte de rester autour de la table malgré nos divergences... Car notre objectif commun de défendre la démocratie, les droits de l’homme, l’état de droit, la solidarité et la participation citoyenne sera toujours plus fort que ce qui nous divise, écrit notre invité surprise Piotr Sadowski. M. Sadowski vient d’être élu coprésident du Groupe de liaison du CESE, une plateforme qui met en relation le Comité et les organisations de la société civile et a pour but de promouvoir le dialogue et la coopération sur des valeurs européennes fondamentales. Il assumera ce rôle aux côtés de Séamus Boland, président du CESE.

Ce n’est pas lorsque tout le monde est d’accord qu’un véritable dialogue s’instaure, mais quand on accepte de rester autour de la table malgré nos divergences... Car notre objectif commun de défendre la démocratie, les droits de l’homme, l’état de droit, la solidarité et la participation citoyenne sera toujours plus fort que ce qui nous divise, écrit notre invité surprise Piotr Sadowski. M. Sadowski vient d’être élu coprésident du Groupe de liaison du CESE, une plateforme qui met en relation le Comité et les organisations de la société civile et a pour but de promouvoir le dialogue et la coopération sur des valeurs européennes fondamentales. Il assumera ce rôle aux côtés de Séamus Boland, président du CESE.

Piotr Sadowski a été élu coprésident du Groupe de liaison du CESE avec les organisations et réseaux européens de la société civile début octobre. Il est également secrétaire général de Volonteurope, un réseau européen basé à Bruxelles qui œuvre en faveur de la justice sociale par le volontariat et la citoyenneté active. Il est vice-président de la conférence des ONG internationales du Conseil de l’Europe et vice-président de la Lifelong Learning Platform. Tout au long de sa carrière, il a défendu les valeurs européennes et fait en sorte que les voix de la société civile organisée soient représentées tant à l’échelon de l’Union qu’au niveau du Conseil de l’Europe. Membre de longue date du mouvement socialiste et démocrate européen, M. Sadowski est un fervent défenseur des politiques progressistes et s’engage activement en faveur des droits des personnes LGBTQIA+.

La pauvreté infantile continuant d’augmenter tant dans l’Union que chez ses voisins, les États membres de l’UE ne sont toujours pas près d’atteindre l’objectif consistant à sortir cinq millions d’enfants de la pauvreté d’ici à 2030. Pourtant, en imposant des obligations contraignantes et en prévoyant un financement spécifique dans son nouveau budget, l’Europe a toujours la possibilité de placer les droits de l’enfant au cœur de son modèle social et économique, écrit Eurochild, le plus grand réseau européen d’organisations et de personnes travaillant pour et avec les enfants.

La pauvreté infantile continuant d’augmenter tant dans l’Union que chez ses voisins, les États membres de l’UE ne sont toujours pas près d’atteindre l’objectif consistant à sortir cinq millions d’enfants de la pauvreté d’ici à 2030. Pourtant, en imposant des obligations contraignantes et en prévoyant un financement spécifique dans son nouveau budget, l’Europe a toujours la possibilité de placer les droits de l’enfant au cœur de son modèle social et économique, écrit Eurochild, le plus grand réseau européen d’organisations et de personnes travaillant pour et avec les enfants.

Mettre fin à la pauvreté infantile n’est pas un acte de charité, mais une obligation morale et juridique ancrée dans les droits humains. Chaque enfant a le droit de grandir à l’abri de la pauvreté et d’avoir accès aux services essentiels reconnus par la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (CNUDE).

Ce que disent les chiffres

Les États membres de l’UE sont loin d’atteindre l’objectif fixé pour 2030, à savoir réduire d’au moins cinq millions le nombre d’enfants en situation de pauvreté. Au contraire, la pauvreté infantile augmente. En 2024, 24,2 % des enfants étaient exposés au risque de pauvreté et d’exclusion sociale. La situation est particulièrement grave en Bulgarie (35,1 %), en Espagne (34,6 %) et en Roumanie (33,8 %).

Dans les pays candidats, la situation est tout aussi préoccupante. En 2021, 50,1 % des enfants d’Albanie étaient exposés au risque de pauvreté et d’exclusion sociale, tandis que la pauvreté des enfants en Ukraine atteignait 65,6 % (UNICEF). Au sein de l’UE, c’est en Finlande (+ 3,5 pp) et en Croatie (+ 2 pp) que l’on observe les plus fortes augmentations de la pauvreté infantile depuis 2023.

Comment lutter contre la pauvreté infantile?

La lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale des enfants est une priorité centrale d’Eurochild. Sur la base des informations fournies par nos membres, reprises dans notre rapport phare annuel, notre action de plaidoyer promeut des réformes systémiques visant à lutter contre les inégalités structurelles. Il s’agit notamment:

  • de renforcer les systèmes de protection sociale;
  • d’accroître les investissements publics dans les services à la petite enfance;
  • de garantir l’accès universel à une éducation et des soins de santé de qualité.

Nous avons invariablement plaidé en faveur de l’inclusion d’informations sur la pauvreté et les droits sociaux des enfants dans le Semestre européen, qui est en cours de mise en œuvre. Nous influençons également la future stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, le socle européen des droits sociaux et le plan européen pour des logements abordables, en veillant à ce que ces cadres soient pleinement intégrés dans le cadre financier pluriannuel 2028-2032.

La pauvreté infantile se conjugue avec des facteurs tels que le handicap, le sexe, l’origine ethnique et le passé migratoire. Eurochild plaide en faveur d’une approche intersectionnelle et fondée sur les droits, qui donne la priorité aux enfants les plus défavorisés, en mettant l’accent sur la lutte contre la discrimination structurelle et la rupture des cycles d’exclusion afin de garantir l’équité dans tous les aspects du développement de l’enfance.

