La culture, pierre angulaire de la démocratie et de la résilience européennes, selon le CESE

Le Comité économique et social européen (CESE) a tenu un débat de haut niveau qui a mis en avant que la culture n’est pas un luxe, mais un atout stratégique pour la démocratie, la cohésion sociale et la résilience économique de l’Europe. Les divers intervenants ont appelé à reconnaître plus fortement la culture au niveau politique et à réaliser des investissements soutenus pour transformer l’ambition en action.

À l’occasion de sa session plénière d’avril, le CESE a accueilli Glenn Micallef, commissaire à l'équité intergénérationnelle, à la jeunesse, à la culture et au sport, qui a souligné l’ambition stratégique qui sous-tend la «boussole culturelle pour l’Europe» et s’est félicité de la contribution du CESE.

Ont notamment participé au débat les personnalités suivantes: Nela Riehl, députée au Parlement européen, où elle préside la commission de la culture et de l’éducation (CULT); Tanja Hristova, membre du Comité européen des régions (CdR), vice-présidente de sa commission de la politique sociale, de l’éducation, de l’emploi, de la recherche et de la culture (SEDEC), et également rapporteure de l’avis du CdR sur la boussole culturelle pour l’Europe; et enfin Lars Ebert, secrétaire général de l’organisation Culture Action Europe.

Séamus Boland, président du CESE, a souligné que, même en cette période d’incertitude géopolitique, la culture ne doit pas être reléguée au second plan. «Dans le contexte géopolitique actuel, il peut être tentant de considérer la culture comme un luxe. Or, je pense que c’est exactement le contraire. La culture est porteuse de valeurs, elle protège la liberté et contribue à soutenir l’Europe en tant que projet politique fondé sur l’unité. Nous ne pouvons pas imaginer une démocratie européenne résiliente qui n’aurait pas la culture en son cœur», a déclaré M. Boland.

Le commissaire Micallef a souligné quant à lui que le secteur de la culture génère 200 milliards d’EUR de bénéfices et représente huit millions d’emplois, mais il a également fait valoir que ce secteur «assure la cohésion de l’Europe d’une manière qui n’est pas pleinement mesurable en chiffres».

Dans son allocution, M. Micallef a souligné les vulnérabilités structurelles auxquelles sont confrontés les travailleurs des secteurs de la culture et de la création, dont beaucoup exercent leur activité en dehors des cadres assurant une véritable protection du travail. Contrairement aux travailleurs des secteurs plus formalisés, les artistes, les interprètes ou exécutants et autres professionnels de la culture sont souvent engagés dans le cadre de contrats de courte durée, de dispositifs de travail indépendant ou de travaux fondés sur des projets, ce qui les prive de revenus stables, d’une couverture sociale ou d’un accès à certaines prestations. L’initiative «boussole culturelle pour l’Europe» de la Commission définit des orientations clés concernant la liberté artistique, les conditions de travail et l’accès à la culture.

«Lorsque la culture gagne, les travailleurs sont gagnants, et lorsque les travailleurs gagnent, c’est l’Europe qui est gagnante», a encore souligné M. Micallef.

Les intervenants se sont accordés sur le principe selon lequel la culture ne doit pas être considérée comme un secteur secondaire, mais comme un volet stratégique de l’avenir de l’Europe. La culture constitue un outil puissant pour ce qui est d’avoir une influence et une identité sur le plan international et ne devrait donc pas être considérée comme un aspect périphérique, mais plutôt être intégrée au cœur des principaux cadres politiques et processus décisionnels de l’UE.

Luca Jahier,, membre du CESE et rapporteur de l’avis du CESE intitulé «Une boussole culturelle pour l’Europe», qui a été adopté à l’issue du débat, a fait la déclaration suivante: «La boussole culturelle envoie un message politique fort: la culture ne se situe pas à la marge du projet européen, mais bien en son centre. La culture offre un levier pour défendre et renforcer la démocratie, faire échec aux discours populistes et autoritaires, et stimuler la résilience, le développement durable, la cohésion sociale et le sentiment d’appartenance.»

Traduire l’ambition en actions

S’agissant de la boussole culturelle, l’échange a principalement porté sur la manière de traduire le cadre stratégique en actions concrètes. L’avis du CESE plaide en faveur d’un soutien financier fort et transversal à la culture dans le prochain cadre financier pluriannuel (2028-2034), en soulignant l’importance de tenir compte des objectifs culturels dans tous les domaines d’action connexes, tels que la compétitivité, les compétences, la recherche, la cohésion et l’action extérieure.

En organisant ce débat et en adoptant son avis sur la boussole culturelle, le CESE a réaffirmé sa volonté d’agir en tant que partenaire clé dans la mise en œuvre de la boussole. «Le CESE recommande d’associer pleinement les collectivités locales et les diverses parties prenantes (y compris les organisations de la société civile) du monde culturel, lequel constitue un écosystème stratégique», a précisé M. Jahier, qui a ajouté pour conclure: «Enfin, nous soutenons un pilier international fort, à mettre en œuvre au moyen d’un plan d’action complet et à part entière, ainsi qu’une approbation institutionnelle plus large de la déclaration conjointe “L’Europe pour la culture — La culture pour l’Europe”».

Citations supplémentaires

Renato Mattioni, membre du groupe des employeurs du CESE, a déclaré: «La culture est l’un des atouts majeurs de l’Europe. C’est elle qui définit notre identité, soutient des emplois de qualité et crée des possibilités d’entrepreneuriat dans toutes les régions. En investissant dans les activités culturelles et créatives, l’Europe renforce également ses économies locales, son tourisme et sa cohésion sociale. Une Europe qui valorise la culture est une Europe qui investit dans les personnes, les talents et la croissance durable.»

Giulia Barbucci, membre du groupe des travailleurs du CESE, a déclaré: «La culture est une pierre angulaire de la démocratie européenne, qui favorise la liberté et l’inclusivité. Elle place les personnes au cœur de la société, en promouvant un sentiment de citoyenneté européenne qui contribue à lutter contre les discriminations.»

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  • EESC highlights culture as a cornerstone of European democracy and resilience