Cillian Lohan ©EU/EESC

Par Cillian Lohan

L’Europe s’attaque à l’un de ses plus grands défis actuels: la «triple crise planétaire» — le changement climatique, la pollution et la perte de biodiversité — dont la cause principale réside dans la consommation exponentielle des ressources. Les mesures politiques déployées depuis des années n’auront pas permis à l’Union européenne d’atteindre ses objectifs en matière de circularité.

Par Cillian Lohan

L’Europe s’attaque à l’un de ses plus grands défis actuels: la «triple crise planétaire» — le changement climatique, la pollution et la perte de biodiversité — dont la cause principale réside dans la consommation exponentielle des ressources. Les mesures politiques déployées depuis des années n’auront pas permis à l’Union européenne d’atteindre ses objectifs en matière de circularité.

Le futur acte législatif sur l’économie circulaire constitue une occasion unique de changer de cap. Il doit aller au-delà du peaufinage et de l’application des règles existantes et au contraire fixer une trajectoire précise vers une économie qui respecte les limites planétaires tout en renforçant la résilience et la compétitivité de l’Europe. L’heure n’est plus à considérer la circularité comme une simple politique environnementale, mais bien comme une véritable stratégie économique et géopolitique.

Un changement de paradigme s’impose: réduire la demande, et pas seulement les déchets

L’action politique a trop longtemps privilégié l’efficacité: recycler davantage et produire mieux. Ces efforts sont nécessaires, mais ils ne suffisent plus désormais. Si la consommation générale continue d’augmenter, les gains d’efficacité seront tout simplement neutralisés.

Le CESE plaide dès lors pour un changement de paradigme fondamental: la réduction de l’utilisation des ressources doit devenir un objectif central. Cela suppose de compléter le recyclage par des mesures fortes axées sur la demande afin de s’attaquer directement à la surconsommation.

En d’autres termes, l’Europe doit passer de «mieux utiliser les ressources» à «moins utiliser les ressources».

Fixer des limites claires

Cette transition nécessite des orientations précises. Le Comité préconise d’introduire des objectifs en matière d’empreinte sur les matières premières qui soient alignés sur les limites planétaires, offrant ainsi un cadre semblable aux objectifs climatiques. 

De tels objectifs permettront d’offrir une prévisibilité aux entreprises, d’orienter les investissements et de garantir la responsabilité, ancrant de ce fait l’économie européenne dans les limites écologiques.

Que la circularité soit viable sur le plan économique

Les solutions circulaires ne pourront se déployer qu’avec l’appui des marchés. Aujourd’hui, les matériaux recyclés peinent souvent à être compétitifs en raison des écarts de prix, d’une réglementation hétérogène et de préoccupations liées à la qualité.

L’acte législatif sur l’économie circulaire doit mettre en place un véritable marché unique des matières premières secondaires. Grâce à la suppression des obstacles et à l’établissement de normes claires, les modèles économiques circulaires pourront prospérer et générer une valeur à la fois environnementale et économique.

Les citoyens au cœur de la circularité

Cette transition doit fonctionner pour tout le monde. Les travailleurs, les consommateurs et les PME vivront ce changement de manière différente, et il faudra entendre leurs préoccupations dès le départ. Aussi le Comité perçoit-il la société civile comme un acteur clé dans la conception et la mise en œuvre de solutions circulaires sur le terrain.

L’économie circulaire n’a pas qu’un aspect matériel, l’enjeu est humain. Elle devra créer des possibilités, soutenir l’adaptation et veiller à ce que personne ne soit laissé de côté.

Un choix stratégique pour l’Europe

En fin de compte, l’acte législatif sur l’économie circulaire dépasse la seule question de la durabilité. Il s’agit de la capacité de l’Europe à réduire sa dépendance à l’égard des ressources importées, à renforcer sa compétitivité et à se forger une résilience dans un monde incertain.

Le message du Comité est clair: la transition doit être systémique, ambitieuse et juste. En opérant les bons choix dès à présent, l’Europe peut ouvrir la voie à une économie qui prospère dans les limites planétaires, et apporte des avantages durables à ses citoyennes et citoyens.

par Giuseppe GUERINI

La Commission européenne met actuellement la dernière main à sa révision du règlement général d’exemption par catégorie (RGEC), de sorte à la faire entrer en vigueur en janvier 2027. Ce nouveau règlement vise à simplifier les règles en matière d’aides d’État, à réduire les charges administratives et à tenir compte de réalités économiques en mutation. Dans son avis, le Comité économique et social européen (CESE) insiste vivement sur la nécessité de faire en sorte que le RGEC soutienne activement l’entrepreneuriat européen et l’économie sociale.

