Dans ce numéro: 

  • L’heure est venue de prendre des mesures vigoureuses contre l’exploitation des stagiaires — par Nicoletta Merlo 
  • Coup de projecteur sur la jeunesse dans l’UE: le «test jeunesse», initiative pionnière du Comité, prend son élan 
  • En France, comment le Rassemblement national capitalise sur le vote des jeunes — par Christophe Préault, Touteleurope.eu
  • Comment rester en contact avec la génération TikTok? — par Rieke Smit, Social News Daily/ #UseTheNews
     

Dans ce numéro: 

  • L’heure est venue de prendre des mesures vigoureuses contre l’exploitation des stagiaires — par Nicoletta Merlo 
  • Coup de projecteur sur la jeunesse dans l’UE: le «test jeunesse», initiative pionnière du Comité, prend son élan 
  • En France, comment le Rassemblement national capitalise sur le vote des jeunes — par Christophe Préault, Touteleurope.eu
  • Comment rester en contact avec la génération TikTok? — par Rieke Smit, Social News Daily/ #UseTheNews 
     

Par Nicoletta MERLO 

Les stages offrent aux jeunes une possibilité de se familiariser avec le monde du travail et de recevoir ainsi des conseils et une formation. Ils se sont développés de façon considérable dans toute l’Europe, notamment grâce au programme européen que constitue la garantie pour la jeunesse. La recommandation du Conseil de 2014 relative à un cadre de qualité pour les stages a fourni aux États membres de précieuses orientations concernant la mise en œuvre de cet instrument.

Par Nicoletta MERLO 

Les stages offrent aux jeunes une possibilité de se familiariser avec le monde du travail et de recevoir ainsi des conseils et une formation. Ils se sont développés de façon considérable dans toute l’Europe, notamment grâce au programme européen que constitue la garantie pour la jeunesse. La recommandation du Conseil de 2014 relative à un cadre de qualité pour les stages a fourni aux États membres de précieuses orientations concernant la mise en œuvre de cet instrument. 

Malheureusement, au fil du temps, la conduite des stages a fait l’objet d’abus et de détournements, et l’on a vu se multiplier les cas d’exploitation de jeunes stagiaires, utilisés pour remplacer des travailleurs en tant que main-d’œuvre bon marché sans accès à des garanties et à une protection sociale adéquates. 

C’est pourquoi le CESE approuve la Commission européenne quand elle se donne l’objectif d’améliorer, dans toute l’Europe, le cadre de qualité pour les stages, notamment pour ce qui est de renforcer le contenu de l’apprentissage et de la formation et de lutter contre les abus et l’utilisation abusive de ces dispositifs. 

Cela étant, les deux propositions de la Commission, qui comprennent une recommandation actualisée du Conseil et une directive, ne traitent que quelques-uns des problèmes rencontrés et se révèlent problématiques à certains égards: 

  • elles se réfèrent indistinctement à toutes les formes de stages, sans tenir dûment compte des différences qui existent entre les divers types de stages et leurs finalités ou de la multiplicité des usages qui en sont faits dans les États membres; 
  • elles font l’impasse sur les mesures nécessaires pour prévenir l’utilisation abusive des stages en amont et ne fixent aucune règle contraignante en vue d’améliorer les normes de qualité; 
  • son champ d’application étant strictement limité aux stagiaires considérés comme des travailleurs ou inscrits dans une relation de travail, soit une situation qui concerne moins de la moitié des États membres, la proposition de directive restreint l’éventail des bénéficiaires et fait courir le risque que les résultats escomptés ne soient pas atteints. 

J’estime qu’afin d’améliorer la qualité des stages, il convient tout d’abord de fixer des critères de qualité minimaux pour chacun de leurs types, en limitant leur utilisation en amont. Ces critères devraient fournir des garanties de base, mettre fortement l’accent sur la formation, et inclure des engagements à lutter contre tous les cas d’abus au moyen de mesures appropriées, notamment en renforçant le système d’inspection. 

