Par Andreï Gnyot

En Biélorussie, le simple fait de choisir la mauvaise profession peut vous valoir d’être arrêté. Il se trouve que pour avoir commis une erreur aussi funeste, vous pourriez même être appréhendé au beau milieu de l’Europe, en Serbie par exemple. Et qu’une organisation internationale aussi prestigieuse qu’Interpol facilitera même votre capture. S’il est empreint de sarcasme et d’amertume, mon témoignage est véridique et n’est en rien exagéré. Je m’appelle Andreï Gnyot. Je suis cinéaste et journaliste, de nationalité biélorusse, et anciennement prisonnier politique. Voici mon histoire.

Par Andreï Gnyot

En Biélorussie, le simple fait de choisir la mauvaise profession peut vous valoir d’être arrêté. Il se trouve que pour avoir commis une erreur aussi funeste, vous pourriez même être appréhendé au beau milieu de l’Europe, en Serbie par exemple. Et qu’une organisation internationale aussi prestigieuse qu’Interpol facilitera même votre capture. S’il est empreint de sarcasme et d’amertume, mon témoignage est véridique et n’est en rien exagéré. Je m’appelle Andreï Gnyot. Je suis cinéaste et journaliste, de nationalité biélorusse, et anciennement prisonnier politique. Voici mon histoire.

C’est en 1999 que j’ai décidé de devenir journaliste. La télévision et la radio étaient pour moi une passion, un rêve et un hobby. Pouvais-je, à 17 ans, m’imaginer que dans mon pays, le journalisme indépendant serait un jour qualifié d’extrémisme et que tous les autres médias seraient réduits à des instruments de propagande? Non, personne ne s’attendait à ce que cela puisse se produire dans l’Europe du XXIe siècle. Et pourtant, c’est exactement ce qu’il est advenu dans la Biélorussie dictatoriale d’aujourd’hui: il n’existe plus un seul média indépendant dans le pays. Toutes les structures de médias sont la propriété de l’État, et celui-ci exerce un contrôle strict sur la politique éditoriale, laquelle se résume tout simplement à célébrer le pouvoir autoproclamé de Loukachenko et à désigner quiconque ose le critiquer, fût-ce de façon constructive, comme un «ennemi du peuple», un qualificatif hérité du passé communiste.

Et c’est ainsi qu’au milieu des années 2000, un jeune journaliste naïf et fraîchement diplômé essaya de se frayer un chemin dans le métier. Au cours de mes études et aussi après les avoir achevées, j’ai accumulé beaucoup d’expérience pratique à la télévision et à la radio, et je savais exactement ce que je voulais. Mais l’horizon des possibles s’est vite rétréci, à mesure que les stations de radio privées étaient fermées ou mises sous la tutelle de l’État, tandis que les chaînes de télévision indépendantes se voyaient carrément privées de fréquence d’émission. Le choix était maigre: celui soit de devenir un agent de la propagande, soit d’éviter les sujets sensibles et de se borner à des divertissements inoffensifs. Le journalisme n’a survécu en Biélorussie que grâce à une poignée de journaux et de sites internet indépendants. De nombreux journalistes ont quitté la profession et beaucoup ont aussi été victimes de la répression. Le ministère biélorusse de l’information adressait régulièrement des avertissements aux médias, sachant que trois avertissements suffisaient pour obtenir la révocation de leur licence. D’après l’Association biélorusse des journalistes, le nombre de journaux a été réduit de 21 % entre 2020 et 2024. Seules sont demeurées sur le marché biélorusse les publications aseptisées, telles que celles destinées aux propriétaires de datchas, aux amateurs de revues humoristiques et aux aficionados des mots croisés. Toutes les publications indépendantes à caractère social ou politique ont disparu, soit parce que les autorités les ont supprimées, soit parce qu’elles ont choisi d’interrompre leur parution car il leur était devenu impossible de fonctionner.

