Par Piotr Sadowski

Lorsque j’ai été élu à la coprésidence du groupe de liaison du CESE, j’ai affirmé que la société civile, loin d’être un simple élément décoratif de la démocratie, faisait au contraire battre son cœur. Le groupe de liaison a été instauré en 2004, avec pour objectif de créer des liens entre les organisations et les réseaux faîtiers actifs au niveau européen et le CESE, dont les membres sont issus d’organisations nationales. Vingt ans plus tard, cette passerelle est plus cruciale que jamais: c’est elle qui permet aux citoyens européens de façonner les politiques qui ont une incidence sur leur vie.

Par Piotr Sadowski

Lorsque j’ai été élu à la coprésidence du groupe de liaison du CESE, j’ai affirmé que la société civile, loin d’être un simple élément décoratif de la démocratie, faisait au contraire battre son cœur. Le groupe de liaison a été instauré en 2004, avec pour objectif de créer des liens entre les organisations et les réseaux faîtiers actifs au niveau européen et le CESE, dont les membres sont issus d’organisations nationales. Vingt ans plus tard, cette passerelle est plus cruciale que jamais: c’est elle qui permet aux citoyens européens de façonner les politiques qui ont une incidence sur leur vie.

Je suis fermement attaché aux principes de la démocratie, de la création de liens, du dialogue, et surtout du suivi, car, si elle ne fait pas l’objet d’un suivi, la consultation est juste une illusion, dont nous avons tous déjà pu voir les conséquences bien trop de fois. J’aimerais transformer la consultation en cocréation, au sein de laquelle chaque idée perdure après la fin de la réunion, et chaque participant a le sentiment que sa contribution compte réellement.

Pour moi, c’est là la définition d’un véritable dialogue. Il ne s’agit pas d’être tous d’accord, mais d’accepter de rester autour de la table malgré nos divergences. Même en cas de désaccord, le dialogue civil nécessite de l’empathie, de la créativité et de la persévérance. Lorsque nous ne sommes pas du même avis, nous faisons tout notre possible pour trouver des solutions, car notre objectif commun de défendre la démocratie, les droits de l’homme, l’état de droit, la solidarité et la participation citoyenne sera toujours plus fort que ce qui nous divise.

À l’avenir, je m’efforcerai d’élargir les possibilités de participation, de défendre un espace civique sûr et de renforcer la résilience de l’Europe grâce à la prospective et à la coopération. Ces éléments ne sont pas distincts: il s’agit au contraire des fibres entremêlées d’un même tissu démocratique, la réussite et la vitalité de chacune étant dépendantes de celles des autres.

Les possibilités de participation, car l’inclusion est la pierre angulaire de la démocratie. Nous devons ouvrir nos portes aux plus petites organisations, aux jeunes et aux groupes sous-représentés: ceux qui sont loin de Bruxelles et qui méritent d’être entendus. Car chaque fois que nous faisons entendre une nouvelle voix, c’est la démocratie que nous renforçons.

La défense d’un espace civique sûr, car la démocratie ne peut exister sans. J’ai rencontré des personnes courageuses, en Serbie et ailleurs. Leur bravoure nous rappelle les enjeux et les raisons pour lesquelles la solidarité ne doit jamais être conditionnelle ou sélective. Nous ne devons pas non plus oublier les aspects émotionnels: les espaces que nous créons ensemble, les environnements caractérisés par la confiance, l’ouverture et la bienveillance. Car la vulnérabilité n’est pas un signe de faiblesse, mais bien de courage.

La résilience, parce que les défis à venir nécessitent d’être prêts, et pas seulement de réagir. La société civile est le système d’alerte précoce de l’Europe; c’est elle qui, la première, décèle les failles dans la confiance, ou les moments où l’exclusion se durcit pour se muer en colère.

