Des représentants de la société civile célèbrent le 10e anniversaire de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Corée par un débat sur les questions liées au travail

Le 12 avril dernier, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé la 7e réunion du forum de la société civile UE-Corée. Au cours de cette manifestation en ligne, des représentants de la société civile ont examiné plusieurs questions liées au travail, notamment les horaires de travail, le dialogue civil et l’état d’avancement de la mise en œuvre des normes et conventions internationales (OIT). Les participants ont également célébré le 10e anniversaire de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange (ALE) entre l’UE et la Corée.

Le forum de la société civile UE-Corée a rassemblé, pour la première fois depuis 2018, les membres du groupe consultatif interne (GCI) de l’UE et ceux du GCI de la Corée, tous deux établis par l’ALE entre l’UE et la Corée, mis en place en 2011. Les participants ont discuté des défis et des possibilités auxquels l’UE et la Corée doivent s’attendre en matière de travail, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des normes et conventions internationales; cette question figure d’ailleurs au premier rang des priorités bilatérales convenues dans le cadre de l’application de l’ALE.

Tom Jenkins, conseiller spécial de la Confédération européenne des syndicats (CES), coprésidait la réunion pour la partie UE et l’a ouverte en rappelant l’importance de l’organiser juste avant la réunion des parties à l’accord, organisée le lendemain.

Son homologue coréen, Hogeun Lee, a animé la première table ronde, consacrée aux différentes règles en matière d’horaires de travail. Stefan Thewissen, représentant de l’OCDE, a expliqué que la culture coréenne se caractérise notamment par de longues heures de travail, une pratique qui a été réduite pour correspondre davantage aux normes internationales, mais n’a pas encore été totalement éradiquée à ce jour. Jung-Yup Yoo, de la Fédération coréenne des syndicats, a énuméré les incidences négatives de cette culture sur la productivité, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les accidents du travail et la création d’emplois.

Bertrand Muller-Schleiden, représentant de la direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion de la Commission européenne, et Hyung-Jun Lee, de la fédération coréenne des employeurs, ont évoqué la difficulté de mettre en œuvre les réformes nécessaires afin d’adapter le droit du travail aux normes internationales.

La deuxième table ronde était axée sur le thème du dialogue social comme moteur du développement futur. Konstantinos Papadakis et Karen Curtis, qui représentaient tous deux l’Organisation internationale du travail (OIT), ont insisté sur l’importance du dialogue social, de la ratification des conventions et du respect des normes internationales, de même que sur le rôle utile que pouvait jouer l’OIT à cet égard. Toutefois, la priorité essentielle est de modifier la volonté politique, un changement qui ne peut être légiféré, a déclaré M. Papadakis.

Parmi les intervenants coréens, Heungjun Jung, professeur à l’Université de technologie de Séoul, a souhaité mettre en évidence le potentiel du dialogue social, mais aussi ses limites, notamment le manque de perspective à long terme ou de stabilité. Isabelle Barthès, représentante du syndicat européen IndustriAll, a présenté les tendances actuelles en matière de négociation collective en Europe, tandis que d’autres intervenants ont donné des exemples concrets de négociation provenant de Slovaquie, de Pologne ou de Corée.

Conclusions du forum de la société civile

Les participants au forum de la société civile UE-Corée ont adopté un document dont les conclusions seront présentées aux parties européenne et coréenne à l’accord, et qui servira également de base aux travaux des GCI respectifs. Dans ce document, les membres soulignent l’importance de lutter contre la culture des longues heures de travail en Corée pour améliorer la santé, la productivité et le bien-être des travailleurs, et reconnaissent par ailleurs les efforts déployés jusqu’à présent par les autorités coréennes dans le cadre de la réforme 2018-2021, qui a mis la réglementation du temps de travail en conformité avec les pratiques les plus répandues dans l’OCDE.

En ce qui concerne la ratification des conventions de l’OIT, les deux parties conviennent de se soutenir mutuellement, étant donné qu’il s’agit là d’ une étape importante dans la mise en place de règles et de systèmes de travail conformes aux normes internationales.

Pour ce qui est du dialogue social, le forum de la société civile renvoie aux conclusions de sa 6e réunion tenue à Séoul en avril 2018, dans lesquelles il invite les deux parties à nouer un dialogue social constructif avec les représentants des employeurs et des travailleurs sur les questions de conception et d’application des politiques et du droit du travail et de l’emploi. Le document adopté indique également que le dialogue social est le paradigme de gouvernance de l’OIT, utilisé pour relever les défis socio-économiques contemporains, atteindre les objectifs fixés au niveau international, tels que le programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable, et apporter une contribution utile à la concrétisation de la justice sociale dans le monde entier.

Pour finir, les conclusions du forum de la société civile mentionnent aussi le rôle des GCI dans le suivi du chapitre de l’ALE consacré au commerce et au développement durable: Le forum de la société civile s’attend à collaborer davantage encore pour permettre à la société civile, y compris les partenaires sociaux, de jouer un rôle plus important dans la mise en œuvre de l’accord; il examinera également si des mesures supplémentaires sont nécessaires pour garantir la mise en œuvre totale et effective du chapitre sur le commerce et le développement durable et veiller à ce que l’accord de libre-échange produise des effets positifs pour le développement durable, les droits de l’homme, les droits du travail et les engagements en matière de protection de l’environnement.

La réunion du forum de la société civile s’est achevée le 13 avril par un atelier sur le thème «Économie circulaire et recyclage des batteries».