Avec l’association Save the Children Europe, Eurochild copréside l’Alliance européenne pour l’investissement dans l’enfance, une coalition d’une vingtaine de réseaux européens s’étant engagés à mettre fin à la pauvreté infantile. En juin, nous avons adressé aux présidents de la Commission européenne, du Parlement européen et du Conseil européen une lettre conjointe par laquelle nous réclamons un volet social solide dans le budget de l’UE. Nos revendications sont claires:

  1. Renforcer la garantie européenne pour l’enfance. Cette initiative historique est efficace. Toutefois, elle doit être renforcée et rester bien ciblée sur les enfants les plus exposés.
  2. Intégrer la garantie européenne pour l’enfance dans un agenda social européen plus fort. La future stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, la révision du règlement relatif au Fonds social européen et le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux doivent placer la lutte contre la pauvreté infantile au cœur des ambitions sociales de l’Europe. Ces cadres doivent être correctement conçus et financés de manière à soutenir des politiques globales, intersectionnelles et fondées sur les droits.
  3. Soutenir les ambitions grâce à un financement solide dans le prochain cadre financier pluriannuel. L’investissement social doit rester au cœur des priorités de l’UE pour l’après-2027. L’Europe doit protéger la dimension sociale qui sous-tend sa cohésion, sa légitimité et son atout stratégique unique. 

Le prochain budget de l’UE: l’occasion de lutter contre la pauvreté infantile

Le nouveau budget de l’UE est l’occasion pour l’Europe de placer les droits de l’enfant au centre de son modèle économique et social. Malgré les progrès réalisés dans le cadre de la garantie européenne pour l’enfance et du Fonds social européen plus (FSE+), des lacunes persistent. Les plans de partenariat nationaux et régionaux, proposés par la Commission européenne pour remplacer le FSE+, risquent de reléguer au second plan les investissements axés sur les enfants.

Eurochild demande instamment des engagements explicites en faveur de l’éradication de la pauvreté infantile, y compris l’affectation de fonds à la lutte contre la pauvreté infantile dans les plans de partenariat nationaux et régionaux, correspondant au moins à l’exigence actuelle de 5 % du FSE+, voire davantage pour les pays où les taux de pauvreté infantile sont plus élevés.

Nous réclamons en outre des garanties plus solides en ce qui concerne les normes internationales en matière de droits de l’enfant, y compris la CNUDE et la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CNUDPH), ainsi que la participation des organisations de la société civile et des enfants à la conception et au suivi des programmes. Lier ces priorités au Semestre européen garantirait l’obligation de rendre des comptes et le suivi des progrès au moyen d’objectifs mesurables et de rapports annuels.

En l’absence d’obligations contraignantes, d’un financement suffisant et d’une gouvernance participative, l’UE risque de ne pas tenir sa propre promesse, à savoir sortir 5 millions d’enfants de la pauvreté d’ici à 2030 et éradiquer la pauvreté d’ici à 2050. L’inaction nuirait non seulement à la cohésion future de l’Europe, mais aussi aux droits fondamentaux des enfants.

Eurochild est le plus grand réseau européen d’ONG nationales et internationales, de coalitions en faveur des droits de l’enfant, d’instituts de recherche et de professionnels défendant les enfants et leur bien-être. Il compte 225 membres dans 41 pays. En influençant les politiques, en échangeant les bonnes pratiques et les recherches, et en associant activement les enfants à différents aspects de son travail, Eurochild entend faire en sorte que chaque enfant en Europe grandisse en étant heureux, en bonne santé et respecté, et que les droits de l’enfant soient au cœur des politiques européennes.

Le Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN) plaide depuis longtemps en faveur d’une stratégie européenne de lutte contre la pauvreté. Maintenant que son lancement approche, Susana Anastácio, responsable de la communication à l’EAPN, partage la vision du réseau quant à la forme que devrait prendre une stratégie efficace. 

Le Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN) plaide depuis longtemps en faveur d’une stratégie européenne de lutte contre la pauvreté. Maintenant que son lancement approche, Susana Anastácio, responsable de la communication à l’EAPN, partage la vision du réseau quant à la forme que devrait prendre une stratégie efficace. En effet, si nous voulons vraiment une Europe où chacun peut vivre dans la dignité, les promesses ne suffiront pas. Ce dont nous avons besoin, c’est de courage politique, d’un financement suffisant et d’un engagement à tous les niveaux.

Par Susana Anastácio, EAPN

Le Réseau européen de lutte contre la pauvreté et ses membres plaident depuis plus de 30 ans en faveur d’une stratégie européenne de lutte contre la pauvreté. Depuis l’annonce de cette nouvelle stratégie par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, en juillet 2024, nous avons intensifié nos efforts afin de présenter une vision claire de ce à quoi devrait ressembler une stratégie efficace. À l’approche de 2026, l’année prévue pour le lancement de la stratégie, nous présentons notre vision avec espoir et prudence. En effet, même si l’on nous promet la justice sociale, le terrain reste inégal.

Dans son discours sur l’état de l’Union de 2025, la présidente von der Leyen a mis la barre plus haut en s’engageant à éradiquer la pauvreté d’ici à 2050. L’EAPN fait valoir depuis longtemps que l’objectif doit être l’éradication et non une simple atténuation de la pauvreté, et qu’il ne pourra être atteint qu’avec la participation effective des personnes en situation de pauvreté à chaque étape du processus: de la conception à l’évaluation, en passant par la mise en œuvre. C’est pourquoi nous demandons la création, dans le cadre de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, d’un comité PeP (Personnes en situation de pauvreté) et d’un comité de la société civile.

«Rien sur nous sans nous» Des politiques élaborées à huis clos ne peuvent pas refléter la diversité des réalités vécues par ces personnes. Seule une expertise par expérience permettra de combler ces lacunes. Mais la participation doit être représentative, durable, significative et équitablement rémunérée, faute de quoi elle risque de devenir purement symbolique.

L’EAPN continue de créer des espaces où des personnes en situation de pauvreté dialoguent sur un pied d’égalité avec des décideurs politiques, des militants et des experts. En septembre, nous avons organisé la première consultation PeP en prévision du lancement de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté. Elle a rassemblé des experts par expérience de toute l’Europe ainsi que des représentants de la Commission européenne, notamment la vice-présidente exécutive Roxana Mînzatu, afin de discuter de solutions concrètes pour lutter contre la pauvreté dans l’UE.

Le 5 novembre, nous organiserons, en collaboration avec l’intergroupe «Lutte contre la pauvreté» du Parlement européen, une Journée de lutte contre la pauvreté. Des organisations de la société civile ainsi que des personnes en situation de pauvreté contribueront activement à l’élaboration du programme et joueront un rôle de premier plan dans son déroulement. Cette journée sera suivie de la réunion PeP annuelle. Cette année, notre approche consiste à doter les personnes en situation de pauvreté des outils nécessaires pour garantir leur participation au moyen d’ateliers de renforcement des capacités ainsi que de réunions avec les principales parties prenantes. Nous avons tous besoin d’aide pour nous engager de manière efficace et les personnes en situation de pauvreté ne font pas exception.