Dans mon cas, j’ai fort heureusement pu trouver une solution de compromis: j’ai publiquement opéré un virage vers une carrière de réalisateur et un travail créatif, domaines dans lesquels j’ai obtenu de grands succès. Dans le même temps, je poursuivais mon travail de journaliste bénévolement, sous le couvert de l’anonymat afin de ne pas m’exposer. Cette tactique s’est révélée efficace. Mobilisant toute mon expérience et mes contacts professionnels, j’ai pu fournir aux médias indépendants des séquences vidéo d’actualité pendant les événements de 2020, et j’ai pu également m’engager dans la voie d’un militantisme civique et politique en devenant le cofondateur de l’Association libre des athlètes de Biélorussie ou Sos.By, mouvement civil en faveur des droits de l’homme. Je ne crois pas que l’on puisse m’accuser de partialité ou de parti pris au motif que j’ai choisi le camp du peuple et de mes compatriotes — la dictature n’a rien à voir avec l’objectivité, de même que la propagande n’a rien à voir avec le journalisme.

En 2021, la Biélorussie était classée 158e sur 180 pays dans le classement de la liberté de la presse, reculant ainsi de cinq places par rapport à 2020. «La Biélorussie est le pays le plus dangereux d’Europe pour les professionnels des médias», nous avertit l’organisation internationale de défense des droits de l’homme Reporters sans frontières.

Notons qu’en 2020, année de protestations, c’est vers internet et les réseaux sociaux que les Biélorusses se sont tournés, puisque ces médias constituaient pour 60 % des personnes interrogées leurs principales sources d’information. Ce n’était le cas de la télévision que pour 11 % d’entre elles, de la presse écrite pour 7 % et de la radio pour 5 %. Comprenant cela, le régime dictatorial a commencé à sévir, brutalement et sans merci. La grande innovation en la matière a été celle de la lutte contre l’«extrémisme», comme justification de la censure et des persécutions. Les autorités bloquent l’accès au contenu des médias qui poursuivent leur activité depuis l’étranger, et toute coopération avec eux est assimilée à des agissements extrémistes.

Fin 2023, 32 journalistes étaient emprisonnés en Biélorussie. Dans les centres de détention, des journalistes ont été soumis à des pressions et à des traitements inhumains. D’après des militants des droits de l’homme, Igor Losik, blogueur et journaliste à «Radio Liberty», a entrepris une longue grève de la faim dans sa colonie pénitentiaire, avant de se mutiler les mains et le cou. Il a été condamné à 15 ans de prison. Les poursuites pénales pour toute forme de coopération avec des médias indépendants qualifiés d’«entreprises extrémistes» se sont intensifiées. Est apparue une nouvelle tendance consistant à poursuivre non seulement des représentants de la société civile, mais aussi des citoyens ordinaires qui commentent un événement social ou politique à l’intention des journalistes.

Le 31 octobre 2024, le régime biélorusse a déclaré que mon compte Instagram personnel constituait un «contenu extrémiste». Cela signifie non seulement que je serai poursuivi, mais que ce sera aussi le cas de tous mes abonnés en Biélorussie, au motif qu’ils ont souscrit à mon compte. Plus de 5 000 ressources en ligne en Biélorussie ont été déclarées «extrémistes» par la dictature. Il est à parier qu’aucun autre pays européen ne peut se targuer d’un bilan aussi impressionnant! Considérons-nous, nous les Biélorusses, qu’une attention suffisante est portée au problème du journalisme dans notre pays? Pour dire la vérité, non, on ne s’intéresse pas assez à ce problème. Non seulement l’institution du journalisme est l’objet d’une opération de démantèlement en Biélorussie, mais les professionnels du journalisme eux-mêmes sont éliminés physiquement.

La dictature s’emploie également à persécuter journalistes et militants par-delà les frontières de la Biélorussie. Mon histoire est une illustration frappante de ces persécutions. Le régime a appris à se servir des institutions démocratiques pour atteindre ses objectifs monstrueux. Des journalistes, des militants, des blogueurs et des citoyens politiquement engagés ont fait l’objet de poursuites pour des infractions fiscales, essentiellement pour avoir omis de payer leurs impôts par le passé. Cela s’est révélé être un parfait écran de fumée pour dissimuler les motivations politiques derrière ces persécutions. Le militant des droits de l’homme et lauréat du prix Nobel Ales Bialiatski a été emprisonné sur la base d’accusations financières. La rédactrice en chef du média indépendant «Tut.By» (que le régime a démantelé en 2020) et ses collègues sont derrière les barreaux en vertu de l’article du code pénal qui réprime des infractions financières. C’est encore et toujours ce même article du code pénal qui a été accepté par Interpol pour faire de moi une personne recherchée. Il a fallu près de huit mois à Interpol pour entreprendre une enquête interne et constater que mon avis de recherche violait les articles 2 et 3 de son statut. Je n’en ai pas moins été arrêté et écroué à la prison centrale de Belgrade pendant sept mois et six jours. J’ai été durant cinq mois assigné à résidence et soumis à de sévères restrictions. La Cour suprême de Serbie a décidé à deux reprises de m’extrader vers la dictature biélorusse. Par deux fois, mon avocat et moi-même avons avec succès interjeté appel de cette décision. En définitive, ce sont un an de ma vie et mon intégrité physique et mentale qui m’ont été volés. Tout cela parce que j’ai choisi la mauvaise profession dans le mauvais pays. Juste parce que j’avais une opinion et que je l’ai exprimée en tant que citoyen engagé.