J’ai hâte de travailler avec Séamus Boland, notre nouveau président du CESE, ainsi qu’avec Sandra Parthie, Lucie Studničná et Cillian Lohan, qui occupent respectivement la présidence des groupes des employeurs, des travailleurs et des organisations de la société civile. J’aimerais aussi souligner à quel point le pacte bleu pour l’Europe est important pour moi, tant d’un point de vue professionnel que personnel. Il s’agit à mon sens d’un exemple éloquent de la manière dont la politique et le sens peuvent se rencontrer. Il démontre que cette assemblée peut être un modèle non seulement en ce qui concerne la consultation, mais aussi lorsqu’il s’agit de proposer et de recueillir un soutien intersectoriel pour des politiques indispensables et inclusives dans des domaines essentiels pour notre sécurité, notre résilience et notre dignité, comme la justice dans le domaine de l’eau.

Enfin, la Semaine de la société civile sera au premier rang de mes priorités: une célébration visible et inclusive de l’égalité, de la solidarité, de la jeunesse et de la prospective — une manifestation où la société civile se sent à sa place et où l’Europe se sent vivante.

C’est grâce à la société civile que la démocratie peut retrouver son rythme. Faisons en sorte qu’elle ne le perde pas.

par Marija Hanževački

Nous vivons aujourd’hui dans un contexte géopolitique de plus en plus difficile, que ce se soit en Europe ou dans le reste du monde. Les guerres, la montée de l’extrême droite, la multiplication des discours de haine et la cristallisation des clivages plantent un décor menaçant pour la société civile. 

par Marija Hanževački

Nous vivons aujourd’hui dans un contexte géopolitique de plus en plus difficile, que ce se soit en Europe ou dans le reste du monde. Les guerres, la montée de l’extrême droite, la multiplication des discours de haine et la cristallisation des clivages plantent un décor menaçant pour la société civile. 

Des plateformes de communication sont devenues, aux mains d’oligarques, des armes redoutables qui aggravent encore l’effet délétère que ces menaces produisent sur la démocratie et les valeurs qui sont les nôtres. En conséquence, il apparaît d’autant plus urgent de communiquer dans la transparence, en toute responsabilité et de façon efficace.

C’est dans ce climat que je reprends le flambeau en tant que nouvelle vice-présidente du Comité économique et social européen (CESE) chargée de la communication. En m’appuyant sur le travail de ceux qui m’ont précédée à ce poste, je m’efforcerai de faire en sorte que la parole du CESE, qui est le porte-voix de la société civile organisée, soit non seulement entendue, mais aussi qu’elle soit comprise et qu’elle trouve une traduction concrète dans des actes.

J’ai pleinement conscience de la responsabilité qui s’attache à cette fonction de représentation de la société civile de l’Union européenne et de ses partenaires sociaux — soit près de 90 millions de citoyens dans toute l’Europe. Avec la commission de la communication du CESE, notre mission consistera, ensemble, à nous assurer que nos messages soient clairs, qu’ils soient percutants et qu’ils soient le reflet fidèle de la diversité de nos membres et de leur expertise. Parce qu’au bout du compte, l’enjeu de la communication, ce n’est pas juste la visibilité, c’est aussi son retentissement.

Le processus décisionnel du CESE, auquel prennent part des représentants de chacun des trois groupes qui le composent — employeurs, travailleurs et organisations de la société civile —, est un exemple éclatant de la manière dont la société civile organisée peut influencer la politique de l’Union européenne et la vie de ses citoyens.

J’ai bon espoir que ce fonctionnement sera apparent dans notre communication: l’engagement qui est le mien est de faire en sorte que le CESE parle d’une seule voix, une voix qui reflète pleinement toute l’étendue et l’acuité de l’expérience de nos membres, en veillant dans le même temps à ce que nos priorités soient audibles à la fois pour les institutions européennes et pour le grand public. Les membres de la commission de la communication et moi-même entendons bien mettre en évidence aussi l’importance cruciale que la société civile revêt pour la démocratie européenne.

À l’ère du déluge informationnel et des fausses nouvelles, il est essentiel de focaliser nos efforts sur ce qui compte réellement. L’enjeu consistera pour nous, au CESE, à mettre en valeur nos succès, à surmonter les difficultés qui sont les nôtres et à faire la démonstration de la valeur ajoutée que nous apportons à la société civile européenne. Nous devons communiquer sur les travaux du Comité et sur les résultats qu’il obtient d’une façon qui fasse écho au quotidien des gens.

