European Preparedness Union Strategy - Timeline

  • Avis du Comité économique et social européen — Stratégie pour une union de la préparation [JOIN(2025) 130 final]

    EESC 2025/01292

    JO C, C/2026/42, 16.1.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/42/oj (BG, ES, CS, DA, DE, ET, EL, EN, FR, GA, HR, IT, LV, LT, HU, MT, NL, PL, PT, RO, SK, SL, FI, SV)

    ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/42/oj

    European flag

    Journal officiel
    de l'Union européenne

    FR

    Série C


    C/2026/42

    16.1.2026

    Avis du Comité économique et social européen

    Stratégie pour une union de la préparation

    [JOIN(2025) 130 final]

    (C/2026/42)

    Rapporteurs généraux: Tomas ARVIDSSON (SE-I)

    Giulia BARBUCCI (IT-II)

    Ariane RODERT (SE-III)

    Conseillers

    Martin CARLSTEDT (pour la rapporteure du groupe III)

    Antonio POLICA (pour la rapporteure du groupe II)

    Consultation

    Commission européenne, 6.6.2025

    Base juridique

    Article 26, paragraphe 1, du règlement intérieur

    Consultation

    JOIN(2025) 130 final, 26.3.2025

    Adoption en session plénière

    18.9.2025

    Session plénière no

    599

    Résultat du vote

    (pour/contre/abstentions)

    155/1/2

    1.   Conclusions et recommandations

    1.1.

    Nous connaissons des temps incertains, caractérisés par des crises qui sont de plus en plus interconnectées et complexes, tant en Europe que dans son voisinage. Sont notamment considérées les catastrophes naturelles, telles que l’activité sismique, les incendies de forêt ou les inondations, les épidémies, les graves conséquences du changement climatique induit par l’homme, les attaques hybrides, les défaillances technologiques majeures, le terrorisme ou encore les agressions armées à grande échelle. À tous ces égards, la préparation et la résilience de la société, y compris la résilience économique et sociale, sont plus importantes que jamais.

    1.2.

    Le CESE souligne que l’Union européenne repose sur les fondements de la paix, de la liberté, de la démocratie et du respect des droits fondamentaux. Ses initiatives doivent donc se donner pour but de défendre une paix juste et durable et de s’attaquer aux causes sous-jacentes des conflits, en garantissant la solidarité, la dignité, l’égalité des chances et le progrès social et sociétal, ainsi qu’une économie en bonne santé. L’ensemble des mesures doivent en outre respecter strictement le droit international, y compris son volet humanitaire.

    1.3.

    Le CESE salue la stratégie pour une union de la préparation, qui vise à renforcer la capacité de l’Union à mener une démarche de prévention et de réaction face à un large éventail de catastrophes d’origine naturelle ou humaine, sur la base d’une approche intégrée à la fois «tous risques», «pangouvernementale» et «englobant l’ensemble de la société». Il sera possible, ce faisant, de réunir toutes les parties prenantes concernées, à tous les niveaux de gouvernement (local, régional, national et européen), les citoyens, les organisations de la société civile, les entreprises et les partenaires sociaux, ou encore la communauté scientifique et universitaire. La préparation constitue un engagement à long terme, qui embrasse plusieurs générations et devrait commencer dès le niveau préscolaire et scolaire et associer tous les groupes de la société.

    1.4.

    Le CESE fait valoir que la société civile organisée représente une ressource essentielle pour ce qui est de la préparation, et ce alors même qu’elle se trouve actuellement menacée dans plusieurs États membres et qu’elle y voit se réduire l’espace qui lui est concédé. Il est urgent de remédier à cet état des choses, de sorte à s’assurer que la société civile apporte sa participation et ses contributions significatives et riches de toutes ses ressources.

    1.5.

    Le CESE juge cette approche intersectorielle, pluridisciplinaire et coordonnée essentielle pour une Union européenne mieux préparée. Reconnaissant que cette phase initiale sera suivie de la mise en œuvre des actions proposées qui porteront sur différents secteurs et problématiques, le CESE souligne néanmoins toute l’importance de s’en tenir au calendrier fixé et d’associer les parties prenantes concernées tout le long de ce processus. La stratégie à l’examen est complétée d’une longue annexe qui énumère les actions clés pour concrétiser le dessein qu’elle expose. Le CESE continuera à suivre le lancement de ces différentes initiatives, et il y a donc lieu de l’associer pleinement aux nouvelles structures et actions qui en découleront.

    1.6.

