Comment garantir un travail décent aux jeunes et veiller à l’inclusion des jeunes ne travaillant pas et ne suivant pas d’études ou de formation (NEET) grâce à l’élaboration de plans nationaux de relance adéquats (avis d’initiative)

EESC opinion: Comment garantir un travail décent aux jeunes et veiller à l’inclusion des jeunes ne travaillant pas et ne suivant pas d’études ou de formation (NEET) grâce à l’élaboration de plans nationaux de relance adéquats (avis d’initiative)

Points clés

Le CESE:

  • accueille favorablement les plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR), dans lesquels il voit une occasion inédite de susciter des changements et de déclencher des investissements en faveur de la croissance durable et de la création d’emploi de qualité, laquelle doit être saisie selon une gouvernance inclusive appelant dialogue, ouverture et transparence;
  • déplore l’absence de consultation substantielle et ciblée des partenaires sociaux et des parties prenantes, dans certains États membres, lors de l’élaboration des PNRR et invite instamment la Commission à mettre en place des mesures garantissant une participation structurée et constructive des partenaires sociaux, de la société civile organisée et des organisations représentant la jeunesse à la mise en œuvre et au suivi des PNRR;
  • invite les États membres à garantir une orientation professionnelle et des conseils de qualité à tous les jeunes, en particulier ceux qui sont porteurs d’un handicap, et ce dès les premières étapes de leur éducation scolaire, afin de leur fournir davantage d’informations sur leur formation complémentaire et par conséquent sur leurs possibilités de carrière dans le contexte de la transition écologique et numérique du marché du travail;
  • salue les mesures visant à promouvoir et populariser le rôle et l’image de l’enseignement et de la formation professionnels (EFP) comme vecteurs de pratiques innovantes, des compétences en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), de l’apprentissage tout au long de la vie et d’une intermédiation efficace en matière d’emploi, car elles sont essentielles pour résorber l’actuel déficit de compétences;
  • préconise la mise en place d’un accompagnement personnalisé pour certains groupes ciblés, en particulier les jeunes qui ne travaillent pas et ne suivent ni études ni formation (les «NEET»). Cet accompagnement devrait permettre de traiter de manière globale l’ensemble des questions annexes à celle de l’insertion sur le marché du travail, comme le logement, l’hébergement, le transport et la santé;
  • invite instamment les États membres à utiliser les fonds de relance pour investir dans la création d’emplois de qualité et le renforcement des compétences des jeunes, là où c’est nécessaire, priorité devant être donnée aux contrats à durée indéterminée et à des conditions de travail décentes qui limitent le risque de pauvreté;
  • juge essentiel, afin d’éviter de subventionner la précarité de l’emploi, de veiller à ce que les aides à l’embauche soient conditionnées à la signature de contrats à durée indéterminée ou à des programmes de stabilisation. Ces aides à l’embauche peuvent par ailleurs s’avérer efficaces pour ouvrir des perspectives de recrutement aux demandeurs d’emploi «désavantagés» et réaffecter les travailleurs licenciés, en favorisant leur transition vers de nouveaux secteurs et métiers;
  • considère qu’il y a lieu de porter une attention particulière à la problématique de la santé mentale et des troubles psychosociaux, en particulier chez les jeunes, en faisant reculer la stigmatisation autour de ces questions par un travail de prévention et de sensibilisation, lequel doit commencer dans les écoles et s’étendre aux entreprises, et en assurant un financement adéquat des prestataires de services et d’accompagnement dans ce domaine;
  • note que les inégalités persistantes entre hommes et femmes dans le monde du travail aggravent la vulnérabilité des jeunes femmes face aux conséquences économiques de la COVID-19; il salue les mesures mises en place par certains États membres pour encourager l’emploi des femmes et promouvoir l’entrepreneuriat féminin, investir dans des infrastructures sociales adéquates et réformer les systèmes de garde d’enfants, en particulier l’éducation et l’accueil de la petite enfance, et demande que ces bonnes pratiques soient généralisées à l’échelle de l’Union européenne afin de soutenir le plein emploi des femmes, en particulier des jeunes mères.