Exploiter le potentiel d’action des groupes vulnérables en matière de gestion durable de l’eau

Le CESE invite l’Union européenne à cibler la thématique de l’eau en tant que moteur de paix et de stabilité. L’autonomisation des jeunes, des femmes et des populations autochtones et locales permettra en retour de garantir une plus grande sécurité hydrique. La déclaration du CESE en faveur d’un pacte bleu pour l’Europe demande donc que la gestion de l’eau soit reconnue comme une préoccupation essentielle dans tous les secteurs et intégrée dans toutes les politiques.

Sans eau, il n’y a pas de vie possible. Pour tous les objectifs de développement durable, elle représente une composante indispensable. Toutefois, le stress hydrique mondial et les problèmes et risques qui en découlent augmentent en raison de la gestion non durable de l’eau, de la crise climatique et de l’explosion démographique.

Dans son avis d’initiative sur le thème «Politique de l’eau: donner les moyens d’agir aux jeunes, aux femmes et aux communautés autochtones et locales» adopté cette semaine, le CESE s’empare des problèmes liés à la question de l’eau pour les populations les plus vulnérables de la planète et propose des solutions susceptibles de favoriser leur autonomie. L’accès à l’eau propre, à l’éducation et à l’emploi, ainsi que la participation à l’élaboration des politiques sont des éléments clés de l’autonomisation. Il est essentiel d’améliorer l’accès aux services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène (services «WASH»).

Milena Angelova, membre du CESE et rapporteure de l’avis, s’est fait fort de rappeler que des «services “WASH” adéquats sont essentiels à l’autonomisation des femmes, étant donné que, dans la plupart des zones fortement soumises à un stress hydrique, ce sont elles, ainsi que les jeunes filles, qui sont chargées de trouver des solutions au détriment de leur éducation, de leurs perspectives d’emploi et de leur développement personnel».

Les données disponibles font apparaître qu’en tant que responsables de 72 % de l’approvisionnement quotidien en eau des ménages, les femmes consacrent à travers le monde un total de quelque 200 millions d’heures chaque jour à la collecte d’eau. Les filles de moins de quinze ans sont deux fois plus susceptibles d’être chargées de la collecte de l’eau du foyer que les garçons, ce qui les expose à des agressions et constitue un obstacle à leur scolarisation.

Il est scientifiquement prouvé qu’un meilleur accès aux services «WASH» permet aux femmes de mieux contrôler leur propre vie, mais aussi celle de leur foyer et de la communauté où elles évoluent. Il en découle une hausse du PIB, et partant un meilleur niveau de vie des populations concernées.

Le Comité invite l’Union européenne à prendre dûment en considération ces catégories de population dans le cadre de ses relations extérieures et de sa coopération internationale. Il préconise un programme de partenariat phare pour leur donner les moyens d’agir de manière intégrée, grâce, dans un premier temps, à la mise en place d’un programme de partenariat pour au moins une zone africaine, de manière à couvrir les différentes facettes de l’autonomisation.

Il conviendra ensuite d’introduire un certain nombre de mesures telles que le développement des infrastructures d’adduction d’eau et de traitement des eaux usées, la coopération dans le domaine des technologies bleues, la fourniture des technologies nécessaires à la production d’électricité permettant d’améliorer l’accès aux services «WASH», ainsi que des initiatives visant à faciliter la création d’entreprises locales. Il s’agira de favoriser à la fois l’esprit d’entreprise et l’emploi dans des conditions de travail décentes.

Les jeunes apparaissent d’une importance cruciale en tant que cibles et acteurs du changement dans la politique de l’eau. Ils ont le potentiel de remettre en question les structures et procédures existantes et de mettre en avant des idées neuves. Ils sont désireux d’établir des réseaux transfrontaliers et de renforcer ainsi la coopération internationale. Toutefois, un certain nombre d’obstacles liés aux connaissances et aux compétences, les barrières linguistiques, la fragmentation qui caractérise les initiatives émanant des jeunes et les possibilités limitées de renforcement des capacités maintiennent souvent ces derniers à l’écart des activités liées à l’eau.

L’avis du CESE attire l’attention sur les problèmes liés à l’eau auxquels sont confrontées les populations autochtones et locales, y compris les migrants et les personnes handicapées. Il est impératif de donner à ces différents groupes les moyens d’agir par eux-mêmes. Les populations autochtones entretiennent des relations durables avec l’eau, les terres et les zones humides, et elles possèdent une connaissance unique de la manière de préserver, de protéger et d’utiliser ces ressources de manière durable. Il est par conséquent crucial de mieux protéger les droits de propriété intellectuelle de ces populations.

Il semble clairement indispensable de mettre en place des plateformes proactives propres à permettre un dialogue constructif entre les populations autochtones et les autorités locales, nationales et internationales pour tout ce qui concerne les pratiques relatives à l’eau.

Ioannis Vardakastanis, membre du CESE et corapporteur de l’avis, a souligné que ces groupes vulnérables pouvaient jouer un rôle de premier plan dans les actions qui sont menées en matière de migration liées à la crise de l’eau, sachant que la pénurie en eau et les conflits qui y sont liés sont susceptibles de provoquer des flux migratoires massifs depuis l’Afrique vers l’Union européenne. Par ailleurs, d’importants flux migratoires peuvent aussi avoir une incidence sur les zones déjà soumises au stress hydrique en Afrique et dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, ce qui tend à accroître la pression.

Les populations autochtones doivent être systématiquement associées à la coopération internationale pour garantir que leurs droits de l’homme sont respectés et que le potentiel qu’elles recèlent est pleinement exploité. 

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  • Harnessing the potential of vulnerable groups in sustainable water management