Bienvenue à «The Grassroots View», le podcast du Comité économique et social européen (CESE). À l’approche des élections européennes de 2024, nous nous penchons sur les espoirs et les préoccupations de trois groupes dont la voix est souvent négligée par les décideurs politiques: les personnes handicapées, les personnes âgées et les jeunes.

Bienvenue à «The Grassroots View», le podcast du Comité économique et social européen (CESE). À l’approche des élections européennes de 2024, nous nous penchons sur les espoirs et les préoccupations de trois groupes dont la voix est souvent négligée par les décideurs politiques: les personnes handicapées, les personnes âgées et les jeunes. 

Nous avons invité: Milan Šveřepa, président d’Inclusion Europe, qui nous parle de l’accessibilité des élections européennes de 2024; Nina Skočak, jeune militante et influenceuse, qui nous expose les enjeux pour les jeunes; et Heidrun Mollenkopf, présidente d’AGE, une plateforme de défense des personnes âgées, qui nous explique si ces dernières se sentent associées aux débats électoraux ou, au contraire, rejetées et ignorées par les responsables politiques. Laurențiu Plosceanu, vice-président du CESE chargé de la communication, évoque les efforts déployés par le Comité pour faire porter la voix de la société civile toujours plus loin, en veillant à ce que les personnes les plus vulnérables ne soient pas marginalisées ou laissées pour compte. 

Écoutez notre podcast, faites usage de votre vote et exprimez-vous librement. Façonnez l’Europe que vous voulez!

Par Cillian Lohan 

La libre circulation des personnes dans l’ensemble de l’Union européenne apporte de nombreux avantages à toutes les personnes concernées. Celle des jeunes est particulièrement importante, car elle leur permet de toucher à différentes cultures en Europe et d’expérimenter le mode de vie d’autres pays européens. Elle leur permet également de comprendre que nous avons beaucoup en commun. Se rendre dans un autre pays pour y travailler ou étudier nous aide tous à comprendre notre humanité commune. Indépendamment de notre langue, de notre régime alimentaire ou de notre climat, nous partageons tant de choses: les relations avec la famille et les amis, les espoirs et les combats, les défis et les opportunités.

Par Cillian Lohan 

La libre circulation des personnes dans l’ensemble de l’Union européenne apporte de nombreux avantages à toutes les personnes concernées. Celle des jeunes est particulièrement importante, car elle leur permet de toucher à différentes cultures en Europe et d’expérimenter le mode de vie d’autres pays européens. Elle leur permet également de comprendre que nous avons beaucoup en commun. Se rendre dans un autre pays pour y travailler ou étudier nous aide tous à comprendre notre humanité commune. Indépendamment de notre langue, de notre régime alimentaire ou de notre climat, nous partageons tant de choses: les relations avec la famille et les amis, les espoirs et les combats, les défis et les opportunités. 

Ce sont ces échanges entre pays qui créent une société où les adultes font preuve de compassion et de compréhension à l’égard d’autrui. Nous ne considérons plus nos voisins européens comme des étrangers, mais comme des amis. 

Nous ne devons pas sous-estimer à quel point ce phénomène contribue au maintien de la paix et de la stabilité sur notre continent. La circulation des jeunes est la pierre angulaire d’une coopération et d’une collaboration permanentes.

C’est dans ce contexte que j’ai proposé un avis d’initiative sur la mobilité des jeunes et les relations entre les jeunes dans l’Union européenne après le Brexit. J’ai travaillé avec mes collègues, personnel et membres du Comité, pour réaliser une large consultation des groupes concernés. Nous avons ainsi tenu des réunions en ligne ou en présentiel, diffusé des enquêtes et échangé des courriels, avec des représentants aussi bien de l’UE que du Royaume-Uni. Notre travail a reçu un franc soutien lors de la session plénière du CESE, où il a recueilli un vote massif en sa faveur. 