La Commission européenne met actuellement la dernière main à sa révision du règlement général d’exemption par catégorie (RGEC), de sorte à la faire entrer en vigueur en janvier 2027. Ce nouveau règlement vise à simplifier les règles en matière d’aides d’État, à réduire les charges administratives et à tenir compte de réalités économiques en mutation. Dans son avis, le Comité économique et social européen (CESE) insiste vivement sur la nécessité de faire en sorte que le RGEC soutienne activement l’entrepreneuriat européen et l’économie sociale.

par Giuseppe GUERINI

Un grand pas en avant pour les entreprises sociales

L’une des plus importantes innovations, saluée à ce titre par le CESE, qu’apporte le cadre révisé du RGEC réside dans la reconnaissance, souhaitée de longue date, des entreprises sociales. Cette évolution s’inscrit dans le droit fil du plan d’action de la Commission pour l’économie sociale et des recommandations du rapport Letta. Cette reconnaissance prend la forme de l’insertion du terme d’«entreprise sociale» dans la section du règlement relative aux définitions, ainsi que de la promotion de ce type d’entreprise au rang de bénéficiaire potentiel. De la sorte, le nouveau règlement prend en compte le rôle spécifique des entreprises sociales pour remédier aux défaillances du marché et promouvoir une croissance inclusive.

Le CESE formule néanmoins une recommandation essentielle, selon laquelle il convient, afin de conférer à cette innovation la plus grande portée possible, de faire coïncider très précisément ladite définition et la terminologie qu’emploie à cet égard le plan d’action pour l’économie sociale. Une telle démarche garantirait la cohérence juridique et permettrait aux entités de l’économie sociale de bénéficier pleinement des exemptions que prévoit le règlement. En outre, le Comité se félicite de la reconnaissance explicite des «défaillances du marché» structurelles qui entravent l’accès des entreprises sociales aux financements, ce qui constitue un obstacle persistant à leur développement.

Soutenir les travailleurs défavorisés et l’insertion par le travail

Le CESE approuve vivement le renforcement des dispositions en faveur des travailleurs défavorisés et des personnes handicapées. Pour véritablement encourager un environnement entrepreneurial inclusif, le Comité propose de modifier l’article 48 de la proposition de la Commission relative au nouveau RGEC. Outre les emplois protégés, cet article devrait explicitement inclure les «entreprises sociales d’insertion par le travail» dès lors que leur personnel salarié permanent comprend au moins 30 % de personnes appartenant à des groupes défavorisés. Cette modification permettrait de tirer parti du potentiel avéré des acteurs de l’économie sociale en matière de réinsertion professionnelle et répondrait aux principes d’une économie sociale de marché.

Trouver le bon équilibre entre innovation, expansion et concurrence loyale

Pour ce qui est de l’entrepreneuriat classique, le CESE estime que le RGEC révisé trouve le juste équilibre entre innovation et continuité. Il se félicite du recours accru aux «options de présentation simplifiée des coûts» (taux et montants forfaitaires) car celui-ci permet de réduire les formalités administratives et les coûts de mise en conformité, notamment pour les PME qui ne disposent que d’une capacité administrative limitée.

Cependant, le Comité met en évidence une faille majeure: bien que le projet de RGEC reste solide pour soutenir les étapes précoces de la recherche et du développement, il se montre moins efficace pour financer l’expansion technologique, comme les installations pilotes et les installations industrielles pionnières. Afin que les entreprises innovantes puissent franchir cette «vallée de la mort», le CESE recommande de créer une catégorie spécifique ou d’élargir celles qui existent afin de financer des projets de démonstration industrielle.

En dernier lieu, l’avis insiste sur le fait que les aides d’État devraient garantir une concurrence loyale tout en protégeant les emplois de qualité et les droits des travailleurs. À cet égard, il demande à la Commission de réévaluer les mesures prévues à l’article 24 relatives aux options de souscriptions d’actions et de bons de souscriptions d’actions afin de veiller à leur conformité aux règles nationales en matière de droit du travail et de sécurité sociale et d’inscrire ce faisant l’entrepreneuriat dans un cadre de responsabilité sociale.