Les informations recueillies dans le cadre de ces activités n’ont pas qu’une valeur symbolique; elles alimentent directement nos priorités politiques en prévision de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté. L’EAPN considère également cette stratégie comme une occasion unique de renforcer les engagements existants au titre du plan d’action sur le socle européen des droits sociaux. Nous avons défini cinq priorités: la garantie d’un revenu adéquat, des marchés de l’emploi inclusifs, l’accès aux services essentiels, la lutte contre le sans-abrisme et les aspects intersectionnels de la pauvreté.

Toutefois, la valeur ajoutée de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté réside dans sa capacité à aller au-delà des principes du socle européen des droits sociaux en s’attaquant aux causes profondes de la pauvreté et en reconnaissant sa nature multidimensionnelle. La pauvreté est ancrée dans une injustice systémique, des relations de pouvoir inégales et une répartition inéquitable des richesses et des ressources, et elle est renforcée par la discrimination.

C’est la raison pour laquelle l’EAPN a œuvré en faveur de l’intégration d’une perspective de lutte contre la pauvreté dans les stratégies antidiscrimination de l’UE, notamment dans des domaines comme la lutte contre le racisme, les questions LGBTIQ et l’égalité entre les hommes et les femmes, tout en insistant sur la nécessité d’ancrer une perspective antidiscriminatoire dans la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, en tant que condition non négociable de son succès.

La lutte contre la pauvreté nécessite un véritable financement et une action coordonnée aux niveaux européen, national et local. Le prochain cadre financier pluriannuel (2028-2034) est donc l’une de nos principales préoccupations. À défaut de ressources suffisantes et si l’éradication de la pauvreté n’est pas clairement érigée en priorité, les engagements de l’UE risquent de rester lettre morte. L’absence d’un budget structurel et adéquat pour soutenir les populations les plus marginalisées est particulièrement alarmante.

Dans le même temps, il n’existe actuellement aucun mécanisme garantissant l’adoption de stratégies nationales et locales de lutte contre la pauvreté. L’EAPN et ses membres considèrent cette question comme centrale. Si l’UE peut définir la voie à suivre, les politiques de lutte contre la pauvreté relèvent très souvent des compétences nationales ou locales. Par exemple, l’Union ne peut pas redistribuer directement les revenus au moyen d’allocations de chômage ou de pensions, mais elle peut favoriser la coordination et fixer des normes minimales dans ce domaine.

Notre campagne actuelle à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté insiste sur l’importance de stratégies nationales et locales de lutte contre la pauvreté s’appuyant sur les travaux de nos membres à l’échelon national et sur leurs rapports «Poverty Watch» nationaux. En 2026, nous lancerons le rapport «Poverty Watch» européen, qui donnera un aperçu de la situation actuelle dans l’ensemble de l’Europe.

Au sein de l’EAPN, nous restons déterminés à maintenir la pauvreté et l’exclusion sociale au premier rang des priorités politiques européennes, nationales et locales. Nous croyons en une Europe où chacun peut vivre dans la dignité, mais il faudra plus que des promesses pour y parvenir. Cet objectif requiert du courage politique, des ressources adéquates et un engagement commun à tous les niveaux de gouvernance.

Susana Anastácio est responsable principale de la communication pour le Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN), où elle gère la communication stratégique et l’engagement numérique afin de sensibiliser à la pauvreté et à l’exclusion sociale en Europe. Elle est plus spécialement chargée de traduire des questions sociales complexes en messages clairs et percutants destinés à des publics divers.

Le réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN) est le plus grand réseau européen d’ONG, d’associations et d’organisations de terrain actives dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Créé en 1990, il rassemble 31 réseaux nationaux et 13 organisations européennes œuvrant en faveur d’une Europe plus inclusive sur le plan social.

Maria Walsh, députée au Parlement européen élue en Irlande, mène la lutte pour mettre un terme à la précarité menstruelle. Son plan pour une politique menstruelle est un appel à l’action, une feuille de route jalonnée de mesures concrètes pour que la pauvreté menstruelle soit reléguée à un passé révolu dans l’ensemble des 27 États membres de l’Union européenne. Si certains de ces derniers ont pris des mesures en ce sens, telles que la réduction de la «taxe sur les tampons hygiéniques» ou la mise à disposition de produits d’hygiène menstruelle dans les écoles, nombreux sont ceux dont les gouvernements n’ont toujours pas fait de la précarité menstruelle une priorité de premier plan. En finir avec ce phénomène ne consiste toutefois pas seulement à distribuer des tampons et des serviettes hygiéniques, mais aussi à permettre à des millions de femmes et de filles de vivre dans la dignité et l’égalité.

Maria Walsh, députée au Parlement européen élue en Irlande, mène la lutte pour mettre un terme à la précarité menstruelle. Son plan pour une politique menstruelle est un appel à l’action, une feuille de route jalonnée de mesures concrètes pour que la pauvreté menstruelle soit reléguée à un passé révolu dans l’ensemble des 27 États membres de l’Union européenne. Si certains de ces derniers ont pris des mesures en ce sens, telles que la réduction de la «taxe sur les tampons hygiéniques» ou la mise à disposition de produits d’hygiène menstruelle dans les écoles, nombreux sont ceux dont les gouvernements n’ont toujours pas fait de la précarité menstruelle une priorité de premier plan. En finir avec ce phénomène ne consiste toutefois pas seulement à distribuer des tampons et des serviettes hygiéniques, mais aussi à permettre à des millions de femmes et de filles de vivre dans la dignité et l’égalité.

Par Maria Walsh, députée au Parlement européen

Lorsque l’on parle de précarité, ce sont les pénuries alimentaires, les problèmes ou les charges pour se loger qui viennent immédiatement à l’esprit. Toutefois, les discussions sur la précarité omettent trop souvent l’un de ses aspects, à savoir la précarité menstruelle.

Ce terme de précarité menstruelle désigne l’absence de moyens pour acheter des produits menstruels et l’incapacité à y accéder. Elle frappe plus fréquemment les personnes à faibles revenus, les réfugiés, les jeunes et les personnes handicapées.

Malheureusement, ce problème est encore aggravé par la stigmatisation implacable et criante associée aux menstruations, qui prive nombre de personnes concernées du soutien dont elles ont besoin et réduit la marge de manœuvre nécessaire pour agir.