Heureusement, j’ai fini par gagner — car si ce n’avait pas été le cas, vous ne seriez pas en train de me lire. Grâce à la formidable solidarité de journalistes, de responsables politiques, de la société civile et de ses organisations, j’ai pu quitter la Serbie pour me réfugier à Berlin. Mais ce n’est pas la fin de mon histoire. J’ai encore devant moi un long processus de rémission et des batailles à livrer. Je sais que j’ai choisi ma vocation en toute bonne foi, même si d’aucuns y voient une forme d’extrémisme. Je sais que le journalisme indépendant fait partie intégrante d’une société démocratique. Une société telle que celle que les Biélorusses voudront bâtir. Et nous espérons bien qu’au moment d’emprunter ce chemin si important, nous ne serons pas seuls.

Par Peter Schmidt, Diandra Ní Bhuachalla et Arnaud Schwartz

Représentant la société civile de l’Union européenne lors de la COP 29 organisée à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, le CESE a plaidé pour une action urgente et tangible en faveur du climat, recommandant que la priorité soit donnée à la justice sociale et environnementale dans les négociations sur le climat. 

Par Peter Schmidt, Diandra Ní Bhuachalla et Arnaud Schwartz

Représentant la société civile de l’Union européenne lors de la COP 29 organisée à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, le CESE a plaidé pour une action urgente et tangible en faveur du climat, recommandant que la priorité soit donnée à la justice sociale et environnementale dans les négociations sur le climat. 

Peter Schmidt, président du groupe ad hoc sur la COP, nous a expliqué quels avaient été les messages clés du Comité concernant le thème principal de la COP 29, à savoir le financement de l’action climatique.

Peter Schmidt: la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes à travers le monde rappelle avec force la nécessité de renforcer les ambitions en matière de climat. Cette année sera sans doute la plus chaude jamais enregistrée, les catastrophes climatiques causées par l’activité humaine telles que les inondations, les incendies de forêt et les sécheresses, se produisent plus fréquemment et avec une intensité démultipliée, ce qui exacerbe les inégalités sociales. Le coût de l’inaction climatique dépasse largement celui de l’action.

Pour la COP 29, les enjeux sont élevés. Il est vital que les pays en développement s’entendent sur des solutions de financement de l’action climatique à l’échelle de la planète pour mobiliser les moyens nécessaires à l’action mondiale en faveur du climat. Lors de sa participation à la COP 29 à Bakou, le CESE a formulé un certain nombre de recommandations fondées sur notre avis consacré au financement de l’action climatique, soulignant la nécessité d’une refonte de l’architecture financière internationale afin de débloquer et de faciliter un financement efficace et accessible en faveur de l’action climatique.

Nous soulignons la nécessité d’établir le nouvel objectif collectif quantifié afin de combler les lacunes en matière de financement de l’action climatique — nous devons rendre ce financement mieux adapté à sa finalité, respectueux de la diversité biologique et plus efficace — et aussi cibler avec davantage de précision les pays et les populations les plus vulnérables. Les flux de financement de l’action climatique devraient être guidés par les principes de la transition juste, conformément à l’accord de Paris ainsi qu’aux objectifs de développement durable qui en forment le socle. Les engagements à long terme des acteurs publics et privés sont essentiels, et les finances publiques joueront un rôle décisif dans la mobilisation des fonds et la réduction des risques liés aux investissements destinés aux initiatives en faveur du climat.