 

«L’économie circulaire ne consiste pas seulement à recycler davantage. Elle implique d’utiliser moins de ressources, de ne plus être soumis à des dépendances et de faire en sorte que les citoyens et les entreprises puissent opérer la transition», écrit Cillian Lohan, président du groupe des organisations de la société civile du CESE et rapporteur de l’avis intitulé «Acte législatif sur l’économie circulaire — Économie circulaire et consommation responsable des ressources dans les limites de notre planète».

«L’économie circulaire ne consiste pas seulement à recycler davantage. Elle implique d’utiliser moins de ressources, de ne plus être soumis à des dépendances et de faire en sorte que les citoyens et les entreprises puissent opérer la transition», écrit Cillian Lohan, président du groupe des organisations de la société civile du CESE et rapporteur de l’avis intitulé «Acte législatif sur l’économie circulaire — Économie circulaire et consommation responsable des ressources dans les limites de notre planète».

Chères lectrices, chers lecteurs,

Une citation de mon poète irlandais préféré, Patrick Kavanagh, me revient souvent à l’esprit: «Personne ne vous aime pour ce que vous avez fait, mais pour ce que vous pourriez faire». La pertinence de ces mots se vérifie assurément dans la phase actuelle du prochain budget à long terme de l’UE, le cadre financier pluriannuel.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Une citation de mon poète irlandais préféré, Patrick Kavanagh, me revient souvent à l’esprit: «Personne ne vous aime pour ce que vous avez fait, mais pour ce que vous pourriez faire».

La pertinence de ces mots se vérifie assurément dans la phase actuelle du prochain budget à long terme de l’UE, le cadre financier pluriannuel. Il est en effet souhaité et attendu que ce CFP s’inscrive dans l’air du temps et qu’il soit assorti d’une réelle ambition, ainsi que des fonds nécessaires pour répondre à nos priorités dans un monde de plus en plus déstabilisé, s’agissant de la compétitivité, de la sécurité, de la transition écologique, de la cohésion sociale et des inégalités.   

Les négociations ne portent pas uniquement sur des chiffres, mais aussi sur l’orientation future de notre Union et sur notre capacité commune à agir. Je suis fier que nos nombreux avis sur divers aspects du CFP aient fait entendre la voix et apporté l’expertise des citoyens, des travailleurs et des employeurs de tous les États membres dans l’élaboration des politiques de l’UE sur cette question. Il n’est pas facile de trouver un compromis entre nos trois groupes sur un sujet aussi critique. Mais c’est là que réside la force du CESE et c’est pourquoi nous jouons un rôle si indispensable à Bruxelles. 

En plus de faire preuve d’ambition et de protéger des budgets essentiels tels que ceux consacrés à la PAC et à la cohésion, le CFP doit associer la société civile et les acteurs régionaux à sa conception et à son exécution. Il s’agit d’une condition préalable à son succès.   

Tels sont les messages que j’ai véhiculés lors des réunions très productives que j’ai tenues le mois dernier avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire à l’agriculture et à l’alimentation, Christophe Hansen. Il est encourageant d’entendre que la présidente de la Commission approuve nos travaux dans ce domaine, ainsi qu’en ce qui concerne la stratégie et la plateforme de la société civile et les questions relatives au logement abordable. 

Le logement et la gestion de la procédure du CFP sont deux domaines prioritaires pour la prochaine présidence irlandaise du Conseil de l’UE, qui démarrera le 1er juillet. Le 10 juin dernier, le Taoiseach (premier ministre), Micheál Martin, a annoncé à Dublin que la compétitivité, la sécurité et les valeurs constitueraient les priorités de sa présidence de l’UE. 

Je me réjouis que la participation de la société civile soit non seulement un élément à part entière de la priorité consacrée aux valeurs, mais aussi un fil conducteur de l’ensemble du programme de la présidence irlandaise. Le premier ministre et le ministre d’État chargé des affaires européennes, Thomas Byrne, l’ont exprimé avec force plus tôt dans la journée au château de Dublin, lors de notre réunion extraordinaire du bureau. 

Le gouvernement irlandais a demandé au CESE d’élaborer huit avis exploratoires sur plusieurs priorités communes, notamment le logement, la compétitivité, la réglementation numérique, la lutte contre la pauvreté et l’approche de l’UE à l’égard de l’élevage, afin de veiller à ce que les voix et l’expertise de la société civile, des employeurs et des travailleurs soient entendues lors de l’élaboration des politiques de l’Union au cours de la présidence de l’Irlande. 

