Intégration des femmes migrantes sur le marché du travail

EESC opinion: Intégration des femmes migrantes sur le marché du travail

Points clés

Le présent avis a pour but de compléter le travail réalisé par le CESE en matière d'immigration et d'intégration en se penchant sur les questions spécifiques liées à la position des femmes migrantes sur le marché du travail. Augmenter le taux d'emploi de ces femmes est une priorité pour l'Union européenne et ne peut que renforcer leur intégration dans la société et contribuer à la croissance économique et à la cohésion sociale.

Dans un marché du travail qui reste désavantageux pour les femmes en général (en matière de salaires, accès aux postes de responsabilité, etc.), les femmes immigrées rencontrent à la fois des difficultés en tant que femmes et en tant qu'immigrées.

Le projet d'avis du CESE invite les États membres et les institutions européennes à mener une action positive qui prend en compte la diversité des situations des femmes migrantes, leur niveau de qualification, leur connaissance de la langue du pays hôte, leur appartenance à une première génération d’immigration ou aux suivantes.

Au niveau européen, le CESE demande une meilleure utilisation du Semestre européen et des recommandations par pays, ainsi que de la Stratégie pour l'égalité entre les femmes et les hommes post 2015 pour améliorer la place des femmes migrantes sur le marché de l’emploi, y compris en encourageant l'entrepreneuriat.

Aussi, le CESE demande une harmonisation des instruments européens afin de permettre à toute personne qui réside légalement sur le territoire européen l’accès immédiat à l’emploi et des droits personnels à la résidence, indépendamment du statut matrimonial.

Le projet d'avis émet également un certain nombre de recommandations précises aux États membres, parmi lesquelles de:

  • organiser des formations linguistiques qui répondent aux besoins spécifiques des femmes immigrées, qui soient orientées vers la recherche d'un emploi et qui leur soient accessibles;
  • accélérer les processus de reconnaissance des qualifications et expériences acquises à l'étranger, pour permettre aux femmes de trouver des emplois correspondant à leurs compétences et aspirations;
  • éviter la déqualification, qui représente une perte de capital humain;
  • considérer que le travail dans certains secteurs (nettoyage, garde d’enfants, soins aux personnes âgées, hôtels-cafés-restaurants, agriculture, etc.) peut offrir des opportunités pour les femmes immigrées moins qualifiées à condition de sortir ces secteurs du travail au noir, de les professionnaliser et de les valoriser, de former les femmes à ces métiers et de leur permettre d’évoluer dans leur carrière;
  • soutenir les femmes entrepreneurs et stimuler l'éducation entrepreneuriale des femmes migrantes;
  • impliquer les partenaires sociaux et la société civile dans l'élaboration et la mise en œuvre des politiques.

Enfin, le CESE appelle les partenaires sociaux à mieux intégrer les spécificités des femmes migrantes dans le programme de travail du dialogue social européen ainsi qu'à faciliter, dans les conventions collectives, la reconnaissance des qualifications des femmes migrantes.