European Economic
and Social Committee
Les pays candidats sont essentiels à la sécurité, à la stabilité et à la prospérité de l’Europe
Dans un environnement géopolitique de plus en plus instable, l’élargissement de l’Union s’impose comme un investissement stratégique pour la sécurité de l’Europe. Une convergence socio-économique accélérée avec l’Union peut doper la croissance, renforcer la compétitivité et profiter de manière tangible à la population. Tels sont les messages clés qui sont ressortis d’un débat de haut niveau qui s’est tenu au Comité économique et social européen (CESE) en présence de la commissaire européenne chargée de l’élargissement et de représentants des pays candidats.
Le jeudi 16 juillet 2026, lors de la session plénière du Comité économique et social européen, le CESE et la Commission européenne ont organisé un débat de haut niveau avec pour but de discuter des défis et possibilités qui accompagnent le processus d’adhésion et aussi de faire le point sur l’initiative relative aux membres de pays candidats à l’adhésion. Responsables politiques et membres représentant des pays candidats à l’adhésion se sont penchés sur la manière dont l’élargissement peut renforcer la sécurité, la résilience et la compétitivité de l’Europe.
En ouverture du débat, Séamus Boland, président du CESE, a fait observer que l’élargissement est à la fois un projet politique et un moyen d’apporter un certain nombre de bénéfices réels aux populations concernées: «En faisant progresser les réformes démocratiques et en renforçant l’état de droit et les droits fondamentaux, les pays candidats contribuent à notre sécurité européenne commune. Il est essentiel d’accélérer la convergence socio-économique pour que l’adhésion s’accompagne d’avancées tangibles pour les populations.»
Les participants sont convenus que l’élargissement représente un investissement stratégique dans l’avenir de l’Europe. Ils ont aussi souligné que les réformes sont plus efficaces et plus durables lorsque les partenaires sociaux et les organisations de la société civile sont associés à chaque étape.
Marta Kos, commissaire européenne chargée de ce portefeuille, a souligné que l’élargissement est revenu au premier rang des priorités de l’Union, en ce qu’il redéfinit l’architecture politique et de sécurité de l’Europe et renforce sa capacité à concurrencer d’autres grandes puissances mondiales. Pour ce qui est de l’Ukraine, elle a déclaré avec force: «Lorsque la guerre sera terminée, l’Ukraine restera ce pays qui aura su, dans une guerre existentielle, s’imposer face à la Russie. Elle comptera au rang des toutes premières puissances militaires d’Europe, forte d’une expertise à nulle autre pareille.Outre la perspective de sécurité, un argument économique massue peut être mobilisé: toutes les adhésions précédentes ont été des réussites économiques.»
La commissaire a aussi évoqué le «Super Mardi» du 14 juillet dernier, date à laquelle non seulement le Monténégro, pays le plus avancé dans les négociations d’adhésion, mais aussi l’Albanie, l’Ukraine et la Moldavie ont vu leurs efforts officiellement reconnus par la clôture de plusieurs chapitres et l’ouverture de nouveaux groupes de chapitres dans le cadre des négociations d’adhésion.
Dans un message vidéo, David McAllister, président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, a réaffirmé le soutien du PE à l’élargissement en tant qu’investissement en faveur de l’avenir collectif du continent; il a mis en avant l’importance de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux dans le processus d’adhésion.
Saluant le soutien apporté par le CESE à l’élargissement grâce à la présence de pays candidats en son sein, Mihai Popșoi, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères de la République de Moldavie, a fait observer que les gouvernements et la société civile n’étaient pas toujours d’accord sur tout, mais qu’un tel débat était la marque d’une démocratie en bonne santé. À ses yeux, la protection de la démocratie reste une responsabilité partagée.
Les intervenants ont souligné le rôle essentiel de la société civile, y compris des ONG, pour renforcer la résilience de l’Europe. Nerijus Aleksiejūnas, représentant permanent de la Lituanie auprès de l’UE, a lancé une mise en garde en rappelant que l’Union ne pouvait en aucun cas se permettre de tolérer la présence de «zones grises» à son voisinage, et que le moindre vide serait aussitôt comblé par des puissances concurrentes.
En ce qui concerne la convergence socio-économique, Zulfi Ismaili, chef de la mission de la République de Macédoine du Nord auprès de l’UE, a expliqué que l’intégration européenne était aussi une nécessité pratique, puisque 70 % des échanges commerciaux de son pays se font déjà avec l’Union — un facteur qui plaide en faveur de réformes rapides.
Le débat a mis en évidence la valeur de l’initiative du CESE relative aux membres de pays candidats à l’adhésion, qui permet de rapprocher les représentants de la société civile des pays candidats et candidats potentiels de l’élaboration des politiques européennes. Les participants ont réaffirmé que l’avenir des Balkans occidentaux, de l’Ukraine, de la Moldavie et de tous les pays engagés sur la voie européenne résidait dans une Europe unie, et que la réussite de l’élargissement dépendait tout autant de sociétés civiles actives que des gouvernements et des institutions.
Citations supplémentaires
«Pour les entreprises, l’élargissement représente un investissement dans l’avenir de l’Europe: s’il est mis en œuvre sérieusement, il apporte stabilité, connectivité et prospérité tant aux citoyens qu’aux entreprises.»
Sandra Parthie, présidente du groupe des employeurs du CESE.
«L’élargissement de l’Union ne se résume pas à une question de frontières; il en va aussi de la dignité et de l’équité. Les syndicats doivent être des partenaires égaux dans le renforcement des réformes dans les pays candidats.»
Lucie Studničná, présidente du groupe des travailleurs du CESE.
«La résilience de l’Europe ne saurait se construire par les seules institutions. La société civile doit être, dès le départ, un partenaire de la préparation, qui aide à instaurer la confiance, à renforcer les collectivités et à mobiliser les citoyens.» Ariane Rodert, vice-présidente du groupe des organisations de la société civile du CESE et rapporteure de l’avis sur la stratégie pour une union de la préparation.
Contexte général
En septembre 2023, le CESE a lancé l’initiative relative aux membres de pays candidats à l’adhésion, un jalon essentiel, qui vise à associer à ses travaux consultatifs des représentants des employeurs, des syndicats et des organisations de la société civile des pays candidats et candidats potentiels à l’adhésion à l’UE — Albanie, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Kosovo*, Moldavie, Monténégro, Macédoine du Nord, Serbie, Turquie et Ukraine. *Cette désignation est utilisée sans préjudice des positions sur le statut du Kosovo et se conforme à la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’à l’avis de la Cour internationale de justice sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.
Les membres de pays candidats à l’adhésion participent tout au long du processus d’élaboration de certains avis du CESE et contribuent aux groupes d’étude. Ils participent aussi aux réunions de section et aux sessions plénières du CESE, au cours desquelles le Comité adopte formellement ses avis.
Avis du CESE adopté en avril 2026: Le rôle de la société civile pour soutenir les réformes dans le cadre des plans de croissance pour les Balkans occidentaux et la Moldavie et la trajectoire de réforme de l’Ukraine
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