À titre personnel, en tant que premier président irlandais du CESE pendant la présidence irlandaise du Conseil de l’UE, je me réjouis à la perspective de ces travaux et à l’idée de représenter le Comité lors de manifestations de haut niveau et de réunions informelles du Conseil sur des sujets tels que les droits sociaux, l’agriculture et la politique des consommateurs dans les mois à venir. L’objectif est de nous appuyer sur notre étroite collaboration avec la présidence chypriote de l’UE, qui œuvre sur des sujets tels que la résilience dans le domaine de l’eau, l’éradication de la pauvreté, l’agriculture durable et les migrations humaines. 

Cette nouvelle coopération débutera les 5 et 6 juillet à Ballina, dans le comté irlandais de Mayo, lors de la réunion informelle des ministres de l’emploi et de la politique sociale, au cours de laquelle je participerai aux discussions sur la lutte contre la pauvreté, la protection des travailleurs et la lutte contre l’écart entre le taux d’emploi des personnes handicapées et celui des autres personnes. 

Comme je l’ai souligné lors d’une réunion bilatérale qui s’est récemment tenue avec la vice-présidente exécutive chargée des droits sociaux et des compétences, Roxana Mînzatu, nous disposons désormais d’une stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, et nous devons maintenir la dynamique dans ce domaine. Le CESE jouera un rôle concret dans sa mise en œuvre, grâce à l’accord de coopération qui sera signé avec la Commission. 

Si la lutte contre la pauvreté n’est pas une sinécure, elle ne va pas à l’encontre de la volonté d’améliorer la compétitivité. Les deux sujets doivent aller de pair — aujourd’hui et dans le prochain budget à long terme de l’UE.  

Séamus BOLAND

Président du Comité économique et social européen

Le CESE rend hommage au patrimoine culturel chypriote avec l’exposition Cypriot Nama: Commandaria, inaugurée le mercredi 17 juin à 18 h 30, au Foyer 6 (bâtiment JDE, rue Belliard 99), et coïncidant avec la fin de la présidence chypriote du Conseil de l’UE. 

Le CESE rend hommage au patrimoine culturel chypriote avec l’exposition Cypriot Nama: Commandaria, inaugurée le mercredi 17 juin à 18 h 30, au Foyer 6 (bâtiment JDE, rue Belliard 99), et coïncidant avec la fin de la présidence chypriote du Conseil de l’UE. 

L’exposition, organisée en collaboration avec le service de presse et d’information de la République de Chypre et avec le soutien de la représentation permanente de la République de Chypre auprès de l’UE, met en lumière le Commandaria, un vin doux chypriote historique.

Le Commandaria, «le vin le plus vieux du monde», est loin d’être une simple boisson: il fut salué par le philosophe grec Platon comme «le cadeau le plus précieux des dieux à l’humanité» et comme «le vin des rois et le roi des vins» par Richard Cœur de Lion. 

Officiellement inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco en 2025, il occupe une place symbolique dans le riche paysage culturel de Chypre et reste un motif de fierté pour le peuple chypriote.

L’inauguration officielle de l’exposition sera suivie d’une prestation musicale du Michalis Kouloumis Quintet, qui présentera un programme artistique unique composé de mélodies inspirées par le style musical et les traditions caractéristiques de Chypre.

L’exposition est ouverte aux visiteurs et se tient jusqu’au mardi 30 juin.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter events@eesc.europa.eu. (dp)

Le 29 mai dernier, quelques jours seulement avant le sommet UE-Balkans occidentaux, le Comité économique et social européen a organisé une conférence à Vienne, dont le message était clair: la société civile est essentielle pour instaurer la confiance entre les institutions et les citoyens, ainsi qu’entre l’Union européenne et la région.

Le 29 mai dernier, quelques jours seulement avant le sommet UE-Balkans occidentaux, le Comité économique et social européen a organisé une conférence à Vienne, dont le message était clair: la société civile est essentielle pour instaurer la confiance entre les institutions et les citoyens, ainsi qu’entre l’Union européenne et la région.

Sous les auspices de la présidence chypriote du Conseil de l’UE, la conférence a réuni une bonne centaine de participants: des parties prenantes des Balkans occidentaux, et des représentants des institutions européennes ainsi que de la société civile et du gouvernement autrichiens. Elle a été organisée en coopération avec la Commission européenne, le réseau Open Society Foundations — Western Balkans (OSF-WB) et le Conseil de coopération régionale (CCR).