    Le CESE note que la communication à l’examen invite les États membres à mettre en œuvre une large panoplie d’actions, sans pour autant préciser les fonds ou la marge financière dont disposeront les États membres pour les mettre en œuvre. Il plaide donc en faveur d’une approche globale de cette stratégie, y compris d’un point de vue financier, ainsi que pour une clarification des points les plus flous. La prévention, l’atténuation et la remise en état dans le contexte de catastrophes naturelles extrêmes et de menaces d’origine humaine, ainsi que l’adaptation au changement climatique, doivent être financées par des mécanismes structurels de financement à long terme pour réaliser les objectifs de la stratégie.

    1.7.

    Cela souligne toute l’importance de garantir que le prochain cadre financier pluriannuel prévoie un financement suffisant et inscrit dans le long terme pour accroître la préparation. Toutefois, cet engagement ne devrait pas avoir d’incidence négative sur d’autres lignes du budget de l’Union indispensables pour rendre la société plus résiliente, telles que la politique agricole commune (PAC), la politique de cohésion et le Fonds de solidarité de l’Union européenne. Une analyse d’impact complète est absolument essentielle pour s’assurer du caractère synergique des actions menées dans les différents domaines d’action. Par ailleurs, la pandémie a démontré de façon patente à quel point la protection de l’emploi en période d’incertitude ou de crise sera déterminante pour garantir la stabilité et la cohésion sociale.

    1.8.

    Le CESE soutient la transition vers une anticipation et une proactivité accrue, de même que le principe sous-jacent de «préparation dès la conception». Toutefois, la répartition des responsabilités entre les acteurs européens, nationaux et locaux doit être mieux définie. Il faudrait que la stratégie concilie mieux les différences et perceptions nationales, en premier lieu au moyen de définitions communes et d’une compréhension collective des menaces, y compris des défis communs à traiter de toute urgence en matière de sécurité.

    1.9.

    De plus, une solidarité immédiate, cohérente et ciblée de l’Union européenne est essentielle à la reprise socio-économique rapide des régions touchées par des crises. Dans ce contexte, l’anticipation des crises et la garantie d’une reprise rapide représentent deux dimensions complémentaires et indissociables d’une stratégie unifiée et intégrée de gestion des risques. Le CESE souligne la nécessité d’une approche intégrée de la réaction aux crises; à cet égard, la phase de reconstruction doit en faire partie intégrante, sachant qu’une situation ne perd son caractère d’urgence qu’au moment où la population et les entreprises retrouvent une vie normale. De plus, si des facteurs de crise temporaires deviennent permanents, ils peuvent entraîner un déclin économique à long terme, une pauvreté et un phénomène de déclin démographique, en particulier dans les zones rurales.

    1.10.

    Pour que la stratégie porte ses fruits, l’ensemble des citoyens et des parties prenantes doivent être pleinement associés et informés et disposer des moyens d’agir. Le CESE soutient la nécessité de garantir une autosuffisance de 72 heures pour tous les ménages, tout en soulignant que le niveau de préparation de chacun d’eux varie en fonction de sa condition socio-économique et d’autres vulnérabilités, sachant que les crises n’affectent pas de manière équivalente tous les groupes. De ce fait, il convient de prévoir un soutien sur mesure à l’intention des groupes vulnérables.

    1.11.

    Le CESE soutient que l’intégrité et le bon fonctionnement du marché intérieur sont essentiels, et qu’il importe de faire en sorte que l’Union reste interconnectée de sorte à garantir une solidarité efficace et durable et à stimuler la résilience sociétale et économique. À cet égard, il faut que les entreprises disposent d’un cadre législatif clair et prévisible pour garantir une concurrence loyale au sein du marché intérieur.

    1.12.

    Le CESE partage le point de vue exposé dans la stratégie selon lequel il faudrait améliorer l’interaction entre les acteurs civils et militaires, et souligne que celle-ci devra s’opérer d’une manière qui ne remette pas en cause leurs compétences et rôles respectifs.

    1.13.

    Le CESE approuve l’intégration de la préparation et de la résilience dans les partenariats bilatéraux et les institutions multilatérales ainsi que la nécessité de renforcer la coopération avec des partenaires partageant les mêmes valeurs. Cette coopération devrait aussi englober le soutien au maintien de la paix, à la consolidation de la paix, à la prévention des conflits, à la stabilisation et au redressement après un conflit, de même que toutes les approches et actions visant à préserver la paix, la liberté et la stabilité.

    2.   Observations spécifiques

    2.1.   Prospective et anticipation

    2.1.1.

    Le CESE estime que l’élaboration d’une évaluation globale des risques et des menaces à l’échelle de l’Union forme le fondement d’une prévention et d’une atténuation des risques efficaces. Toutefois, il faut reconnaître sans ambages que les crises ne sont pas perçues de la même façon selon les différents domaines et qu’elles peuvent varier considérablement en temps de paix ou en temps de guerre. Des différences existent également dès lors que l’on s’intéresse aux parties prenantes concernées, aux méthodologies opérationnelles requises ou encore au cadre législatif applicable.

