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Accès universel au logement — M. Luca Jahier, président du CESE, et M. Nicolas Schmit, commissaire européen, adressent une mise en garde: «C’est maintenant que nous devons agir»

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Le Comité économique et social européen (CESE) sonne l’alarme et demande d’urgence un plan d’action européen en matière de logement, soulignant qu’une stratégie au niveau de l’Union européenne est essentielle pour garantir un accès universel à un logement décent, durable et abordable à l’avenir.

Les logements décents et abordables se font rares dans l’Union européenne. Voilà pourquoi il est nécessaire d’établir un plan d’action dans le domaine du logement au niveau européen. À l’occasion d’un webinaire organisé à Bruxelles le 10 septembre 2020, le CESE a exhorté l’Union européenne à adopter un ensemble clair et exhaustif de mesures d’urgence destinées à aider les États membres, les régions et les villes à stimuler durablement l’offre de logements sociaux et abordables là où elle est insuffisante et à lutter efficacement contre le sans-abrisme.

Le président du CESE, M. Luca Jahier, a déclaré: «Vu que les innombrables initiatives, aides et investissements dont a bénéficié le secteur du logement résidentiel aux niveaux européen, national, régional et local ne permettent pas de résoudre cette crise structurelle, le CESE propose un plan d’action européen en faveur du logement décent et abordable en application du 19e principe du socle européen des droits sociaux et du futur plan “construction” du pacte vert. Ce plan devrait inclure un ensemble de mesures stratégiques pour aider les États membres, les régions et les villes européennes à relancer l’offre de logements décents et abordables de manière durable, tout en renforçant leur efficacité sanitaire et énergétique.»

Intervenant au cours du débat, M. Nicolas Schmit, commissaire européen chargé de l’emploi et des droits sociaux, a fait écho à ces mots et ajouté que «l’accès à un logement décent reste un problème majeur pour de nombreuses personnes dans l’Union. Cette question est liée à de multiples problématiques sociales comme l’exclusion, la pauvreté et le travail précaire. Face à la crise actuelle, la situation ne fera qu’empirer si nous ne faisons rien. Si nous sommes en mesure de fournir des logements abordables et décents dans l’Union, nous apaiserons les souffrances de nombreux foyers.»

La pénurie et le renchérissement du logement résidentiel métropolitain et péri-urbain se traduisent par une montée de l’exclusion du logement, du sans-abrisme, et du mal-logement qui s’étend désormais aux jeunes, aux familles monoparentales ou nombreuses, aux salariés et plus globalement aux classes moyennes, chassés des métropoles européennes par une charge de logement excessive et contraints de se délocaliser dans les zones rurales. Cette délocalisation entraîne à son tour une augmentation du coût du logement en milieu rural, une ségrégation sociale, l’apparition de zones exclusivement résidentielles (dortoirs), une mobilité accrue, des mutations paysagères, une artificialisation des sols, ainsi qu’une augmentation des infrastructures et coûts pour la collectivité.

Au lendemain de la crise sanitaire, de nouvelles et graves conséquences risquent de se faire sentir dans le secteur du logement résidentiel. Les aides aux ménages et les investissements dans le logement social ou à coût modéré par des autorités et organismes publics risquent de subir de substantielles réductions à la suite des dépenses économiques et sociales engagées dans la lutte contre les conséquences de la pandémie. Le nombre de ménages qui ne disposeront plus des revenus nécessaires pour se procurer un logement décent sur le marché immobilier augmentera proportionnellement avec l’augmentation du chômage et de la précarité.

Dans ce contexte, M. Pierre Jean Coulon, président de la section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information» (TEN) du CESE, a souligné que «même si la politique de logement demeure de la compétence des États membres, nous devons unir nos forces et relancer durablement l’offre de logements sociaux et abordables là où elle est insuffisante, aussi bien en quantité qu’en qualité, et lutter efficacement contre le sans-abrisme».

M. Raymond Hencks, président du groupe d’étude temporaire du CESE sur les services d’intérêt général, a partagé ce constat lors de sa présentation de l’avis du Comité en cours d’élaboration sur «Un accès universel à un logement décent, durable et abordable dans la durée», qui devrait être adopté lors de la session plénière du CESE qui se tiendra la semaine prochaine. Évoquant le rôle important de la société civile, il a déclaré que «toutes les organisations de la société civile s’accordent à dire qu’il y a une crise structurelle du logement abordable dans l’Union européenne, du point de vue social, économique, sanitaire, territorial et écologique. La déconnexion criante entre, d’une part, les prix du marché immobilier et, d’autre part, le niveau des salaires ou le revenu disponible de nombreux ménages est devenue une préoccupation au quotidien.»

À cet égard, M. András Edelényi, corapporteur de l’avis du CESE, a souligné le large éventail des personnes concernées par cette urgence: «Les victimes de cette crise ne sont plus seulement les personnes sans domicile, en situation de dénuement ou exposées au risque de pauvreté. Le manque de logements abordables et décents touche aussi les jeunes couples, les familles monoparentales ou nombreuses, les salariés, les travailleurs saisonniers, les étudiants, les personnes handicapées, les chômeurs et plus généralement les classes moyennes qui ne peuvent prétendre au logement social car leur revenu est trop élevé pour bénéficier en priorité de l’un des rares logements sociaux disponibles, mais trop faible pour pouvoir louer ou acheter sur le marché privé.»

Le webinaire a également inclus une présentation du projet de rapport du Parlement européen sur cette question par Mme Kim van Sparrentak, députée européenne, et des déclarations des rapporteurs fictifs suivants, tous députés au Parlement européen: Mme Yana Toom, Mme Estrella Durá Ferrandis, Mme Beata Szydło, M. Lukas Mandl et M. Guido Reil. Le débat était animé par M. Laurent Ghekiere de l’Union sociale pour l’habitat, président de l’observatoire européen du logement Housing Europe.

Pour de plus amples informations sur la manifestation et les activités de la section TEN, veuillez consulter notre site web.

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Universal access to housing - EESC president Luca Jahier and European Commissioner Nicolas Schmit warn: "We need to act now"