Une stratégie alimentaire durable «de la ferme à la table»

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Informations pratiques


Contexte

La stratégie «de la ferme à la table» a été présentée comme une composante essentielle du pacte vert pour l’Europe, avec pour objectif général de «concevoir un système alimentaire juste, sain et respectueux de l’environnement»[1]. Elle vise à contribuer à l’action conduite par l’Europe dans le domaine du changement climatique, à la protection de l’environnement et à la préservation de la biodiversité. Elle vise également à asseoir la position des agriculteurs et des pêcheurs dans la chaîne de valeur, à encourager une consommation alimentaire durable et à promouvoir une alimentation saine à des prix abordables pour tous.

Pour ce qui concerne son champ d’application, la Commission indique dans sa communication sur le pacte vert que la stratégie portera sur chacun des maillons de la chaîne alimentaire, de la production et du traitement jusqu’à la commercialisation, à la consommation et au commerce international. L’objectif de la stratégie est de changer la manière dont nous produisons et nous consommons, sans faire de compromis sur la sécurité, la qualité ou le prix abordable des denrées alimentaires. Cette stratégie sera la première de l’Union européenne à englober l’intégralité de la chaîne alimentaire.

Le CESE se félicite de l’annonce de la stratégie, qui offre une occasion cruciale de parvenir à des systèmes alimentaires plus durables, d’apporter une réponse cohérente et décisive à certaines inquiétudes exprimées par la société concernant la biodiversité, le changement climatique, la santé, les revenus de tous les travailleurs tout au long de la chaîne alimentaire.

Des approches intégrées de la gouvernance publique sont essentielles pour instaurer une série de mesures obligatoires (réglementations et taxes) et de mesures d’incitation (majoration de prix, accès au crédit, aux ressources et à l’assurance) qui soutiennent les transitions vers des systèmes alimentaires durables dans l’Union. La stratégie «de la ferme à la table» devrait définir des objectifs généraux pour les systèmes alimentaires de l’Union et garantir l’alignement des différentes politiques sectorielles sur ces objectifs. Dit autrement, la stratégie «de la ferme à la table» devrait prévoir des mesures cohérentes, qui se renforcent mutuellement, pour mener à bien la transition vers des systèmes alimentaires durables, dans l’Union comme ailleurs.

Une politique alimentaire globale de l’Union européenne devrait: 1) être durable sur le plan environnemental, socioculturel et économique; 2) être intégrée dans tous les secteurs, domaines d’action et niveaux de gouvernance; 3) inclure tous les domaines de la société; et 4) asseoir des conditions de travail équitables tout au long de la chaîne. Elle devrait être conçue de manière à réaligner et à harmoniser les instruments existants des politiques de l’Union, introduisant ainsi plus de cohérence dans les différents domaines d’action liés à l’alimentation (agriculture, commerce, environnement, développement, éducation, sécurité alimentaire, etc.). Toutes les parties prenantes de la chaîne d’approvisionnement alimentaire ont un rôle à jouer dans l’élaboration d’un cadre global, afin d’assurer une répartition équitable tout au long de la chaîne.

Le CESE a préconisé l’élaboration de nouvelles lignes directrices pour une alimentation durable qui prendraient en compte les différences culturelles et géographiques entre les États membres, mais aussi en leur sein. Des lignes directrices pour une alimentation durable contribueraient à fixer un cap plus clair pour les exploitations agricoles, les transformateurs, les distributeurs et la restauration, et le système agroalimentaire bénéficierait d’un nouveau «cadre» pour produire, transformer, distribuer et vendre des denrées alimentaires plus saines et plus durables, à un prix plus juste[2].

Sans un alignement des politiques commerciales sur les objectifs de la transition écologique et climatique, nous ne serons pas en mesure de convaincre les acteurs économiques d’opérer les changements nécessaires, car ils seront confrontés à un dumping de l’étranger. Les mêmes exigences devraient donc être imposées aux produits européens et à ceux qui sont importés.

Il faut encourager les politiques de transparence tout au long de la chaîne d’approvisionnement dans son intégralité, de la production jusqu’aux étapes finales après la consommation, comme un moyen de maximiser la confiance des consommateurs.

 


[2]            JO C 190 du 5.6.2019, p. 9.

 


[1]            COM(2019) 640 final.