S’il convient de permettre aux initiatives locales et aux mouvements enracinés dans les territoires d’accéder au financement de l’action climatique, le Comité plaide aussi en faveur d’une approche globale pour briser le cercle vicieux de l’endettement et du sous-investissement en matière d’adaptation. Nous demandons une répartition équitable des fonds pour le climat afin de remédier aux disparités. Par ailleurs, l’engagement de la société civile est essentiel pour forger une approche inclusive et démocratique qui garantisse l’efficacité et la durabilité des investissements en faveur du climat.

Diandra Ní Bhuachalla, déléguée de la jeunesse du CESE aux COP (2023-2025), a évoqué ses attentes à l’égard de la COP 29. Du point de vue de la jeunesse, quels sont les problèmes climatiques qui les plus urgents — ceux qui doivent être résolus en premier?

Diandra Ní Bhuachalla: Après la déception que j’avais ressentie face aux résultats de la COP 28, j’ai tenté de mieux maîtriser mes attentes à l’égard de la COP 29. Pleinement consciente que les résultats d’une énième conférence annuelle seraient limités en raison du choix de la présidence — qui s’est trouvée une fois de plus confiée à un État lourdement dépendant des bénéfices qu’il tire des combustibles fossiles —, je dois dire qu’il était particulièrement difficile de garder espoir.

Néanmoins, après avoir consulté plusieurs organisations de jeunesse partout en Europe lors des réunions structurées du groupe de travail pour la jeunesse dans le cadre du programme du délégué de la jeunesse du CESE à la COP, j’ai jugé que ce qu’il fallait privilégier, c’étaient la justice climatique et la transition juste, le financement de l’action climatique et un nouvel objectif collectif quantifié, ainsi que l’amélioration de la participation des jeunes aux processus décisionnels internationaux.

Aujourd’hui, alors que je constate que les négociations n’avaient fait que piétiner durant la première semaine en raison de l’absence totale d’accord et de coopération — y compris en ce qui concerne l’égalité entre les hommes et les femmes, le financement de l’action climatique ou la transition juste — je me rends compte que mes attentes étaient une fois encore trop élevées. J’ai donc décidé de réorienter mes efforts de plaidoyer vers des manifestations parallèles et des réunions bilatérales. Désormais, j’espère avant tout que le discours existant, en particulier en ce qui concerne les droits de l’homme, résistera, et que nous pourrons obtenir quelques avancées pour assurer la cohérence de tous les paramètres en vue de la COP 30, vers laquelle semblent converger les espoirs de tous les acteurs concernés.

Le changement climatique et ses effets étant par nature transversaux, il était impensable de tenter de classer les questions par ordre d’importance ou d’urgence. Les jeunes s’inquiètent de leur avenir. Ils se disent préoccupés par la sécurité de l’emploi et se demandent s’ils devront subir une reconversion professionnelle. Ils craignent pour leur maison et leur famille — et les tempêtes, les inondations et l’érosion sont perçues par eux comme des menaces réelles. La santé et la qualité de vie de leurs futurs enfants et de la prochaine génération les inquiète. Enfin, ils savent que les négociations climatiques qui attendent notre génération lorsqu’elle arrivera aux affaires seront encore plus difficiles, d’autant plus que les initiatives actuelles sont loin d’être suffisantes et que l’impact de cette inaction sera palpable durant des décennies.

Dès aujourd’hui, nous avons besoin de justice climatique. Dès aujourd’hui, nous avons besoin d’un financement réaliste de l’action climatique. Dès aujourd’hui, nous avons besoin d’une transition juste, et équitable en matière d’emploi et d’énergie. Dès aujourd’hui, nous avons besoin d’ambition. Dès aujourd’hui, nous voulons que des mesures entrent en vigueur.

Dès aujourd’hui, nous avons besoin de vous tous et de vous toutes!

La COP 16 sur la diversité biologique, qui s’est tenue à Cali, en Colombie au mois d’octobre, s’est achevée dans la confusion et sans parvenir à un accord sur le financement de la protection de la nature. Nous avons demandé à Arnaud Schwartz, représentant du CESE à la COP 16, si nous pouvions rester optimistes malgré cet échec. Quelles mesures devraient être adoptées pour progresser dans la protection de la diversité biologique?

Arnaud Schwartz: Deux cents milliards de dollars par an. C’est selon l’ONU la somme qu’il faudrait mettre sur la table, tous types de financement confondus — public, privé, national ou international —, pour respecter nos objectifs en matière de diversité biologique. Mais quels sont véritablement les enjeux? Il s’agit ni plus ni moins que de stopper l’effondrement du vivant, lequel disparaît actuellement à une vitesse accélérée, et aussi de restaurer la nature pour se donner une chance de survie dans un monde qui vivable, et non dévasté par la cupidité et la stupidité.