Les institutions européennes ont réagi en proposant une large offre de programmes de mobilité améliorés pour les jeunes au Royaume-Uni. Le Royaume-Uni a rejeté dans un premier temps ces propositions, mais nous continuerons à œuvrer pour montrer les avantages qu’elles présentent pour toutes les parties.

Nous précisons que les étudiants universitaires ou les étudiants à temps plein ne sont pas les seuls à bénéficier de programmes tels qu’Erasmus+ ou le fonds «Creative Europe». Ce type d’initiatives de l’UE permet aux jeunes de tous horizons d’accéder à des programmes d’échange et à des expériences qui, à défaut, seraient difficilement à leur portée.

Il est possible de calculer le coût et le rendement financier de ces programmes dans une logique purement comptable, mais il ne s’agit là que d’un aspect de leur valeur. La vraie valeur de la mobilité et des échanges réside dans le partage d’expériences et la compréhension mutuelle. Un continent dynamique et multiculturel nécessite des interactions et la circulation des personnes. Au CESE, nous continuerons à plaider en ce sens. Pour mettre en pratique ce que nous préconisons, et pour montrer l’exemple, nous continuons à travailler avec la société civile britannique. 

Nous avons conclu des protocoles d’accord avec l’Alliance de la société civile britannique et avec le Forum consultatif écossais sur l’Europe (SAFE) (en collaboration avec Irene Oldfather, une ancienne membre du CESE). Nous poursuivrons ces travaux et les consoliderons. Le secteur de la jeunesse a montré qu’il pouvait jouer un rôle moteur en temps de crise, notamment dans le domaine de l’action pour le climat. Œuvrons ensemble au niveau institutionnel afin de lui fournir tous les outils nécessaires pour développer son travail et pour exploiter le pouvoir des jeunes au service d’un avenir meilleur pour tous.

Stratégie industrielle de défense européenne

Document Type
AS
Adopté on 18/09/2024
Référence
SOC/810-EESC-2024
Workers - GR II
Lithuania
Session plénière
590
-

Le CESE soutient les efforts visant à favoriser les programmes conjoints entre les établissements d’enseignement supérieur  dans le cadre et au-delà des projets de l’alliance «université européenne», en garantissant l’assurance de la qualité et en associant toutes les parties prenantes concernées à leur mise en œuvre. Il souligne la nécessité d’une vaste collaboration entre les parties prenantes afin de mettre efficacement en œuvre les initiatives, en insistant tout particulièrement sur les valeurs fondamentales de la participation des étudiants et du personnel à la suite du processus de Bologne. Le CESE demande que les acteurs concernés du marché du travail soient associés à la définition de programmes d’études qui présentent un intérêt particulier pour le marché du travail. Il souligne la nécessité de disposer de ressources suffisantes pour mettre efficacement en œuvre ces initiatives.

  • SOC/810 CR
Download — Avis du CESE: Un diplôme européen commun
Propositions pour la prochaine législature
Event type
Debate

L’union des marchés des capitaux (UMC) est une initiative lancée en 2014 dans le but de créer un marché unique des capitaux dans l’UE. Malgré des efforts concertés en faveur d’une plus grande intégration des marchés des capitaux, tels que les plans d’action 2015 et 2020, l’UMC reste incomplète. Pourtant, les développements récents offrent l'espoir d'un nouvel élan. La déclaration de l’Eurogroupe en configuration ouverte sur l’avenir de l’UMC et le rapport «Beaucoup plus qu’un marché», d’Enrico Letta, présentent de nouvelles propositions sur la manière d’intégrer davantage les marchés financiers dans l’UE et de stimuler l’investissement. Dans ce contexte, ce débat public réunira des acteurs institutionnels et des acteurs de la société civile pour faire le point sur les évolutions actuelles et discuter de solutions politiques pour la prochaine législature.  

