European Economic
and Social Committee
Le CESE demande un pacte pour les îles afin de déployer la stratégie de l’Union européenne pour les îles
Le Comité économique et social européen (CESE) estime que les politiques sectorielles de l’Union européenne ne répondent pas de manière adéquate aux défis auxquels sont confrontées les îles de l’Union. Au lieu d’être considérées comme des territoires périphériques, ces dernières devraient être reconnues comme des régions aux avant-postes de l’Union.
Le 18 février, le CESE a adopté l’avis exploratoire sur «La dimension insulaire des politiques européennes de cohésion, de compétitivité et de développement durable» que lui avait demandé la présidence chypriote du Conseil de l’UE. Son rapporteur Ioannis Vardakastanis a fait valoir que cet avis pourrait donner forme à la nouvelle stratégie pour les îles et les communautés côtières que la Commission européenne prévoit de dévoiler en 2026.
L’Union européenne rassemble une grande variété de régions insulaires que ce soit en mer Méditerranée, dans l’océan Atlantique, en mer du Nord et en mer Baltique. Parmi elles figurent également des régions ultrapériphériques dans les Caraïbes et l’océan Indien. La région des lacs de Finlande, qui compte des milliers d’îles boisées, est la plus grande région lacustre d’Europe.
Ces régions insulaires et lacustres jouent un rôle déterminant pour garantir l’autonomie stratégique de l’Europe en matière de défense, de sécurité énergétique et d’accès aux ressources critiques. En outre, elles sont essentielles pour l’économie bleue de l’Union européenne et sa résilience face au changement climatique. Il importe donc de veiller à ce que les communautés insulaires puissent prospérer tout en confortant les intérêts stratégiques de l’Europe et sa cohésion régionale.
Lors du débat du CESE, M. Vardakastanis a donc mis en relief la nécessité pour l’Union européenne d’opérer un «changement systémique» pour répondre aux besoins des îles. Comme le fait valoir le CESE dans son avis, une telle démarche impliquerait d’élaborer une stratégie spécifique de l’Union pour les îles (le pacte des îles) qui s’appuie sur un cadre législatif clair (la loi sur les îles) assorti d’une «clause d’insularité». Cette clause intégrerait systématiquement les besoins et contraintes spécifiques des îles dans les politiques de l’Union dans les domaines de la cohésion, des transports, de l’énergie, des aides d’État, de l’environnement et des affaires maritimes.
Le CESE a souligné que si les îles de l’Union sont à l’avant-poste de la souveraineté de l’Europe, de sa résilience et de sa capacité d’innovation, elles continuent d’être frappées par des désavantages structurels persistants. Il en résulte une série de défis, notamment l’isolement, la fonte des glaces, les coûts élevés des transports et de l’énergie, le manque de logements, les pénuries de main-d’œuvre et la dépendance excessive à l’égard du tourisme.
Le CESE a réaffirmé dans son avis qu’il est essentiel d’améliorer la connectivité et les infrastructures dans les territoires insulaires pour réaliser l’objectif de cohésion territoriale. Pour ce faire, il est nécessaire de renforcer les liaisons de transport et les systèmes de mobilité publique, d’améliorer la connectivité numérique et d’accroître la résilience des réseaux énergétiques qui donnent la priorité à la décarbonation et à l’autonomie énergétique. Par ailleurs, il s’impose pour les régions insulaires de diversifier leur économie et de favoriser pour ce faire une économie bleue qui soit durable et compétitive, et qui s’appuie sur leurs atouts uniques tels que leurs ressources marines, leur potentiel dans le domaine des énergies renouvelables, leurs activités touristiques, leur patrimoine culturel et leurs industries créatives.
La «clause d’insularité» devrait également s’appliquer aux futurs plans de partenariat national et régional prévus dans le contexte du cadre financier pluriannuel 2028-2034 et se traduire par des mesures relatives au logement, à la décarbonation des transports, à la gestion de l’eau et des déchets, à l’adaptation au changement climatique, à l’accès aux soins de santé et aux perspectives économiques. Le CESE a demandé d’intégrer de manière officielle les activités de suivi, de prospective et de gouvernance participative dans le cadre des politiques insulaires, et propose ce faisant d’établir à intervalles réguliers un rapport sur la mise en œuvre du point de vue des îles, afin de surveiller les évolutions des principaux indicateurs démographiques, économiques, sociaux et environnementaux. Le CESE a mis en relief toute l’importance de faire participer activement les pouvoirs publics locaux, les parties prenantes, le monde universitaire et les communautés locales à l’ensemble des étapes de conception, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques.
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