Sans les grèves des jeunes pour le climat, le pacte vert pour l’Europe ne serait pas devenu réalité. L’heure est venue d’inviter les jeunes autour de la table, souligne le CESE

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Les jeunes ont le droit de faire valoir leurs opinions sur des sujets qui les concernent. L’urgence climatique à laquelle le monde est confronté aujourd’hui a mobilisé des millions de jeunes à travers le monde, beaucoup d’entre eux étant profondément affectés par la menace qu’elle représente pour leur avenir. Ce sont également les jeunes qui à maintes reprises ont fait preuve d’énergie, de créativité et de motivation pour contester les modèles non durables qui prévalent actuellement et pour inciter les décideurs à adopter des politiques ambitieuses. Malgré cela, il subsiste un écart important entre l’écoute accordée aux jeunes et la réponse effective à ce qu’ils demandent et exigent.

Dans cet avis, le Comité économique et social européen (CESE) cherche à combler cet écart, en considérant que la participation structurée et formelle des jeunes est essentielle à tous les stades des processus décisionnels de l’Union européenne, depuis l’élaboration des propositions et initiatives législatives jusqu’à leur mise en œuvre, leur contrôle et leur suivi.

La réalisation des objectifs de développement durable (ODD) au moyen du pacte vert pour l’Europe exige une nouvelle approche intergenérationnelle ainsi qu’un modèle de gouvernance plus inclusif, qui associe les diverses parties intéressées et qui place les jeunes au cœur des stratégies pour le climat.

La communication et le dialogue sont fondamentaux, mais cette proposition ne sera véritablement une réussite que si elle parvient à montrer à la société civile que le secteur de la jeunesse a été entendu et que des mesures ont été prises en conséquence. L’Europe et le monde doivent faire montre d’ambition, prendre le leadership et agir. Nos systèmes fonctionnent à crédit, le moment est venu de commencer à investir dans l’avenir , a souligné Cillian Lohan, rapporteur de l’avis.

Ce lien intergénérationnel ne peut fonctionner que s’il s’agit d’une relation à double sens, dans le cadre de laquelle les jeunes et les décideurs peuvent trouver des réponses à la crise climatique grâce à une interaction réelle et à un engagement mutuel.

Les enseignements de la crise de la COVID-19

Si elle était déjà pertinente il y a quelques mois, l’approche des ODD consistant à équilibrer les besoins financiers, sociétaux et environnementaux est d’autant plus d’actualité depuis l’apparition de la COVID-19. Cette pandémie nous a donné un exemple concret de ce qui peut se passer lorsque l’avis des scientifiques et des experts est ignoré. Elle a également montré que la mise en place d’une politique fondée sur des données scientifiques exactes est la seule façon efficace de faire face à une crise de ce genre.

Cette leçon doit être appliquée à la crise climatique: il nous reste très peu de temps pour prévenir certaines des conséquences les plus graves et nous préparer pour le reste. Au lieu d’utiliser la pandémie de coronavirus comme prétexte pour affaiblir la protection de l’environnement et l’application de la législation en la matière, les gouvernements devraient plutôt exploiter les plans de relance économique pour amorcer un véritable changement et, en concertation avec les jeunes, remettre l’urgence climatique au centre des priorités de l’Union européenne.

La mise en œuvre concrète

Dans ce contexte, le CESE propose la mise en place de tables rondes de la jeunesse pour le climat et la durabilité, qu’il organiserait en collaboration avec la Commission et le Parlement européen.

Le Comité suggère également d’inclure un(e) délégué(e) de la jeunesse dans la délégation officielle de l’UE aux réunions de la conférence des parties (COP) à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il propose en outre d’ajouter un(e) délégué(e) de la jeunesse comme membre supplémentaire de la délégation du CESE, qui dispose du statut d’observateur lors de ces manifestations.

Le CESE s’efforcera de faire connaître les points de vue des jeunes et des organisations de jeunesse en les intégrant dans ses avis portant sur le climat et la durabilité, en sollicitant de manière proactive la contribution des représentants de la jeunesse et en continuant à les inviter en qualité d’orateurs lors des manifestations du CESE. Il demandera également que ces représentants des jeunes bénéficient des mêmes possibilités de faire entendre leur voix auprès des autres institutions de l’Union, par exemple au Parlement européen.

L’Union européenne a besoin de toute urgence de l’approche novatrice et ambitieuse de la jeunesse afin de concevoir notre avenir. Il s’agit d’une occasion unique de corriger les inégalités systémiques et d’effectuer une transition vers un avenir meilleur dès la conception, de tirer les enseignements positifs de l’expérience acquise et de les appliquer en tant qu’éléments essentiels de la nouvelle normalité.

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