Programme pour l’industrie européenne de la défense

Document Type
AS

Par Stefano Mallia, président du groupe des employeurs du Comité économique et social européen

Compte tenu de l’expérience accumulée ces deux dernières décennies, et après sept vagues d’élargissement depuis le début du projet européen, il serait probablement opportun de célébrer l’anniversaire de l’élargissement «big bang» de 2004 en se basant sur des faits et des chiffres, afin de dépassionner les débats avant les élections européennes de juin.

Par Stefano Mallia, président du groupe des employeurs du Comité économique et social européen

Compte tenu de l’expérience accumulée ces deux dernières décennies, et après sept vagues d’élargissement depuis le début du projet européen, il serait probablement opportun de célébrer l’anniversaire de l’élargissement «big bang» de 2004 en se basant sur des faits et des chiffres, afin de dépassionner les débats avant les élections européennes de juin.

La guerre en Ukraine, qui est déjà dans sa troisième année, a replacé la question de l’élargissement au premier rang des priorités géopolitiques européennes. Le statut de pays candidat qui a été rapidement accordé à l’Ukraine, à la Moldavie, à la Bosnie-Herzégovine et à la Géorgie, ainsi que les négociations d’adhésion qui ont enfin été ouvertes avec la Macédoine du Nord et l’Albanie, constituent des avancées positives pour une politique qui était restée au point mort pendant des années.

Pour faire en sorte que ce nouvel élan garde le cap, nous devrions clarifier les arguments économiques en faveur de l’élargissement.

Bien entendu, la démocratisation et l’état de droit sont des principes intangibles, tout comme l’approche fondée sur le mérite du processus d’élargissement, interdisant les raccourcis. Mais, au bout du compte, les citoyens doivent être rassurés quant aux gains économiques et à la prospérité que ce processus pourrait apporter à la prochaine génération d’Européens.

En admettant que le passé donne quelques indications pour l’avenir, nous pouvons affirmer avec certitude que les arguments économiques sont irréfutables. Au cours du processus officiel de préadhésion (de 1994 à 2004), les échanges commerciaux entre les anciens et les nouveaux États membres ont presque triplé, et ils ont quintuplé entre les nouveaux États membres eux-mêmes. L’Union, qui était alors l’UE-15, a enregistré en moyenne une croissance de 4 % par an entre le début du processus d’adhésion et 2008, ledit processus d’adhésion contribuant à la moitié de cette croissance, avec la création de 3 millions d’emplois entre 2002 et 2008.

La pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine ont démontré que l’Union doit repenser sa résilience économique, en particulier dans le contexte des transitions écologique et numérique. Le plan REPowerEU prévoit une montée en puissance de la production européenne d’énergie renouvelable. Le règlement pour une industrie «zéro net» et la législation européenne sur les matières premières critiques demandent que 40 % des chaînes de valeur vertes et des matières premières soient canalisées vers l’Union. Les pays candidats à l’adhésion à l’Union, en particulier l’Ukraine, peuvent jouer un rôle important à cet égard en améliorant la sécurité économique.

En ce qui concerne les ressources naturelles, l’Ukraine détient les plus grandes réserves de gaz en Europe après la Norvège. Le pays est aussi, quantitativement, un des plus gros producteurs d’hydroélectricité en Europe et pourrait encore accroître sa production, de même que celle issue d’autres sources d’énergie verte, telles que l’énergie éolienne, l’énergie solaire et la biomasse. L’Ukraine a également été un important exportateur de métaux et abrite des gisements de lithium et de terres rares, qui sont essentiels pour les industries verte et numérique.

Dans le même temps, le secteur agricole ukrainien est l’un des plus importants au monde. Son intégration dans le marché unique renforcerait la sécurité alimentaire de l’Union de manière considérable.

Les avantages pour les pays des Balkans occidentaux d’une participation accrue au marché unique sont également très clairs. À titre indicatif, le PIB de la Croatie n’a cessé d’augmenter depuis son adhésion à l’Union en 2013, ce qui s’est traduit par des revenus plus élevés pour ses citoyens, avec une augmentation moyenne du PIB par habitant de 67 % (il est passé de 10 440 EUR en 2013 à plus de 17 240 EUR).