La transparence sera au cœur de mon approche: nous ferons preuve dans notre communication de constance et d’ouverture, témoignant de notre expertise du travail consultatif au service des institutions de l’Union et du rapprochement des points de vue divers qui sont ceux défendus par les organisations que nous représentons.

Nos ressources sont certes plus limitées que celles d’autres institutions, mais nous aurons à cœur d’explorer des chemins nouveaux pour collaborer avec les instances européennes et d’organiser des activités pour renforcer et promouvoir le dialogue et la mobilisation.

Des événements tels que la Semaine de la société civile, «Votre Europe, votre avis», le séminaire «Connecter l’UE» et le prix de la société civile ne sont pas juste des dates inscrites dans nos agendas: ce sont des plateformes pour mener des échanges constructifs et pour célébrer le rôle crucial que joue la société civile dans l’élaboration des politiques de l’Union européenne. J’entends poursuivre ces initiatives à succès et encourager un débat ouvert sur les questions qui comptent le plus pour nos membres et pour le grand public.

Nos membres restent nos meilleurs ambassadeurs. Il est fondamental que nous trouvions de nouvelles façons de les soutenir et des moyens de mieux les aider, par une communication sur le terrain, par une communication ouverte et réciproque, de sorte que nous soyons à l’écoute de celles et ceux que nous représentons et qu’eux aussi aient un retour direct de notre part.

Je porte sur l’avenir un regard optimiste. Nous pouvons faire la différence, et je me réjouis à la perspective de travailler avec les dirigeants du CESE, avec ses membres et avec chacune et chacun d’entre vous, pour faire en sorte que le CESE continue de parler d’une seule voix — une voix qui défend la transparence, la diversité et les valeurs qui sont le socle même de la démocratie européenne.

Par Alena Mastantuono

L’Europe se trouve à un tournant. Chaque nouveau membre qui rejoint le CESE vient y insuffler une énergie et des points de vue audacieux qui apparaissent plus nécessaires que jamais. Grâce au travail que nos collègues ont accompli sans relâche tout au long du dernier mandat, notre institution se déclare prête à ouvrir ce nouveau chapitre, en s’appuyant sur des priorités claires et un budget 2025 rigoureux.

Par Alena Mastantuono

L’Europe se trouve à un tournant. Chaque nouveau membre qui rejoint le CESE vient y insuffler une énergie et des points de vue audacieux qui apparaissent plus nécessaires que jamais. Grâce au travail que nos collègues ont accompli sans relâche tout au long du dernier mandat, notre institution se déclare prête à ouvrir ce nouveau chapitre, en s’appuyant sur des priorités claires et un budget 2025 rigoureux.

Reconnaissons d’emblée que le monde qui nous entoure n’a pas pour caractéristique première la stabilité. Des changements géopolitiques et politiques imprévisibles partout en Europe créent un paysage plus incertain que jamais. Cette instabilité met réellement à rude épreuve la résilience économique et la compétitivité mondiale de l’Europe, ce qui a des conséquences directes sur sa dimension sociale et son bien-être.

C’est la raison pour laquelle les porte-parole de la société civile ont les yeux tournés vers nous, qui sommes leurs avocats à Bruxelles, pour défendre leurs intérêts et plaider leur cause d’une manière à la fois forte et digne de foi. Notre rôle consultatif vis-à-vis des institutions européennes est beaucoup plus critique qu’auparavant: nous devons veiller à ce que les réalités auxquelles nos concitoyens sont désormais confrontés soient reconnues à tous les niveaux de gouvernement. La défense de notre base industrielle, la simplification urgente de réglementations trop lourdes et la promotion d’une croissance et d’une prospérité durables à long terme doivent être nos priorités cardinales.

En ce que nous sommes l’émanation de la grande famille des employeurs, nous savons une chose qui est trop souvent négligée: l’économie et la société sont indissociables. Nous avons appris que sans économie saine, il n’y a pas de progrès social possible, et sans stabilité sociale, les gains économiques sont fragiles. Chaque décision que nous prenons au sein du Comité doit refléter cet équilibre vital. Je suis déterminée à faire en sorte que les responsables politiques du CESE reconnaissent l’entreprise comme un partenaire essentiel de la prospérité de l’Europe.

