EESC President

Pour la première fois, le CESE représente la société civile européenne à la commission de la condition de la femme des Nations unies

©UN Women

Cette année, la commission de la condition de la femme (UNCSW), la réunion annuelle de haut niveau des Nations unies sur l’égalité entre les hommes et les femmes, mettra en avant l’éradication de la pauvreté des femmes. Pour sa première participation à cet événement, le CESE contribuera à la problématique choisie par une déclaration comprenant dix points d’action en faveur de l’autonomisation économique et la protection sociale des femmes.

La délégation du Comité économique et social européen (CESE) participera à la 68e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW68), principale instance internationale et intergouvernementale de lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes, qui a débuté cette semaine à New York. Le CESE assistera pour la première fois au plus grand rendez-vous annuel des Nations unies consacré à l’émancipation des femmes, dans l’objectif de faire entendre le point de vue de la société civile européenne qui se bat pour l’égalité des genres. La délégation du CESE sera conduite par Oliver Röpke, son président, qui a fait de cette thématique une priorité essentielle de son action et de sa présidence.

Le président Röpke a déclaré:Le CESE a derrière lui une longue histoire de plaidoyer en faveur de politiques européennes et mondiales visant à faire progresser l’égalité entre les genres et à prendre à bras-le-corps les inégalités économiques et sociales auxquelles les femmes et les filles sont confrontées aujourd’hui. Mais c’est la première fois que nous allons porter cette action, sous la bannière unique de la société civile européenne, au niveau le plus élevé possible de cette lutte collective pour l’égalité des genres à l’échelle mondiale. La pauvreté n’est pas neutre du point de vue du genre, et par conséquent, notre réponse ne saurait l’être.

 

La pauvreté sous l’angle de l’égalité entre les hommes et les femmes

La 68session de la commission de la condition de la femme aura officiellement pour thème prioritaire «Accélérer la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles en s’attaquant à la pauvreté et en renforçant les institutions et le financement dans une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes». La contribution du CESE consistera en une déclaration reprenant ses positions sur le thème retenu pour cette 68session, et qui se décline en dix points d’action. Ces derniers visent à faire progresser l’égalité entre les hommes et les femmes, à lutter contre la pauvreté et à renforcer les institutions en adoptant une perspective de genre, dans le droit fil des priorités de l’Union.

Les dix points d’action sont donc les suivants:

  1. Protéger les femmes contre toute forme de violence, y compris la violence économique, et élaborer pour y répondre des politiques dotées d’une perspective de genre sans ambiguïté.
  2. Lutter contre la pauvreté des femmes et des filles en élaborant des programmes d’autonomisation économique et des filets de protection sociale, en garantissant un revenu minimum adéquat et des salaires décents, ou encore en luttant contre l’augmentation du sans-abrisme.
  3. Garantir l’accessibilité des services de santé et promouvoir les services de santé sexuelle et génésique, contrecarrer le déséquilibre dans la répartition des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes.
  4. Créer des outils financiers pour donner aux institutions les moyens de réduire la pauvreté et les inégalités pour les femmes et les filles en adoptant des modèles fiscaux qui permettent de maintenir des prestations sociales à un niveau raisonnable et adéquat.
  5. Promouvoir des mesures de lutte contre la discrimination et reconnaître les facteurs intersectionnels qui contribuent à l’inégalité, en préconisant des politiques de lutte contre la discrimination fondée sur le sexe, l’origine ethnique ou raciale et d’autres dimensions intersectionnelles, en accordant une priorité aux luttes spécifiques des femmes handicapées et des femmes roms.
  6. Fournir aux femmes des outils leur permettant d’assurer leur représentation équitable sur le marché du travail.
  7. Donner aux femmes les moyens d’obtenir une représentation intersectorielle dans les sphères dirigeantes, pour pouvoir faire valoir leurs points de vue et leurs préoccupations.
  8. Renforcer la politique sociale au niveau européen, en renforçant le dialogue social et la négociation collective et en accordant une protection spéciale aux femmes et aux filles.
  9. Garantir l’égalité des chances par l’éducation en donnant aux jeunes filles les outils leur permettant de développer leurs aptitudes et compétences, d’améliorer leur représentation dans le domaine scientifique et de lutter contre tous les stéréotypes sexistes.
  10. Éliminer les obstacles qui entravent l’accès aux services essentiels en adoptant une optique de genre en matière de logement, d’énergie, d’eau et de santé mentale.

J’espère pouvoir dire d’ici un an que la présence du CESE à la commission de la condition de la femme des Nations unies aura servi de caisse de résonance à ces revendications. Nous pouvons être critiques — et c’est même notre devoir. Nous avons besoin d’entendre des voix critiques issues de la société civile, des parties prenantes, des ONG et des institutions qui œuvrent à la réalisation de cet objectif collectif et partagé: une Europe plus égalitaire, un monde plus égalitaire. Il nous appartient de montrer la voie à suivre, a affirmé avec force le président Röpke.

 

Participation du CESE à la CSW68

Le CESE fera partie d’une délégation de l’Union européenne que représente la présidence de l’UE. Il aura un rôle d’observateur aux côtés du Parlement européen. Aux côtés de son président, la délégation du CESE sera composée des membres suivants: Christa Schweng, Mariya Mincheva, Cinzia del Rio, Maria Nikolopoulou, Chiara Corazza et Sif Holst, qui préside le groupe «Égalité» du CESE.

Pendant le déroulement de l’UNCSW, le président Röpke tiendra plusieurs réunions bilatérales pour présenter la position, les réalisations et les demandes de la société civile européenne sur ce sujet crucial.

  • Le 13 mars, le président Röpke rencontrera Helena Dalli, commissaire européenne chargée de l’égalité, ainsi qu’un groupe d’ONG européennes et de députés au Parlement danois.
  • Le 14 mars, le président Röpke rencontrera Pramilla Patten, représentante spéciale des Nations unies sur la violence sexuelle en période de conflit, Kitty van der Heijden, directrice exécutive adjointe de l’UNICEF, et Carlien Scheele, directrice de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE).
  • Le 15 mars, le président Röpke rencontrera Felipe Paullier, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé de la jeunesse, et Katarzyna Kotula, ministre polonaise de l’égalité entre les hommes et les femmes.

 

Contexte général

En 2022, quelque 95,3 millions de personnes dans l’Union étaient menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale, ce qui équivaut à 21,6 % de sa population. Ce risque est plus élevé pour les femmes que pour les hommes (22,7 % des femmes contre 20,4 % des hommes).

Selon les chiffres des Nations unies, une femme sur dix dans le monde vit dans l’extrême pauvreté. Les projections font apparaître que, si nous échouons à enrayer les évolutions actuelles, quelque 342,4 millions de femmes et de filles n’auront pas pu s’extraire de l’extrême pauvreté d’ici à 2030. Une enveloppe supplémentaire de 360 milliards de dollars est nécessaire pour atteindre l’ODD 5 relatif à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’émancipation des femmes.

Downloads

  • EESC Declaration: A gender lens on poverty

Contact

Séamus BOLAND

European Economic and Social Committee 

rue Belliard/Belliardstraat 99-101 1040 Brussels Belgium

Tel (secretariat): +32 (0)2 546 97 25 - Email (secretariat)

Media Contact

For press and media inquiries, please contact the President's Spokesperson