European Economic
and Social Committee
Le CESE soutient la stratégie de l’Union européenne en matière de préparation, mais émet une mise en garde: «Financez la stratégie sans laisser personne de côté»
Du fait de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et des risques climatiques de plus en plus importants, la préparation de l’Europe est passée en tête des priorités de l’Union européenne et des États membres.
Le Comité économique et social européen (CESE) se félicite de la nouvelle stratégie de l’Union européenne en matière de préparation publiée par la Commission, qu’il qualifie de transition attendue de longue date vers «une approche intégrée à la fois “tous risques”, “pangouvernementale” et “englobant l’ensemble de la société”» face aux crises allant des incendies de forêt et des inondations aux agressions armées à grande échelle, en passant par les cyberattaques. Toutefois, le CESE avertit que ce projet doit s’accompagner d’un financement clair et à long terme, et que la société civile organisée a un véritable rôle à y jouer, si l’on veut qu’il soit couronné de succès.
Dans son avis sur la stratégie, adopté au cours de sa session plénière de septembre en conclusion d’un débat mené avec des experts de la défense civile et de l’aide humanitaire, le CESE souligne que la solidarité, la confiance des citoyens et l’unité sociale sont tout aussi vitales que de nouvelles règles et de nouveaux outils.
«Se préparer aux crises signifie renforcer la capacité de nos démocraties à faire face aux nouveaux enjeux du monde sans compromettre leurs valeurs fondamentales. Seule une Europe fermement ancrée dans la paix, la liberté et la participation démocratique peut garantir une résilience durable et la confiance des citoyens», selon Tomas Arvidsson, Giulia Barbucci et Ariane Rodert, rapporteurs de l’avis.
Jessika Bohr, du ministère suédois de la défense, a déclaré: «Nous nous trouvons dans une nouvelle réalité sécuritaire, où la situation de l’Europe à cet égard est désastreuse. Les menaces auxquelles nous sommes confrontés sont complexes, transfrontalières et de plus en plus antagonistes. Dans un tel contexte, la préparation n’est pas facultative. Elle est indispensable.»
Magali Mourlon du bureau de la Croix-Rouge pour l’UE, a prononcé une mise en garde: «La préparation sociétale doit tenir compte du fait qu’aucune société n’est homogène, et que nous ne devons laisser personne de côté.»
«Les sociétés ne sont pas rendues subitement résilientes par la seule réglementation. Elles sont résilientes lorsque les citoyens, les bénévoles, les animateurs auprès de la jeunesse, les organisations de la société civile et les communautés sont responsabilisés et reconnus comme faisant partie du réseau de préparation de l’Europe», a déclaré Piotr Sadowski, secrétaire général de Volonteurope.
Dans son avis, le CESE soutient la «préparation dès la conception» dans toutes les politiques de l’Union européenne, ce qui signifie qu’elle doit être intégrée au tissu législatif. Dans le même temps, l’Union et les gouvernements nationaux doivent aussi continuer à investir dans la cohésion sociale et le progrès, qui sont cruciaux pour prévenir et résoudre les conflits. Le CESE demande également à la Commission de préciser qui fait quoi aux niveaux européen, national et local, et de s’en tenir à un calendrier de déploiement rigoureux.
En ce qui concerne le financement, le CESE signale une lacune: la stratégie demande beaucoup d’efforts aux États membres, sans préciser les fonds disponibles. Il est essentiel de disposer d’un financement stable et à long terme, sans toutefois compromettre les politiques clés de l’Union comme celles qui concernent l’agriculture, la cohésion ou encore le Fonds de solidarité. (ll)