You are here

Promotion de régimes alimentaires sains et durables dans l’Union européenne (avis d’initiative)

Avis du CESE: Promotion de régimes alimentaires sains et durables dans l’Union européenne (avis d’initiative)

Points clés

  • Comme de multiples preuves l’attestent sans cesse davantage, l’heure est venue d’accélérer la mise en œuvre d’un changement radical. Le CESE met en évidence la dynamique politique qui porte désormais les actions menées, par exemple la décennie d’action pour la nutrition proclamée par les Nations unies, la mise en œuvre des objectifs de développement durable des Nations unies, l’accord de Paris sur le changement climatique et les nouvelles propositions sur l’avenir de la politique agricole commune. L’on observe également la multiplication des données scientifiques attestant l’urgence de transformer les systèmes alimentaires en Europe et dans le monde, par exemple dans les rapports émis par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la commission EAT-Lancet, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale et le partenariat InterAcademy.
  • Le CESE prend acte des initiatives existantes de la Commission visant à promouvoir des régimes alimentaires sains et durables et il soutient ces démarches, par exemple l’inclusion dans la dernière proposition de réforme de la PAC de dispositions visant à améliorer la réponse du secteur agricole européen aux attentes de la société concernant l’alimentation et la santé, notamment en matière d’alimentation saine, nutritive et durable, de gaspillage alimentaire et de bien-être animal. Une approche coordonnée de ces initiatives fait néanmoins défaut.
  • La complexité des interactions entre l’alimentation, la santé, l’environnement et la société nécessite d’adopter une approche plus globale des régimes alimentaires, au-delà du seul aspect du comportement des consommateurs. Afin d’en assurer la cohésion et de faire coïncider les objectifs, le CESE préconise l’élaboration de nouvelles lignes directrices pour une alimentation durable, prenant en compte les différences culturelles et géographiques entre les États membres mais aussi en leur sein.
  • De nouvelles lignes directrices pour une alimentation durable contribueraient à fixer un cap plus clair pour les exploitations agricoles, les transformateurs, les distributeurs et les prestataires de services alimentaires. Le système agroalimentaire bénéficierait d’un nouveau «cadre» au sein duquel produire, transformer, distribuer et vendre des denrées alimentaires plus saines et plus durables, à un prix plus juste.
  • Le CESE réclame la création d’un groupe d’experts chargé d’élaborer des lignes directrices pour une alimentation durable à l’échelle européenne dans un délai de deux ans. Celui-ci devrait rassembler des organes professionnels et scientifiques compétents dans les domaines de la nutrition, de la santé publique, de l’alimentation et des sciences sociales et environnementales. Le CESE se tient prêt à participer aux travaux d’un tel groupe d’experts afin de lui apporter la contribution des organisations de la société civile, en particulier par l’intermédiaire de son groupe d’étude temporaire sur des systèmes alimentaires durables.
  • Le CESE rappelle l’importance d’investir dans l’éducation à des régimes alimentaires durables dès le plus jeune âge, afin d’aider les jeunes à apprécier la «valeur de l’alimentation». Il convient d’accorder une attention particulière aux groupes vulnérables, en particulier les personnes à bas revenus.
  • Le CESE souligne qu’une approche européenne commune de l’étiquetage des denrées alimentaires, reflétant les lignes directrices pour une alimentation durable, améliorerait la transparence et découragerait l’utilisation indue de matières premières à bas prix, qui sont à la fois néfastes pour la santé et non durables (par exemple les acides gras trans, l’huile de palme et les sucres en quantité excessive). Les consommateurs bénéficieraient d’une extension de l’étiquetage alimentaire aux aspects environnementaux et sociaux. Cette démarche contribuerait à orienter leurs choix vers des options plus saines et plus durables.
  • En plus d’aider le secteur commercial, des lignes directrices pour une alimentation durable fourniraient aussi des critères communs et clairs, applicables dans le cadre des marchés publics. L’Europe doit inscrire l’alimentation au cœur d’un dispositif de marchés publics écologiques. Dans ce contexte, le CESE demande que la révision des critères appliqués par l’Union dans le cadre des marchés publics écologiques pour des services d’alimentation et de restauration soit adoptée sans plus attendre.
  • Le droit de la concurrence ne devrait pas constituer un obstacle au développement de lignes directrices pour une alimentation durable.
  • Le CESE souligne qu’il y a lieu d’envisager l’utilisation de toute la palette des outils de gouvernance publique comme des instruments au service des politiques, afin de décourager la production et la consommation de denrées alimentaires néfastes pour la santé et de promouvoir des habitudes alimentaires saines. L’externalisation des coûts occasionnés par des régimes alimentaires non durables représente une charge «cachée» pour la société, l’économie et l’environnement, qu’il convient de réduire ou d’internaliser. Le CESE réclame des stratégies d’action appropriées afin de mettre en œuvre des lignes directrices pour une alimentation durable, en mettant tout particulièrement l’accent sur les avantages partagés pour les agriculteurs et les entreprises.