La voie vers l’adhésion à l’Union pour jusqu’à neuf nouveaux pays sera compliquée, mais il n’y a pas d’autre solution: si l’Union entend être une puissance mondiale, elle doit d’abord en être une au niveau régional. 

Par Pat Cox

Notre invité spécial, Pat Cox, ancien président du Parlement européen, se souvient du grand élargissement qui a eu lieu il y a vingt ans comme d’un moment marqué par un espoir remarquable, lorsque le continent a enfin pu recouvrer sa plénitude en réunissant ses deux flancs que sont l’Est et l’Ouest. Et alors que le mythe d’une fraternité slave est invoqué par Vladimir Poutine au son des explosions de missiles balistiques, l’UE demeure une union volontaire de peuples libres et souverains, fondée sur les valeurs fondamentales que sont le respect des droits de l’homme, l’égalité et l’état de droit.

Par Pat Cox

Notre invité spécial, Pat Cox, ancien président du Parlement européen, se souvient du grand élargissement qui a eu lieu il y a vingt ans comme d’un moment marqué par un espoir remarquable, lorsque le continent a enfin pu recouvrer sa plénitude en réunissant ses deux flancs que sont l’Est et l’Ouest. Et alors que le mythe d’une fraternité slave est invoqué par Vladimir Poutine au son des explosions de missiles balistiques, l’UE demeure une union volontaire de peuples libres et souverains, fondée sur les valeurs fondamentales que sont le respect des droits de l’homme, l’égalité et l’état de droit.

À mes yeux, la manifestation organisée à Dublin par la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne le 1er mai 2004 et la cérémonie de bienvenue au Parlement européen qui s’est tenue à Strasbourg, le 3 mai 2004, se distinguent politiquement mais aussi émotionnellement comme des journées marquées par une positivité et un espoir remarquables et comme des actes symboliques de retour aux origines, de réunification et de plénitude du continent fort de ses deux flancs que sont l’Est et l’Ouest. À Dublin, Seamus Heaney a lu son poème intitulé Beacons at Bealtaine («Feux du premier mai»), exprimant l’optimisme sous-jacent que cet élargissement historique puisse permettre «Que les lèvres et les esprits se meuvent pour faire flamboyer des significations neuves». À Strasbourg, les dix drapeaux nationaux des nouveaux États membres étaient hissés sur d’immenses hampes fabriquées dans les chantiers navals de Gdańsk et offertes par la Pologne. Leur acheminement vers Strasbourg rappelait symboliquement le passage du communisme à la liberté, qu’incarnait la présence de Lech Wałęsa.

Bien entendu, pour tous, l’événement fut l’aboutissement d’un processus long et complexe de préparation mutuelle qui s’est étendu sur de longues années. Il y a eu de la joie, mais aussi le soulagement d’avoir atteint la ligne d’arrivée de ce qui fut un marathon politique et procédural pour tous ceux qui y ont pris part.

Je pense qu’au cours des cinq dernières décennies, l’élargissement a peut-être été l’instrument politique le plus puissant, le plus transformateur et le plus efficace de l’UE. Lorsque l’Irlande, mon propre pays, a rejoint l’Union le 1er janvier 1973, lors de son premier élargissement, elle était la plus pauvre parmi les États et régions de la Communauté économique européenne de l’époque. L’accès à un vaste marché, associé à la solidarité de l’UE grâce aux fonds régionaux et ultérieurement aux fonds de cohésion durant les premières décennies d’adhésion, des normes plus élevées en matière d’égalité entre les hommes et les femmes et de politique environnementale, le soutien au processus de paix en Irlande du Nord et la reconnaissance des conséquences extrêmement difficiles pour l’Irlande du Brexit, seul État de l’Union partageant une frontière terrestre avec le Royaume-Uni, sont autant d’éléments qui se cumulent pour engendrer une expérience et des résultats particulièrement positifs. Le parcours n’a pas toujours été simple, notamment pendant la crise de la zone euro, mais somme toute, il s’avère très positif.