En outre, bien que l’on ne puisse parler de salaires au sens strict du terme, étant donné que, dans la plupart des cas, les stagiaires ne sont pas considérés comme des travailleurs et que le stage n’est généralement pas réputé s’inscrire dans une relation de travail, il n’en conviendrait pas moins, si l’on veut rendre l’expérience du stage accessible à tous, de mettre un terme aux stages non rémunérés en instaurant une allocation obligatoire, laquelle, en plus d’être calculée en fonction des tâches et des responsabilités qu’implique le stage concerné, tiendrait également compte des dépenses éventuelles que les stagiaires doivent engager pour mener à bien cette expérience. 

Enfin, il convient d’accorder une plus grande attention au rôle que peuvent jouer les partenaires sociaux dans la mise en œuvre du règlement au niveau national, ainsi que dans le suivi et le contrôle de l’usage qui est fait de l’instrument.

par Rieke Smit, rédactrice chez Social News Daily/#UseTheNews

Rieke Smit, notre invitée spéciale, est une jeune journaliste qui travaille pour #UseTheNews, un projet lancé par l’agence de presse allemande DPA, qui est axé sur la consommation d’informations par les jeunes de la génération Z et qui s’efforce d’améliorer leur éducation aux médias. Alors qu’il ressort des statistiques que moins d’un tiers des jeunes âgés de 18 à 24 ans s’intéressent aux actualités et que 23 % d’entre eux s’informent exclusivement sur TikTok, Rieke nous explique comment atteindre la génération Z non seulement sur TikTok, mais aussi sur d’autres plateformes de médias sociaux, afin de la sensibiliser à des informations importantes qui ont une incidence directe sur son quotidien.

par Rieke Smit, rédactrice chez Social News Daily/#UseTheNews

Rieke Smit, notre invitée spéciale, est une jeune journaliste qui travaille pour #UseTheNews, un projet lancé par l’agence de presse allemande DPA, qui est axé sur la consommation d’informations par les jeunes de la génération Z et qui s’efforce d’améliorer leur éducation aux médias. Alors qu’il ressort des statistiques que moins d’un tiers des jeunes âgés de 18 à 24 ans s’intéressent aux actualités et que 23 % d’entre eux s’informent exclusivement sur TikTok, Rieke nous explique comment atteindre la génération Z non seulement sur TikTok, mais aussi sur d’autres plateformes de médias sociaux, afin de la sensibiliser à des informations importantes qui ont une incidence directe sur son quotidien.

Nous sommes en train de perdre toute une génération, du moins en apparence. Nous n’arrivons plus à communiquer l’actualité à la génération Z, ou «gen Z»: moins d’un tiers des jeunes âgés de 18 à 24 ans s’y intéressent et chez les moins de 18 ans, ce manque d’intérêt est encore plus important. 

Ce phénomène en général n’est pas nouveau. Tout le monde a désormais entendu parler de la «fatigue informationnelle» ou de «l’évitement de l’information». À ces facteurs s’ajoute l’importance croissante que prennent, en particulier parmi les jeunes, les influenceurs et les plateformes qui proposent de courtes vidéos, comme le confirme le dernier rapport sur l’information numérique de l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme. 

Les jeunes consomment de moins en moins d’informations parce qu’ils peinent à trouver des contenus dignes de confiance sur des plateformes comme TikTok, mais aussi parce qu’ils ne comprennent pas ce que l’actualité a à voir avec leur vie. Ce point a été évoqué par une jeune fille de 16 ans dans l’une des études de #UseTheNews, qui met cette tendance alarmante en perspective. La question principale est: que pouvons-nous faire pour atteindre la génération TikTok? 

Tout d’abord, et nous n’avons pas le choix, nous devons être sur les mêmes plateformes qu’elle et y proposer des actualités, des points de vue et des informations générales. Ensuite, nous devons expliquer aux jeunes pourquoi être informés est si important pour eux. Ce faisant, nous renforçons aussi mine de rien leur éducation aux médias. 