Les intervenants ont souligné que l’élargissement est un enjeu de communication, et pas uniquement un défi politique, car, selon l’Eurobaromètre, deux tiers des citoyens de l’Union déclarent ne pas s’estimer bien informés sur l’élargissement. Ulrike Hartmann, envoyée spéciale pour l’Europe du Sud-Est et l’élargissement de l’UE au ministère fédéral des affaires européennes et internationales de la République d’Autriche, a insisté sur le rôle de la communication réciproque entre les États membres et les pays candidats en tant que moyen essentiel de rétablir la confiance et de démontrer les avantages de l’élargissement pour les deux parties.

En outre, l’Eurobaromètre a montré que 53 % des citoyens de l’UE sont favorables à la poursuite de l’élargissement de l’UE, ce pourcentage étant particulièrement élevé parmi les jeunes. Toutefois, le soutien varie considérablement d’un pays à l’autre. Ainsi, en Autriche, même si le monde politique soutient fermement l’élargissement, seuls 38 % des citoyens y sont favorables. C’est pourquoi Vienne a été choisie comme ville hôte de la conférence, afin de sensibiliser le public autrichien aux avantages de l’élargissement de l’UE. 

«L’élargissement de l’UE est un impératif géopolitique pour une Europe plus forte, plus sûre et plus prospère, mais nous ne pouvons pas tenir pour acquis le soutien des citoyens de l’UE ou des Balkans occidentaux», a déclaré Séamus Boland, le président du CESE. «La société civile doit être au cœur de ce processus, en jetant des ponts entre l’Union et les Balkans occidentaux et en contribuant aux réformes et à la prospérité que l’élargissement peut apporter.»

 

Thomas Waitz, député au Parlement européen, a déclaré: «La société civile est un pilier essentiel du processus d’élargissement de l’UE et un partenaire important pour moi, en tant qu’homme politique. Elle doit être fermement ancrée dans le processus de réforme grâce à des échanges effectifs et inclusifs, et son rôle est notamment de demander des comptes aux responsables politiques.»

Andi Dobrushi, directeur de l’OSF-WB, a expliqué que l’élargissement ne doit pas être considéré comme un projet caritatif, mais comme une contribution des Balkans occidentaux à l’Union européenne. Il a ajouté que les organisations de la société civile devraient être associées au processus avant la finalisation des modalités d’adhésion et non après.

Les conclusions de la conférence ont été transmises au président du Conseil européen, António Costa, et à la présidence chypriote, dans la perspective du sommet UE-Balkans occidentaux qui s’est tenu au Monténégro le 5 juin. (at)

La réunion annuelle des spécialistes de la communication de la société civile organisée par le CESE, le séminaire «Connecter l’UE», se tiendra à Sofia les 6 et 7 juillet. L’édition de cette année se penchera sur la manière dont l’Europe peut préserver ses valeurs fondamentales à mesure que les priorités économiques changent, que la confiance démocratique s’étiole et que les espaces civiques sont mis sous pression, ainsi que sur les actions que peut mener la société civile pour les défendre.

La réunion annuelle des spécialistes de la communication de la société civile organisée par le CESE, le séminaire «Connecter l’UE», se tiendra à Sofia les 6 et 7 juillet. L’édition de cette année se penchera sur la manière dont l’Europe peut préserver ses valeurs fondamentales à mesure que les priorités économiques changent, que la confiance démocratique s’étiole et que les espaces civiques sont mis sous pression, ainsi que sur les actions que peut mener la société civile pour les défendre.

Intitulé «Défendre les valeurs européennes: les pouvoirs de la société civile», le séminaire comportera deux tables rondes et un programme interactif comprenant deux séances de travail en petits groupes et un atelier.

•             La nouvelle boussole économique de l’Europe: concilier compétitivité, droits sociaux et durabilité

À l’heure où l’ancien ordre mondial se délite, l’Europe redouble d’efforts en matière de sécurité, de défense et de compétitivité, tout en adaptant ses ambitions sociales et environnementales. L’Europe peut-elle construire un modèle économique qui assure à la fois la compétitivité et l’équité sociale? Comment l’UE peut-elle garantir sa croissance à long terme, renforcer sa position sur la scène mondiale et protéger ce qui fait la spécificité de l’Europe: des emplois de qualité, un modèle social résilient et la stabilité démocratique?

