Conclusions et recommandations

La chaîne d’approvisionnement alimentaire européenne, qui revêt une importance stratégique, a fait preuve d’une grande résilience au cours des vingt derniers mois pendant la pandémie de COVID-19. Il importe néanmoins de ne pas tenir cette capacité pour acquise. Divers problèmes, tels que le changement climatique, les conditions météorologiques extrêmes et les questions sanitaires ont mis à mal les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le 29 novembre, le groupe «Diversité Europe» du CESE a tenu une réunion extraordinaire hybride en collaboration avec la présidence slovène et la Chambre d’agriculture et de sylviculture de Slovénie. Les participants se sont réunis dans deux lieux simultanément, à Bruxelles et Ljubljana, pour évoquer la situation actuelle de la chaîne alimentaire et réfléchir aux moyens d’améliorer à l’avenir sa durabilité.

Jusqu’à présent, la chaîne alimentaire a échappé à toute perturbation, alors que d’autres secteurs de l’industrie manufacturière traversaient des difficultés. Toutefois, au vu des incertitudes dues à la pandémie de COVID-19, au Brexit et à la rupture des chaînes d’approvisionnement causée par les difficultés liées au blocage du canal de Suez, on ne saurait présupposer que la chaîne d’approvisionnement alimentaire sera épargnée par ces aléas. De toute évidence, en matière de chaînes d’approvisionnement alimentaire durables, les circuits courts et axés sur une production alimentaire locale sont plus à même de répondre aux problèmes causés par le changement climatique.

Reconnaître le rôle clé des agriculteurs dans la chaîne alimentaire

  • Les agriculteurs forment le maillon le plus faible de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, et il est impératif de reconnaître que leur rôle revêt une très haute importance.
  • Pour contribuer efficacement à la chaîne d’approvisionnement, ces acteurs ont besoin d’un soutien financier accru et d’orientations pour accompagner l’introduction de la nouvelle politique agricole commune (PAC).
  • Les agriculteurs, et surtout les petits exploitants — qui sont majoritaires dans l’Union européenne —, doivent bénéficier de conditions de travail plus favorables, et il convient de renforcer l’équité des pratiques commerciales internationales.
  • Ce n’est qu’en assurant une répartition plus équitable au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire que nous pourrons garantir sa durabilité. Il est essentiel de fixer des prix plus justes pour les denrées alimentaires, de manière à refléter le coût réel de la production et le travail des agriculteurs, notamment en matière de protection de l’environnement (préservation de la santé des sols et de la biodiversité).
  • Les pratiques commerciales déloyales (PCD) devraient être réglementées au niveau de l’Union, et toutes les parties prenantes devraient être dûment informées de leurs droits à obtenir que les législations commerciales nationales soient renforcées. L’Union devrait se charger de mettre en œuvre et de faire respecter cette réglementation, dans le but d’accroître la compétitivité, d’assurer la redistribution des revenus et d’encourager les pratiques favorables aux petites exploitations. Nous devons trouver des solutions pour garantir, à long terme, la pérennité de la chaîne alimentaire.
  • Pour assurer la transition vers des pratiques plus durables, il est essentiel de soutenir les opérateurs économiques des secteurs de l’agriculture, de la transformation et de la distribution, grâce à des solutions et à des instruments innovants et pertinents (infrastructures adéquates, numérisation, accès au financement, etc.).
  • L’avenir de l’agriculture repose sur l’établissement de liens à long terme avec le secteur du commerce de détail, afin d’améliorer la chaîne d’approvisionnement alimentaire mondiale. Parmi les exemples de solutions figure la promotion des circuits courts d’approvisionnement alimentaire, tels que les marchés alimentaires locaux ou la vente directe de produits d’origine locale, en ligne ou par démarchage à domicile.

