Le Comité économique et social européen (CESE) plaide en faveur d’un partenariat renouvelé entre l’Union européenne et les pays du sud de la Méditerranée, lequel doit accorder une place centrale aux populations, à la durabilité et à la responsabilité partagée.

Le Comité économique et social européen (CESE) plaide en faveur d’un partenariat renouvelé entre l’Union européenne et les pays du sud de la Méditerranée, lequel doit accorder une place centrale aux populations, à la durabilité et à la responsabilité partagée. 

Dans son avis sur «Le rôle du secteur privé et de la société civile dans le renforcement de la coopération économique dans le cadre du pacte pour la Méditerranée», adopté lors de sa session plénière d’avril, le CESE décrit la manière dont la société civile organisée et le secteur privé peuvent renforcer la coopération économique dans le cadre dudit pacte. Le pacte ainsi proposé offre une occasion stratégique de redéfinir les relations entre l’Union et ses voisins méridionaux.

Au cœur des recommandations du CESE figure un message clair: la coopération économique doit profiter aux personnes, et pas uniquement aux marchés. Les guerres qui font rage et l’instabilité actuelle causent de graves souffrances aux populations et nuisent aux économies, ce qui entrave la progression du pacte. Le CESE exhorte l’UE à soutenir une paix juste sous l’égide des Nations unies et à faire respecter le droit international. Il appelle par ailleurs au respect des droits de l’homme, soulignant le rôle clé qui échoit à l’UE dans la promotion du dialogue et de la paix.

Thomas Wagnsonner, membre du CESE et rapporteur de l’avis, a ainsi souligné: «Le pacte pour la Méditerranée ne pourra porter ses fruits que si la paix et la stabilité sont garanties. Pour y parvenir, il est essentiel de renforcer la participation de la société civile et de soutenir les micro, petites et moyennes entreprises, les entrepreneurs sociaux et les coopératives. L’innovation et l’équité sociale doivent aller de pair.»

Au cœur de cette vision réside la nécessité d’associer la société civile organisée de manière structurée et permanente. La participation des syndicats, des organisations patronales et des organisations de la société civile ne doit pas se limiter à des consultations ponctuelles, mais s’inscrire officiellement dans les processus de gouvernance, de mise en œuvre et de suivi. 

Dans le même temps, il convient de faire de la protection de l’environnement et des pratiques durables une partie intégrante du développement économique, de sorte que la croissance respecte les ressources naturelles et contribue à la résilience à long terme de la région.

Lidija Pavić-Rogošić, membre du CESE et corapporteure de l’avis, a insisté quant à elle sur l’importance de donner aux jeunes et aux femmes les moyens d’agir en renforçant leur participation aux structures de gouvernance et aux programmes d’entrepreneuriat. «Les acteurs de l’économie sociale et solidaire, dont les coopératives, sont de puissants moteurs du développement inclusif. Souvent dirigées par des jeunes et des femmes, ces organisations contribuent à la création d’emplois, à la cohésion sociale et à la résilience locale. Le CESE réclame des financements spécifiques et des cadres juridiques favorables pour renforcer leur rôle dans toute la région», a-t-elle déclaré. (at)

Par Konstantinos Diamantouros, membre du groupe des employeurs du CESE

Le cadre financier pluriannuel (CFP) reste un outil essentiel pour soutenir les priorités de l’Union, surtout à une époque où ses besoins d’investissement augmentent.  Même si la majorité des fonds proviendra de la mobilisation d’investissements privés, les ressources publiques seront également essentielles.

Par Konstantinos Diamantouros, membre du groupe des employeurs du CESE

Le cadre financier pluriannuel (CFP) reste un outil essentiel pour soutenir les priorités de l’Union, surtout à une époque où ses besoins d’investissement augmentent.  Même si la majorité des fonds proviendra de la mobilisation d’investissements privés, les ressources publiques seront également essentielles.  

Par Konstantinos Diamantouros, membre du groupe des employeurs du CESE

Le cadre financier pluriannuel (CFP) reste un outil essentiel pour soutenir les priorités de l’Union, surtout à une époque où ses besoins d’investissement augmentent.  Même si la majorité des fonds proviendra de la mobilisation d’investissements privés, les ressources publiques seront également essentielles. 

Dans ce contexte, la proposition de cadre financier pluriannuel (CFP) représente une avancée majeure. Premièrement, elle met davantage l’accent sur la compétitivité, notamment en créant le Fonds européen pour la compétitivité et en renforçant Horizon Europe, ce qui peut permettre de placer l’industrie, la recherche et l’innovation au cœur de la croissance de l’Union. Deuxièmement, l’expansion du mécanisme pour l’interconnexion en Europe pourrait améliorer les réseaux de transport et d’énergie et contribuer à réduire les coûts de l’énergie.