Tel est notamment l’objectif de l’initiative #UseTheNews et de l’équipe éditoriale de Social News Daily (SDN), qui a proclamé 2024 «Année de l’actualité» pour renforcer la société et la démocratie en améliorant la culture de l’information, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes. 

Social News Daily aborde cette question au moyen d’informations publiées sur TikTok, Instagram et YouTube. Des informations sur les médias sociaux? Comment est-ce que cela fonctionne? En utilisant les méthodes que les créateurs ont comprises bien avant nous: on peut se maquiller, cuisiner ou aller se promener tout en continuant à parler de choses sérieuses. C’est exactement ce que nous faisons chez SND, mais avec l’actualité. 

S’adapter aux habitudes de visionnage des jeunes: c’est ce que nous tentons de faire en résumant des sujets de grande ampleur pour en faire des vidéos de 40 secondes et en expliquant pourquoi ils sont importants pour un jeune qui a 16 ans aujourd’hui. 

Par ailleurs, nous utilisons le «piège à clics», tout en tenant compte des normes journalistiques. Pourquoi? Parce que sur TikTok, vous ne disposez que de deux secondes pour capter l’attention. Si votre vidéo n’éveille aucun intérêt dans ce laps de temps très court, personne ne la regardera. Nous commençons donc directement la vidéo par une question provocatrice ou un fait inhabituel afin d’attirer l’attention avec un piège à clics et nous donnons la réponse à la fin de la vidéo. Les jeunes regardent alors la vidéo jusqu’au bout et consomment par la même occasion du contenu journalistique. Et c’est tout?

Est-ce suffisant d’être un organe de presse sur les médias sociaux? La réponse courte est «non». Il faut créer davantage de points d’interaction entre les jeunes et les journalistes si on veut renforcer la confiance dans les médias et rendre le journalisme transparent. Par exemple, il faut encourager les enseignants à promouvoir les compétences aux médias à l’école ou intensifier les contacts entre les classes et les bureaux de rédaction, comme nous le faisons avec nos «projets modèles» et les «Newscamps» du projet #UseTheNews. 

Nous devons être là où se trouvent les jeunes, c’est-à-dire dans les écoles, dans les festivals et sur les médias sociaux, pour pouvoir parler avec eux des fausses informations, des médias et de leur signification. C’est la seule manière de pouvoir à nouveau atteindre la Gen Z avec l’actualité. 

TikTok: https://www.tiktok.com/@social.news.daily 

UsetheNews Kanal: https://www.instagram.com/usethenews2024/?hl=de 

En tant que rédactrice de service, Rieke s’occupe du travail éditorial quotidien de Social News Daily (SND). Depuis 2021, elle est membre de l’équipe du projet #UseTheNews, où elle a occupé différentes fonctions. Elle est actuellement responsable de la planification, de la coordination et de l’approbation des contributions de SND. Après avoir obtenu une licence et un master axés sur le journalisme et l’aide humanitaire, elle a effectué un stage à la rédaction centrale du groupe FUNKE.

#UseTheNews (UTN) est une initiative de l’agence de presse allemande DPA, qui explore les compétences médiatiques des jeunes. Avec l’aide de l’Institut Leibniz pour la recherche sur les médias, des formats d’information innovants sont élaborés au sein d’un laboratoire axé sur l’éducation à l’information et d’un espace consacré à l’information sur les médias sociaux. Parallèlement, le projet UTN propose des ateliers destinés aux enseignants et leur fournit du matériel. Le projet est soutenu par de nombreux partenaires issus de la sphère des médias, de l’éducation et de la recherche, et son conseil d’administration est composé de personnalités connues du monde politique et des médias.

Les aidants

Document Type
AS
Reference number
37/2024

Lors de sa conférence annuelle sur la précarité énergétique, le Comité économique et social européen (CESE) a fait le point sur la flambée alarmante du nombre de personnes en situation de précarité énergétique au cours de l’année écoulée. Le CESE envoie un message fort aux dirigeants de l’UE et présente des propositions concrètes pour garantir un approvisionnement énergétique abordable et stable tout en soutenant les personnes, les ménages et les PME vulnérables.