Attirer davantage de femmes et de jeunes vers le secteur agricole

  • Les zones rurales devraient être dotées de ressources suffisantes pour inciter les jeunes agriculteurs à rester sur leurs terres, et il faudrait proposer des incitations visant à encourager et à attirer des agricultrices.
  • Les pratiques agricoles doivent évoluer sur le plan technologique pour susciter des vocations chez les jeunes. Les chaînes d’approvisionnement alimentaire équitables ouvrent des perspectives propres à attirer la jeunesse vers ce secteur.

  Redonner toute sa valeur à l’alimentation

  • Jour après jour, la nourriture tisse des liens entre nous. Si l’Union est aujourd’hui une référence mondiale en matière d’alimentation, il reste à en assurer le caractère durable pour tous. Il est temps de faire preuve de courage et de passer à l’action.
  • Le pacte vert pour l’Europe, le paquet « Ajustement à l’objectif 55 », la stratégie « De la ferme à la table » et la PAC constituent autant de stratégies sur lesquelles les États membres peuvent s’appuyer pour atteindre leurs ambitieux objectifs nationaux en matière de législation environnementale et pour mieux surmonter la crise climatique. Réduire les pesticides chimiques et faciliter la commercialisation de pesticides biologiques permettra de mettre sur le marché davantage de produits de substitution.
  • Chaque jour plus urgente, la réduction des pertes et du gaspillage alimentaire à chaque maillon de la chaîne alimentaire est primordiale pour en améliorer la durabilité. Les banques alimentaires sont des initiatives citoyennes qui contribuent à réduire le gaspillage de denrées alimentaires, en optimisant leur durée de vie et en les distribuant à des populations vulnérables (selon des principes d’économie solidaire). Les supermarchés coopératifs peuvent aider à réduire le gaspillage alimentaire et méritent donc d’être encouragés.
  • Les consommateurs doivent être mieux formés et sensibilisés au sujet des chaînes d’approvisionnement et de la consommation alimentaire, si l’on souhaite les amener à privilégier le commerce de proximité, à acheter des produits biologiques et à réduire le gaspillage alimentaire.

Recherche conjointe de solutions : l’avenir des chaînes d’approvisionnement alimentaire durables

  • Pour assurer la durabilité de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, il est indispensable que l’ensemble des acteurs et des maillons de cette chaîne soient interconnectés. Tous ces acteurs doivent coopérer entre eux pour consolider leur réseau. Les opérateurs de la chaîne alimentaire doivent absolument coopérer les uns avec les autres, plutôt que de se faire concurrence: il y a lieu d’encourager les accords à long terme concernant la chaîne d’approvisionnement pour réduire la dépendance des agriculteurs vis-à-vis des biens essentiels importés.
  • Renforcer la production et la transformation alimentaires locales et régionales au sein de l’Union aurait des effets bénéfiques sur la santé et améliorerait la rentabilité des petites exploitations, tout en soutenant les entreprises locales et en stimulant l’emploi.
  • Les chaînes d’approvisionnement alimentaire devraient être raccourcies en vue de restreindre l’incidence environnementale des aliments achetés par les consommateurs. Pour réduire les émissions, il faut diminuer les distances parcourues par voie maritime et aérienne.
  • Il convient de favoriser le dialogue structuré et la participation des organisations de la société civile pour accroître la coopération et soutenir les petits exploitants, tout en veillant à ce que les populations sentent qu’elles peuvent apporter leur pierre à l’édifice et contribuer à modeler les chaînes d’approvisionnement alimentaire.
  • Les systèmes d’étiquetage des denrées alimentaires devraient être améliorés et renforcés afin que les consommateurs comprennent mieux ce qui constitue une alimentation saine et équilibrée, et qu’ils redoublent d’attention dans leurs choix de produits.
  • Il serait bon de travailler de concert avec les établissements scolaires et les restaurants pour faire en sorte que les menus suivent la saisonnalité des produits et qu’une option végétarienne soit toujours proposée.
  • C’est dans la gestion de nos zones rurales et de nos chaînes d’approvisionnement alimentaire que se joue l’avenir de l’Europe.

Downloads

Conclusions and recommendations event on 29/11

Work organisation