    2.1.2.

    Le CESE observe qu’un tableau de bord de crise associant les responsables politiques est particulièrement précieux, surtout dans les situations d’urgence et de crise transfrontières, mais insiste sur le fait que les rôles doivent rester clairement séparés de ceux relevant des domaines technique et scientifique.

    2.1.3.

    Le CESE soutient la proposition de renforcer le Centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC). En revanche, les systèmes de protection civile diffèrent considérablement d’un État membre à l’autre pour ce qui concerne leur financement, leur structure, leurs fonctions et leur réglementation, ce qui rend d’autant plus pressante la nécessité de garantir une véritable intégration et des mécanismes d’interopérabilité efficaces. À cet égard, l’Union européenne devrait apporter un soutien financier aux États membres qui adaptent leurs normes en vue d’améliorer l’interopérabilité.

    2.1.4.

    Le CESE approuve l’établissement d’un catalogue de formation de l’Union, ainsi que la création d’une plateforme sur les enseignements tirés des expériences antérieures, et souligne que la formation est une composante essentielle et obligatoire d’une préparation et d’une réaction aux risques qui soient efficaces. Ce catalogue de l’Union doit examiner avec soin les divers menaces et besoins, en cohérence avec l’approche «tous risques». Dans ce contexte, les bonnes pratiques élaborées par la société civile organisée pourront apporter des contributions précieuses et être rassemblées et partagées au niveau de l’Union.

    2.1.5.

    Le CESE lancera une initiative visant à garantir sa propre préparation, notamment en matière de planification de la continuité de ses activités, de partage des informations et de formation. Il s’agira également de déterminer en son sein l’organe le plus approprié pour prendre en charge sur une base permanente les questions de préparation.

    2.1.6.

    Par ailleurs, le CESE estime qu’il y a lieu de l’associer, à titre de partie intéressée et sur un pied d’égalité, à la conception et à la mise en place des structures proposées pour les institutions de l’Union. À cet égard, il est à même de jouer un rôle pour mettre en œuvre la stratégie et en assurer le suivi, en s’attachant tout spécialement à son adoption par la société civile et le grand public et aux incidences qu’elle a sur eux.

    2.1.7.

    Le CESE affirme de surcroît qu’il importe d’encourager le volontariat à long terme, en reconnaissant les différentes approches nécessaires pour les volontaires spontanés et organisés. La société civile est idéalement adaptée à la formation et à l’organisation de volontaires spontanés, et elle possède la capacité d’apporter les infrastructures nécessaires à l’action collective, tout en assurant structure et coordination.

    2.2.   Résilience des fonctions vitales de la société

    2.2.1.

    Le CESE soutient la proposition d’intégrer la préparation dès la conception dans les politiques et actions de l’Union, en insistant sur le fait que toute action devrait protéger et soutenir les valeurs et les droits fondamentaux sur lesquels se fondent l’Union européenne et les démocraties qui la constituent. Des politiques économiques, sociales et budgétaires raisonnables sont des conditions préalables à la préparation. Par ailleurs, la prise en compte de la préparation dans les législations européenne et nationale doit être mise en balance avec l’impératif constant de promouvoir la cohésion sociétale et le progrès social et d’investir en leur faveur, lesquels devraient eux-mêmes être considérés comme autant de mesures de préparation, pour prévenir et résoudre d’éventuels conflits sociaux.

    2.2.2.

    D’une manière générale, le CESE soutient la proposition d’adopter des exigences minimales en matière de préparation, et souhaite vivement que s’instaure un dialogue étroit entre la Commission et les États membres afin de gérer les charges administratives éventuelles et les délais de mise en œuvre ambitieux et réalistes.

    2.2.3.

    Le CESE appelle à ne pas négliger l’importance d’investir dans des services publics de qualité, tels que les services de lutte contre les incendies, de santé, d’aide sociale, les établissements scolaires ou autres secteurs, puisque leur bon fonctionnement est indispensable à la préparation, à la résilience et à la réactivité européennes. Par ailleurs, le socle européen des droits sociaux devrait être pris dûment en considération. Il faudrait que les travailleurs des secteurs critiques soient formés aux conditions de crise, en donnant la priorité à la garantie de normes élevées en matière de santé et de sécurité — les partenaires sociaux jouant un rôle actif dans les campagnes de formation, d’information, de diffusion et de sensibilisation. Il appartient à la formation professionnelle d’enseigner de nouvelles compétences adaptées aux problèmes émergents ainsi que des protocoles de sécurité mis à jour dans le but de renforcer les capacités face à l’évolution récente des menaces.

    2.2.4.

