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Study
167 pages

Cette étude vise à comprendre pourquoi dans certains pays de l’UE le niveau de couverture des négociations collectives est faible ou très faible et à formuler des recommandations politiques visant à promouvoir efficacement la négociation collective.

«Climate Reporters», la toute nouvelle agence de presse lituanienne spécialisée dans les questions climatiques, vise à lutter contre la lassitude dans le traitement des sujets liés au climat et à ramener le thème du changement climatique à la une des programmes éditoriaux. Formidable exemple de journalisme citoyen, elle allie communication et militantisme en faveur du climat, afin d’informer la population sur le changement climatique et de faire entendre la voix de notre Terre nourricière dans la crise environnementale. 

«Climate Reporters», la toute nouvelle agence de presse lituanienne spécialisée dans les questions climatiques, vise à lutter contre la lassitude dans le traitement des sujets liés au climat et à ramener le thème du changement climatique à la une des programmes éditoriaux. Formidable exemple de journalisme citoyen, elle allie communication et militantisme en faveur du climat, afin d’informer la population sur le changement climatique et de faire entendre la voix de notre Terre nourricière dans la crise environnementale.

Par Rūta Trainytė

L’agence de presse spécialisée dans les questions climatiques «Climate Reporters» a été créée cette année, en Lituanie. Cette initiative menée par des organisations non gouvernementales (ONG) est un exemple de journalisme citoyen. L’agence de presse vise à aider les journalistes à rendre compte des différents aspects de la crise environnementale. À cette fin, son équipe ébauche des textes et les transmet aux bureaux de rédaction.

Le travail de l’agence est effectué par une communauté de militants. Les textes sont rédigés par des journalistes, des spécialistes des relations publiques, des représentants d’ONG, des militants et des scientifiques — en bref, des personnes qui s’intéressent à ce qui se passe et souhaitent un changement social. Celles-ci composent également le conseil d’administration de «Climate Reporters», qui veille à ce que cette nouvelle initiative soit digne de confiance.

Les rédacteurs de «Climate Reporters» ne sont pas nouveaux dans le monde de la communication et ont déjà acquis une expérience considérable en matière de relations publiques, de publication, ainsi que de création et de maintenance de portails web. Nous ne sommes pas non plus novices en ce qui concerne les questions climatiques. Et c’est ainsi que l’idée est née. Nous faisons ce que nous faisons le mieux et nous l’allions au militantisme climatique. Nous faisons entendre la voix de notre Terre nourricière dans cette crise environnementale.

Nous sommes, bien entendu, en contact avec des journalistes. La tendance qui prévaut dans les bureaux de rédaction est de croire que l’actualité climatique n’intéresse pas le public et ne génère pas de clics. Ces bureaux évitent donc de publier des articles dont les titres comportent les termes «changement climatique» ou «crise climatique». Qu’entend-on par «déni face à la crise climatique»? S’agit-il d’un moyen de protéger la société contre les mauvaises nouvelles et l’anxiété?

Peut-être n’est-ce pas si grave. Chaque jour, les bureaux de rédaction sont inondés d’innombrables nouvelles, qui sont physiquement difficiles à traiter, même sans produire des articles d’actualité liés au climat. Il faut en outre maîtriser le sujet. Et c’est là que nous entrons en jeu. Le prochain objectif de «Climate Reporters» est de former des journalistes. Nous constatons que ces derniers doivent comprendre le sujet pour éviter de populariser l’écoblanchiment.

Une autre idée est de sensibiliser certains groupes au changement climatique de manière attrayante. Avant tout, nous voulons toucher les jeunes et nous nous sommes rendu compte qu’ils répondaient bien à l’humour. Nous ne savons pas encore quelle forme ce projet prendra à l’avenir, mais nous réfléchissons déjà en ce sens.

L’agence de presse est en activité depuis six mois. Nous savons, d’expérience, que nous devons faire preuve de patience et nous contactons, avec persévérance et détermination, les bureaux de rédaction pour leur présenter nos articles. Nos textes sont déjà publiés sur les principaux portails d’information lituaniens et nous sommes invités à participer à des émissions de radio.

Afin de garantir la qualité de notre travail éditorial, il est primordial que nous obtenions un soutien considérable de la part des organisations lituaniennes de protection de l’environnement, que nos organisations soient membres de réseaux internationaux d’ONG, que nos membres participent à des groupes de travail au niveau de l’UE et qu’ils représentent la Lituanie au sein du CESE. Cette approche nous permet d’élargir notre éventail de sujets et de rester au courant des questions d’actualité.