Trop longtemps, la santé menstruelle est restée à l’écart des grands sujets de préoccupation, demeurant souvent traitée comme une question marginale. Puisque la précarité menstruelle touche quelque 10 % des personnes menstruées dans l’Union européenne, il est temps de dépasser le discours qui la cantonnait à une simple «affaire de femmes» pour la hisser au rang d’impératif de santé publique et la traiter comme un problème de droits humains fondamentaux.

J’ai été élue à deux reprises députée au Parlement européen, et au cours de ces deux mandats, je n’ai eu de plus grand souci que de faire en sorte que l’égalité ne demeure pas un simple sujet de conversation mais devienne une réalité dans tous les pans de la société.

C’est pourquoi j’ai proposé mon plan pour une politique menstruelle («Plan for Periods»), une feuille de route qui définit des mesures concrètes pour éliminer la précarité menstruelle dans l’Union européenne. Pour y parvenir dans l’ensemble des 27 États membres, ceux-ci devront en fin de compte prendre des engagements politiques forts et agir pour se coordonner.

Cette proposition vise à mettre un terme à la précarité menstruelle, et pour ce faire, elle prend en compte les aspects de politique et de gouvernance, de l’accès et du caractère abordable, de l’éducation et de la sensibilisation, de la recherche et de la consultation des parties intéressées. Elle repose sur une approche intersectionnelle et inclusive et définit la manière dont l’Union européenne peut se placer en tête de l’action mondiale en faveur de la santé menstruelle.

Mon plan pour une politique menstruelle demande notamment d’agir dans les domaines suivants:

  • élaborer un plan d’action de l’Union européenne pour la santé menstruelle, à savoir créer une stratégie officielle qui intègre cette question dans les cadres de l’Union en matière d’égalité hommes-femmes, d’éducation, de santé et de réduction de la pauvreté;
  • réduire à zéro la TVA sur les produits menstruels, et pour ce faire, encourager les États membres à exempter complètement ces produits de la TVA à l’occasion de la révision de la directive sur la TVA de 2022;
  • lancer des campagnes de sensibilisation du public, et ce dans les 24 langues officielles de l’Union européenne;
  • investir dans la recherche, car il importe de garantir le financement de la recherche scientifique sur les menstruations, sur les problèmes de santé qui y sont liés, tels que l’endométriose, ainsi que sur la sécurité des produits et l’innovation dans ce domaine;
  • établir des lignes directrices en matière de congés menstruels. Il s’agit d’encourager les États membres à concevoir des cadres volontaires pour le congé menstruel ou des assouplissements à ce titre de l’organisation du travail;
  • intégrer la santé menstruelle dans la politique d’aide au développement et l’action humanitaire de l’Union européenne.

Je suis convaincue de toute l’importance d’une telle proposition sachant que le cycle menstruel est un fait physiologique qui rythme la vie de près de la moitié de la population mondiale. Il est évident que des produits d’hygiène menstruelle hors de portée entraînent pour les personnes concernées des répercussions qui se font sentir dans tous les aspects de leur vie. Ainsi, les jeunes manquent l’école parce que leurs menstruations leur posent des problèmes insolubles. Les adultes doivent s’absenter de leur travail. En outre, faute de pouvoir utiliser des produits sûrs pour faire face à leurs menstruations, ces personnes sont contraintes de mettre en jeu leur santé génésique.

Par conséquent, lutter contre la précarité menstruelle, ce n’est pas seulement permettre d’accéder aux produits d’hygiène menstruelle, mais aussi garantir la dignité, l’égalité, notamment l’égalité des chances, et la prospérité.

Je tiens à rappeler qu’une Europe qui œuvre en faveur de la compétitivité ne saurait négliger les inégalités qui empêchent les personnes d’exploiter les opportunités qui s’offrent à elles. Une véritable compétitivité n’est possible que si nous éliminons les obstacles, notamment la pauvreté menstruelle, et que si nous bâtissons une Europe où chacun peut participer pleinement et sur un pied d’égalité.

Ces dernières années ont certes été marquées par des avancées. Certains États membres de l’Union européenne ont supprimé ou réduit la «taxe sur les tampons hygiéniques», et reconnu ce faisant que les produits d’hygiène menstruelle ne sont pas des articles de luxe mais des produits de première nécessité. Dans mon État membre, en Irlande, les pouvoirs publics se sont engagés à mettre des produits d’hygiène menstruelle à disposition dans les écoles, et à suivre ainsi l’exemple donné par l’Écosse, qui a été le tout premier territoire au monde à rendre les produits d’hygiène menstruelle gratuits pour tous. L’Espagne a pris en février 2023 des mesures encadrant les congés menstruels, lorsque le gouvernement a fait voter une loi qui autorise les femmes souffrant de règles douloureuses à s’absenter du travail tout en étant rémunérées, dès lors qu’elles bénéficient d’une autorisation médicale.

De telles politiques prouvent que des changements sont possibles.

Cependant, les progrès demeurent inégaux. Nombreux sont les gouvernements qui ne reconnaissent toujours pas la précarité menstruelle comme une priorité pour leur action politique. De ce fait, dans toute l’Europe, ce sont des organisations de la société civile qui continuent d’assumer l’essentiel de la tâche sans bénéficier d’un soutien adéquat.

Aussi ma proposition est-elle en tout premier lieu un appel à l’action. Trop longtemps, les menstruations ont été passées sous silence. Mais grâce à des débats ouverts et à notre volonté d’agir, nous pouvons changer cette situation. En finir avec la précarité menstruelle ne consiste pas seulement à distribuer des tampons et des serviettes hygiéniques, mais aussi à permettre à chaque personne qui a des règles de vivre dans la dignité et l’égalité.

Pour mettre fin à la précarité menstruelle, il faut qu’elle devienne un terme normal de notre débat public. Il faut que les décideurs politiques travaillent main dans la main avec les éducateurs, les professionnels de la santé, les ONG et les militants. Pour cela, l’Union européenne doit renforcer son action et montrer la voie, tout en veillant à ne laisser personne de côté sur la route vers l’égalité. J’attends avec autant d’intérêt que d’impatience la stratégie de la Commission européenne pour lutter contre la pauvreté, dont la publication est prévue l’année prochaine, pour voir les mesures que la Commission entend prendre pour lutter contre la précarité menstruelle.

