La situation socio-économique en Amérique latine à la suite de la crise de la COVID-19 – le rôle de la société civile dans le processus de relance

EESC opinion: La situation socio-économique en Amérique latine à la suite de la crise de la COVID-19 – le rôle de la société civile dans le processus de relance

Points clés

Le CESE:

  • constate que la pandémie de COVID-19 a frappé particulièrement durement l’Amérique latine, avec un nombre de décès supérieur à la moyenne mondiale, une pression extrême sur les systèmes de santé et un ralentissement économique. Ce sont quelque 22 millions d’emplois qui ont été perdus dans la région en 2020: la région a perdu plus d’une décennie pour ce qui est de la réduction de la pauvreté, et elle est l’une des plus inégalitaires au monde. Plusieurs effets de la pandémie ont été aggravés par la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, du fait de l’augmentation du prix des combustibles fossiles, des intrants agricoles et des denrées alimentaires;
  • souligne que la double crise sanitaire et de l’inflation a aggravé l’exclusion sociale, le manque de sécurité et la vulnérabilité d’une classe moyenne constamment exposée au risque de tomber dans la pauvreté. Tout cela a entraîné des tensions sociales et un manque de confiance dans les institutions, tandis que d’importantes migrations internes à travers le continent ont engendré une crise humanitaire dans certains pays;
  • estime que l’Amérique latine a besoin d’un nouveau contrat social entre groupes socio-économiques, entre régions et entre générations. Il est essentiel de renforcer la responsabilité politique, de garantir l’inclusion et la protection, de créer des emplois de qualité et de favoriser la transition écologique et numérique. Des systèmes de protection sociale efficaces et un modèle plus durable de financement du développement doivent être créés, avec des dépenses publiques viables sur le plan budgétaire et un système plus efficace de perception de l’impôt, en assignant un rôle particulier à la fiscalité verte;
  • rappelle que tout cela nécessite une forte participation des citoyens et une véritable autonomisation des jeunes et des femmes. Il est indispensable de promouvoir un modèle de dialogue social institutionnalisé, comme celui qui existe déjà en Europe, et de consolider la coopération existante avec le Comité économique et social européen et l’Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires;
  • estime que les initiatives de coopération internationale sont essentielles pour la relance post-COVID de l’Amérique latine, comme dans le domaine de l’allégement et de la restructuration de la dette, et surtout une approche allant au-delà de l’ancien paradigme nord-sud, en adoptant de nouvelles formes de partenariat multi-acteurs et à plusieurs niveaux;
  • note qu’après avoir apporté de l’aide via l’initiative COVAX, l’UE utilise désormais dans ses politiques à l’égard de l’Amérique latine tout un ensemble d’instruments, tels que l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI), le programme EUROCLIMA+, la stratégie «Global Gateway» et la boussole stratégique;
  • estime que l’accent devrait être mis sur la transition écologique — l’Amérique latine étant l’une des régions du monde les plus touchées par le changement climatique — et la transition numérique — qui présente un potentiel de développement très élevé —, ainsi que sur un développement durable et inclusif: les pays d’Amérique latine devraient respecter les principes de démocratie, de droits de l’homme et de droits des travailleurs consacrés par les conventions de l’OIT, d’où l’importance des groupes consultatifs internes (GCI) dans le suivi des accords de libre-échange, y compris celui avec le Mercosur, dont la ratification est nécessaire pour asseoir le partenariat de l’Union européenne avec l’Amérique latine;
  • estime que l’Europe et l’Amérique latine peuvent être des partenaires dans le cadre d’une alliance pour la démocratie, la durabilité, la justice sociale et le multilatéralisme, afin de soutenir une reprise qui associe la société civile, d’attirer des investissements compatibles avec les objectifs de développement durable (ODD) et de promouvoir un partenariat commercial qui se distingue de celui avec d’autres partenaires, par sa qualité et sa durabilité à long terme, par opposition à d’autres modèles de relations internationales prédateurs et irresponsables.