Quel avenir après l’échec de la COP 16?

Cette question, chacune et chacun d’entre nous devrait se la poser à soi-même et aussi autour de soi, surtout lorsque l’on sait que chaque année, pour la seule France, plus d’un quart de ce montant sert à préparer une guerre ou à la faire. De fait, pour dire les choses de façon globale, le rendez-vous de Cali a été un rendez-vous raté, une situation qui est restée bloquée entre manque de volonté politique et manque de solidarité économique.

Mais tout n’est pas encore perdu.

Une maigre lueur d’espoir persiste au bout du tunnel: après trente ans de tergiversations, cette édition de la COP a reconnu que les peuples indigènes et les communautés locales jouaient le rôle de gardiens de la diversité biologique — et il en va de même pour les populations d’origine africaine. L’ONU a ainsi créé un nouveau fonds, appelé «fonds de Cali». Sur le long terme, ce dernier doit servir à collecter des contributions volontaires d’entreprises, destinées pour moitié aux types de populations précédemment mentionnées. Ouf.

Tu es, tu es, …

Tu es une partie de nous, nous sommes une partie de toi, et pour continuer notre route commune, peut-être n’est-il pas absurde de commencer par remettre notre économie au service du bien commun. Alors, si nous voulons vraiment arrêter de scier la branche sur laquelle nous sommes assis, qu’attendons-nous pour revoir les règles de la finance et du commerce internationaux?

Peter Schmidt et Diandra Ní Bhuachalla, délégués du CESE à la COP 29, ont principalement mis l’accent sur le financement de l’action climatique en s’appuyant sur le récent avis du Comité intitulé «Financement de l’action climatique: une nouvelle feuille de route pour mettre en œuvre des engagements climatiques ambitieux et les ODD». L’une des principales manifestations organisées par le CESE à Bakou, le 18 novembre, avait pour thème «Une perspective mondiale pour favoriser une transition juste dans le secteur agroalimentaire». Les participants ont examiné la possibilité de mettre en place des systèmes alimentaires durables et à faibles émissions de carbone qui soient équitables pour les agriculteurs, les travailleurs de la chaîne alimentaire et les générations futures. L’objectif était d’améliorer la collaboration entre les responsables politiques et la société civile, de faire entendre la voix des pays du Sud et de promouvoir des solutions climatiques inclusives pour tous.

En sa qualité de membre de la délégation de l’Union européenne, Arnaud Schwartz a pris part à des réunions bilatérales appelant à de plus grandes synergies entre les processus des Nations unies qui concernent la diversité biologique (CBD) et ceux qui ont trait au changement climatique (UNFCCC), à l’élimination progressive des subventions néfastes à l’environnement comme moyen de mobiliser davantage de ressources financières, et à un rôle plus actif de la société civile organisée dans la mise en œuvre du cadre mondial de Kunming-Montréal en matière de biodiversité. Vous trouverez de plus amples informations sur la contribution du CESE à la COP 16 ici.

M. Schwartz a élaboré l’avis du CESE consacré à «Une stratégie globale en faveur de la diversité biologique à la COP 16: rassembler tous les secteurs autour d’un objectif commun».

Le CESE soutient les efforts visant à développer un écosystème industriel davantage centré sur l’humain et pérenne. Dans le même temps, il demande qu’une réflexion approfondie soit menée sur l’industrie 5.0 et ses conséquences sociales et économiques.

Le CESE soutient les efforts visant à développer un écosystème industriel davantage centré sur l’humain et pérenne. Dans le même temps, il demande qu’une réflexion approfondie soit menée sur l’industrie 5.0 et ses conséquences sociales et économiques.

L’industrie 5.0 vise à placer les questions sociales et environnementales au cœur des processus d’entreprise, en allant au-delà de l’importance que l’industrie 4.0 accordait à la numérisation et à l’automatisation. Le CESE a récemment adopté un avis intitulé «Industrie 5.0 — Comment en faire une réalité?», dans lequel il plaide en faveur d’un modèle industriel centré sur les personnes, qui valorise les compétences humaines et la créativité.