•            La boussole démocratique de l’Europe: peut-on restaurer la confiance et la résilience? 

La démocratie est malmenée sur tous les plans: la société civile tend à être évincée, la confiance dans les institutions et les médias indépendants s’érode, et, sous l’effet de discours populistes, souvent encouragés par des influences étrangères, les citoyens ont de plus en plus de mal à savoir à qui ils peuvent se fier. Des outils tels que le bouclier européen de la démocratie permettent-ils de lutter assez rapidement contre la désinformation et les influences malveillantes afin de rétablir la confiance dans le modèle démocratique de l’Europe? Ou l’Union européenne doit-elle repenser son contrat social pour rappeler aux citoyens que la démocratie n’est pas acquise, mais doit être défendue avec ardeur?

•            L’IA est notre amie, pas notre ennemie

Deux séances de travail en petits groupes seront consacrées à la manière dont l’IA peut aider les spécialistes de la communication à repérer les fausses informations, à affiner leur message et à travailler plus rapidement. La manifestation s’achèvera par un cours intensif sur LinkedIn à l’intention des professionnels de la communication afin de les aider à mieux faire entendre leur voix, à accroître la visibilité et à atteindre les bons publics.

L’allocution d’ouverture sera prononcée par Dave Keating, journaliste spécialisé en questions européennes et auteur du livre «Le continent captif».

Le programme et des informations concernant tous les intervenants sont disponibles sur le site web Connecter l’UE 2026.

La manifestation sera organisée à l’université St. Kliment Ohridski, en partenariat avec le Conseil économique et social bulgare et avec le soutien du bureau de liaison du Parlement européen et de la représentation de la Commission européenne en Bulgarie.

Le séminaire s’inscrit dans le cadre de la série «Connecter l’UE», qui célèbre ses 18 ans d’existence. Chaque année, cette manifestation réunit des professionnels de la presse et de la communication de la société civile, des membres du CESE, des représentants de l’Union, des organisations partenaires, des journalistes et des chercheurs afin de créer des réseaux et de débattre de questions clés concernant l’Europe. (ll)

L’Europe produit des recherches solides et un nombre croissant de start-up, mais trop peu d’entreprises parviennent à se hisser au rang d’acteurs mondiaux.

L’Europe produit des recherches solides et un nombre croissant de start-up, mais trop peu d’entreprises parviennent à se hisser au rang d’acteurs mondiaux. 

Des décideurs politiques, dirigeants d’industrie et experts en innovation de l’UE ont participé à un débat organisé par le Comité économique et social européen (CESE) sur le thème «Comment améliorer la transition “de l’innovation au marché” et lever les obstacles auxquels sont confrontées les start-up dans l’UE» et ont appelé à des réformes radicales.

«L’Europe doit renforcer son innovation et sa recherche, et rattraper son retard en ce qui concerne la commercialisation du résultat de ces efforts par l’intermédiaire de spin-off, de start-up et de scale-up. Nous devons également retenir les talents en Europe et libérer les start-up de la nécessité de rechercher des financements en dehors de l’Union pour mettre fin à la culture traditionnelle réfractaire à toute prise de risque et célébrer l’entrepreneuriat sous toutes ses formes», a déclaré Séamus Boland, président du CESE, en ouverture du débat.

Dans son avis sur la «Stratégie de l’UE en faveur des start-up et des scale-up — l’enjeu de l’acte législatif européen sur l’innovation», adopté en session plénière, le CESE réclame des mesures décisives pour renforcer le secteur de l’innovation en Europe, car la fragmentation des règles, les lenteurs administratives et la complexité réglementaire freinent les start-up et les scale-up dans toute l’UE.

Andreea Ticheru, membre de la taskforce de la Commission européenne sur les start-up et les scale-up et cheffe de file de l’acte législatif européen sur l’innovation, a déclaré que l’UE avait enregistré des niveaux record de création d’entreprises en 2025 et disposait d’une base de recherche solide. Toutefois, différents obstacles ralentissent la transition vers la phase de commercialisation. En outre, le financement est souvent concentré au stade de la recherche, ce qui entraîne un manque critique de fonds lors des étapes ultérieures du développement.

Les marchés publics restent un outil sous-utilisé. «En fait, nous investissons cinq fois moins que les États-Unis et la Corée du Sud dans les marchés publics de recherche et de développement», a-t-elle déclaré. Dans le même temps, un tiers seulement des demandes de brevets universitaires débouchent sur une commercialisation réussie.