La responsabilité est immense. En tant que vice-présidente du CESE chargée du budget, j’aurai pour tâche, conjointement avec les membres de la commission des affaires financières et budgétaires (CAF), de veiller au maintien d’une discipline financière stricte, de garantir la transparence et l’efficacité et de participer pleinement au processus budgétaire européen. Alors que nous clôturons la décharge 2024 et que nous nous préparons à des négociations difficiles pour notre budget 2026, nous nous employons aussi à nous adapter aux nouvelles règles en matière de voyage et à une planification plus intelligente des ressources — et ce, avec pour visée de maximiser notre impact sur l’Europe.

Le plus grand défi qu’il nous faut relever sera au bout du compte celui de la pertinence. Nous devons veiller à ce que la Commission européenne, le Conseil de l’UE et le Parlement européen considèrent le CESE non pas comme un passage obligé, une case de procédure à cocher, mais comme un partenaire indispensable avec qui élaborer une législation européenne plus intelligente et plus efficace, tant pour les entreprises que pour les citoyens.

Depuis 1958, le CESE joue un rôle de passerelle entre l’Union européenne et l’expérience concrète dans la vie réelle. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons moderniser notre image, amplifier notre mission et fournir des conseils fondés, dynamiques et susceptibles d’être entendus.

En ces temps d’incertitude, l’Europe a besoin de notre détermination collective et de l’efficacité de notre plaidoyer — et ce, plus que jamais.

Synthèse des avis adoptés à la session plénière des 17 et 18 septembre 2025

À Bruxelles, lors de sa session plénière de septembre, le CESE a réuni des responsables politiques de l’Union européenne, des représentants de la société civile, de la jeunesse et de ses partenaires internationaux pour marquer la fin de la présidence d’Oliver Röpke (2023-2025).

À Bruxelles, lors de sa session plénière de septembre, le CESE a réuni des responsables politiques de l’Union européenne, des représentants de la société civile, de la jeunesse et de ses partenaires internationaux pour marquer la fin de la présidence d’Oliver Röpke (2023-2025). La cérémonie, qui s’est tenue dans l’hémicycle du Parlement européen, a permis de saluer les réalisations récentes tout en engageant la réflexion sur une palette de problématiques qui vont orienter l’avenir de l’Europe.

Maroš Šefčovič, membre de la Commission européenne, a souligné l’importance du Comité en tant que «maison de la société civile européenne» ainsi que son rôle éminent dans l’élaboration des politiques européennes: «Vous plaidez en faveur d’une Europe compétitive, qui soit fondée sur le modèle social de l’UE et soutenue par la transition écologique, montrant ainsi comment la société civile contribue à combiner ces différents aspects.»

Lors de la cérémonie, les intervenants ont mis en garde contre l’incertitude géopolitique, la polarisation et l’extrémisme, tout en soulignant la capacité du CESE à parler d’une seule voix pour défendre la démocratie.

La participation des jeunes a occupé une place éminente durant ce mandat, le test jeunesse des politiques publiques de l’UE s’étant imposé à cet égard comme l’une des illustrations les plus concrètes. Răres Voicu, président du Forum européen de la jeunesse, a souligné la nécessité de lutter contre l’extrémisme, alors même que les délégués de la jeunesse appelaient à une appropriation plus résolue du processus démocratique.

L’élargissement a été un autre thème clé, et Edi Rama, premier ministre albanais, a remercié le Comité de s’être employé à faire en sorte que les pays candidats se sentent considérés comme des égaux. «La force de l’Europe réside dans ses citoyens et le dialogue, et non dans les grandes déclarations. Votre présidence restera celle de ma conversion, car vous avez fait de moi un nouvel apôtre du dialogue social. Vous avez aussi veillé à ce que le point de vue des Balkans occidentaux trouve ici un véritable écho et ne reste pas cantonné derrière la porte des conciliabules. Le CESE est l’endroit où nous, les Albanais, qui avons si souvent été traités comme des citoyens européens de deuxième zone, avons eu le sentiment d’être considérés sur un pied d’égalité. L’Europe prospère comme un tout, et seulement et uniquement, comme un tout», a déclaré M. Rama.

