La pauvreté, qui touche plus de 93 millions de personnes et compromet la cohésion sociale de l’UE, demeure l’un des problèmes les plus tenaces et les plus préoccupants de notre continent. Nous avons demandé à Krzysztof Balon, rapporteur de l’avis du CESE sur une stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, ce que le Comité recommande pour s’attaquer aux causes profondes de ce phénomène et coordonner une approche fondée sur les droits, à tous les niveaux.

La pauvreté, qui touche plus de 93 millions de personnes et compromet la cohésion sociale de l’UE, demeure l’un des problèmes les plus tenaces et les plus préoccupants de notre continent. Nous avons demandé à Krzysztof Balon, rapporteur de l’avis du CESE sur une stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, ce que le Comité recommande pour s’attaquer aux causes profondes de ce phénomène et coordonner une approche fondée sur les droits, à tous les niveaux.

Diplomatie bleue et coopération dans le domaine de l’eau - Voies pour alléger la pression des migrations provoquées par le climat

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AS

Plan d’action pour l’industrie automobile

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Agir pour la sécurité en Europe (Security Action for Europe - SAFE) par le renforcement de l’instrument pour l’industrie européenne de la défense

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AS

Stratégie en faveur de la société civile

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Par Cristian Pîrvulescu

Un an après les élections européennes de 2024, l’Union européenne est confrontée à des tensions croissantes entre mobilisation civique et offensive illibérale. D’une part, le taux de participation élevé dans plusieurs États membres — dont mon propre pays, la Roumanie — a confirmé un regain d’intérêt du public pour l’avenir de l’Europe. Je m’arrêterai brièvement sur le cas de la Roumanie comme exemple d’une expérience instructive. D’autre part, cette mobilisation s’est déroulée dans un contexte de polarisation, de désinformation et d’attaques systémiques contre les valeurs démocratiques.

Par Cristian Pîrvulescu

Un an après les élections européennes de 2024, l’Union européenne est confrontée à des tensions croissantes entre mobilisation civique et offensive illibérale. D’une part, le taux de participation élevé dans plusieurs États membres — dont mon propre pays, la Roumanie — a confirmé un regain d’intérêt du public pour l’avenir de l’Europe. Je m’arrêterai brièvement sur le cas de la Roumanie comme exemple d’une expérience instructive. D’autre part, cette mobilisation s’est déroulée dans un contexte de polarisation, de désinformation et d’attaques systémiques contre les valeurs démocratiques.

Les élections de 2024 ont été historiquement bénéfiques aux partis d’extrême droite en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Autriche, formant ainsi un important bloc obstructionniste au sein du Parlement européen. Nous assistons non seulement à un réalignement politique interne, mais aussi à une offensive illibérale coordonnée, alimentée par des réseaux transnationaux et soutenue par des acteurs géopolitiques tels que la Russie. Des discours identitaires, eurosceptiques et opposés aux droits circulent simultanément sur les plateformes numériques, dans le but de saper le pluralisme, l’état de droit et la cohésion européenne.

La nature du conflit est passée du cadre militaire à la sphère informationnelle et psychologique. La guerre hybride qui sévit aujourd’hui utilise des campagnes de désinformation, des cyberattaques, des trucages ultra-réalistes et des algorithmes manipulateurs pour éroder la confiance dans la démocratie. Les cibles sont claires: les jeunes, les minorités, les médias indépendants et les autorités électorales. Au cœur de cette agression se trouve une bataille sur la perception, un siège mental et symbolique destiné à entretenir la confusion, le cynisme et l’apathie démocratique.

Les algorithmes en tant qu’agents de radicalisation

Les plateformes numériques, en particulier TikTok, amplifient mécaniquement les contenus clivants. Il ne s’agit plus uniquement d’utilisateurs humains qui diffusent la désinformation, mais de systèmes algorithmiques qui sélectionnent, hiérarchisent et normalisent la rhétorique extrémiste. Ce dysfonctionnement cognitif sape directement la raison publique, en remplaçant la délibération par des réactions émotionnelles et des biais de confirmation.