Vingt ans après l’adhésion de la Slovénie à l’Union européenne, le Comité économique et social européen (CESE) a réuni des responsables politiques et des figures dirigeantes de la société civile à Ljubljana pour célébrer cet anniversaire symbolique et, à cette occasion, a mis l’accent sur les bienfaits capitaux qui ont découlé de l’adhésion et réaffirmé par la même occasion que c’est au sein de l’Union européenne que se situe l’avenir de la région des Balkans occidentaux.

Vingt ans après l’adhésion de la Slovénie à l’Union européenne, le Comité économique et social européen (CESE) a réuni des responsables politiques et des figures dirigeantes de la société civile à Ljubljana pour célébrer cet anniversaire symbolique et, à cette occasion, a mis l’accent sur les bienfaits capitaux qui ont découlé de l’adhésion et réaffirmé par la même occasion que c’est au sein de l’Union européenne que se situe l’avenir de la région des Balkans occidentaux. 

Organisée par le CESE en étroite coopération avec la Commission européenne et la fondation Open society pour les Balkans occidentaux, la conférence «L’élargissement de l’Union européenne, une réussite exemplaire à prolonger en offrant à l’avance aux Balkans occidentaux les bienfaits de l’adhésion» a mis en lumière les réformes qui sont nécessaires pour que la région progresse sur la voie de l’adhésion, y compris pour ce qui est de respecter les valeurs fondamentales de l’Union européenne. 

À la tribune de la conférence, le président Oliver Röpke a été rejoint par les ministres slovènes des affaires étrangères, Tanja Fajon, et du travail, Luka Mesic, ainsi que par la secrétaire générale du Conseil de coopération régionale, Majlinda Bregu

Comme l’a souligné le président du CESE,Oliver Röpke, «la place des Balkans occidentaux se situe au sein de l’Union européenne et tant qu’ils ne l’auront pas intégrée, la famille que nous formons restera incomplète. Soyez assurés que le CESE continuera à jouer le rôle qui est le sien, en organisant, en septembre prochain, un “sommet de la société civile pour l’élargissement”». 

Tanja Fajon, ministre slovène des affaires étrangères, a déclaré: «J’ai la conviction que dans la situation géopolitique actuelle, jamais nous n’avons eu autant besoin les uns des autres. Dans ce processus, il est nécessaire pour nous que la société civile fasse pression sur le monde politique et les gouvernements, afin qu’ils empruntent le chemin d’un rapprochement avec l’Union.» 

Le ministre slovène du travail, de la famille, des affaires sociales et de l’égalité des chances, Luka Mesec, a déclaré pour sa part: «La Slovénie et les États des Balkans occidentaux partagent une longue histoire commune. Parce que l’Union européenne constitue notre maison commune, je m’emploierai à aider les pays des Balkans à y accéder, tout comme le gouvernement auquel j’appartiens.» (mt)

Dans l’Union européenne, près de la moitié des personnes qui effectuent un stage ne sont pas rémunérées et nombre d’entre elles sont de «faux stagiaires», utilisées comme main-d’œuvre bon marché sans aucun accès à une protection sociale ou à d’autres droits. La proposition adoptée récemment par la Commission européenne pour améliorer la qualité des stages dans l’Union a été saluée en ce qu’elle représente un pas dans la bonne direction, mais elle n’en a pas moins été critiquée pour ne pas aller suffisamment loin. Nous avons demandé à Nicoletta Merlo, rapporteure de l’avis sur la «Directive Stages et un cadre de qualité renforcé pour les stages», de nous livrer le point de vue du CESE sur la proposition de la Commission et de nous faire part des propositions du Comité pour améliorer la qualité des stages et veiller à ce qu’ils soient accessibles à tous, et pas seulement aux jeunes qui en ont les moyens.