Notre lien avec le CESE va au-delà du fait que Kęstutis Kupšys, l’un des initiateurs du projet, est membre du Comité. Les membres du CESE peuvent partager des expériences pertinentes de différents pays afin d’enrichir les nouvelles sur le climat publiées par «Climate Reporters». À cet égard, nous nous sommes récemment entretenus avec Arnaud Schwartz, membre français du CESE, en marge du sommet mondial sur la biodiversité (COP 16). Les informations qu’il nous a communiquées directement depuis Cali ont conduit à la rédaction d’un article de «Climate Reporters». Ses réflexions ont rapidement été reprises dans les médias lituaniens. Ce modèle, grâce auquel l’expertise des membres du CESE permet de communiquer efficacement des informations d’ampleur mondiale à des publics locaux, a fait ses preuves. Nous l’utiliserons donc à nouveau à l’avenir.

Rūta Trainytė est rédactrice au sein de l’agence de presse spécialisée dans les questions climatiques «Climate Reporters», qui fait partie du projet ŽALINK financé par l’État lituanien. Ce projet, géré par l’alliance des consommateurs, la plateforme de coopération au développement et l’ONG «Žiedine Ekonomika» (Économie circulaire), bénéficie de financements au titre du programme de lutte contre le changement climatique de l’agence du ministère lituanien de l’environnement chargée de la gestion de projets environnementaux.

 

Au mois d’octobre, le CESE a adopté un avis par lequel il propose de repenser en profondeur le fonctionnement des finances de l’Union européenne. Il y plaide en faveur d’un surcroît de transparence et de participation des citoyens dans l’ensemble de l’Union, qui permettrait de renforcer la démocratie et la confiance du grand public. 

Au mois d’octobre, le CESE a adopté un avis par lequel il propose de repenser en profondeur le fonctionnement des finances de l’Union européenne. Il y plaide en faveur d’un surcroît de transparence et de participation des citoyens dans l’ensemble de l’Union, qui permettrait de renforcer la démocratie et la confiance du grand public. 

Pour y parvenir, le CESE recommande de mettre en place un cadre commun pour la transparence budgétaire, d’associer les citoyens aux procédures budgétaires et de créer des outils numériques pour démêler les informations relatives au budget.

«Imaginez tout simplement de pouvoir retracer le cheminement de chaque euro des financements de l’Union européenne, depuis Bruxelles via les capitales des États membres jusqu’à votre communauté locale», explique Elena Calistru, rapporteure de l’avis.

Le CESE est d’avis qu’un cadre commun pour la transparence budgétaire permettra de mettre en place des normes limpides et cohérentes pour tous les programmes financés par l’Union, d’uniformiser les activités d’établissement des rapports et de procurer un accès aisé aux données financières dans tous les États membres. Il s’agirait avant tout de promouvoir les bonnes pratiques plutôt que d’instaurer de nouvelles réglementations.

La budgétisation participative permettrait aux citoyens de faire valoir directement leur point de vue dans les décisions touchant aux dépenses publiques, en particulier à l’échelon local, tout en incorporant des dispositifs participatifs dans les procédures budgétaires au niveau de l’Union.

Le CESE plaide en faveur d’une plateforme numérique unifiée et conviviale fournissant des données budgétaires en temps réel, des visualisations claires et des informations sur les résultats que produisent les fonds de l’Union. Une telle démarche renforcerait la compréhension et l’engagement du public en matière d’informations financières.

Le CESE souligne également qu’il importe de sensibiliser le public, d’assurer un contrôle renforcé et d’aligner les pratiques financières sur les objectifs de l’Union tels que la cohésion et la durabilité, afin de favoriser la coopération et de faire valoir l’obligation de rendre des comptes.

«Les finances de l’Union, ce ne sont pas seulement des chiffres. C’est avant tout une question de confiance et de démocratie, l’objectif étant de faire en sorte que l’Europe œuvre en faveur de ses citoyens», conclut Mme Calistru. (tk)

Event type
Debate

La section ECO organise un débat de haut niveau sur le financement de la défense dans l’UE. Ce sujet est de la plus haute importance dans le débat politique actuel, notamment compte tenu du nouveau contexte géopolitique, du nouveau cycle institutionnel et législatif de l’UE qui vient de débuter et des préparatifs du cadre financier pluriannuel post-2027.