TikTok est devenu un outil essentiel de mobilisation politique des jeunes, en particulier en Europe centrale et orientale. Des campagnes menées récemment en Roumanie, au Portugal, en Allemagne et en Pologne ont utilisé cette plateforme de manière intensive pour diffuser des messages identitaires, conspirationnistes ou anti-européens. Son format vidéo court et chargé d’émotions en fait un support idéal de radicalisation émotionnelle, qui est hors de portée d’un contrôle démocratique ou d’une réglementation efficace.

La Roumanie: un cas de résilience fragile

En Roumanie, les élections qui se sont déroulées en 2024 et 2025 ont enregistré un taux de participation record, en particulier chez les jeunes, ce qui a contribué à ce que les candidats extrémistes soient battus. Cependant, il importe de ne pas idéaliser ce résultat: la résilience démocratique s’est manifestée de manière défensive, sous la pression d’un clivage médiatique et de campagnes toxiques de désinformation, en particulier sur TikTok et Telegram. Le vote a souvent été motivé par le rejet — un «non» aux excès populistes — plutôt que par le soutien actif aux valeurs démocratiques.

La Roumanie continue de faire face à un grave déficit budgétaire, à de profondes inégalités sociales, à un système éducatif mal équipé en ce qui concerne l’éducation civique et l’habileté numérique, ainsi qu’à un espace médiatique dominé par des intérêts partisans et oligarchiques. Dans ce contexte, les réseaux de désinformation exploitent les frustrations sociales, en particulier chez les jeunes et les minorités. Pire encore, certaines élites politiques présentent une ambivalence dangereuse, tolérant, voire instrumentalisant, une rhétorique illibérale à des fins électorales.

La Roumanie offre un exemple manifeste de résilience démocratique conditionnelle: la mobilisation civique peut vaincre le populisme, mais elle ne peut se substituer aux politiques publiques. En l’absence de réformes structurelles, d’une éducation critique et d’une réglementation numérique efficace, la démocratie reste vulnérable. Le constat est clair: l’électorat ne peut être la seule ligne de défense.

Que peut faire l’Europe?

L’Europe peut prendre de multiples mesures: faire appliquer de manière ambitieuse le règlement sur les services numériques, créer un observatoire européen indépendant de l’information, investir massivement dans l’éducation civique et aux médias, soutenir le journalisme indépendant, promouvoir des contre-discours institutionnels adaptés aux jeunes et inclure la résilience démocratique en tant que critère essentiel dans l’évaluation des financements de l’UE.

L’Europe ne connaît pas un effondrement démocratique, mais elle traverse une zone de vulnérabilité stratégique. Elle fait l’objet d’agressions hybrides en permanence et connaît une crise de légitimité, en particulier auprès des jeunes générations. Pour défendre la démocratie, l’Union européenne doit renouveler ses outils, repenser l’espace public numérique et soutenir activement les sociétés qui se trouvent en première ligne de cette confrontation cognitive. La Roumanie en est un exemple: sa situation ne constitue pas seulement un test national, mais elle sert aussi de véritable baromètre de l’avenir démocratique de l’Europe.

En Roumanie, un niveau record de participation des jeunes aux élections de 2024 et 2025 a contribué à donner un coup de frein à la montée en puissance des candidats extrémistes. Il faut aussitôt dire, en revanche, que ce vote était avant tout un geste défensif, guidé par un rejet des excès populistes plutôt que par un soutien plein d’espérance aux valeurs démocratiques. Médias polarisés, désinformation et plateformes numériques hors contrôle continuent de saper la confiance démocratique, non seulement en Roumanie, mais aussi dans toute l’Union européenne. Cristian Pîrvulescu, membre du CESE, tire la sonnette d’alarme, lorsqu’il explique que la mobilisation civique est d’une importance cruciale, mais que sans des réformes en profondeur, la démocratie reste vulnérable.

En Roumanie, un niveau record de participation des jeunes aux élections de 2024 et 2025 a contribué à donner un coup de frein à la montée en puissance des candidats extrémistes. Il faut dire, en revanche, que ce vote était en grande partie un geste défensif, guidé par un rejet des excès populistes plutôt que par un soutien plein d’espérance aux valeurs démocratiques. Médias polarisés, désinformation et plateformes numériques hors contrôle continuent de saper la confiance démocratique, non seulement en Roumanie, mais aussi dans toute l’Union européenne. Cristian Pîrvulescu, membre du CESE, tire la sonnette d’alarme, lorsqu’il explique que la mobilisation civique est d’une importance cruciale, mais que sans des réformes en profondeur, la démocratie reste vulnérable.

