European Economic
and Social Committee
Déployer la richesse de l’Europe grâce à l’éducation financière et aux marchés des capitaux
Le CESE a adopté deux avis complémentaires qui visent à renforcer la résilience de l’Europe et son indépendance financière. En soutenant le projet de la Commission d’une union de l’épargne et des investissements et en appelant à redoubler d’efforts pour promouvoir la culture financière, le Comité insiste sur le fait que l’intégration des marchés et l’autonomisation des citoyens doivent aller de pair.
Le premier avis, élaboré sous la conduite du rapporteur Petru Sorin Dandea, soutient la stratégie de la Commission visant à mobiliser la richesse inexploitée de l’Europe, plus de 10 000 milliards d’EUR sous forme de dépôts bancaires, et à l’orienter vers des investissements au profit des entreprises, de l’innovation et des infrastructures. Le CESE plaide en faveur d’une surveillance accrue, de règles harmonisées en matière de fiscalité et d’insolvabilité, et de produits d’investissement sûrs, transparents et rentables, en plus d’une Autorité européenne des marchés financiers aux pouvoirs renforcés.
Le deuxième avis, rédigé par le rapporteur Giuseppe Guerini, est lui consacré à la culture financière en tant que chaînon manquant vers une union de l’épargne et des investissements. À peine 18 % des citoyens de l’Union affichent un niveau élevé de culture financière, et nombre d’Européens ne disposent donc pas des instruments nécessaires pour gérer leur argent, éviter les escroqueries et préparer leur avenir. Le CESE considère l’éducation financière comme un droit social et souhaite la voir inscrite aux programmes scolaires et intégrée dans l’enseignement à destination des adultes, en se concentrant sur les groupes vulnérables, les jeunes, les personnes âgées et les nouveaux entrepreneurs.
Le Comité pense que si la confiance et la compréhension font défaut, les citoyens ne peuvent participer aux marchés financiers. Alors que la numérisation amène son lot de nouveaux risques, comme les influenceurs financiers et les escroqueries fondées sur l’intelligence artificielle, le CESE appelle à adopter un cadre réglementaire clair et à intensifier la lutte contre la fraude. La culture financière est en outre un moyen sûr de se préparer au vieillissement de la population et de s’assurer que les citoyens puissent gérer leurs retraites, leurs soins de longue durée et leur épargne.
Le CESE est d’avis qu’une meilleure éducation financière renforce l’inclusion en réduisant les inégalités et en autonomisant des groupes souvent laissés pour compte. Afin d’en mesurer le succès, il recommande de recourir à des indicateurs clés de performance tels que la hausse des investissements de détail et la réduction des coûts.
Pour le CESE, l’Europe doit investir non seulement dans les capitaux, mais aussi dans l’humain. Car sans culture financière, pas d’inclusion possible. Et sans inclusion, l’union de l’épargne et des investissements n’a aucune chance d’aboutir. (tk)