Hommage a ensuite été rendu au président Röpke pour sa capacité d’entraînement dans les domaines de la jeunesse et de l’élargissement de l’Union, ainsi qu’aux membres dont l’engagement au sein du Comité s’inscrit dans la durée. En conclusion, Oliver Röpke a remercié le personnel du CESE pour son dévouement et a exhorté l’institution à garder le cap du renforcement de la démocratie, à soutenir l’élargissement et à placer la société civile au cœur du projet européen. (tk)

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Event type
Conference

Le Comité économique et social européen (CESE) participera activement à la 30e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), qui se tiendra à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025.

The 16th meeting of the EU DAG set up under the EU-UK TCA, the last one chaired by Luisa Santos, was mostly dedicated to an exchange of views with Caroline Read, Deputy Ambassador at the UK Mission to the EU, on the implementation of the EU-UK Summit outcomes and the upcoming TCA review.

The EU DAG also discussed internally the end of mandate and the upcoming renewal. Finally, and in the spirit of good cooperation with the European Commission, DG Trade updated the EU DAG with preparations undertaken for the upcoming TCA committees season.

Par le groupe des organisations de la société civile du CESE

À l’heure où l’Union se prépare à lancer sa stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, attendue de longue date, nous nous sommes entretenus avec Alain Coheur, nouveau président de la commission consultative des mutations industrielles (CCMI) du CESE et rapporteur de l’avis du CESE intitulé «Lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en exploitant le pouvoir de l’économie sociale et des innovations socio-économiques», adopté en 2024.

Par le groupe des organisations de la société civile du CESE

À l’heure où l’Union se prépare à lancer sa stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, attendue de longue date, nous nous sommes entretenus avec Alain Coheur, nouveau président de la commission consultative des mutations industrielles (CCMI) du CESE et rapporteur de l’avis du CESE intitulé «Lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en exploitant le pouvoir de l’économie sociale et des innovations socio-économiques», adopté en 2024.

Quelles sont les trois principales conclusions de l’avis?

L’avis considère la pauvreté comme une problématique pluridimensionnelle, qui a une incidence sur le logement, l’éducation, les soins de santé, l’accès à l’énergie et l’inclusion numérique. Pour aborder cette question dans toute sa complexité, il est nécessaire d’assurer une coordination entre les niveaux local, national, européen et international. L’économie sociale constitue un vecteur de changement essentiel, mais sous-utilisé. Ancrées dans la solidarité et la gouvernance démocratique, les organisations de l’économie sociale favorisent des écosystèmes inclusifs, stimulent l’innovation sociale et apportent leur soutien aux groupes vulnérables. Toutefois, pour libérer le potentiel de l’économie sociale, il nous faut surmonter des obstacles tels que sa reconnaissance insuffisante sur le plan juridique, son financement fragmenté et le soutien limité qu’elle reçoit de la part des institutions. En l’absence d’une stratégie européenne intégrée, les efforts collectifs de lutte contre la pauvreté se trouvent compromis.

Comment ces problèmes peuvent-ils être traités? Quelles sont les trois principales recommandations?

Pour relever ces défis, l’avis préconise une approche en trois volets. Au niveau local, les organisations de l’économie sociale doivent apporter des solutions adaptées, en nouant des partenariats, en créant des rôles d’ambassadeurs locaux et en stimulant l’innovation sur le terrain. Au niveau national, les gouvernements devraient s’acquitter de leur obligation de garantir les droits fondamentaux en mettant en place des cadres juridiques et budgétaires porteurs. Au niveau européen, il convient de mettre en place une stratégie unifiée intégrant l’économie sociale dans les transitions plus larges que sont notamment l’agenda social, la stratégie numérique et le programme en matière de climat. Cela nécessite de mobiliser un soutien financier solide, consistant à optimiser les fonds de cohésion et de résilience de l’UE tout en prévoyant des financements européens spécifiques pour l’économie sociale. L’alignement sur les cadres mondiaux tels que les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, les résolutions mondiales et thématiques et les recommandations de l’OCDE amplifiera l’impact systémique de l’économie sociale et permettra un changement transformateur.