Mohammad Iranmanesh, directeur général de constellr Belgium, a indiqué qu’«en Europe, nous n’avons pas vraiment de problème d’innovation... mais plutôt un problème de passage à l’échelle», faisant valoir que la rapidité et la simplification devraient être des objectifs stratégiques centraux.

Stefan Dobrev, de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT), a souligné que la fragmentation entre les marchés et les réglementations continue d’entraver l’innovation et pose des difficultés aux start-up, les empêchant d’exercer leurs activités de manière fluide par-delà les frontières. 

Reinhilde Veugelers, chargée de recherche principale chez Bruegel, a mis en garde contre le «manque de longue date de financements privés en faveur de l’innovation», soutenant qu’il n’y a en Europe pas suffisamment d’entreprises en expansion rapide capables de se mesurer aux concurrents mondiaux. Le «régime zéro» qu’elle propose prévoirait la constitution d’entreprises entièrement numériques, des règles simplifiées en matière de faillite et des systèmes améliorés de rémunération en actions pour attirer les talents.

Agnès Mathis, directrice de Cooperatives Europe, a plaidé en faveur d’investissements plus importants dans l’éducation et les compétences interdisciplinaires, ainsi que d’une plus grande reconnaissance des différents modèles d’entreprise, y compris les coopératives. Elle a fait remarquer que les start-up coopératives peuvent avoir des taux de survie plus élevés, mais qu’elles peinent souvent à accéder au financement en raison d’une compréhension limitée parmi les investisseurs. (ll)

L’entrepreneuriat des jeunes constitue non seulement une réponse aux défis du marché du travail, mais aussi un outil stratégique pour renforcer la compétitivité et la capacité d’innovation de l’Europe.

L’entrepreneuriat des jeunes constitue non seulement une réponse aux défis du marché du travail, mais aussi un outil stratégique pour renforcer la compétitivité et la capacité d’innovation de l’Europe.

Lors de sa session plénière d’avril 2026, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté un avis exploratoire intitulé «Compétitivité de l’UE et entrepreneuriat des jeunes», demandé par la présidence chypriote du Conseil de l’Union. Il met en lumière le rôle des jeunes entrepreneurs dans la stimulation de l’innovation, la promotion d’une croissance durable et le soutien au renouvellement à long terme des PME européennes.

Pour libérer le potentiel de l’entrepreneuriat des jeunes, le Comité plaide en faveur d’une approche globale qui permet aux jeunes de transformer leurs ambitions entrepreneuriales en entreprises durables.

L’avis recense plusieurs obstacles auxquels les jeunes entrepreneurs sont toujours confrontés, dont l’accès limité au financement, la complexité réglementaire et les déficits de compétences. Afin de relever ces défis, une action coordonnée est nécessaire aux niveaux européen, national et local, qui associe soutien financier, éducation, mentorat et simplification de la réglementation.

Giuseppe Guerini, le rapporteur de l’avis, a souligné l’importance de l’entrepreneuriat en tant que moteur de la compétitivité et du renouveau: «Le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes est un outil stratégique pour renforcer la compétitivité et la capacité d’innovation de l’UE, qui peut également s’avérer décisif pour relever le défi du renouvellement des générations dans de nombreuses PME.»

Le CESE estime que l’entrepreneuriat des jeunes est un levier essentiel pour stimuler l’innovation, résoudre les défis en matière de productivité et soutenir le renouvellement démographique dans le paysage économique européen. Il précise toutefois que l’entrepreneuriat devrait découler d’un véritable choix, pas se substituer à des possibilités d’emploi décent. Les jeunes devraient avoir accès à un soutien adéquat et à d’autres parcours professionnels, et nourrir des attentes réalistes.

L’accès au financement demeure un obstacle de taille. Le Comité plaide dès lors en faveur d’un soutien accru aux instruments de financement alternatifs et aux outils financiers adaptés aux besoins des entreprises gérées par des jeunes, surtout les start-up innovantes, les entreprises sociales et les coopératives. Dans le même temps, le financement devrait être complété par des mesures de mentorat et de coaching, des programmes d’incubation d’entreprises et des outils d’évaluation qui aident les jeunes entrepreneurs à développer des projets résilients et durables.