Maria Walsh a été élue députée au Parlement européen pour la première fois en 2019, avant de l’être à nouveau en 2024, sous les couleurs du parti irlandais Fine Gael. Elle représente la circonscription Midlands–North-West, qui regroupe 15 comtés de la République d’Irlande, et elle est inscrite au groupe PPE au Parlement européen. Mme Walsh siège au sein des commissions du Parlement européen chargées de l’agriculture et du développement rural (AGRI) et des droits de la femme et de l’égalité des genres (FEMM) en tant que membre de plein droit, et elle est également membre suppléante de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) et de la commission du développement régional (REGI). Parmi ses priorités figurent l’agriculture, le développement régional, les droits des femmes et la santé mentale. Aussi se fait-elle la porte-parole des agriculteurs de sa circonscription Midlands–North-West, des femmes et des jeunes filles, ainsi que de tous ceux qui ont besoin d’une aide et de services en matière de santé mentale.

Si le nombre d’Européens qui ne sont pas en mesure de chauffer leur logement a diminué, des obstacles structurels plus profonds, tels que la lenteur des rénovations, le caractère disparate des politiques et l’inégalité d’accès au soutien financier, continuent de laisser des millions de personnes exposées au risque de précarité. Selon Samuele Livraghi, expert en politique énergétique à l’Institut pour la politique européenne en matière d’énergie et de climat (IEECP), l’épreuve de vérité consiste à traduire les ambitions politiques en actions significatives, en veillant à ce que le soutien parvienne à ceux qui en ont le plus besoin.

Si le nombre d’Européens qui ne sont pas en mesure de chauffer leur logement a diminué, des obstacles structurels plus profonds, tels que la lenteur des rénovations, le caractère disparate des politiques et l’inégalité d’accès au soutien financier, continuent de laisser des millions de personnes exposées au risque de précarité. Des initiatives juridiques et politiques ambitieuses, comme l’affectation obligatoire de fonds pour aider les personnes en situation de précarité énergétique, sont déjà en place. Pourtant, selon Samuele Livraghi, expert en politique énergétique à l’Institut pour la politique européenne en matière d’énergie et de climat (IEECP), l’épreuve de vérité consiste à traduire cette ambition politique en actions significatives, en veillant à ce que le soutien parvienne à ceux qui en ont le plus besoin.

Par Samuele Livraghi, IEECP

À première vue, il peut sembler que les derniers chiffres d’Eurostat sur la précarité énergétique dans l’UE indiquent certains progrès: en 2024, 9,2 % des citoyens de l’Union n’étaient pas en mesure de chauffer correctement leur logement, contre 10,6 % en 2023. Toutefois, ces progrès manifestes masquent des vulnérabilités persistantes au-delà de cet indicateur limité. En 2024, les effets combinés d’une baisse des prix de l’énergie, d’une modération de la demande, de campagnes d’information et de sensibilisation, d’actions de terrain et de divers investissements en faveur de l’efficacité énergétique ont contribué à réduire les chiffres globaux.

Toutefois, des obstacles structurels plus profonds subsistent, notamment la lenteur des taux de rénovation des bâtiments (inférieurs à 1 %), la fragmentation de la mise en œuvre des politiques et l’accès inégal aux possibilités de cofinancement et aux prêts verts. Les analystes mettent en garde contre le fait qu’entre 8 % et 16 % des Européens pourraient encore être confrontés à la précarité énergétique. Pour compliquer encore cette situation, de nombreux ménages en situation de précarité énergétique ne sont pas strictement pauvres en revenus: les ménages à revenu intermédiaire disposant de logements inefficaces sur le plan énergétique ou dont les coûts de l’énergie sont élevés peuvent également passer au travers des filets de sécurité sociale.

En outre, les disparités géographiques et démographiques restent marquées. Dans les zones rurales, non seulement les ménages consacrent souvent 7 % ou plus de leurs revenus à l’énergie, mais la plupart des habitations rurales ont également été construites avant les années 1970. Nombre d’entre elles sont encore chauffées à l’aide de combustibles à forte teneur en carbone, près de 40 millions de ménages ruraux n’étant pas raccordés au réseau de gaz et faisant face à des coûts de chauffage plus élevés, à un accès limité à des options énergétiques plus propres et au sous-investissement dans la qualité des logements.

L’élan politique actuel se traduit-il par des actions?

La refonte de la directive (UE) 2023/1791 relative à l’efficacité énergétique renforce l’impératif juridique consistant à autonomiser et à protéger les personnes vulnérables en situation de précarité énergétique. L’article 8, paragraphe 3, dispose désormais qu’une part déterminée des économies d’énergie doit être affectée ou réservée aux groupes prioritaires (généralement compris comme les ménages à faibles revenus, les ménages en situation de précarité énergétique, les locataires et les habitants de logements sociaux).

La date limite de transposition de la directive est le 10 octobre 2025. Dans les derniers rapports des États membres, la clause de cloisonnement (article 8, paragraphe 3) apparaît encore occasionnellement comme une déclaration symbolique au lieu d’être soutenue par un budget contraignant ou une réserve claire de projets, ce qui ralentit les interventions indispensables. Certains États membres manquent de la granularité des données nécessaire pour cibler efficacement les ménages, ou ciblent plutôt les «clients vulnérables» au moyen de subventions génériques à l’énergie, de tarifs sociaux ou de réductions fiscales, plutôt que de mises à niveau structurelles. En outre, plusieurs évaluations soulignent que les mesures visant à améliorer l’efficacité énergétique ont touché de manière disproportionnée les ménages les plus aisés, alors que les ménages les plus pauvres ont moins de capacité à cofinancer les rénovations.