Comment la nouvelle stratégie européenne de lutte contre la pauvreté peut-elle faire progresser le combat contre la pauvreté, l’exclusion sociale et la discrimination?

La stratégie européenne de lutte contre la pauvreté offre une occasion essentielle d’atteindre des objectifs mondiaux tels que l’ODD 1 (Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde) et l’ODD 10 (Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre), et prépare en même temps une vision d’une Europe de l’après-2025 axée sur le bien-être. Les politiques doivent s’attaquer aux disparités économiques, sociales et environnementales, tout en donnant la priorité aux initiatives locales, étant donné que les communautés locales sont les mieux placées pour apporter des solutions efficaces. Les gouvernements nationaux doivent garantir un accès universel aux services essentiels tels que le logement, les soins de santé et l’éducation. L’UE devrait jouer un rôle de premier plan en encourageant la collaboration transfrontière et en redéfinissant la prospérité grâce à des indicateurs de bien-être et d’équité allant au-delà du PIB. Institutionnaliser l’économie sociale en tant que pierre angulaire de cette transition garantira des résultats inclusifs et justes pour tous.

Lors de sa session plénière de septembre, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé un débat avec Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, et a demandé à la Commission d’agir sans attendre pour faire face à la crise du logement en cours.

Lors de sa session plénière de septembre, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé un débat avec Dan Jørgensen, commissaire à l’énergie et au logement, et a demandé à la Commission d’agir sans attendre pour faire face à la crise du logement en cours.

Le CESE a exhorté la Commission à élaborer un plan d’action pour des logements abordables. À cet effet, il a émis un avis spécifique et se tient prêt à organiser, conjointement avec la Commission, le Parlement européen et le Comité européen des régions, le tout premier sommet européen sur le logement.

Laurenţiu Plosceanu, vice-président sortant du CESE chargé de la communication, a souligné l’engagement du Comité en faveur de logements décents, abordables et durables pour tous, mettant en évidence la contribution de la société civile au futur plan européen pour des logements abordables. «Notre message est sans équivoque: l’Union européenne doit se doter d’un plan d’action pour faire du droit au logement une réalité, et l’inscrire formellement dans sa législation», a-t-il déclaré.

Le commissaire Jørgensen a assuré qu'il mesure bien l’ampleur du défi, et qu'il n'ignore pas que de nombreux Européens peinent à trouver un logement abordable et digne. Selon lui, remédier à cette crise serait une occasion d’opérer un changement durable: «pour une Europe plus juste, plus compétitive et véritablement autonome, il est indispensable que chacun ait accès à un logement décent, durable et abordable».

Dans son avis récemment adopté, élaboré par John Comer et Thomas Kattnig, le CESE affirme que le droit à un logement décent, durable et abordable doit être formellement inscrit dans le droit primaire de l’Union.

«La durabilité est indissociable du caractère abordable des logements. Nos concitoyens n’ont pas les moyens de se loger. Dans les villes d’Europe, nombreux sont ceux qui consacrent jusqu’à 40 % de leur salaire à leur logement», a expliqué M. Comer.

«La crise du logement est un problème sociétal central qui risque de faire beaucoup de mal à la démocratie», a souligné M. Kattnig.

La politique du logement relevant principalement de la compétence des États membres, le CESE estime que l’UE doit adopter une approche coordonnée qui respecte le principe de subsidiarité. Il préconise aussi de réformer les règles en matière d’aides d’État afin d’élargir l’accès au logement social, sachant que les définitions actuelles excluent les ménages à revenu intermédiaire et les travailleurs clés.

Le CESE plaide aussi en faveur d’une action coordonnée pour réglementer les locations de courte durée, notamment par un échange de données transparent, des mesures territorialement ciblées et une surveillance stricte, avec pour visée de mettre un terme aux investissements spéculatifs et à l’évasion fiscale. Au cours du débat, les représentants de la société civile ont insisté sur l’importance de politiques budgétaires saines, de solutions adaptées aux différents systèmes de logement et régimes de financement européens innovants pour soutenir la modernisation et le logement social.