    Le CESE soutient la proposition d’élargir les compétences et tâches établies au titre du mécanisme de protection civile de l’Union. Dans le contexte d’une union de la préparation, il est crucial de relier le niveau local aux niveaux national et européen, tout en manifestant une compréhension claire des rôles et responsabilités complémentaires. Les systèmes nationaux de protection civile devraient tirer parti des connaissances des territoires locaux et répondre aux risques et besoins spécifiques existants.

    2.2.5.

    Le CESE approuve l’initiative de la Commission de lancer une stratégie de constitution de stocks à l’échelle de l’Union, laquelle devrait reposer sur la reconnaissance du fait, déjà mis en évidence lors de la pandémie et de la guerre en Ukraine, que l’Union n’est nullement autosuffisante dans de nombreux secteurs clés. À cet égard, des approches adaptées s’imposent, et le CESE juge qu’il est impossible de faire l’économie d’un dialogue avec les partenaires sociaux et les opérateurs du secteur privé, par exemple pour garantir des accords entre entreprises qui soient à la fois sans discontinuité et transfrontières, ainsi qu’une concurrence loyale.

    2.2.6.

    Le CESE abonde dans le sens du plan d’adaptation au changement climatique prévu par la Commission dans l’optique d’aider les États membres à s’adapter aux risques climatiques et à s’y préparer, ainsi qu’à renforcer la résilience européenne. Les résultats et les bonnes pratiques de la mission de l’Union relative à l’adaptation au changement climatique devraient être partagés et étendus de toute urgence à l’échelle de l’Union. Dans ce contexte, le CESE préconise avec force de se concentrer aussi sur les mesures de préparation aux catastrophes naturelles, telles que les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques, aux fins d’une approche globale de la préparation.

    2.2.7.

    Le CESE approuve l’approche qui consiste à garantir un accès permanent aux ressources naturelles critiques, en particulier à l’eau. À cet égard, l’initiative du CESE en faveur d’un pacte bleu pour l’Europe (1) devrait être sérieusement prise en considération, car elle présente une approche globale des dimensions géopolitique, économique, sociale et environnementale de la gestion et de l’utilisation de l’eau. Le CESE fait observer que la sécurité de l’eau est cardinale, alors même que plus de 10 millions d’Européens n’ont toujours pas accès à l’eau potable.

    2.2.8.

    Le CESE souligne qu’il est extrêmement important que chacune des parties prenantes élabore des plans de préparation, y compris une planification de la continuité des activités. Il s’agit d’une réelle faiblesse dans plusieurs secteurs de l’Union. La Commission et les États membres seraient bien avisés d’offrir des orientations, une assistance technique et des formations dans ce domaine.

    2.3.   Préparation de la population

    2.3.1.

    Le CESE pense qu’il faut se doter de systèmes d’alerte précoce avancés, pour tous les types de crises et de menaces, sachant que des informations précises et fournies en temps utile sont essentielles pour agir avec efficacité. La sensibilité variable des informations nécessite des protocoles de partage appropriés ainsi que des mécanismes de gestion précis. Pour que la stratégie porte ses fruits, l’ensemble des citoyens et des parties prenantes doivent être pleinement associés, informés et formés de manière à réduire leur exposition aux risques et réagir en cas d’urgence. Le CESE souligne qu’il convient de généraliser une approche du risque de sorte à réduire celui-ci à un niveau «aussi faible que raisonnablement possible» (ALARP).

    2.3.2.

    Le CESE soutient la proposition visant à sensibiliser davantage les citoyens aux risques et aux menaces. L’instauration d’une Journée européenne de la préparation apparaît comme une initiative positive. Celle-ci doit toutefois s’inscrire dans une stratégie intersectorielle, intergénérationnelle et inclusive plus large visant à améliorer la préparation de tous les groupes sociaux, y compris les éléments les plus vulnérables de la société, en veillant à ce que nul ne soit laissé pour compte.

    2.3.3.

    Le CESE fait observer qu’environ un quart de la population de l’Union vit dans des régions frontalières. Dans la mesure où les conséquences des crises peuvent être transnationales, il importe de promouvoir et de mettre en place une coopération et une coordination transfrontières dans le cadre d’un modèle d’information et de formation cohérent et partagé.

    2.3.4.

    La société civile organisée représente une ressource essentielle dès lors qu’il est question de préparation, et ce alors même qu’elle se trouve menacée dans de nombreux États membres et qu’elle y voit se réduire l’espace qui lui est concédé. Dans ce contexte, le CESE attire l’attention sur l’avis qu’il a récemment adopté, qui étudie les contributions, les rôles et la spécificité de la société civile organisée (dossier SOC/812). En l’espèce, le CESE invite les États membres à engager aux niveaux local, régional et national un dialogue civil de confiance avec des organisations de la société civile (OSC) afin de définir conjointement les rôles, les responsabilités et les ressources nécessaires, ce qui représentera une mesure de préparation propre à garantir un engagement significatif lorsqu’une crise éclatera. Il est capital d’inclure la société civile sur un pied d’égalité avec les autres parties prenantes aux exercices de formation, initiatives de coordination et de communication, ainsi qu’aux mesures urgentes visant à conforter l’espace qui lui est dévolu.