L’industrie 4.0 a largement négligé l’incidence de l’automatisation sur l’humain et n’a accordé qu’une attention limitée aux priorités environnementales telles que la réduction des déchets, la circularité et l’énergie verte. Le CESE souligne que l’industrie 5.0 devrait combler ces lacunes en donnant la priorité aux valeurs démocratiques, à l’équité sociale et à la compétitivité durable. Giuseppe Guerini, rapporteur de l’avis sur l’industrie 5.0, fait valoir que la transformation numérique devrait contribuer à un «nouveau pacte pour une industrie propre», dans le cadre duquel les facteurs humains et la créativité jouent un rôle central.

L’industrie 5.0 replace les personnes au cœur de la production, considérant que leurs connaissances et leurs compétences sont essentielles pour obtenir un avantage concurrentiel. Elle établit un équilibre entre automatisation et créativité humaine, en utilisant des robots collaboratifs pour effectuer des tâches répétitives, ce qui permet aux travailleurs de se concentrer sur la conception, la planification et les services à la clientèle. Ce changement met également l’accent sur la santé et la sécurité des travailleurs, et sur le soutien à ceux qui verront leur emploi supprimé par l’automatisation.

Le CESE invite les institutions de l’Union européenne à appuyer un écosystème industriel pérenne et centré sur l’humain, ancré dans la justice sociale et la compétitivité inclusive. Tout en soutenant l’industrie 5.0, le CESE souligne la nécessité de mieux en définir les incidences économiques, sociales et technologiques. Les politiques européennes existantes, telles que le pacte vert, la législation sur l’intelligence artificielle et la stratégie en matière de compétences, jettent les bases de cette vision, mais devraient être mises à jour pour être conformes aux principes de l’industrie 5.0.

Pour que l’industrie 5.0 soit couronnée de succès, les partenaires sociaux et les travailleurs doivent être associés à tous les niveaux. Cette approche inclusive favorisera un environnement de travail collaboratif qui allie les atouts de l’homme à ceux de la machine et rend ainsi les lieux de travail plus innovants, plus attrayants et plus durables. (gb)

Le 12 novembre, le CESE a organisé une conférence sur l’hydrogène bas carbone à Pärnu, en Estonie. L’objectif était d’examiner et de définir des actions stratégiques en vue du développement d’infrastructures durables pour l’hydrogène et ses dérivés en mettant l’accent sur le financement et l’utilisation.

Le 12 novembre, le CESE a organisé une conférence sur l’hydrogène bas carbone à Pärnu, en Estonie. L’objectif était d’examiner et de définir des actions stratégiques en vue du développement d’infrastructures durables pour l’hydrogène et ses dérivés en mettant l’accent sur le financement et l’utilisation.

Intitulée «Des énergies en mer aux carburants électriques: stimuler la nouvelle économie de l’hydrogène», la manifestation a rassemblé l’ambassade des Pays-Bas en Estonie, le centre de développement du district de Pärnu, le centre de recherche appliquée Metrosert, Invest Estonia et le concepteur d’usines de méthanol de synthèse Power2X.

L’hydrogène vert et bas carbone représente une composante cruciale de notre transition énergétique, et des initiatives récentes comme la Banque européenne de l’hydrogène ont mis en évidence l’existence d’une dynamique favorisant l’essor des marchés de l’hydrogène durable. À cette fin, les responsables politiques européens et nationaux doivent fournir les moyens nécessaires pour concrétiser ces ambitions et faciliter la coopération entre les États membres pour adopter des stratégies efficaces.

Évoquant ce besoin urgent, Baiba Miltoviča, présidente de la section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information» du CESE, a déclaré: «Le déploiement rapide de l’hydrogène renouvelable est primordial, non seulement pour la transformation de notre système énergétique, mais aussi pour le bien-être social et économique de l’Union européenne. Néanmoins, il est impératif d’agir avec sagesse concernant l’affectation de nos ressources. Pour que notre action produise le plus grand impact possible, nous devons donner la priorité aux secteurs dans lesquels il est difficile de réduire les émissions et établir des normes écologiques et sociales efficaces qui garantissent des conditions de travail équitables et sûres.» (mp)

Octobre et novembre ont été marqués par l’échec de deux sommets mondiaux de premier plan sur l’environnement: la 16e conférence des parties (COP 16) à la convention des Nations unies sur la diversité biologique, et la 29e conférence des parties (COP 29) à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, toutes deux consacrées aux financements qui sont absolument nécessaires pour préserver la nature et atténuer le changement climatique. Nous avons demandé à Peter Schmidt, Diandra Ní Bhuachalla et Arnaud Schwartz, qui ont représenté le CESE aux COP de cette année, de nous faire part de leurs réflexions sur les conséquences de l’inaction climatique au niveau mondial.

