Expiration du système des quotas laitiers

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Avis du CESE: Expiration du système des quotas laitiers

  • Le CESE considère que l’expiration le 31 mars 2015 du régime des quotas laitiers décidée en 2008 constitue un tournant historique. Depuis l’instauration de cette gestion globale de la production, le 1er avril 1984, il est apparu de plus en plus clairement au fil du temps qu'il n'est pas possible de soutenir et de stabiliser avec suffisamment d'efficacité les prix du lait et les revenus des agriculteurs et que la production de lait est en diminution dans l’UE, alors que dans le même temps, la production laitière mondiale connaît une forte augmentation.
  • Le CESE défend l'idée que la politique laitière de l'UE après l'expiration du régime des quotas, c'est-à-dire après 2015, ne devrait pas seulement servir la croissance et l'expansion, mais qu'elle se devrait également d'éviter l'abandon des activités laitières et de soutenir les petits producteurs, en particulier ceux des régions défavorisées et des régions de montagne. Cette politique doit permettre aux agriculteurs européens et en fin de compte à l'économie de l'Europe de bénéficier de la croissance au niveau mondial des marchés laitiers, tout en reconnaissant et en promouvant la contribution économique et sociale tout aussi appréciable des petites exploitations laitières défavorisées de nombreuses régions européennes.
  • À cette fin, il convient selon le CESE d'exploiter pleinement les dispositions du deuxième pilier de la PAC 2014-2020 et le «paquet lait» afin de garantir le maintien, sur tout le territoire, des familles qui se consacrent à l'exploitation laitière. Il y a lieu d'encourager la participation des agriculteurs aux organisations de producteurs qui peuvent les aider à améliorer leur position dans la chaîne d’approvisionnement et d'orienter les actions de transfert de connaissances de façon à aider les agriculteurs à améliorer l'efficacité technique et économique.
  • Néanmoins, de l'avis du CESE, les budgets et les mesures relevant du deuxième pilier ou les dispositions du «paquet lait» faisant partie à présent de la PAC 2014-2020 ne suffiront certainement pas pour protéger les producteurs laitiers vulnérables, qu'ils opèrent dans des zones défavorisées et montagneuses ou non. Des mesures supplémentaires peuvent être nécessaires pour garantir à ces agriculteurs des revenus viables et une part juste des rendements du marché. Ils devraient également pouvoir bénéficier de services de conseil en matière d'efficacité et de diversification de la production ainsi que de réorientation afin d'être aidés à prendre les bonnes décisions pour leur avenir et celui de leurs successeurs, en tenant compte des limitations que présentent les exploitations défavorisées en termes de capacité à générer des revenus.
  • Le principal défi pour ces agriculteurs sera de faire face aux variations considérables des revenus liées à la volatilité des prix des produits laitiers (et donc des prix à la production) et des coûts des intrants. Il est essentiel que l'UE facilite le développement, par les États membres et l'industrie, de solutions fiscales et d'instruments de couverture simples, tels que des contrats à marge fixe, facilement accessibles aux agriculteurs.
  • Le CESE demande instamment que le niveau inadéquat du «filet de sécurité» prévu dans le cadre de la réforme de la PAC soit révisé et fasse l'objet d'un examen continu afin de garantir qu'il soit plus étroitement lié aux coûts de production réels.
  • Enfin, il convient de reconnaître et de renforcer le rôle essentiel des coopératives dans le secteur laitier. Les coopératives jouent un rôle de premier plan dans l'industrie laitière mondiale, quatre coopératives se classant parmi les dix plus grandes laiteries au niveau mondial selon l'enquête de Rabobank de juillet 2014 . Les coopératives peuvent contribuer de manière beaucoup plus importante à soutenir les producteurs laitiers face aux aléas de la volatilité que les acheteurs et transformateurs de lait privés, puisque leurs fournisseurs de lait sont également en grande partie leurs actionnaires. En outre, elles offrent à leurs membres producteurs des conditions d'achat de lait à long terme beaucoup plus durables et à des prix viables.