    2.3.5.

    Les organisations de la société civile varient tant par la taille que par leur degré d’enracinement aux niveaux local, national et européen, ainsi que dans les missions qu’elles se donnent. En conséquence, certaines peuvent contribuer à des tâches de préparation spécifiques, tandis que d’autres peuvent soutenir les efforts de résilience en tant qu’organisations culturelles, prestataires de services sociaux ou défenseurs de groupes ou de droits. En outre, la société civile sert de pont entre les citoyens et les agences gouvernementales, en offrant des services, de l’aide humanitaire et d’autres types d’assistance sur le terrain, comme des premiers secours ou de l’aide lors de procédures d’évacuation. Ce rôle complémentaire, qui peut être aussi assumé par des entités privées, est indispensable pour la continuité de services essentiels et l’aide critique.

    2.3.6.

    Malgré leur diversité, ces organisations partagent des valeurs, des logiques et des caractéristiques spécifiques qui sont essentielles pour instaurer la confiance et favoriser la cohésion sociale. Une telle approche est d’autant plus pertinente que la stratégie doit être adaptée aux besoins et risques spécifiques des différents territoires et populations, et inclure des actions ciblées en faveur des groupes les plus vulnérables de manière à fournir à chacun un soutien, des informations et une formation appropriés. Le CESE est bien placé pour faire connaître, promouvoir et soutenir les initiatives en matière de préparation à l’intention des organisations de la société civile grâce à ses contacts dans les États membres et au moyen de son Groupe de liaison.

    2.3.7.

    Le CESE souligne que la communication des pouvoirs publics joue un rôle déterminant, en particulier pour informer correctement les citoyens. Celle-ci se doit d’être volontariste, synergique, digne de foi et intégrée, et de ne pas verser dans l’alarmisme, faute de quoi elle ne sera pas prise au sérieux. Les partenaires sociaux et les organisations de la société civile peuvent jouer un rôle décisif en tirant parti de leur capacité à atteindre et associer des segments différents de la population. Les acteurs privés du secteur des services, en particulier les PME, jouent aussi, de surcroît, un rôle de poids dans la gestion des crises.

    2.3.8.

    Le CESE soutient l’objectif de garantir une autosuffisance de 72 heures pour chaque ménage, tout en soulignant que le niveau de préparation varie en fonction des circonstances socio-économiques et d’autres vulnérabilités, sachant que les crises n’affectent pas tous les groupes de manière égale. Cet aspect doit être pris en considération, par l’apport aux groupes vulnérables d’un soutien adéquat et taillé sur mesure. Il est essentiel d’assurer un fonctionnement continu des services publics et privés essentiels, tels que la fourniture d’une énergie abordable, accessible et stable, ainsi que l’accès aux services financiers. Toutefois, le CESE insiste sur le fait que l’autosuffisance ne dispense pas les États membres de leur obligation de protéger en toutes circonstances leurs citoyens.

    2.3.9.

    Le CESE estime que la mise en place d’une union de la préparation prend du temps et devra s’étaler sur des générations. Par conséquent, des campagnes de sensibilisation et de formation devraient être lancées au niveau préscolaire et scolaire. La participation des enfants et des jeunes pourrait être un moyen particulièrement efficace d’informer les parents et les familles. Il convient dès lors de mettre l’accent sur l’éducation civique, et dans ce contexte, sur les initiatives d’éducation informelle et non formelle visant à promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie qui sont absolument essentielles. À cet égard, les partenaires sociaux et les organisations de la société civile qui se consacrent à la formation tout au long de la vie à l’éducation non formelle sont particulièrement précieux.

    2.3.10.

    Le CESE met en avant l’importance stratégique que revêtent une éducation inclusive et de qualité ainsi qu’une main-d’œuvre qualifiée, car elles constituent une pierre angulaire de la compétitivité et de la résilience de l’Union européenne. Il estime également que l’union pour les compétences joue un rôle de tout premier plan, non seulement dans l’enseignement et la mise à jour des compétences professionnelles, mais aussi pour aider les travailleurs, y compris les jeunes, à étoffer leurs compétences en matière d’esprit critique afin de contribuer à lutter contre la désinformation et de promouvoir l’utilisation consciente de l’internet et des médias sociaux. Les syndicats peuvent apporter leur pierre à l’édifice en soutenant et mobilisant les enseignants et le personnel scolaire. Ces campagnes pourraient être renforcées et complétées par des actions menées par des organisations de la société civile.