De plus, le Comité salue l’approche fondée sur les performances pour les plans nationaux et régionaux, pour autant que la logique de réformes en faveur des investissements soit alignée sur les objectifs de la politique de cohésion et n’introduise pas de conditionnalité macroéconomique. En ce qui concerne l’action extérieure, les augmentations de financement dans le cadre de l’initiative «L’Europe dans le monde» constituent aussi des avancées positives, car elles renforceront le rôle de l’Union en tant qu’acteur mondial, diversifieront les chaînes de valeur et renforceront la sécurité.

Dans le même temps, des sujets de préoccupation subsistent. Comme indiqué dans l’avis du CESE sur le «Cadre financier pluriannuel 2028-2034», le Comité s’oppose à l’idée de fusionner la politique de cohésion, le Fonds social européen, l’agriculture, la pêche, la migration et la sécurité en un fonds unique, étant donné que cette approche risque de créer une concurrence entre les priorités, ce qui pourrait compromettre la planification à long terme nécessaire pour la période de sept ans couverte par le CFP. Il préconise plutôt une structure plus claire, avec un financement prévisible pour chaque domaine d’action.

Par ailleurs, en ce qui concerne les nouvelles ressources propres de l’Union proposées, le CESE exprime des réserves à l’égard de la ressource «Entreprises pour l’Europe» (CORE), tout d’abord parce qu’une taxe supplémentaire pourrait aller à l’encontre du programme de l’UE en matière de compétitivité et ensuite parce qu’il s’agit d’un prélèvement fondé sur le chiffre d’affaires plutôt que sur le bénéfice.

De manière globale, la proposition va dans le bon sens, mais le budget final devra protéger la cohésion, inclure les partenaires sociaux, éviter une conditionnalité préjudiciable et garantir un financement équitable qui favorise la compétitivité.

Par le groupe des organisations de la société civile

En janvier 2026, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté son avis sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034. Il adresse un message clair aux institutions de l’Union: les ambitions stratégiques, sociales et géopolitiques de l’Europe exigent un budget à long terme plus solide et mieux conçu. Découvrez notre entretien avec Luca Jahier, rapporteur du CESE pour le groupe des organisations de la société civile.

Par le groupe des organisations de la société civile

 

En janvier 2026, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté son avis sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034. Il adresse un message clair aux institutions de l’Union: les ambitions stratégiques, sociales et géopolitiques de l’Europe exigent un budget à long terme plus solide et mieux conçu. Découvrez notre entretien avec Luca Jahier, rapporteur du CESE pour le groupe des organisations de la société civile.

Quelles sont les principales conclusions et recommandations de cet avis?

La première conclusion essentielle du CESE concerne le volume global du CFP. Bien que reconnaissant l’augmentation nominale proposée par la Commission, le Comité souligne qu’une fois pris en compte l’inflation et le remboursement de la dette contractée au titre de NextGenerationEU, les ressources réelles resteraient largement inchangées. Les montants sont bien en deçà de ce qui est nécessaire pour combler les déficits d’investissement persistants en faveur de l’autonomie stratégique, de la compétitivité, de la cohésion sociale, de l’action pour le climat, de la sécurité et de la défense. S’appuyant sur de récents rapports institutionnels, le CESE demande une hausse substantielle des ressources en termes réels par rapport au revenu national brut, ainsi qu’un renforcement des investissements au niveau de l’Union dans les biens publics européens, ce qui ne peut être réalisé efficacement par les seuls États membres.

Une deuxième préoccupation majeure concerne la structure et la gouvernance du financement de l’Union. Le CESE s’oppose fermement aux réductions proposées pour la politique de cohésion et la politique agricole commune, au vu de leur contribution avérée à la convergence économique, sociale et territoriale. Il émet également de sérieuses réserves quant à la fusion annoncée de plusieurs grands domaines d’action en un seul plan de partenariat national et régional, comme le prévoit la proposition actuelle, et met en garde contre le risque d’une centralisation excessive et d’une participation plus faible des parties prenantes. Le Comité plaide donc en faveur d’un principe de partenariat renforcé, de mécanismes de participation obligatoires, d’un soutien adéquat au renforcement des capacités, et de garanties lorsque la participation effective fait défaut.

L’avis porte également sur les recettes, la compétitivité et la résilience démocratique. Tout en se félicitant de l’introduction de nouvelles ressources propres de l’UE, le CESE plaide en faveur d’une plus grande ambition et d’un alignement plus étroit sur les objectifs stratégiques de l’Union. Il soutient les recettes issues du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE) et du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), sous réserve d’un soutien transitoire aux secteurs à forte intensité énergétique. Cependant, il exprime sa réticence à l’égard de la proposition de ressource pour l’Europe provenant des entreprises, et recommande plutôt de réintroduire une taxe sur les services numériques

Pour ce qui est de la compétitivité, le Comité souligne qu’elle doit aller de pair avec l’équité sociale, l’égalité d’accès au financement et des investissements substantiels dans la recherche, l’innovation, les compétences et les infrastructures. Un financement adéquat des programmes en faveur de la société civile et des médias constitue un fondement démocratique essentiel.