Dans l’Union européenne, près de la moitié des personnes qui effectuent un stage ne sont pas rémunérées et nombre d’entre elles sont de «faux stagiaires», utilisées comme main-d’œuvre bon marché sans aucun accès à une protection sociale ou à d’autres droits. La proposition adoptée récemment par la Commission européenne pour améliorer la qualité des stages dans l’Union a été saluée en ce qu’elle représente un pas dans la bonne direction, mais elle n’en a pas moins été critiquée pour ne pas aller suffisamment loin. Nous avons demandé à Nicoletta Merlo, rapporteure de l’avis sur la «Directive Stages et un cadre de qualité renforcé pour les stages», de nous livrer le point de vue du CESE sur la proposition de la Commission et de nous faire part des propositions du Comité pour améliorer la qualité des stages et veiller à ce qu’ils soient accessibles à tous, et pas seulement aux jeunes qui en ont les moyens.

Par Christophe Préault, Directeur de la rédaction de Touteleurope.eu

Lors des élections européennes de 2024, le parti d'extrême droite français Rassemblement national a balayé les sondages, obtenant le meilleur résultat de son histoire. Il a également obtenu plus d'un tiers des voix des moins de 35 ans. Notre invité spécial Christophe Préault, rédacteur en chef de Toute l'Europe, analyse le succès du Rassemblement national et de son leader Jordan Bardella, originaire de la banlieue parisienne, âgé de 28 ans seulement et omniprésent sur TikTok.

 

Par Christophe Préault, Directeur de la rédaction de Touteleurope.eu

Lors des élections européennes de 2024, le parti d'extrême droite français Rassemblement national a balayé les sondages, obtenant le meilleur résultat de son histoire. Il a également obtenu plus d'un tiers des voix des moins de 35 ans. Notre invité spécial Christophe Préault, rédacteur en chef de Toute l'Europe, analyse le succès du Rassemblement national et de son leader Jordan Bardella, originaire de la banlieue parisienne, âgé de 28 ans seulement et omniprésent sur TikTok.

Lors des élections européennes de juin 2024, le Rassemblement national (RN) a réalisé un score inédit dans son histoire, en séduisant près d’un tiers des électeurs (31,4 %). Le parti d’extrême droite arrive en tête dans presque toutes les catégories d’âge et socioprofessionnelles et rebat ainsi les cartes électorales. C’est particulièrement vrai chez les jeunes, où la liste de Jordan Bardella a attiré 32 % des votes des 25-34 ans et gagné plus de 10 points (26 %) sur la tranche 18-24 ans par rapport aux élections européennes de 2019.

Plusieurs facteurs expliquent cet attrait des jeunes pour le RN. Il faut d’abord évoquer la personnalité de Jordan Bardella, tête de liste pour les élections européennes et président du parti, qui tranche avec la politique traditionnelle. Pour les jeunes, il parle vrai, il est droit et apparaît sincère dans un contexte de défiance à l’égard du monde politique. Sa trajectoire personnelle suscite aussi un élan d’identification: il est un enfant de la classe moyenne, qui a grandi en banlieue parisienne (Seine-Saint-Denis), n’a pas fait de grande école et n’a pas de diplôme universitaire, ayant seulement son baccalauréat en poche. C’est ainsi qu’il séduit cette jeunesse plus populaire qui se pose des questions sur son avenir et se sent délaissée, voire oubliée.

S’il séduit si bien les 18-34 ans, c’est aussi parce que Jordan Bardella est jeune! À 28 ans, il connaît parfaitement les codes de cette génération et sait en jouer. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’en 2017, c’est Emmanuel Macron qui illustrait cette jeunesse triomphante, mais dans une autre strate de la société.