Lors de sa session plénière de juin, le Comité économique et social européen (CESE) a approuvé formellement la déclaration de principes pour une société égalitaire du point de vue du genre, qui appuie la stratégie de la Commission européenne en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. Il est le premier organe de l’Union à le faire, et montre ainsi clairement que des actions concrètes doivent être prises de toute urgence pour combler les écarts persistants entre les hommes et les femmes.

Lors de sa session plénière de juin, le Comité économique et social européen (CESE) a approuvé formellement la déclaration de principes pour une société égalitaire du point de vue du genre, qui appuie la stratégie de la Commission européenne en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. Il est le premier organe de l’Union à le faire, et montre ainsi clairement que des actions concrètes doivent être prises de toute urgence pour combler les écarts persistants entre les hommes et les femmes.

Selon le rapport mondial sur les inégalités entre les hommes et les femmes du Forum économique mondial, au rythme de progression actuel, il faudra 134 ans pour combler à l’échelle de la planète les écarts existants entre les hommes et les femmes. Oliver Röpke, président du CESE, souligne le caractère urgent de cette situation: «Cent-trente-quatre ans avant d’atteindre l’égalité de genre? Nous n’avons nullement l’intention de rester les bras croisés! Le CESE réaffirme son attachement indéfectible à combler l’écart entre les hommes et les femmes. Avec l’Union et ses partenaires internationaux, il entend agir avec détermination pour que les droits des femmes soient solidement ancrés dans chacune des politiques de l’Union.»

Dans un message vidéo, Hajda Lahbib, commissaire européenne à l’égalité, à l’état de préparation et à la gestion des crises, a remercié le Comité pour son rôle pionnier, en déclarant: «Pour parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes, il faut que chacun s’y mette. Il ne suffit plus de dire que l’égalité est au cœur de notre Union, nous devons la défendre.»

Belén Sanz Luque, directrice du bureau régional d’ONU-Femmes pour l’Europe et l’Asie centrale, a ajouté qu’«au trentième anniversaire du Programme d’action de Beijing, des barrières sociales entravent toujours l’égalité de genre dans le monde. L’Union doit montrer l’exemple, construire une solidarité plus solide et investir dans des progrès concrets en faveur des femmes et des filles à l’échelle de la planète».

La stratégie de la Commission en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que sa déclaration de principes pour une société égalitaire du point de vue du genre définissent des actions concrètes pour que l’Union progresse en la matière: mettre fin à la violence fondée sur le genre, combler l’écart de rémunération, garantir des conditions de travail équitables, protéger la santé, promouvoir la participation politique et soutenir l’éducation inclusive.

Pour appuyer ces objectifs, le CESE a adopté une résolution, dans laquelle il s’engage à prendre des mesures concrètes. Il se dit prêt à travailler avec la société civile et les jeunes, à lutter efficacement contre les discriminations multiples, à défendre les droits essentiels tels que l’accès à la santé reproductive et aux systèmes de soins, et il plaide pour des politiques inclusives qui s’appuient sur des données. Le CESE œuvrera en étroite collaboration avec les institutions de l’Union et ses États membres pour traduire ces ambitions en véritables progrès. (gb)

par Hanna Lioubakova

À la fin du mois de juin, j’ai eu l’honneur de rencontrer un certain nombre d’hommes et de femmes qui venaient de quitter les prisons biélorussiennes. Parmi eux figurait Siarhieï Tsikhanowski, l’époux de la dirigeante démocratique Sviatlana Tsikhanowskaïa, qui a passé plus de cinq années derrière les barreaux. Il a été l’un des premiers à être emprisonné pour des raisons politiques lors du soulèvement de 2020. Son corps porte les signes de son emprisonnement, mais pas son esprit. J’ai vu en lui la résilience — un homme toujours déterminé à lutter pour la dignité et la liberté.


par Hanna Lioubakova

À la fin du mois de juin, j’ai eu l’honneur de rencontrer un certain nombre d’hommes et de femmes qui venaient de quitter les prisons biélorussiennes. Parmi eux figuraient Siarhieï Tsikhanowski, l’époux de la dirigeante démocratique Sviatlana Tsikhanowskaïa, qui a passé plus de cinq années derrière les barreaux. Il a été l’un des premiers à être emprisonné pour des raisons politiques lors du soulèvement de 2020. Son corps porte les signes de son emprisonnement, mais pas son esprit. J’ai vu en lui la résilience — un homme toujours déterminé à lutter pour la dignité et la liberté.