Enfin, le CESE salue le renforcement du pilier «Europe dans le monde», en insistant sur le fait que l’augmentation du financement de l’action extérieure doit soutenir l’autonomie stratégique, l’élargissement et la stabilité du voisinage, tout en consolidant la stratégie «Global Gateway» en tant qu’instrument cohérent d’engagement multilatéral.

Après l’adoption de cet avis, que comptez-vous faire pour le promouvoir?

Après l’adoption de l’avis, le CESE défendra activement ses recommandations dans le cadre d’un dialogue avec la Commission européenne, le Parlement européen, le Conseil et les principales parties prenantes, en veillant à ce que la société civile organisée contribue de manière significative aux négociations sur le prochain budget à long terme de l’UE.

Regardez le message vidéo du rapporteur Luca Jahier.

Par le groupe des travailleurs du CESE

Alors que les discussions sur le programme de travail de la Commission européenne pour 2027 s’intensifient, le Comité économique et social européen (CESE) estime que le programme en faveur de la compétitivité doit fournir à la fois force économique et progrès social. 

Par le groupe des travailleurs du CESE

Alors que les discussions sur le programme de travail de la Commission européenne pour 2027 s’intensifient, le Comité économique et social européen (CESE) estime que le programme en faveur de la compétitivité doit fournir à la fois force économique et progrès social. 

«La compétitivité de l’Europe ne peut se construire au détriment des travailleurs. Les transitions numérique, verte et énergétique doivent être équitables et se fonder sur des emplois de qualité, des compétences, un dialogue social, l’égalité des chances et des droits solides pour les travailleurs», estime le CESE dans sa contribution au programme de travail pour 2027.

Le CESE fait valoir que la résilience et la croissance durable de l’Europe dépendent d’une base industrielle solide, de l’innovation, des investissements et d’un marché unique mieux développé. Dans le même temps, il insiste sur le fait que les citoyens doivent rester au cœur de la transformation de l’Europe, et précise que les emplois de qualité, le dialogue social et les droits des travailleurs constituent des piliers essentiels de la future politique.

Le Comité demande que le socle européen des droits sociaux soit pleinement mis en œuvre, et soutient les mesures visant à renforcer la mobilité équitable de la main-d’œuvre, les droits des travailleurs numériques, le développement des compétences et la conditionnalité sociale dans les financements et les marchés publics de l’Union. Il souligne également l’importance du futur acte législatif sur des emplois de qualité, d’une meilleure protection contre les risques liés à la gestion algorithmique et d’un investissement accru dans l’enseignement et la formation professionnels. 

Au-delà des priorités sociales, le CESE défend une politique industrielle moderne axée sur une énergie abordable, des chaînes d’approvisionnement sûres, des mesures relatives aux matières premières critiques et des infrastructures stratégiques. Il invite aussi à s’assurer que le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) prévoie des ressources suffisantes pour que la compétitivité, la cohésion, le progrès social et la transition écologique bénéficient d’un soutien équilibré. 

Le Comité relève en outre que la lutte contre la pauvreté, l’amélioration de l’accès au logement et aux services de base et le renforcement de la santé, des soins et du bien-être mental sont des composants essentiels à la résilience démocratique de l’Europe. Le CESE estime que la prospérité durable ne sera atteinte que si la croissance économique va de pair avec l’inclusion sociale et une meilleure qualité de vie pour tous les Européens.

Groupe consultatif interne (GCI) UE-Chili
Published in
Study
104 pages

Cette étude examine le potentiel de la technologie des batteries au sodium pour renforcer la résilience énergétique des ménages et des entreprises européens, notamment pour atteindre l’objectif d’autosuffisance énergétique de 72 heures prévu par la Stratégie de l’UE pour une union de la préparation.

Published in
12 pages

Cette brochure présente le Comité économique et social européen (CESE). Le CESE ne ressemble pas aux autres organes de l'UE. C'est un forum unique en son genre de consultation, de dialogue et de consensus entre des représentants des différents secteurs de la "société civile organisée", notamment les employeurs, les organisations syndicales et des groupes de personnes telles que des associations professionnelles ou communautaires, des organisations de jeunesse, des mouvements de femmes, de consommateurs, des activistes dans le domaine de l'environnement et bien d'autres encore.

En 2023, l’UE a lancé sa stratégie européenne de sécurité économique, s’engageant à mener un examen approfondi des moyens de renforcer cette sécurité, dans un contexte marqué par de profonds bouleversements géopolitiques et géoéconomiques. Renforcer et approfondir les alliances politiques et économiques avec des États et régions partageant les mêmes valeurs européennes semble être la seule stratégie viable. Dans un monde de plus en plus interconnecté, numérique et piloté par l’intelligence artificielle, les interdépendances mutuelles ne peuvent ni être ignorées, ni être enfermées dans des politiques et mesures protectionnistes. C’est pourquoi les récents accords commerciaux avec le Mercosur, l’Inde, le Canada, l’Australie et les États de l’Union africaine vont dans la bonne direction et doivent être développés davantage.