L’avis souligne également l’importance de favoriser l’esprit d’entreprise dès le plus jeune âge. Le CESE recommande d’introduire un cours sur l’activité entrepreneuriale dans différents cycles d’enseignement et de formation, notamment dans les systèmes de formation professionnelle et en alternance. Les connaissances financières, numériques et liées à l’intelligence artificielle sont considérées comme de plus en plus importantes pour les futurs entrepreneurs.

Afin d’encourager la création d’entreprises, le Comité appelle à redoubler d’efforts pour réduire les charges administratives et simplifier la réglementation, à tous les niveaux de gouvernance. Il insiste en outre sur la valeur des réseaux d’entreprises et des écosystèmes entrepreneuriaux, qui peuvent donner accès à des marchés, à des partenaires, à des investisseurs et à de bonnes pratiques.

Enfin, le CESE souligne que la compétitivité et l’inclusion sociale doivent aller de pair. Les mesures de soutien devraient promouvoir l’égalité des chances pour les femmes, les personnes handicapées et les autres groupes sous-représentés, tout en reconnaissant l’échec comme une expérience d’apprentissage et en préservant le droit à une seconde chance. (lm)

Dans notre rubrique «The public square», nous donnons la parole à différentes personnes issues de la vie publique: représentants de la société civile, du monde du journalisme, d’ONG et d’institutions. L’objectif est de présenter les causes qu’elles défendent et les questions qui, selon elles, méritent une attention particulière. Ce mois-ci, le Parlement européen invite les journalistes à se porter candidats pour l’édition 2026 du prix Daphne Caruana Galizia, récompensant chaque année un journalisme d’excellence qui promeut et défend les valeurs et principes fondamentaux de l’UE.

Dans notre rubrique «The public square», nous donnons la parole à différentes personnes issues de la vie publique: représentants de la société civile, du monde du journalisme, d’ONG et d’institutions. L’objectif est de présenter les causes qu’elles défendent et les questions qui, selon elles, méritent une attention particulière. Ce mois-ci, le Parlement européen invite les journalistes à se porter candidats pour l’édition 2026 du prix Daphne Caruana Galizia, récompensant chaque année un journalisme d’excellence qui promeut et défend les valeurs et principes fondamentaux de l’UE.

La sixième édition du prix Daphne Caruana Galizia de journalisme, qui bénéficie du soutien du Parlement européen, a été lancée le 4 mai 2026; elle marque le neuvième anniversaire de l’assassinat de la journaliste maltaise.

Il s’agit d’un prix décerné chaque année, avec le soutien du Parlement européen, depuis octobre 2020. Il récompense un journalisme d’excellence qui promeut et défend les valeurs et principes fondamentaux de l’UE, comme la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État de droit et les droits humains.

Les journalistes de toute nationalité qui ont réalisé des reportages d’investigation diffusés par des médias implantés dans l’Union peuvent se porter candidats, individuellement ou par équipes, sur le site https://daphnejournalismprize.eu/, avant le 31 juillet 2026 à minuit (HEC).

Les lauréats seront annoncés lors d’une cérémonie précédée d’un séminaire sur la liberté de la presse, qui sera organisée au cours de la deuxième séance plénière d’octobre du Parlement, afin de rappeler symboliquement la date à laquelle Daphne Caruana Galizia a été assassinée.

Lors des éditions précédentes, le prix a notamment été décerné au «projet Pegasus», coordonné par le consortium «Forbidden Stories», au documentaire intitulé «Centrafrique: le soft power russe» de Clément Di Roma et Carol Valade (ARTE/France 24/Le Monde), à une enquête conjointe sur le naufrage du bateau de migrants au large de Pylos (Salomon, en collaboration avec Forensis, StrgF/ARD et The Guardian), à une enquête sur la disparition d’enfants migrants non accompagnés (Lost in Europe) et à une enquête conjointe sur la flotte fantôme russe, coordonnée par Follow the Money.

Vous trouverez de plus amples informations sur le site du Parlement européen, où vous pourrez également consulter les temps forts du séminaire de presse Daphne Caruana Galizia 2025.

Daphne Caruana Galizia a notamment mis au jour des cas de corruption, de blanchiment d’argent, de «vente» de citoyenneté et de criminalité organisée, ainsi que les connexions entre le gouvernement maltais et les Panama Papers. Elle a été tuée dans un attentat à la voiture piégée le 16 octobre 2017. Cet évènement a donné lieu à des manifestations de masse et a ouvert la voie à la résurgence d’un journalisme d’investigation inspiré par son travail.