Bien que je respecte, tout en la déplorant, la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union, elle prouve clairement une chose: l’Union européenne est une union volontaire de peuples libres et souverains — on est libre de s’y joindre et libre de la quitter. Nous sommes aux antipodes de la guerre néo-impériale que Vladimir Poutine a choisi de mener contre l’Ukraine, où son mythe de fraternité slave est quotidiennement martelé au son du canon des fusils, des explosions de missiles balistiques et à l’aide de drones qui sèment la mort.

L’adhésion de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne a aidé ces pays à parachever le processus qui leur a permis de redevenir des démocraties après la dictature, tout en améliorant le niveau de vie et la qualité de celle-ci.

Le grand élargissement qui a eu lieu il y a vingt ans a offert une croissance spectaculaire aux nouveaux États membres, en particulier à ceux d’Europe centrale et orientale, grâce à une forte augmentation des investissements, des échanges commerciaux et de la solidarité de l’UE. En moyenne, leur PIB par habitant, corrigé de l’inflation et de la devise, est passé en deux décennies de moins de la moitié de la moyenne de l’UE à trois quarts de cette moyenne, qui a elle-même connu une hausse. Le PIB par habitant de la Lituanie a triplé au cours de cette période. La santé s’est améliorée, tout comme l’éducation, ce qui a permis de faire progresser à la fois la qualité et le niveau de vie. La production agricole dans l’ensemble de la région a doublé. En résumé, comme lors de tous les élargissements précédents, les résultats se sont avérés bénéfiques pour tous, tant pour les États adhérents que pour l’UE. Par conséquent, s’agissant du mécanisme d’élargissement, je suis optimiste. Mais pas naïf.

Les événements survenus en Pologne ces dernières années et la situation qui persiste en Hongrie montrent à quel point un dérapage par rapport aux normes de l’UE en matière d’état de droit, de liberté des médias ou de respect des droits des minorités signifie que les pays concernés adhèrent à l’UE en tant que vecteur de prospérité, mais la rejettent en tant que communauté de valeurs partagées. Le Premier ministre hongrois affirme fièrement que son pays est une démocratie illibérale. Quelle que soit la marge d’interprétation dont on peut disposer en ce qui concerne l’article 2 du traité sur l’Union européenne, il ne fait aucun doute que la démocratie qui y est évoquée est tout sauf illibérale. («L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes.»)

Ces dispositions faisaient partie de l’accord d’adhésion à l’UE, sont inscrites dans tous les traités d’adhésion et ont été approuvées par chaque État adhérent. La formule «gardez vos valeurs mais donnez-nous de l’argent» ne constitue pas une base durable pour le respect mutuel; il convient de ne pas perdre de vue cet aspect dans les négociations avec les pays candidats actuels qui cherchent à se frayer un chemin vers une éventuelle adhésion à l’UE. Je pense que les critères de Copenhague devraient jouer un rôle plus fondamental dans les négociations à venir, peut-être grâce à des clauses du traité d’adhésion qui doteraient l’UE d’une capacité plus solide afin de défendre les droits et les valeurs contre d’éventuelles violations. L’UE n’est pas seulement un marché, et bien qu’ils soient souhaitables, les progrès matériels ne sont pas sa seule raison d’être, ni même sa raison d’être essentielle.

Cela étant dit, le bilan des élargissements qui ont eu lieu jusqu’à présent s’avère principalement profitable à tous les acteurs concernés, et ce processus doit être abordé dans un esprit positif. Les pays candidats devront subir d’importantes transformations, chacun à son propre rythme. L’UE doit également fournir des efforts en ce qui concerne son processus décisionnel et sa capacité budgétaire à absorber les nouveaux États membres, ainsi qu’en ce qui concerne l’aide de préadhésion. Après l’octroi du statut de pays candidat et à l’issue de l’examen analytique, les cadres de négociation, l’ouverture et la clôture des négociations chapitre par chapitre ainsi que les éventuels traités d’adhésion requièrent l’unanimité du Conseil. Aucune de ces étapes n’est simple ou facile. On espère que tous les États membres respecteront le principe de «coopération loyale» pour s’assister mutuellement dans l’accomplissement des missions découlant des traités (article 4, paragraphe 3, du traité UE).

