Une politique industrielle pour le secteur du verre européen

This page is also available in

Une politique industrielle pour le secteur du verre européen

L'industrie du verre subit doublement les effets de la crise économique, puisque son activité dépend fortement de la santé économique d'autres secteurs tels que la construction et l'automobile. La faiblesse de la croissance économique et le ralentissement de la demande intérieure sont tout particulièrement liés aux politiques d'austérité coordonnées au niveau européen, et se traduisent par la crise qui affecte le secteur.

Entre 2005 et 2010, en raison de la crise de 2008, le secteur du verre plat, qui représente 29 % du secteur européen, a vu sa production baisser de 7 %. En 2013, 15 des 60 unités de production en Europe ont cessé de fonctionner. Plusieurs d'entre eux ont fermé ou risquent de disparaître. Dans le même temps, le verre d'emballage, qui représente 62 % du secteur, a subi une baisse de plus de 10 % en raison de la crise économique et de la tendance à la délocalisation. En 2009, le secteur de la fibre de verre a suivi une évolution identique, mais il semble à présent connaître une nouvelle reprise. Enfin, s'agissant de la concurrence imposée par les pays qui pratiquent des salaires particulièrement bas, ce sont les secteurs de la vaisselle de table et des panneaux solaires qui ont souffert le plus.

À cet égard, les principaux acteurs économiques que sont Saint-Gobain, Nippon Sheet Glass, Asahi Glass Company, Owens-Illinois et Guardian Industries ont étouffé les capacités de production et l'emploi en Europe, et se sont rués vers l'Asie et les pays émergents en réduisant, voire même en abandonnant, leurs investissements en Europe occidentale. Cela étant, de nouvelles lignes de production ont été ouvertes dans les pays d'Europe centrale et orientale. Dans l'industrie du verre plat, quelques nouveaux acteurs non-européens sont apparus sur le marché.

Après avoir augmenté de manière continue jusqu'en 2007, la demande dans le secteur du verre plat a fortement diminué à partir de 2008. Cela s'explique par le recul de la production automobile ainsi que par la délocalisation des lignes d'assemblage, de la concurrence chinoise pour les panneaux solaires et par le ralentissement de l'activité du secteur de la construction. Ces quatre facteurs ont abouti à une surcapacité inattendue de 20 % des unités de production, qui s'explique par les stratégies risquées pour lesquelles optent traditionnellement les entreprises multinationales.

Entre 2000 et 2010, le secteur a perdu 32 % de ses employés, principalement en Allemagne, en Pologne, en France, en République tchèque, en Italie, en Belgique et en Autriche. Depuis 2010, on peut dire que la situation s'est même dégradée à un rythme accru.

Une véritable politique industrielle doit s'appuyer sur un programme économique visant à relancer l'industrie au niveau européen et à renoncer aux politiques d'austérité à court terme. L'objectif doit être de permettre à l'industrie d'atteindre le plus rapidement possible 20 % du PIB européen (elle en représente actuellement 16 %). Toutefois, l'avenir du secteur du verre dépendra également de l'augmentation des investissements qui seront consacrés à la recherche, au développement et à l'innovation afin de progresser vers une société à faible intensité de carbone, orientée vers le développement durable.

L'efficacité énergétique du verre, les vertus climatiques, acoustiques et lumineuses du "verre intelligent", semblent à même d'offrir des évolutions particulièrement prometteuses que viennent compléter les nouvelles caractéristiques, la réduction du poids et la résistance des matériaux, le verre autonettoyant, les matériaux sans plomb utilisés dans les objets en verre, etc.

Au niveau européen, national et à l'échelle des entreprises, le dialogue social doit soutenir la transition et influencer les débats portant sur des thématiques telles que la politique énergétique européenne, mais aussi garantir le suivi des politiques de formation, prévoir les restructurations, et préparer les transitions professionnelles, prévenir les accidents liés au travail et les maladies professionnelles (accord sur la silice cristalline) et enfin améliorer les conditions de travail. Dans cette optique, il faut également reconnaître que le travail dans ce secteur est pénible, et que les maladies et les accidents professionnels ont des retombées sur la santé des travailleurs.

La CCMI possède l'expérience, les connaissances et les contacts nécessaires pour élaborer un avis qui soumettra à la Commission européenne, au Parlement européen et au Conseil des recommandations concrètes et prospectives afin de trouver un moyen efficace de mettre en œuvre une politique industrielle dans un des principaux secteurs manufacturiers européens.
 

Downloads

An industrial policy - Yseult Lallemand

Good wine should be drunk in fine crystal glass - Ima Gomez Lopez

Overview of the Glass sector - Graham Hay

The Future of the Glass Sector in Europe - Bertrand Cazes

Une politique industrielle pour le secteur européen du verre - Vincent Detremmerie