La libération de Tsikhanowski, en compagnie de treize autres personnes, dont Ihar Karnei, journaliste de Radio Free Europe (RFE) et Radio Liberty (RL), et Natalia Doulina, chargée de cours à l’université, n’est pas un geste de bonne volonté. Elle est le résultat d’une intense pression diplomatique exercée par les États-Unis, notamment à l’occasion d’une visite exceptionnelle de Keith Kellogg, envoyé spécial américain à Minsk. En vérité, il ne s’agit pas de libérations, mais bien d’expulsions. Conduits à la frontière lituanienne, la tête recouverte d’un sac noir , les prisonniers ont reçu l’ordre de quitter leur pays.

La Biélorussie reste une prison. Près de 1200 prisonniers politiques s’y trouvent encore derrière les barreaux. Pour la seule année 2025, plus de 1700 nouvelles arrestations politiques ont eu lieu, parallèlement à d’autres formes de répression. Ce ne sont pas seulement des chiffres, il s’agit de personnes qui toutes ont des familles, et un avenir. Certaines sont âgées, d’autres gravement malades. D’autres, comme Valiantsin Shtermer, n’ont pas même survécu. Valiantsin est mort en détention au début de cette année, parce que, après un AVC, les soins médicaux appropriés lui ont été refusés. D’autres ont perdu la vie peu après leur libération, détruits par les conditions inhumaines de la prison.

La crise qui se joue actuellement en Biélorussie est à la fois juridique et humanitaire, et elle exige une réponse urgente et coordonnée de la part de l’Union européenne.

La libération de prisonniers politiques donne de l’espoir au peuple biélorusse, qui se sent souvent oublié. La dictature continue néanmoins d’utiliser des vies humaines comme monnaie d’échange. Rien de neuf à cela: le régime pratique l’échange de prisonniers politiques depuis les années quatre-vingt-dix, depuis la fondation du Centre Viasna des droits de l’homme par Alès Bialiatski, le lauréat du prix Nobel, qui se trouve à nouveau sous les verrous.

Certains affirment que les libérations de prisonniers devraient être récompensées par un allègement des sanctions. Mais écoutons ce que nous disent celles et ceux qui ont survécu aux geôles du régime. «Lever les sanctions en échange d’otages reviendrait à conclure un accord avec un cannibale», a déclaré Doulina. Ses paroles sont dures, mais ô combien nécessaires. Depuis janvier dernier, 105 prisonniers politiques ont été graciés, tandis que 167 nouveaux noms ont été ajoutés à la liste. Il s’agit d’un cycle de chantage, et non de progrès.

Nous ne devons en rien relâcher la pression tant que tous les prisonniers politiques n’auront pas été libérés et que la répression systémique n’aura pas pris fin.

Dans le même temps, Loukachenka continue de soutenir la guerre du Kremlin contre l’Ukraine. La Biélorussie sert de base à des troupes et des drones russes, elle produit du matériel militaire et autorise la présence d’ armes nucléaires russes sur son sol, en violation des règles de non-prolifération. Les prochains exercices militaires conjoints, sous le nom de «Zapad 2025», représentent une nouvelle provocation et une menace.

Mais le peuple biélorussien, lui, n’a renoncé à rien. En dépit de la propagande et de la terreur, il résiste courageusement et pacifiquement. L’apprentissage de la langue biélorussienne progresse. L’histoire interdite est enseignée. On parle la langue de la vérité. Les sondages montrent que 97 % des Biélorussiens refusent de participer à la guerre de la Russie. La majorité s’oppose aux lancements de missiles depuis le territoire biélorussien, et au fait d’accueillir des armes nucléaires sur leur sol national. Cette société n’est pas pro-Kremlin, elle est prise en otage.