Adopté on 04/12/2024 - Bureau decision date: 03/12/2024
Référence
NAT/943-EESC-2024
Session plénière
592
-
  • NAT/943 _Record of proceedings
Download — Avis du CESE: Modification — Matériels forestiers de reproduction: catégorie «matériels testés», leur étiquetage et les noms des autorités responsables de l’admission et du contrôle de la production

Par le groupe des travailleurs

Évoquer le coût de la vie pour paraphraser le slogan de la campagne de Bill Clinton en 1992 — «C’est l’économie, imbécile!», qui eut à l’époque une résonance profonde auprès des électeurs américains — semble plus qu’approprié aujourd’hui. Il suffit d’examiner les résultats de la dernière enquête post-électorale Eurobaromètrede l’UE, qui fait apparaître que l’inflation et l’économie ont été les principaux thèmes à avoir incité les citoyens à se rendre aux urnes.  

Par le groupe des travailleurs

Évoquer le coût de la vie pour paraphraser le slogan de la campagne de Bill Clinton en 1992 — «C’est l’économie, imbécile!», qui eut à l’époque une résonance profonde auprès des électeurs américains — semble plus qu’approprié aujourd’hui. Il suffit d’examiner les résultats de la dernière enquête post-électorale Eurobaromètrede l’UE, qui fait apparaître que l’inflation et l’économie ont été les principaux thèmes à avoir incité les citoyens à se rendre aux urnes. 

Bien entendu, il n’y a pas de solution universelle et les difficultés économiques ne peuvent à elles seules expliquer tous les problèmes qui détermineront les élections à venir. Toutefois, on peut légitimement affirmer que la hausse des prix, le coût de la vie et la situation économique ont été les principaux déterminants des choix des électeurs dans l’UE au printemps dernier et de l’autre côté de l’Atlantique il y a quelques semaines. Ce ne fut pas une surprise: ces thèmes constituaient déjà la principale préoccupation (suivis par la pauvreté et l’exclusion sociale) au début 2023. Alors que les indicateurs macroéconomiques semblent donner raison aux choix des décideurs politiques, l’incidence directe de l’inflation sur des biens essentiels tels que les denrées alimentaires et l’énergie reste lourde, son incidence touchant de manière disproportionnée ceux qui consacrent une proportion importante de leurs revenus à ces besoins. Cette situation est venue s’ajouter à la pandémie et aux choix catastrophiques de politiques publiques qu’elle a provoqués, alors que de nombreux pays souffraient encore des séquelles de la crise de 2008.

Depuis des décennies, les salaires ont été dissociés de la croissance de la productivité, ce qui a fait disparaître les perspectives d’avenir meilleur pour nombre de personnes ressortissant aux classes moyennes et ouvrières en Europe. L’extrémisme politique et les turbulences électorales sont là pour rester.

Il est essentiel de s’attaquer à la crise du coût de la vie pour l’avenir de l’Europe, car elle met en évidence des problèmes structurels dans nos sociétés et nos économies, tout en remettant en cause les principes qui sous-tendent le tissu social de nos démocraties.

Le 26 novembre, le groupe des travailleurs a rencontré plusieurs parties prenantes pour discuter de cette question. Nous vous invitons à revivre cette discussion et à vous joindre à notre appel aux décideurs politiques pour qu’ils mettent un terme à leurs slogans vides de sens et comblent leur propre déficit de compétences pour se concentrer sur ce qui importe. 

Le CESE a présenté une vision dont l’objectif est de transformer l’agriculture, la pêche et les systèmes alimentaires de l’UE de manière à garantir la résilience et la durabilité en temps de crise. 

Le CESE a présenté une vision dont l’objectif est de transformer l’agriculture, la pêche et les systèmes alimentaires de l’UE de manière à garantir la résilience et la durabilité en temps de crise. 

Dans un avis adopté en octobre, le CESE plaide en faveur d’un système alimentaire compétitif, à l’épreuve des crises et aligné sur les objectifs environnementaux et sociaux de l’UE. Il met l’accent sur la sécurité alimentaire, un revenu équitable pour les producteurs, la résilience environnementale et le soutien qu’il convient d’apporter à la prochaine génération de producteurs de denrées alimentaires.

«Il est essentiel de garantir des revenus stables et durables aux producteurs, tout comme de promouvoir une politique alimentaire fondée sur la connaissance, qui encourage l’innovation», a déclaré Arnold Puech d’Alissac, président de l’Organisation mondiale des agriculteurs et l’un des trois rapporteurs de l’avis.

