Le cadre d'action de Hyogo post-2015: gérer les risques pour parvenir à la résilience

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Le CESE considère hautement pertinent et nécessaire que l'UE adopte une position en matière de réduction du risque de catastrophes (RRC) dans la perspective de la révision du cadre d'action de Hyogo (CAH) en 2015. La coïncidence avec d'autres initiatives post-2015 en matière de développement (définition des Objectifs de développement durable post-2015) ou de changement climatique rend cette position plus importante encore. Dans ce contexte, le CESE souligne la nécessité de garantir une plus grande cohérence dans l'UE et une position internationale dans ces trois domaines, y compris la définition d'objectifs et d'indicateurs communs ou cohérents. Le CESE se dit prêt à continuer à contribuer à ce processus.

Concernant la gestion des risques de catastrophes (GRC), le CESE est convaincu qu'il convient d'accorder une plus grande attention aux facteurs sous-jacents du risque et aux causes profondes des catastrophes. Parmi les facteurs sous-jacents figurent le développement urbain non planifié, la vulnérabilité des moyens de subsistance en milieu rural et les écosystèmes en déclin. Il est prouvé, par ailleurs, que la violence dans des contextes urbains marginaux, le manque de gouvernance, les différentes typologies de conflits, entre autres éléments de nature humaine, aggravent les catastrophes et devraient être pris en compte. Le CESE est également convaincu que le CAH post-2015 doit accorder davantage d'importance aux manifestations de "risque extensif" telles que les inondations, les incendies et les glissements de terrain, qui occasionnent le plus grand nombre de pertes humaines et économiques et ont le plus grand impact sur le quotidien de millions d'êtres humains et de communautés à travers la planète.

L'expérience montre que les initiatives locales ou ayant une approche locale sont celles qui sont les plus à même d'atteindre les groupes vulnérables. Le CESE préconise par conséquent d'encourager les approches de gestion du risque associant, outre les autorités locales, les organisations de la société civile, les partenaires sociaux et les groupes régulièrement exclus. Cela suppose de se diriger vers des systèmes de gouvernance locale du risque, permettant de concrétiser les actions et les mécanismes institutionnels nécessaires. Les entreprises et le secteur privé devraient aussi jouer un rôle important en matière de RRC, non seulement à travers des partenariats public-privé ou de la responsabilité sociale des entreprises, en apportant innovation et expérience, mais aussi en incluant des notions de résilience, d'atténuation et d'adaptation à l'ensemble du processus de production.

Le CESE estime que l'approche fondée sur les personnes, leurs droits, l'équité, le droit à la protection mais aussi le droit au développement durable comprenant la viabilité environnementale, devrait être inscrite comme principe avec plus de force dans le CAH post-2015. Les questions liées au genre, les approches fondées sur les droits et les groupes vulnérables doivent faire partie de l'ensemble d'indicateurs de suivi du CAH post-2015 et des mécanismes de responsabilisation à établir.

Le CESE considère qu'il y a lieu d'analyser plus en profondeur l'impact économique et social des catastrophes, y compris des questions telles que les coûts en termes d'emploi, de conditions de travail et de travail décent, d'effet sur les entreprises et le tissu productif, etc. Il conviendrait aussi de s'intéresser davantage à des éléments tels que les infrastructures productives.

La vue d'ensemble des catastrophes au sein de l'UE repose sur les données directement exploitables de seize États membres à peine. Aussi le CESE exhorte les États membres qui ne l'ont pas encore fait à fournir des données ventilées sur les catastrophes et les effets de celles-ci sur leurs territoires afin de permettre de poser un diagnostic plus complet et précis de la situation dans l'UE.

Tout en se félicitant de ce que plusieurs États membres aient mis en place des mécanismes d’évaluation par les pairs, le CESE est convaincu qu'il y a lieu d'évoluer, à moyen terme, vers des systèmes de responsabilisation plus exigeants.

Le CESE est convaincu de la nécessité que le CAH 2015 reste volontaire par nature; toutefois, il considère important que ce cadre mette l'accent sur les systèmes de responsabilisation et de transparence à travers un ensemble d'indicateurs reconnus à l'échelle internationale. Ces indicateurs doivent aller au-delà des aspects purement techniques et inclure des dimensions de nature sociale.

En matière de financement, le CESE est d'avis qu'il y a lieu d'établir un pourcentage minimum souhaitable pour le financement d'actions de RRC dans la politique de développement et humanitaire de l'UE.

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