Mécanisme pour l’interconnexion en Europe — Le CESE appelle à une forte augmentation du financement en faveur de l’énergie et des transports

Selon un avis adopté lors de la session plénière de janvier, le principal instrument de financement de l’Union européenne devrait être augmenté de 20 milliards d’euros pour voir se concrétiser les investissements transfrontières dans les domaines de l’énergie et des transports. Cette mesure s’impose d’urgence pour renforcer la résilience de l’Union et améliorer sa sécurité.

Le financement prévu pour l’énergie et les transports dans le cadre du nouveau mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) est insuffisant et devrait être porté à au moins 100 milliards d’euros pour la période 2028-2034.

Le Comité économique et social européen (CESE) note avec satisfaction que la Commission européenne a reconnu la nécessité d’investir dans les projets d’énergie renouvelable et les infrastructures de transport afin de renforcer d’urgence la résilience et la sécurité de l’Union. Cependant, le budget alloué est insuffisant, comme le souligne le Comité dans son avis intitulé «Mécanisme pour l’interconnexion en Europe 2028-2034», élaboré par Mateusz Szymański et Tomas Arvidsson.

Selon M. Szymański, «le mécanisme pour l’interconnexion en Europe jouera un rôle fondamental pour renforcer la résilience de l’Union européenne. C’est pourquoi nous demandons une augmentation du financement, la définition rapide de critères d’éligibilité tenant compte de la dimension sociale des investissements, ainsi qu’un traitement prioritaire pour les régions les plus exposées aux provocations et aux attaques de pays hostiles comme la Russie et la Biélorussie».

Investir dans les régions qui présentent des lacunes en matière d’infrastructures

Dans son avis, le CESE souligne que le programme du MIE devrait donner la priorité aux investissements dans les régions présentant d’importantes lacunes en matière d’infrastructures, et ce, tant dans le domaine des transports que dans celui de l’énergie. L’objectif est d’assurer la cohésion territoriale et la pleine utilisation du marché unique.

Le MIE devrait se concentrer encore davantage que par le passé sur les investissements transfrontières, sans toutefois exclure ceux qui sont mis en œuvre au sein d’un seul État membre, dès lors qu’ils répondent aux besoins et aux objectifs du MIE et s’avèrent importants pour les réseaux transeuropéens de transport (RTE-T) et d’énergie (RTE-E).

Les régions qui présentent des liaisons manquantes dans le RTE-T et une capacité insuffisante dans le RTE-E doivent être prioritaires, le but ultime étant de supprimer les goulets d’étranglement dans les infrastructures. Pour obtenir les meilleurs résultats possibles dans ce contexte, il est essentiel de renforcer les mécanismes de coordination à différents niveaux afin d’éviter les lacunes et les chevauchements entre les différents projets.

Au cours de la prochaine période de programmation, il pourrait aussi être judicieux de prévoir des investissements dépassant les frontières de l’Union, dans le cadre de l’extension des corridors RTE-T aux pays candidats. Néanmoins, les projets mis en œuvre au sein de l’Union doivent continuer d’être les principaux bénéficiaires des financements.

Conditionner le financement à des critères sociaux et environnementaux

Afin de garantir l’égalité d’accès, la transparence et la prévisibilité du programme du MIE, la nouvelle législation devrait préciser quels projets seront prioritaires, selon le CESE. À cet égard, le Comité recommande d’établir des critères d’éligibilité qui privilégient les projets permettant de développer dans les meilleurs délais la capacité de l’Union à améliorer sa résilience et sa préparation face aux menaces, y compris celles émanant de pays hostiles.

Tout financement au titre du MIE devrait être accordé à des projets qui respectent des critères sociaux et environnementaux et créent une valeur ajoutée pour l’Union européenne. Pour des raisons géopolitiques, le CESE considère que des chaînes d’approvisionnement plus courtes constituent un objectif de bon sens à poursuivre.

Par ailleurs, pour renforcer la résilience et la préparation de l’Union face aux menaces émergentes, le Comité ajoute qu’il sera essentiel de s’assurer que le MIE soutienne les projets visant à sécuriser les infrastructures critiques. Cela vaut en particulier pour les pays bénéficiaires de la politique de cohésion de l’Union et pour les régions limitrophes de pays hostiles comme la Russie et la Biélorussie.

Le MIE doit aussi intégrer des règles de suivi de toutes les dépenses mises en œuvre dans le cadre du programme, notamment en vue des évaluations à mi-parcours et ex post. La participation de la société civile et des organisations de partenaires sociaux à la procédure d’évaluation pourra garantir la transparence des processus décisionnels liés aux activités du MIE. Selon M. Arvidsson, «la société civile organisée et les partenaires sociaux représentent une source unique d’informations sur la situation qui prévaut à différents niveaux, notamment celui des collectivités locales. Dans cette optique, la coopération avec les ONG et les partenaires sociaux et l’attention portée à leur voix sont indispensables pour garantir que les projets apportent une forte valeur ajoutée sociale et économique».

Contexte — Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE)

Le 16 juillet 2025, la Commission européenne a adopté une proposition relative au cadre financier pluriannuel 2028-2034, qui prévoit une enveloppe financière de 81,428 milliards d’euros pour le mécanisme pour l’interconnexion en Europe. Ce budget est réservé aux investissements dans les réseaux transeuropéens de transport et d’énergie, y compris les projets de mobilité militaire et d’énergie renouvelable.

Au vu de l’aggravation des risques que font courir les aléas naturels et technologiques, les évolutions des menaces pour la sécurité ainsi que d’autres événements perturbateurs, l’Union européenne doit s’assurer que les investissements réalisés dans le cadre du MIE prennent en compte ces risques et soient résilients face aux catastrophes, conformément aux objectifs de la stratégie européenne pour une union de la préparation.

Le mécanisme pour l’interconnexion en Europe constitue un instrument de financement clé de l’Union pour promouvoir la croissance, l’emploi et la compétitivité grâce à des investissements ciblés dans les infrastructures au niveau européen.

Le MIE dans le secteur de l’énergie est le programme de financement de l’Union destiné à la mise en œuvre des réseaux transeuropéens de la politique de l’énergie. Son objectif est de soutenir les investissements visant à développer de nouvelles infrastructures énergétiques transfrontières en Europe ou à réhabiliter et moderniser les installations existantes.

Le MIE dans le secteur des transports représente, quant à lui, l’instrument de financement destiné à la politique européenne en matière d’infrastructures de transport. Il vise à soutenir les investissements permettant de construire de nouvelles infrastructures de transport en Europe ou de rénover et moderniser les équipements existants.