À cet effet, le CESE propose de renforcer le pouvoir de négociation du secteur agricole dans le cadre des négociations sur les prix, et d’augmenter le financement européen de l’agriculture et de la pêche. Il demande également que les futurs accords commerciaux prennent pleinement en compte le pacte vert et les normes définies par la stratégie «De la ferme à la table», de manière à garantir une concurrence loyale et un niveau de qualité élevé des denrées alimentaires.

«Il est essentiel de garantir des revenus équitables aux producteurs primaires», a souligné Piroska Kállay, une autre rapporteure de l’avis.

À cette fin, le CESE plaide en faveur d’une application plus stricte des pratiques commerciales loyales et d’une interdiction de la vente à perte afin de rééquilibrer la chaîne d’approvisionnement alimentaire. L’adoption de politiques en faveur du renouvellement des générations, axées sur les jeunes et les femmes, couvrant notamment l’éducation, la formation et le soutien aux coopératives, revêt également une importance capitale.

Pour promouvoir la durabilité, le CESE recommande de récompenser les efforts de séquestration du carbone, tels que la gestion durable des sols, et de prévenir les fuites de carbone. «Ces mesures contribueraient à aligner la production alimentaire sur les objectifs climatiques de l’Union et les engagements environnementaux mondiaux», a expliqué Joe Healy, un autre rapporteur.

La mise en place d’un système public d’assurance destiné à protéger les producteurs contre les catastrophes liées au climat tout en assurant la continuité de l’approvisionnement alimentaire constitue une autre proposition.

Le CESE plaide en faveur de politiques visant à restaurer la santé des sols et de l’eau, améliorer l’utilisation rationnelle de l’eau et faire baisser sa consommation, tout en réduisant les formalités administratives et en renforçant la transparence grâce à un suivi numérisé des prix et des coûts.

Enfin, le CESE préconise la création d’un Conseil européen de la politique alimentaire (CEPA) afin de favoriser le dialogue sur les questions liées à l’alimentation et d’aligner la politique alimentaire sur les objectifs sociaux et environnementaux plus larges. Ces propositions constituent une feuille de route visant à rendre les systèmes alimentaires de l’UE plus résilients, plus durables et plus équitables face aux défis mondiaux.(ks)

Le CESE invite l’Union à montrer l’exemple avec un modèle de bioéconomie aligné sur le pacte vert pour l’Europe et les objectifs climatiques. 

Le CESE invite l’Union à montrer l’exemple avec un modèle de bioéconomie aligné sur le pacte vert pour l’Europe et les objectifs climatiques.

Dans son avis sur le thème «Assurer la cohérence de l’économie circulaire et de la bioéconomie», le CESE explique dans quelle mesure une bioéconomie solide peut apporter à l’Europe des bénéfices économiques et écologiques accrus, renforcer la résilience et soutenir une transition juste. Les investissements stratégiques dans la coopération entre les domaines d’activité et l’engagement des communautés peuvent faire de la bioéconomie de l’Union un modèle mondial de croissance durable.

Pour être durable, la bioéconomie doit s’aligner sur les cadres dont l’Union s’est dotée, comme le pacte vert, l’économie circulaire et les objectifs en matière de biodiversité, afin de garantir que ses activités contribuent à atteindre les objectifs en matière de climat et de biodiversité, dans le respect des limites de notre planète.

«Il est primordial que nous adoptions une stratégie complète et ambitieuse en matière de bioéconomie. Si elle est alignée sur l’économie circulaire et les objectifs de développement durable, la bioéconomie peut donner un avantage concurrentiel à l’Union, en créant des emplois durables et bien rémunérés et en garantissant que la croissance respecte les limites écologiques», a fait valoir le rapporteur de l’avis, Cillian Lohan.

La bioéconomie peut s’appuyer sur les principes de l’économie circulaire, c’est-à-dire réduire la production de déchets et améliorer l’efficacité, par une utilisation des ressources en cascade et le recyclage des matières biologiques. Elle offre des avantages sociaux, surtout dans les zones rurales, en créant des emplois et en donnant des occasions de renforcer les compétences. Dans ce secteur, le soutien aux communautés rurales et la participation des jeunes revêtent une importance cruciale.

L’éducation à la bioéconomie peut contribuer à former une main-d’œuvre qualifiée et à sensibiliser à la durabilité. Elle permet également d’améliorer la santé publique, en réduisant les coûts des soins de santé. Les progrès technologiques et l’utilisation durable des terres, notamment l’agriculture et la sylviculture régénératrices, qui stimulent le stockage du carbone et la biodiversité, constituent des facteurs essentiels dans cette démarche.