S’il est pleinement mis en œuvre, le cloisonnement pourrait apporter un souffle indispensable d’air frais aux ménages vulnérables, qui sont souvent à la marge des discussions et des mesures politiques. Les ménages en situation de précarité énergétique bénéficieraient d’une réserve de financement spécifique, qui garantirait qu’une partie des économies leur parvienne expressément. Dans la pratique, cela pourrait se traduire comme suit:

  • la rénovation en profondeur ou la modernisation partielle des logements les moins performants, réduisant les factures énergétiques de 30 à 50 %, comme le prévoit la vague de rénovations pour l’UE;

  • une assistance technique ciblée, couplée à un financement (prêts, subventions, remboursement sur facture), afin de veiller à ce que les ménages vulnérables ne soient pas confrontés à des obstacles initiaux;

  • le déploiement prioritaire d’interventions (isolation, pompes à chaleur, photovoltaïque) dans les secteurs du logement social et des logements destinés aux ménages à faible revenu, avec le soutien du Fonds social pour le climat et comme le préconise la directive sur la performance énergétique des bâtiments (refonte);

  • un suivi et une évaluation renforcés, en veillant à ce que les résultats (réduction des arriérés, amélioration du confort intérieur et bénéfices en matière de santé) soient pris en compte dans les ajustements des politiques, comme le prévoient tant les plans nationaux en matière d’énergie et de climat que les plans sociaux pour le climat.

En 2024, onze États membres avaient déjà mis en place des observatoires de la précarité énergétique, une étape fondamentale pour diagnostiquer et contextualiser le problème. Pour continuer à promouvoir ces stratégies, les responsables politiques, les experts et les praticiens doivent reconnaître que les citoyens et les communautés sont à l’avant-garde de ces défis et qu’ils doivent être entendus. Cette possibilité existe à condition que la capacité d’adaptation de ceux-ci soit comprise et mobilisée, nous permettant ainsi de déterminer si et comment les ménages peuvent traduire les gains d’efficacité en améliorations réelles de leur confort quotidien et en une plus grande résilience.

Les outils existants suffisent-ils sous la pression actuelle?

Les responsables politiques de l’UE ont compilé une impressionnante boîte à outils qui devrait soutenir directement la réduction de la précarité énergétique au moyen de dispositions spécifiques dans les directives sur l’efficacité énergétique, les bâtiments et les énergies renouvelables, du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie, du financement pour la reprise et la résilience, des Fonds structurels et de cohésion de l’UE, et du Fonds social pour le climat.

Mais est-ce suffisant? Soixante-quinze pour cent des bâtiments de l’Union sont classés comme présentant une mauvaise performance énergétique et nombre d’entre eux nécessitent des rénovations en profondeur à forte intensité de capital. Pour de nombreux ménages, le cofinancement ou le préfinancement ainsi que les coûts administratifs des rénovations restent prohibitifs. La charge partagée du financement incombe souvent aux autorités nationales, régionales ou locales dont les budgets sont mis à rude épreuve. Pourtant, ces autorités sont largement exclues du processus d’élaboration des plans sociaux pour le climat, malgré les obligations juridiques imposant qu’elles y soient associées.

Espoir et impératif

Dans le contexte de ces lacunes systémiques, il existe des raisons d’espérer. Dans toute l’Europe, les ONG locales, les organismes de logements sociaux, les coopératives énergétiques, les programmes municipaux de modernisation et les «laboratoires de lutte contre la précarité énergétique» menés par les citoyens prouvent que le changement peut s’opérer à partir du terrain. Ces histoires doivent être saluées et amplifiées. Si les institutions européennes, les États membres et la société civile s’engagent à donner la priorité à l’équité structurelle, la lutte contre la précarité énergétique peut être traitée non pas comme une simple statistique, mais comme un moyen transformateur d’améliorer les moyens de subsistance des citoyens et de garantir un avenir meilleur pour tous et qui englobe la justice énergétique.

Samuele Livraghi est expert en politique énergétique à l’Institut pour la politique européenne en matière d’énergie et de climat (IEECP), un pôle de recherche indépendant à but non lucratif qui transforme les connaissances scientifiques en conseils pratiques à l’intention des responsables politiques et des organisations œuvrant à un avenir énergétique durable. Ses recherches portent essentiellement sur la précarité énergétique, l’évaluation des politiques et l’inclusivité, dans le cadre de projets tels que ASSERT, LOCATEE, RENOVERTY et ENSMOVPlus. Ces projets lui ont permis d’explorer plus avant les intersections entre la politique, la société, l’économie et le climat, en mettant en œuvre des compétences analytiques pour étayer ses recherches. Ils lui ont également donné l’occasion d’observer les différentes formes que revêt la précarité énergétique dans toute l’Europe et de documenter les incidences des rapports sur le climat. 

Marija Hanževački est membre de longue date du groupe des travailleurs du Comité économique et social européen (CESE) et secrétaire générale des syndicats indépendants de Croatie. Elle a dédié sa carrière à la défense des droits des travailleurs. Aujourd’hui, alors qu’elle rejoint l’équipe dirigeante du CESE en qualité de vice-présidente chargée de la communication, nous avons souhaité l’entendre sur ses priorités pour le mandat à venir. Elle partage avec nous sa vision qui consiste à mieux faire entendre le point de vue de la société civile européenne et à renforcer le message du CESE partout dans l’Union et au-delà.

Marija Hanževački est membre de longue date du groupe des travailleurs du Comité économique et social européen (CESE) et secrétaire générale des syndicats indépendants de Croatie. Elle a dédié sa carrière à la défense des droits des travailleurs. Aujourd’hui, alors qu’elle rejoint l’équipe dirigeante du CESE en qualité de vice-présidente chargée de la communication, nous avons souhaité l’entendre sur ses priorités pour le mandat à venir. Elle partage avec nous sa vision qui consiste à mieux faire entendre le point de vue de la société civile européenne et à renforcer le message du CESE partout dans l’Union et au-delà.

Par Piotr Sadowski

Lorsque j’ai été élu à la coprésidence du groupe de liaison du CESE, j’ai affirmé que la société civile, loin d’être un simple élément décoratif de la démocratie, faisait au contraire battre son cœur. Le groupe de liaison a été instauré en 2004, avec pour objectif de créer des liens entre les organisations et les réseaux faîtiers actifs au niveau européen et le CESE, dont les membres sont issus d’organisations nationales. Vingt ans plus tard, cette passerelle est plus cruciale que jamais: c’est elle qui permet aux citoyens européens de façonner les politiques qui ont une incidence sur leur vie.

Par Piotr Sadowski

Lorsque j’ai été élu à la coprésidence du groupe de liaison du CESE, j’ai affirmé que la société civile, loin d’être un simple élément décoratif de la démocratie, faisait au contraire battre son cœur. Le groupe de liaison a été instauré en 2004, avec pour objectif de créer des liens entre les organisations et les réseaux faîtiers actifs au niveau européen et le CESE, dont les membres sont issus d’organisations nationales. Vingt ans plus tard, cette passerelle est plus cruciale que jamais: c’est elle qui permet aux citoyens européens de façonner les politiques qui ont une incidence sur leur vie.