    2.3.11.

    Le CESE considère que le programme Erasmus+ représente l’une des initiatives les plus emblématiques et les plus réussies de l’Union européenne. Conçu pour promouvoir l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport, ce dispositif de mobilité destiné aux jeunes est essentiel pour favoriser un véritable sentiment de citoyenneté européenne. Il pourrait inclure des aspects de préparation, mais doit conserver son objectif initial. Quant au corps européen de solidarité (CES), il mène déjà de nombreuses activités vitales qui profitent à la population. Compte tenu de l’insuffisance des financements (2) et des défis croissants, le budget du CES devrait être augmenté, à la condition que cela ne compromette ni ne réduise la quantité ou la qualité des services sociaux actuellement fournis.

    2.3.12.

    Le CESE reconnaît la nécessité d’attirer les talents pour renforcer la préparation de l’Union, et souligne le rôle essentiel du dialogue social dans la réalisation des objectifs fixés à cet égard. Il estime en outre que, dans une perspective à long terme, il est crucial de remettre à l’honneur la qualité et l’importance de l’éducation au niveau national, en particulier chez les jeunes générations, en mettant l’accent sur les STIM et d’autres secteurs critiques confrontés à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Dans le même temps, ces secteurs, potentiellement soutenus par des talents de pays tiers, doivent garantir la totalité des droits du travail et les droits sociaux fondamentaux à ces travailleurs.

    2.4.   Coopération public-privé

    2.4.1.

    Le CESE soutient fermement la création d’une task force public-privé en matière de préparation qui associe les partenaires sociaux et la société civile organisée. Des task forces intersectorielles similaires devraient être reproduites aux niveaux national et local. Toutefois, le CESE appelle à la vigilance pour éviter une fragmentation des structures de gouvernance et faire en sorte que toutes les structures nouvellement créées se voient assigner un mandat clair. Le CESE estime que les protocoles public-privé d’urgence devraient être conçus de manière à garantir la disponibilité rapide des matériaux, biens et services essentiels, ainsi qu’à sécuriser les chaînes de production critiques.

    2.4.2.

    Pour rendre les ressources des entreprises plus réactives, plus efficaces et plus précises en cas de crise, il est impératif que les secteurs public et privé préparent et définissent les dotations, et en tout premier lieu au moyen d’accords conformes aux législations et directives en vigueur. Il faudrait néanmoins que le recours à ces dispositions soit strictement limité aux circonstances extrêmes et ne porte pas atteinte aux obligations de traçabilité et de transparence des acteurs tant publics que privés ni à la surveillance exercée par les autorités de contrôle compétentes. Pour bénéficier d’un financement public, les entreprises doivent respecter la réglementation en vigueur afin de préserver en toutes circonstances les droits des travailleurs.

    2.4.3.

    Le CESE attire l’attention sur le fait que des millions de travailleurs européens sont employés dans des secteurs critiques qui se retrouvent en première ligne lorsqu’une crise éclate. Pourtant, nombre d’entre eux sont confrontés à la précarité de l’emploi et à de faibles salaires. Les crises précédentes ont montré qu’il est essentiel d’investir dans les salaires adéquats et les bonnes conditions de vie et de travail de ces travailleurs afin d’asseoir la résilience de la société lors des crises. Le CESE tient à faire observer que, pendant la pandémie, le mécanisme SURE a servi d’outil aux travailleurs et aux entreprises en temps de crise, ce qui devrait être considéré comme une des composantes d’un cadre de préparation plus vaste, à titre de mesure temporaire. Le CESE abonde dans le sens de la Commission lorsque celle-ci affirme la nécessité de garantir l’intégrité et le bon fonctionnement du marché intérieur. Pendant la pandémie de COVID-19, les particuliers et les entreprises ont souffert des conséquences négatives de mesures nationales non coordonnées. Il faut que l’Union reste interconnectée pour garantir une solidarité efficace et durable, en valorisant la résilience sociétale et économique. Dans le même temps, il est essentiel de doter les entreprises d’un cadre législatif clair et prévisible dans lequel opérer, pour garantir une concurrence loyale au sein du marché intérieur en toutes circonstances. Réduire les obstacles administratifs et garantir des normes d’interopérabilité, tant entre tous les États membres qu’avec ses partenaires, permettrait de renforcer la coopération industrielle et d’enclencher des initiatives conjointes plus efficaces en matière de préparation.

    2.4.4.