Il faut absolument distinguer le régime de la population. Soutenir les initiatives de la société civile, des médias et des jeunes, ce n’est pas faire la charité: c’est investir à long terme dans la sécurité européenne.

Le Comité économique et social européen a déjà joué un rôle de premier plan en faisant la lumière sur la répression, en soutenant les médias libres et en défendant les droits du peuple biélorussien. Nous saluons le récent mémorandum signé par le CESE avec les forces démocratiques biélorussiennes. Il s’agit d’un geste de solidarité constructif, et d’une reconnaissance essentielle de la légitimité de notre combat.

Mais il nous faut aller au-delà. L’Union européenne devrait se montrer ferme: aucun allègement des sanctions sans un changement substantiel, qui soit vérifiable. Continuer à dénoncer les crimes du régime. Offrir une protection et des possibilités professionnelles aux exilés biélorussiens en Europe. Dialoguer étroitement avec les acteurs démocratiques qui élaborent des structures alternatives et des systèmes d’aide, même en exil.

Le changement peut intervenir rapidement. Les régimes autoritaires peuvent s’effondrer du jour au lendemain. Mais nous devons être prêts. Cela implique de maintenir l’espoir en vie, et de soutenir fermement les personnes encore emprisonnées.

La Biélorussie se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Entre les mains de son peuple, elle peut devenir une nation européenne pacifique et démocratique. Aux mains de dictateurs, elle restera une source d’instabilité et d’agression.

Contribuons à faire pencher la balance vers la liberté, la justice et l’Europe.

La première étape est la plus simple et la plus urgente: exiger la libération de tous les prisonniers politiques.

Il ne s’agit pas d’une faveur. C’est le commencement de tout.

Hanna Lioubakova, journaliste biélorusse en exil, écrit sur la résistance silencieuse du peuple biélorusse, qui vit dans une société prise en otage entre terreur et propagande pro-Kremlin. La récente libération de Sergueï Tikhanovski, époux de la cheffe de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa, a apporté une lueur d’espoir à la population biélorusse, qui se sent souvent oubliée. Toutefois, avec 1 200 prisonniers politiques toujours derrière les barreaux, le pays reste une prison. Tant que tous ne seront pas libérés et que la répression systémique ne sera pas enrayée, l’UE et la communauté internationale ne doivent pas relâcher la pression. Ce n’est pas une question de charité, mais d’investissement crucial dans la sécurité européenne.

Hanna Lioubakova, journaliste biélorusse en exil, écrit sur la résistance silencieuse du peuple biélorusse, qui vit dans une société prise en otage entre terreur et propagande pro-Kremlin. La récente libération de Sergueï Tikhanovski, époux de la cheffe de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa, a apporté une lueur d’espoir à la population biélorusse, qui se sent souvent oubliée. Toutefois, avec 1 200 prisonniers politiques toujours derrière les barreaux, le pays reste une prison. Tant que tous ne seront pas libérés et que la répression systémique ne sera pas enrayée, l’UE et la communauté internationale ne doivent pas relâcher la pression. Ce n’est pas une question de charité, mais d’investissement crucial dans la sécurité européenne.

Hanna Lioubakova est une journaliste et analyste politique biélorusse. Membre non résidente senior de l’Atlantic Council, elle suit les évolutions en Biélorussie pour des titres internationaux de premier plan, parmi lesquels The Washington Post ou The Economist. Hanna Lioubakova a commencé sa carrière sur Belsat TV, la seule chaîne de télévision biélorusse indépendante, interdite par le régime de Minsk. Elle a également travaillé pour Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) à Prague, en Tchéquie. Elle est actuellement conseillère pour le rapport d’information du CESE sur les médias sociaux et l’IA.

Hanna Lioubakova a reçu plusieurs récompenses pour son travail, dont le prix de la liberté des médias du Transatlantic Leadership Network et le prix One Young World du journaliste de l’année. Elle faisait également partie des finalistes du prix de la presse européenne. En représailles de ses articles, le régime de Loukachenko l’a condamnée par défaut à dix ans de prison. Elle figure sur la liste des personnes recherchées en Russie et dans tous les pays de la Communauté des États indépendants (CEI).