Je suis fermement attaché aux principes de la démocratie, de la création de liens, du dialogue, et surtout du suivi, car, si elle ne fait pas l’objet d’un suivi, la consultation est juste une illusion, dont nous avons tous déjà pu voir les conséquences bien trop de fois. J’aimerais transformer la consultation en cocréation, au sein de laquelle chaque idée perdure après la fin de la réunion, et chaque participant a le sentiment que sa contribution compte réellement.

Pour moi, c’est là la définition d’un véritable dialogue. Il ne s’agit pas d’être tous d’accord, mais d’accepter de rester autour de la table malgré nos divergences. Même en cas de désaccord, le dialogue civil nécessite de l’empathie, de la créativité et de la persévérance. Lorsque nous ne sommes pas du même avis, nous faisons tout notre possible pour trouver des solutions, car notre objectif commun de défendre la démocratie, les droits de l’homme, l’état de droit, la solidarité et la participation citoyenne sera toujours plus fort que ce qui nous divise.

À l’avenir, je m’efforcerai d’élargir les possibilités de participation, de défendre un espace civique sûr et de renforcer la résilience de l’Europe grâce à la prospective et à la coopération. Ces éléments ne sont pas distincts: il s’agit au contraire des fibres entremêlées d’un même tissu démocratique, la réussite et la vitalité de chacune étant dépendantes de celles des autres.

Les possibilités de participation, car l’inclusion est la pierre angulaire de la démocratie. Nous devons ouvrir nos portes aux plus petites organisations, aux jeunes et aux groupes sous-représentés: ceux qui sont loin de Bruxelles et qui méritent d’être entendus. Car chaque fois que nous faisons entendre une nouvelle voix, c’est la démocratie que nous renforçons.

La défense d’un espace civique sûr, car la démocratie ne peut exister sans. J’ai rencontré des personnes courageuses, en Serbie et ailleurs. Leur bravoure nous rappelle les enjeux et les raisons pour lesquelles la solidarité ne doit jamais être conditionnelle ou sélective. Nous ne devons pas non plus oublier les aspects émotionnels: les espaces que nous créons ensemble, les environnements caractérisés par la confiance, l’ouverture et la bienveillance. Car la vulnérabilité n’est pas un signe de faiblesse, mais bien de courage.

La résilience, parce que les défis à venir nécessitent d’être prêts, et pas seulement de réagir. La société civile est le système d’alerte précoce de l’Europe; c’est elle qui, la première, décèle les failles dans la confiance, ou les moments où l’exclusion se durcit pour se muer en colère.

J’ai hâte de travailler avec Séamus Boland, notre nouveau président du CESE, ainsi qu’avec Sandra Parthie, Lucie Studničná et Cillian Lohan, qui occupent respectivement la présidence des groupes des employeurs, des travailleurs et des organisations de la société civile. J’aimerais aussi souligner à quel point le pacte bleu pour l’Europe est important pour moi, tant d’un point de vue professionnel que personnel. Il s’agit à mon sens d’un exemple éloquent de la manière dont la politique et le sens peuvent se rencontrer. Il démontre que cette assemblée peut être un modèle non seulement en ce qui concerne la consultation, mais aussi lorsqu’il s’agit de proposer et de recueillir un soutien intersectoriel pour des politiques indispensables et inclusives dans des domaines essentiels pour notre sécurité, notre résilience et notre dignité, comme la justice dans le domaine de l’eau.

Enfin, la Semaine de la société civile sera au premier rang de mes priorités: une célébration visible et inclusive de l’égalité, de la solidarité, de la jeunesse et de la prospective — une manifestation où la société civile se sent à sa place et où l’Europe se sent vivante.

C’est grâce à la société civile que la démocratie peut retrouver son rythme. Faisons en sorte qu’elle ne le perde pas.

par Marija Hanževački

Nous vivons aujourd’hui dans un contexte géopolitique de plus en plus difficile, que ce se soit en Europe ou dans le reste du monde. Les guerres, la montée de l’extrême droite, la multiplication des discours de haine et la cristallisation des clivages plantent un décor menaçant pour la société civile. 

par Marija Hanževački

Nous vivons aujourd’hui dans un contexte géopolitique de plus en plus difficile, que ce se soit en Europe ou dans le reste du monde. Les guerres, la montée de l’extrême droite, la multiplication des discours de haine et la cristallisation des clivages plantent un décor menaçant pour la société civile. 

Des plateformes de communication sont devenues, aux mains d’oligarques, des armes redoutables qui aggravent encore l’effet délétère que ces menaces produisent sur la démocratie et les valeurs qui sont les nôtres. En conséquence, il apparaît d’autant plus urgent de communiquer dans la transparence, en toute responsabilité et de façon efficace.

C’est dans ce climat que je reprends le flambeau en tant que nouvelle vice-présidente du Comité économique et social européen (CESE) chargée de la communication. En m’appuyant sur le travail de ceux qui m’ont précédée à ce poste, je m’efforcerai de faire en sorte que la parole du CESE, qui est le porte-voix de la société civile organisée, soit non seulement entendue, mais aussi qu’elle soit comprise et qu’elle trouve une traduction concrète dans des actes.

J’ai pleinement conscience de la responsabilité qui s’attache à cette fonction de représentation de la société civile de l’Union européenne et de ses partenaires sociaux — soit près de 90 millions de citoyens dans toute l’Europe. Avec la commission de la communication du CESE, notre mission consistera, ensemble, à nous assurer que nos messages soient clairs, qu’ils soient percutants et qu’ils soient le reflet fidèle de la diversité de nos membres et de leur expertise. Parce qu’au bout du compte, l’enjeu de la communication, ce n’est pas juste la visibilité, c’est aussi son retentissement.

Le processus décisionnel du CESE, auquel prennent part des représentants de chacun des trois groupes qui le composent — employeurs, travailleurs et organisations de la société civile —, est un exemple éclatant de la manière dont la société civile organisée peut influencer la politique de l’Union européenne et la vie de ses citoyens.

