Par Alena Mastantuono

L’Europe se trouve à un tournant. Chaque nouveau membre qui rejoint le CESE vient y insuffler une énergie et des points de vue audacieux qui apparaissent plus nécessaires que jamais. Grâce au travail que nos collègues ont accompli sans relâche tout au long du dernier mandat, notre institution se déclare prête à ouvrir ce nouveau chapitre, en s’appuyant sur des priorités claires et un budget 2025 rigoureux.

Reconnaissons d’emblée que le monde qui nous entoure n’a pas pour caractéristique première la stabilité. Des changements géopolitiques et politiques imprévisibles partout en Europe créent un paysage plus incertain que jamais. Cette instabilité met réellement à rude épreuve la résilience économique et la compétitivité mondiale de l’Europe, ce qui a des conséquences directes sur sa dimension sociale et son bien-être.

C’est la raison pour laquelle les porte-parole de la société civile ont les yeux tournés vers nous, qui sommes leurs avocats à Bruxelles, pour défendre leurs intérêts et plaider leur cause d’une manière à la fois forte et digne de foi. Notre rôle consultatif vis-à-vis des institutions européennes est beaucoup plus critique qu’auparavant: nous devons veiller à ce que les réalités auxquelles nos concitoyens sont désormais confrontés soient reconnues à tous les niveaux de gouvernement. La défense de notre base industrielle, la simplification urgente de réglementations trop lourdes et la promotion d’une croissance et d’une prospérité durables à long terme doivent être nos priorités cardinales.

En ce que nous sommes l’émanation de la grande famille des employeurs, nous savons une chose qui est trop souvent négligée: l’économie et la société sont indissociables. Nous avons appris que sans économie saine, il n’y a pas de progrès social possible, et sans stabilité sociale, les gains économiques sont fragiles. Chaque décision que nous prenons au sein du Comité doit refléter cet équilibre vital. Je suis déterminée à faire en sorte que les responsables politiques du CESE reconnaissent l’entreprise comme un partenaire essentiel de la prospérité de l’Europe.

La responsabilité est immense. En tant que vice-présidente du CESE chargée du budget, j’aurai pour tâche, conjointement avec les membres de la commission des affaires financières et budgétaires (CAF), de veiller au maintien d’une discipline financière stricte, de garantir la transparence et l’efficacité et de participer pleinement au processus budgétaire européen. Alors que nous clôturons la décharge 2024 et que nous nous préparons à des négociations difficiles pour notre budget 2026, nous nous employons aussi à nous adapter aux nouvelles règles en matière de voyage et à une planification plus intelligente des ressources — et ce, avec pour visée de maximiser notre impact sur l’Europe.

Le plus grand défi qu’il nous faut relever sera au bout du compte celui de la pertinence. Nous devons veiller à ce que la Commission européenne, le Conseil de l’UE et le Parlement européen considèrent le CESE non pas comme un passage obligé, une case de procédure à cocher, mais comme un partenaire indispensable avec qui élaborer une législation européenne plus intelligente et plus efficace, tant pour les entreprises que pour les citoyens.

Depuis 1958, le CESE joue un rôle de passerelle entre l’Union européenne et l’expérience concrète dans la vie réelle. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons moderniser notre image, amplifier notre mission et fournir des conseils fondés, dynamiques et susceptibles d’être entendus.

En ces temps d’incertitude, l’Europe a besoin de notre détermination collective et de l’efficacité de notre plaidoyer — et ce, plus que jamais.