Le cas de l’Ukraine est particulièrement complexe au vu de sa taille, de la part relative qu’occupe l’agriculture dans son PIB par rapport à la moyenne de l’UE et de son taux comparatif de pauvreté basé sur le PIB par habitant, et bien sûr en raison de la guerre et de ses conséquences dévastatrices. Les négociations peuvent débuter. L’Ukraine est déjà sur la voie de l’intégration grâce à l’accord d’association et à l’accord de libre-échange approfondi et complet qu’elle a conclus avec l’UE. Ces accords pourraient s’étendre progressivement au fil du temps, mais, à terme, la stabilité du résultat territorial et de la paix — à laquelle l’adhésion à l’UE peut contribuer — constitueront une condition préalable essentielle à l’adhésion. Sur son flanc oriental, l’Union a besoin de stabilité et non de chaos, et l’objectif consistant à accueillir l’Ukraine à terme est dans l’intérêt de tous, de l’UE comme de l’Ukraine.

Pat Cox, ancien président du Parlement européen de 2002 à 2004

Pat Cox est un homme politique et journaliste irlandais. Il a présidé le Parlement européen de 2002 à 2004, puis le Mouvement européen international (2005-2011). Depuis 2015, il dirige la Fondation Jean Monnet pour l’Europe.  Il est également coordinateur européen pour le corridor du réseau central TEN (transport) Scandinavie-Méditerranée (UE) et chef de la mission d’évaluation des besoins et de mise en œuvre menée par le Parlement européen dans le cadre de la réforme parlementaire de la Verkhovna Rada en Ukraine. Au début de sa carrière, il a travaillé en tant que présentateur de journal télévisé sur la chaîne RTE à Dublin. En 2004, M. Cox s’est vu décerner le prix international Charlemagne d’Aix-la-Chapelle pour son engagement parlementaire en faveur de l’élargissement de l’Union européenne.

Lors de sa session plénière du 25 avril, le CESE a approuvé l’accord établissant un organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques. Ce nouvel accord a été officiellement signé le 15 mai par les représentants des institutions et organes de l’UE participants. Il devrait entrer en vigueur le 6 juin, premier jour du scrutin européen.

Lors de sa session plénière du 25 avril, le CESE a approuvé l’accord établissant un organe interinstitutionnel chargé des normes éthiques. Ce nouvel accord a été officiellement signé le 15 mai par les représentants des institutions et organes de l’UE participants. Il devrait entrer en vigueur le 6 juin, premier jour du scrutin européen.

L’accord constitue une étape importante vers le renforcement d’une culture commune d’intégrité et d’éthique.

Le nouvel organe de l’UE élaborera, mettra à jour et interprétera des normes minimales communes en matière de conduite éthique et publiera des rapports sur la manière dont ces normes ont été prises en compte dans les règles internes de chaque institution et organe de l’UE participant.

Outre le CESE, sept institutions et organes de l’Union participeront au nouvel organe chargé des normes éthiques, à savoir le Parlement européen, le Conseil de l’UE, la Commission européenne, la Cour de justice de l’Union européenne, la Banque centrale européenne, la Cour des comptes européenne et le Comité européen des régions.

Chaque instance participante sera représentée par un membre de haut niveau et la présidence de l’organe fera l’objet d’une rotation annuelle entre les institutions.

Cinq experts indépendants soutiendront les travaux de l’organe en émettant des avis sur demande. Toute partie à l’accord pourra les consulter sur les déclarations écrites normalisées individuelles, y compris les déclarations d’intérêts. (mp)