J’ai bon espoir que ce fonctionnement sera apparent dans notre communication: l’engagement qui est le mien est de faire en sorte que le CESE parle d’une seule voix, une voix qui reflète pleinement toute l’étendue et l’acuité de l’expérience de nos membres, en veillant dans le même temps à ce que nos priorités soient audibles à la fois pour les institutions européennes et pour le grand public. Les membres de la commission de la communication et moi-même entendons bien mettre en évidence aussi l’importance cruciale que la société civile revêt pour la démocratie européenne.

À l’ère du déluge informationnel et des fausses nouvelles, il est essentiel de focaliser nos efforts sur ce qui compte réellement. L’enjeu consistera pour nous, au CESE, à mettre en valeur nos succès, à surmonter les difficultés qui sont les nôtres et à faire la démonstration de la valeur ajoutée que nous apportons à la société civile européenne. Nous devons communiquer sur les travaux du Comité et sur les résultats qu’il obtient d’une façon qui fasse écho au quotidien des gens.

La transparence sera au cœur de mon approche: nous ferons preuve dans notre communication de constance et d’ouverture, témoignant de notre expertise du travail consultatif au service des institutions de l’Union et du rapprochement des points de vue divers qui sont ceux défendus par les organisations que nous représentons.

Nos ressources sont certes plus limitées que celles d’autres institutions, mais nous aurons à cœur d’explorer des chemins nouveaux pour collaborer avec les instances européennes et d’organiser des activités pour renforcer et promouvoir le dialogue et la mobilisation.

Des événements tels que la Semaine de la société civile, «Votre Europe, votre avis», le séminaire «Connecter l’UE» et le prix de la société civile ne sont pas juste des dates inscrites dans nos agendas: ce sont des plateformes pour mener des échanges constructifs et pour célébrer le rôle crucial que joue la société civile dans l’élaboration des politiques de l’Union européenne. J’entends poursuivre ces initiatives à succès et encourager un débat ouvert sur les questions qui comptent le plus pour nos membres et pour le grand public.

Nos membres restent nos meilleurs ambassadeurs. Il est fondamental que nous trouvions de nouvelles façons de les soutenir et des moyens de mieux les aider, par une communication sur le terrain, par une communication ouverte et réciproque, de sorte que nous soyons à l’écoute de celles et ceux que nous représentons et qu’eux aussi aient un retour direct de notre part.

Je porte sur l’avenir un regard optimiste. Nous pouvons faire la différence, et je me réjouis à la perspective de travailler avec les dirigeants du CESE, avec ses membres et avec chacune et chacun d’entre vous, pour faire en sorte que le CESE continue de parler d’une seule voix — une voix qui défend la transparence, la diversité et les valeurs qui sont le socle même de la démocratie européenne.

Par Alena Mastantuono

L’Europe se trouve à un tournant. Chaque nouveau membre qui rejoint le CESE vient y insuffler une énergie et des points de vue audacieux qui apparaissent plus nécessaires que jamais. Grâce au travail que nos collègues ont accompli sans relâche tout au long du dernier mandat, notre institution se déclare prête à ouvrir ce nouveau chapitre, en s’appuyant sur des priorités claires et un budget 2025 rigoureux.

Par Alena Mastantuono

L’Europe se trouve à un tournant. Chaque nouveau membre qui rejoint le CESE vient y insuffler une énergie et des points de vue audacieux qui apparaissent plus nécessaires que jamais. Grâce au travail que nos collègues ont accompli sans relâche tout au long du dernier mandat, notre institution se déclare prête à ouvrir ce nouveau chapitre, en s’appuyant sur des priorités claires et un budget 2025 rigoureux.

Reconnaissons d’emblée que le monde qui nous entoure n’a pas pour caractéristique première la stabilité. Des changements géopolitiques et politiques imprévisibles partout en Europe créent un paysage plus incertain que jamais. Cette instabilité met réellement à rude épreuve la résilience économique et la compétitivité mondiale de l’Europe, ce qui a des conséquences directes sur sa dimension sociale et son bien-être.

C’est la raison pour laquelle les porte-parole de la société civile ont les yeux tournés vers nous, qui sommes leurs avocats à Bruxelles, pour défendre leurs intérêts et plaider leur cause d’une manière à la fois forte et digne de foi. Notre rôle consultatif vis-à-vis des institutions européennes est beaucoup plus critique qu’auparavant: nous devons veiller à ce que les réalités auxquelles nos concitoyens sont désormais confrontés soient reconnues à tous les niveaux de gouvernement. La défense de notre base industrielle, la simplification urgente de réglementations trop lourdes et la promotion d’une croissance et d’une prospérité durables à long terme doivent être nos priorités cardinales.

En ce que nous sommes l’émanation de la grande famille des employeurs, nous savons une chose qui est trop souvent négligée: l’économie et la société sont indissociables. Nous avons appris que sans économie saine, il n’y a pas de progrès social possible, et sans stabilité sociale, les gains économiques sont fragiles. Chaque décision que nous prenons au sein du Comité doit refléter cet équilibre vital. Je suis déterminée à faire en sorte que les responsables politiques du CESE reconnaissent l’entreprise comme un partenaire essentiel de la prospérité de l’Europe.

La responsabilité est immense. En tant que vice-présidente du CESE chargée du budget, j’aurai pour tâche, conjointement avec les membres de la commission des affaires financières et budgétaires (CAF), de veiller au maintien d’une discipline financière stricte, de garantir la transparence et l’efficacité et de participer pleinement au processus budgétaire européen. Alors que nous clôturons la décharge 2024 et que nous nous préparons à des négociations difficiles pour notre budget 2026, nous nous employons aussi à nous adapter aux nouvelles règles en matière de voyage et à une planification plus intelligente des ressources — et ce, avec pour visée de maximiser notre impact sur l’Europe.

Le plus grand défi qu’il nous faut relever sera au bout du compte celui de la pertinence. Nous devons veiller à ce que la Commission européenne, le Conseil de l’UE et le Parlement européen considèrent le CESE non pas comme un passage obligé, une case de procédure à cocher, mais comme un partenaire indispensable avec qui élaborer une législation européenne plus intelligente et plus efficace, tant pour les entreprises que pour les citoyens.

Depuis 1958, le CESE joue un rôle de passerelle entre l’Union européenne et l’expérience concrète dans la vie réelle. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons moderniser notre image, amplifier notre mission et fournir des conseils fondés, dynamiques et susceptibles d’être entendus.

En ces temps d’incertitude, l’Europe a besoin de notre détermination collective et de l’efficacité de notre plaidoyer — et ce, plus que jamais.