    Le CESE note qu’il existe un déficit potentiel de protection par les assurances en ce qui concerne les catastrophes liées au changement climatique et les autres catastrophes naturelles, les pandémies, les cyberincidents majeurs et les défaillances techniques de grande ampleur. Cet état de fait aura une incidence non négligeable, qui sera particulièrement forte à certains endroits et à certains moments. Le CESE se félicite que la Commission passe en revue les propositions concrètes de la Banque centrale européenne et de l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles en la matière. Toutefois, le caractère exceptionnel de tels événements n’exonère pas les gouvernements nationaux de leur responsabilité d’investir dans la prévention, d’assurer une gestion efficace des crises et de soutenir les actions de relance.

    2.4.5.

    Il importe d’améliorer et de préserver la capacité des entreprises à s’adapter en cas de crise, en s’appuyant sur l’expérience acquise pendant la pandémie. L’Union et ses États membres devraient fournir un appui, non seulement d’ordre financier mais aussi sous d’autres formes, destiné à encourager la coopération entre toutes les parties prenantes de la recherche et de l’innovation — en particulier au niveau transfrontalier —, et veiller ce faisant à accorder une attention privilégiée au renforcement des synergies entre les institutions publiques, les entreprises, les universités et la société civile (ladite «quadruple hélice»).

    2.4.6.

    L’échelon municipal revêt une importance particulière dans les situations de crise. Les problèmes immédiats que celles-ci entraînent doivent être d’abord résolus sur place. De ce fait, la cocréation est essentielle. Les municipalités doivent travailler en étroite collaboration avec la société civile organisée et les entreprises présentes localement. Il importe de connaître les ressources que la société civile peut mettre à disposition sur place et de posséder des réseaux qui sont susceptibles d’être rapidement en cas d’urgence.

    2.5.   Coopération civile-militaire

    2.5.1.

    Le CESE soutient l’objectif d’améliorer l’interaction entre les acteurs civils et militaires, et souligne que cette action devra être conduite d’une manière qui ne remette pas en cause leurs compétences et rôles respectifs.

    2.5.2.

    Le CESE souligne que les investissements dans les infrastructures présentant des possibilités d’un double usage doivent être conçus et mis en œuvre de manière à ce qu’ils soient tout aussi bénéfiques et efficaces à des fins civiles et militaires. Les normes de la Commission pour les biens à double usage doivent faire dûment l’objet de consultations, en tenant compte à la fois des exigences civiles et militaires, et en associant toutes les parties prenantes concernées, y compris les partenaires sociaux et les entreprises.

    2.5.3.

    Le CESE juge qu’il est impératif de clarifier les rôles, les responsabilités et les priorités, et d’atténuer les vulnérabilités entre les agences publiques et les sous-traitants privés pour tout ce qui concerne les fonctions sociétales vitales. Dans ce contexte, il faut vraiment que des cadres juridiques clairs soient fournis, que les droits sociaux soient dûment respectés et que les partenaires sociaux et la société civile soient associés aux processus décisionnels. Certains États membres activent ou mettent à jour des dispositifs existants fondés soit sur des contributions volontaires planifiées et préparées, soit sur la conscription de civils afin de soutenir les fonctions sociétales vitales en tant que moyen de préparation, qui pourraient être réexaminés dans ce contexte. En outre, les ressources des organisations volontaires de défense et des organisations de la société civile dans leur ensemble devraient être prises en considération.

    2.5.4.

    Le CESE se félicite de l’initiative visant à organiser régulièrement des exercices de préparation complets et transsectoriels à l’échelle de l’Union. Il souligne qu’il importe d’associer les organisations de la société civile et les partenaires sociaux concernés à des exercices conjoints avec d’autres parties prenantes de façon à tirer parti des compétences de chacune d’elles.

    2.5.5.

    Le CESE se félicite de l’intérêt croissant que portent l’Union européenne et les parties prenantes concernées aux technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et les infrastructures en nuage, qui sont essentielles pour la cybersécurité et la cyberrésilience. Il s’impose d’agir plus avant afin de garantir un accès abordable aux technologies de pointe grâce à des investissements stratégiques et des partenariats public-privé.

    2.6.   Réaction aux crises

    2.6.1.

    À l’heure actuelle, les principaux outils de protection civile de l’Union comprennent le mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU), le centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC) et rescEU. Le CESE a rendu plusieurs avis sur ces dispositifs (3), avec des propositions d’amélioration. Il soutient la nécessité de réexaminer ces initiatives et de s’en inspirer en tant qu’élément central de la stratégie de l’Union pour une union de la préparation.

    2.6.2.

    Le CESE soutient la proposition de créer un pôle européen de coordination des crises, dans le plein respect du principe de subsidiarité, en évitant les chevauchements avec les pouvoirs publics nationaux, et en favorisant des canaux de communication solides avec chacune des parties prenantes, y compris la société civile organisée.

    2.6.3.

