Budget de l’Union — Le prochain cadre financier pluriannuel devra être solide et ambitieux, de façon à produire des biens publics européens

Lors de sa session plénière d’avril, le Comité économique et social européen (CESE) a organisé un débat au cours duquel plusieurs de ses membres ont souligné l’importance stratégique du prochain cadre financier pluriannuel pour relever les défis croissants auxquels l’Europe est confrontée.

Le CESE plaide en faveur d’un budget européen solide qui dote l’Union des ressources financières dont elle a besoin pour réaliser ses priorités politiques. Le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) doit demeurer solide et ambitieux, et être considéré comme un investissement permettant de mettre en pratique les priorités de l’Union et de créer des biens publics européens.

S’exprimant lors de la session plénière du CESE du 30 avril 2025, son président Oliver Röpke a déclaré: «En période de transition et d’incertitude, l’Europe a besoin d’un budget à l’épreuve du temps qui nous donne les moyens d’agir, de protéger et d’accomplir des transformations. Nous avons besoin d’un CFP qui soit un outil d’investissement pour des biens publics européens et devons mobiliser des investissements afin de favoriser nos transitions écologique, bleue, numérique et sociale».

«La simplification et l’accessibilité des financements de l’Union sont fondamentales. Le prochain CFP devra rationaliser les instruments de financement, harmoniser les règles et réduire la bureaucratie, de façon à obtenir des résultats concrets sur le terrain», a-t-il ajouté.

Plus précisément, le CESE plaide pour une augmentation substantielle du CFP en termes réels, de manière à pouvoir répondre aux défis majeurs auxquels l’Union doit faire face. Il est nécessaire de revoir le mécanisme d’ajustement du CFP à l’inflation, qui plafonne de longue date l’augmentation annuelle des contributions au budget à 2 %, afin de préserver la capacité de dépense du CFP en termes réels.

L’importance d’un nouveau concept pour le budget de l’Union

Le débat s’inscrivait dans le cadre de l’adoption de l’avis du CESE sur «La voie vers le prochain cadre financier pluriannuel», élaboré par Elena-Alexandra Calistru, Konstantinos Diamantouros et Stefano Palmieri.

Soulignant l’importance du CFP à un moment crucial, à la croisée de multiples crises sans précédent qui font apparaître des tensions entre les objectifs stratégiques de l’Union et la taille et la destination de son budget, Elena-Alexandra Calistru a déclaré: «Nous devons aborder autrement la gouvernance du budget de l’Union. Le prochain CFP devra renforcer le rôle de l’UE en qualité de gardienne des valeurs démocratiques grâce à un cadre de “bouclier de la démocratie” solide capable de soutenir la société civile, les médias indépendants et les institutions démocratiques».

Concernant la compétitivité de l’Union, Konstantinos Diamantouros a expliqué: «Le prochain cadre financier pluriannuel devra donner la priorité aux investissements susceptibles de renforcer la compétitivité européenne. Un élément de cofinancement devra être prévu pour les projets importants d’intérêt européen commun afin de permettre aux entreprises de l’ensemble des États membres de participer sur un pied d’égalité et pour renforcer les chaînes de valeur industrielles dans l’ensemble de l’Union».

Insistant sur l’importance insigne des aspects sociaux, Stefano Palmieri a quant à lui souligné que «l’ampleur et la gravité des crises auxquelles l’Union est confrontée requièrent que celle-ci puisse s’appuyer sur un budget pluriannuel à la taille de ces enjeux. Le nouveau CFP doit bien prendre en compte l’importance des biens publics européens et le rôle qu’ils peuvent jouer pour l’avenir de l’Union et de sa cohésion sociale».

Les représentants de la société civile se tournent vers l’avenir

Au cours du débat, Isabel Yglesias Julià, membre du CESE, a déclaré au nom du groupe des employeurs: «Le prochain CFP doit être en phase avec les défis auxquels l’Union est confrontée. Il doit s’accompagner d’une simplification, essentielle pour permettre au CFP de jouer un rôle transformateur du point de vue du secteur privé, d’encourager les investissements et de servir de levier en faveur de la décarbonation».

Rappelant l’importance des investissements dans le capital humain, Dominika Biegon, membre du CESE, a ajouté au nom du groupe des travailleurs: «Nous observons que l’augmentation des dépenses militaires s’accompagne d’un assouplissement des règles, alors que pour les hôpitaux, les écoles et les infrastructures, la marge de manœuvre budgétaire reste strictement limitée, ce qui aboutit à un compromis au détriment des dépenses sociales et en faveur des dépenses de défense.»

Au nom du groupe des organisations de la société civile, Luca Jahier, président du groupe «Semestre européen» du CESE, a pour sa part expliqué: «Le prochain CFP est d’une importance capitale et permettra de voir sans la moindre ambiguïté si l’Europe souhaite être à l’avant-garde des défis actuels ou si elle préfère souffrir une longue et inexorable agonie. Nous avons impérativement besoin d’un CFP solide et ambitieux, qui doit globalement atteindre 2 % du PIB de l’Union, de manière à garantir les investissements nécessaires dans les biens communs européens essentiels que sont la durabilité compétitive, les transitions écologique, numérique et sociale, la cohésion, la sécurité et la défense, et la coopération internationale.»