Soutenir les jeunes entrepreneurs : de l’éducation aux marchés internationaux

A young girl surrounded by icons representing ideas and starts-up.

A la demande de la Présidence Chypriote de l'Union européenne, le CESE a travaillé sur un avis sur l’entrepreneuriat des jeunes dans l’UE. Il s’agit d’un sujet particulièrement important d’une part pour les aspirations et les ambitions des jeunes et d’autre part pour le défi de succession intergénérationnelle dans de très nombreuse PME européennes.

L’aventure entrepreneuriale est un souhait évoqué par 40% des jeunes. Le cadre européen peut assurer un contexte favorable à l’éclosion de projets de qualité grâce à un ensemble de soutien financier, d’accompagnement et de mentorat, de programmes d’incubation et de formation de haute qualité dans un objectif de répondre à des besoins concrets et opérationnels.

Le CESE souhaite que les efforts de simplification administrative de l’UE apportent un cadre législatif et réglementaire stable et lisible favorable aux nouvelles entreprises et à leur développement. Ces efforts européens devraient être reproduits au niveau national pour permettre un environnement adapté.

C’est également par une généralisation dans l’enseignement et la formation professionnelle du développement de l’esprit d’entreprendre qui se retrouve à la fois dans la création d’entreprise, mais aussi dans les activités sociales, culturelles et sportives. Dans ce contexte, il faut souligner le rôle particulier de la formation en alternance ou en apprentissage qui associe la formation académique et l’expérience en entreprise.  De nombreux artisans et entrepreneurs dans les PME ont été formé grâce à ces dispositifs.

Les difficultés d’accès des jeunes au marché des capitaux est un problème bien identifié. Un soutien est nécessaire aux mesures de financement de la création et aux instruments de capitalisation. Mais ce soutien financier doit s’accompagner d’une évaluation stratégique permettant d’identifier les points forts et les points faibles permettant de mieux sécuriser les initiatives entrepreneuriales.

Le CESE se félicite qu’une majorité des Etats de l’UE propose des subventions personnalisées à destination des jeunes entrepreneurs ainsi que des programmes de micro-financement. La réussite et la pérennité d’un projet de création sont largement confortées par un accompagnement adapté et un financement suffisant. La généralisation des ces mesures au niveau européen est souhaitable. Enfin des stratégies dans certains Etats européens vise à encourager le travail indépendant ou à promouvoir l’entrepreneuriat féminin qui est une formidable opportunité de création d’emploi. De nouvelles mesures sont nécessaires pour un soutien inclusif à tous les jeunes qui aspirent à créer ou reprendre une entreprise en contribuant à renforcer la cohésion sociale et l’égalité des chances.

Pour cela la réduction de la fracture numérique et l’accès facilité aux technologies permet de soutenir l’innovation et la compétitivité des entreprises en cohérence avec la transition numérique au niveau européen et national. Le CESE souligne que le développement des compétences en matière d’utilisation de l’intelligence artificielle est primordial pour soutenir l’activité future des jeunes.

De même l’internationalisation des PME et des start-up et particulièrement celles dirigées par des jeunes mérite un soutien particulier pour permettre de surmonter les nombreuses difficultés pour accéder aux marchés internationaux. A cet égard, le CESE juge important de développer davantage la mobilité des jeunes et des futurs entrepreneurs pour établir les contacts internationaux et comprendre la diversité des marchés. Un élargissement du Programme Erasmus pour les jeunes entrepreneurs serait souhaitable.

Des initiatives visant à favoriser la mise en réseau des jeunes entrepreneurs dans les réseaux professionnels sont effectives dans les deux tiers des Etats de l’UE. Les contacts et interactions avec les entrepreneurs bien établis sont déterminants pour favoriser les réussites entrepreneuriales. Ces initiatives doivent être renforcées tant au niveau local que régional.

Enfin la promotion de l’entrepreneuriat devrait inclure une forme de « droit à la seconde chance » et le reconnaissance des échecs comme une source d’expériences et d’acquisition de compétences. Il s’agit de réduire la crainte du risque pour les jeunes et de mettre en place des systèmes de prévention des risques sur la pérennité des projets. Ceci est également important pour faciliter la reprise d’entreprises par de jeunes entrepreneurs.

By Jean-Michel Pottier, Membre du groupe des employeurs du CESE et président du groupe d'étude de l'Avis SOC/852 Compétitivité de l’UE et entrepreneuriat des jeunes.

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