Le RN capitalise ainsi sur la personnalité de son leader et sur une image largement cultivée à travers les réseaux sociaux. Jordan Bardella est omniprésent sur TikTok, qui tient un rôle important dans sa stratégie électorale, à une période où les jeunes ne s’informent plus via les réseaux médiatiques classiques. Sa popularité y est grandissante (1,6 million d’abonnés). Il n’y parle pas de réforme des traités européens, de l’Ukraine ou du pacte vert, non, il met surtout en scène sa vie quotidienne, souhaite la fête des mères, se filme dans son bureau et lors de ses divers déplacements… Il surfe sur les tendances en parlant des sujets du moment. Il lance même des défis aux gamers, ces jeunes (et moins jeunes) passionnés de jeux vidéo.

La distance grandissante qui s’installe entre les nouvelles générations et le monde politique traditionnel renforce son image, son positionnement et le discours populiste, alors que les préoccupations des électeurs ont dérivé depuis les élections européennes de 2019. La lutte de la jeunesse pour les questions environnementales en 2019 a glissé vers d’autres sujets, tout aussi touchants, mais ancrés dans le quotidien. C’est aujourd’hui l’insécurité (reliée à l’immigration) et le pouvoir d’achat qui préoccupent. Le parti d’extrême droite s’impose en se nourrissant de cette colère, en capitalisant sur le sentiment d’une génération qui s’estime lésée. La classe politique, dans son ensemble, n’a pas suffisamment tenu compte des conséquences de la crise de la COVID en 2020. La pandémie de COVID-19 a cruellement révélé et aggravé les inégalités qui existaient déjà pour les jeunes français et européens sur le marché du travail, mais également dans l’accès à l’éducation, avec une difficulté accrue à poursuivre ses études, ou simplement à suivre une formation à un moment où le tout numérique s’est imposé comme la solution!

Ainsi, plutôt que de se préoccuper du RN, il faut d’abord s’intéresser aux électeurs du RN et particulièrement à la jeunesse des classes moyennes. Il faut lui apporter des réponses claires, concrètes, en phase avec ses inquiétudes: la violence grandissante dans la société, le retrait des services publics dans les zones rurales, les difficultés à trouver un emploi ou à suivre la bonne formation et le sentiment d’une immigration non maîtrisée. Pour les partis politiques traditionnels, c’est alors descendre d’un cran et se préoccuper de ceux qui passent régulièrement sous les radars, qui n’intéressent pas, car ils sont peu politisés et engagés. Dans ce combat, il faut l’avouer, l’Union européenne est peu visible, malgré de nombreux programmes dédiés à la jeunesse, à l’éducation, à l’aide à l’emploi et à la lutte contre la précarité. Sans doute qu’Erasmus, en favorisant la mobilité et les expériences pour une population plus diversifiée (apprentis, sans emploi…), constitue un début de réponse, mais c’est évidemment trop peu aujourd’hui. Apporter une solution, c’est aussi se poser LA bonne question concernant la gestion des migrations, sujet central et clivant de nos sociétés européennes. Un sujet toujours débattu, malgré l’adoption récente du pacte européen sur la migration et l’asile.

Christophe Préault est journaliste, directeur de la rédaction de Touteleurope.eu, site d'information pédagogique sur le fonctionnement et les politiques de l'Union européenne. Il a une longue expérience du traitement de l'actualité, notamment européenne et économique. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux et du cycle des hautes études européennes de l'ENA (École nationale d’administration), il anime aujourd'hui la rédaction de touteleurope.eu, et intervient régulièrement dans la modération de débats et conférences sur les sujets européens.

Published in
Study
136 pages

Cette étude examine en profondeur quels sont les éléments déterminant les circonstances uniques de vulnérabilité qui affectent le plus l’accès aux compétences. Pour ce faire, elle met en lumière les caractéristiques qui peuvent conduire à un manque de compétences

On 11-12 June 2024, the Fundamental Rights and Rule of Law (FRRL) Group of the European
Economic and Social Committee (EESC) concluded a two-day visit to Bucharest.
This visit gave the opportunity to the group of six EESC Members to hear civil society representatives
about key trends in Romania concerning fundamental rights of social partners, freedoms of association
and assembly, freedom of expression (including media freedom), the right to non-discrimination, and
the rule of law.