    Le CESE appuie la proposition de renforcer rescEU, qui joue un rôle crucial pour revitaliser les zones touchées par des événements catastrophiques et les aider à se redresser. En particulier, il souscrit à l’intention affichée par la Commission d’élargir le mandat de RescEU. En outre, il estime que la dotation financière actuelle est largement insuffisante au vu de la fréquence croissante et de l’impact socio-économique de tels événements.

    2.6.4.

    En cas de crise extrême ou, dans le pire des scénarios, de conflit armé, une action rapide, solide et innovante est une exigence impérieuse, ce qui implique que la société fasse preuve d’une certaine acceptation des risques. En dépit d’une planification et d’une préparation rigoureuses, la gestion rapide de situations, dans des conditions extrêmes, pourrait entraîner des lacunes et des erreurs d’appréciation. Cependant, les droits fondamentaux, y compris le droit international humanitaire, doivent être respectés en toutes circonstances. Une compréhension et des mandats communs devraient être définis avec la plus grande clarté en période de paix et de stabilité de manière à prévenir tout risque de paralysie dans les situations de crise.

    2.7.   La résilience au moyen de partenariats extérieurs

    2.7.1.

    Le CESE accueille favorablement la proposition d’associer les pays candidats à l’adhésion à l’Union et les pays de l’Espace économique européen à un plan de coopération en matière de préparation et de réaction. Cette démarche devrait s’inscrire dans le processus global d’intégration. Le CESE souligne que, compte tenu des défis actuels auxquels nous sommes confrontés, le renforcement de la coopération transfrontière en matière d’aide humanitaire est une priorité. En tout état de cause, la mise en œuvre de la stratégie ne doit pas compromettre le respect et l’application à part entière des actes législatifs essentiels de l’Union. Il est aussi essentiel que les partenaires sociaux et la société civile organisée de ces pays soient associés de manière significative au processus.

    2.7.2.

    Le CESE approuve l’intégration de la préparation et de la résilience dans les partenariats bilatéraux et les institutions multilatérales. Une approche multilatérale est particulièrement cruciale, notamment par la coopération avec les Nations unies, qui fournit une aide au développement et une aide humanitaire pour affronter de manière volontariste les défis en matière de préparation et de résilience. Cette coopération devrait aussi englober le soutien au maintien de la paix, à la consolidation de la paix, à la prévention des conflits, à la stabilisation et au redressement après un conflit, ainsi que toutes les approches et actions visant à préserver la paix, la liberté et la stabilité.

    2.7.3.

    Le CESE souligne que, pour réduire les vulnérabilités et garantir une autonomie stratégique ouverte, il est primordial de renforcer la coopération avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, de promouvoir un programme ambitieux dans le domaine du commerce et de diversifier les chaînes d’approvisionnement en biens et services essentiels, ainsi que les exportations et les importations.

    Bruxelles, le 18 septembre 2025.

    Le président

    du Comité économique et social européen

    Oliver RÖPKE


    (1)   Avis général «Appel en faveur d’un pacte bleu pour l’Europe», rapporteurs: Kinga Joó, Florian Marin et Paul Rübig; corapporteur: Péter Olajos, adopté le 25.10.2023 ( JO C, C/2024/878, 6.2.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/878/oj).

    (2)  Rapport du Parlement européen (A9-2023-0308). Le Parlement y souligne que la dotation financière de 1 033 milliard d’EUR, soit 143 millions d’EUR par an pour la période 2021-2027, est totalement insuffisante, sachant que 43 000 participants ont été enregistrés en 2022-2023, même si 80 000 participants ont été retenus, https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/A-9-2023-0308_FR.html.

    (3)  Avis du CESE sur le thème «Consolider le mécanisme de protection civile de l’Union afin d’améliorer la capacité de l’UE à réagir face aux événements extrêmes, y compris en dehors de son territoire» (JO C 290 du 29.7.2022, p. 30); avis du CESE sur «La diplomatie climatique de l’UE» (JO C, C/2024/1575, 5.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1575/oj, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1575/oj ); avis du CESE sur le thème «Lutter contre les effets du changement climatique et de la dégradation de l’environnement sur la paix, la sécurité et la défense» ( JO C, C/2024/2106, 26.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/2106/oj, ELI http://data.europa.eu/eli/C/2024/2106/oj ); avis du CESE sur le thème «Renforcer la réaction de l’UE en matière de protection civile — rescEU» ( JO C 10 du 11.1.2021, p. 6611.1.2021, p. 66); avis du CESE sur le thème «Mécanisme de protection civile de l’Union (modification)» ( JO C 282 du 20.8.2019, p. 49); avis du CESE sur le thème «Évaluation ex post du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (y compris rescEU)» .


    ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/42/oj

    ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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