L’agriculture urbaine et les pôles d’alimentation circulaire peuvent réduire le gaspillage alimentaire et renforcer les systèmes d’alimentation locaux. L’Union se devrait de respecter des normes élevées dans les domaines des entreprises et de l’innovation, en encourageant une adoption rapide des biotechnologies. Dans le financement, il y aurait lieu d’accorder la priorité aux porteurs de projets innovants et de soutenir les petites et moyennes entreprises.

Si l’on veut parvenir à intégrer la bioéconomie dans les politiques de l’Union, il convient de la définir clairement. La révision de la stratégie pour la bioéconomie, à l’horizon 2025, devrait s’aligner sur le pacte vert et l’accord de Paris, et offrir une feuille de route pour une économie fondée sur le vivant qui soit durable et résiliente. (ks) 

Par Séamus Boland, président du groupe des organisations de la société civile du CESE

Bien que l’UE soit l’une des régions les plus riches du monde, des millions d’enfants européens dépendent encore de leur école pour leur alimentation quotidienne. En fait, le nombre d’États membres fournissant des denrées alimentaires aux enfants pendant les vacances scolaires est en augmentation. Cette information à elle seule suffit pour comprendre que la pauvreté dans son acceptation la plus élémentaire existe et s’accroît, et qu’elle doit être combattue avec fermeté et sans hésitation par la prochaine Commission européenne. 

Par Séamus Boland, président du groupe des organisations de la société civile du CESE

Bien que l’UE soit l’une des régions les plus riches du monde, des millions d’enfants européens dépendent encore de leur école pour leur alimentation quotidienne. En fait, le nombre d’États membres fournissant des denrées alimentaires aux enfants pendant les vacances scolaires est en augmentation. Cette information à elle seule suffit pour comprendre que la pauvreté dans son acceptation la plus élémentaire existe et s’accroît, et qu’elle doit être combattue avec fermeté et sans hésitation par la prochaine Commission européenne.

Les statistiques européennes sur la pauvreté sont déprimantes. Environ 21 % de la population de l’UE est exposée au risque de pauvreté et d’exclusion sociale (données Eurostat de 2023) et près de 25 % des enfants menacent de tomber dans le piège de la pauvreté (données Eurostat de 2023). S’il se peut que la situation ait été pire sans les initiatives actuelles mises en place par l’UE pour stimuler le changement dans ce domaine, force est d’admettre que celles-ci ne sont pas suffisantes. C’est pourquoi le Comité économique et social européen (CESE) et son groupe des organisations de la société civile saluent l’annonce de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, selon laquelle la Commission travaillera à l’élaboration d’une stratégie européenne de lutte contre la pauvreté visant à s’attaquer aux causes profondes de ce problème au cours du mandat 2024-2029. Le CESE, et en particulier mon groupe, plaident depuis longtemps en faveur d’une telle stratégie.

Malheureusement, la pauvreté n’est pas seulement une pénurie des ressources de base dont les familles ont besoin au quotidien. Elle est le résultat d’une série de circonstances durables qui vont de pair avec un appauvrissement à long terme. Cet appauvrissement est lié aux systèmes politiques, qui, au mieux, ignorent certains groupes démographiques et, au pire, les discriminent.

Les solutions devront passer par une évaluation des causes profondes et historiques de la pauvreté. Il s’agira d’examiner toutes les étapes de la vie des personnes concernées, de la naissance à la mort. Il en va de même pour l’offre de logement, qui devient l’un des problèmes les plus graves auxquels sont confrontées les sociétés européennes. Pour cette raison, à la demande de mon groupe, le CESE a commandé une étude sur le logement durable et abordable dans l’UE. Elle a été présentée lors de notre conférence du 21 novembre sur le thème «Protéger les plus vulnérables d’Europe grâce au logement durable et abordable». Cette conférence nous a permis de démontrer que le logement abordable est l’un des principaux instruments de lutte contre la pauvreté.

Nous nous félicitons que la nouvelle Commission européenne comprenne un commissaire à l’énergie et au logement, ce qui contribuera à l’éradication de la pauvreté. Il est cependant préoccupant que la plupart des responsables politiques continuent de considérer l’éradication de la pauvreté comme un problème à résoudre au moyen de budgets conséquents gérés de manière bureaucratique. Les ressources ne parviendront aux personnes concernées que si cet état d’esprit change. La pauvreté est une question transversale et les nouveaux commissaires européens à l’énergie et au logement, à l’égalité, à la cohésion et aux réformes, et à la transition juste doivent assumer sans délai la responsabilité de stimuler ce changement.