Octobre et novembre ont été marqués par l’échec de deux sommets mondiaux de premier plan sur l’environnement: la 16e conférence des parties (COP 16) à la convention des Nations unies sur la diversité biologique, et la 29e conférence des parties (COP 29) à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, toutes deux consacrées aux financements qui sont absolument nécessaires pour préserver la nature et atténuer le changement climatique. Nous avons demandé à Peter Schmidt, Diandra Ní Bhuachalla et Arnaud Schwartz, qui ont représenté le CESE aux COP de cette année, de nous faire part de leurs réflexions sur les conséquences de l’inaction climatique au niveau mondial.

Dans une déclaration commune signée le 14 novembre 2024, Baiba Miltoviča, présidente de la section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information» (TEN) du CESE, et Andres Jaadla, rapporteur d’un avis du Comité des régions (CdR) sur le logement, pressent les institutions européennes de prendre d’urgence des mesures pour sortir l’Union de la crise actuelle du logement. Ils se félicitent également de la nomination d’un commissaire européen à l’énergie et au logement, qui sera chargé de présenter le tout premier plan européen pour des logements abordables.

Dans une déclaration commune signée le 14 novembre 2024, Baiba Miltoviča, présidente de la section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information» (TEN) du CESE, et Andres Jaadla, rapporteur d’un avis du Comité des régions (CdR) sur le logement, pressent les institutions européennes de prendre d’urgence des mesures pour sortir l’Union de la crise actuelle du logement. Ils se félicitent également de la nomination d’un commissaire européen à l’énergie et au logement, qui sera chargé de présenter le tout premier plan européen pour des logements abordables.

Déclaration sur le logement

  • Nous appelons la Commission européenne à organiser chaque année un sommet européen sur le logement social et abordable, en partenariat avec le Parlement européen, le CESE et le CdR, afin de rassembler toutes les parties qui s’emploient à mettre en œuvre les actions des États membres dans le domaine du logement social et abordable en s’appuyant sur une approche à plusieurs niveaux et sur les échanges de bonnes pratiques conformément au principe de subsidiarité.
  • Nous appuyons le projet du commissaire désigné chargé du logement de mettre en place, en partenariat avec le CESE et le CdR, une plateforme paneuropéenne d’investissement en faveur de logements abordables et durables afin de soutenir d’urgence les partenariats nationaux, régionaux et locaux visant à mettre un terme à l’exclusion en matière de logement.
  • Nous soulignons que toute solution à long terme à la crise du logement implique d’étudier des moyens innovants de stimuler l’investissement public et de mobiliser les fonds européens existants.
  • Nous invitons les institutions de l’Union à soutenir la rénovation en profondeur des bâtiments d’habitation au moyen d’aides financières diversifiées, s’inscrivant dans le long terme et innovantes, ainsi que de cadres juridiques cohérents, qui visent tant les populations vulnérables que les acteurs clés sur le terrain, notamment les communautés énergétiques et les collectivités locales.
  • Nous invitons les acteurs des différents échelons de gouvernement à resserrer leur coopération, qu’ils soient États membres, institutions de l’Union, organisations de la société civile, pouvoirs publics régionaux ou encore collectivités locales.

Nous nous engageons à contribuer à mettre en œuvre les mesures énoncées dans la déclaration de Liège, et pour ce faire, à faire valoir les vues des organisations de la société civile et des collectivités locales et régionales de toute l’Union dans le cadre des efforts communs que déploient l’ensemble des institutions de l’Union afin de résoudre la crise du logement et de renforcer de toute part la cohésion de l’Europe.

Notre invité surprise est Andreï Gnyot, un réalisateur et journaliste biélorusse qui vient d’être libéré de son assignation à résidence en Serbie, où il a passé un an en détention aux fins d’extradition pour des allégations de crimes économiques formulées par son pays. À travers son histoire personnelle, il décrit le sort des journalistes indépendants dans la Biélorussie d’aujourd’hui, où même la moindre critique à l’encontre des personnes au pouvoir peut les amener à être qualifiés d’«ennemis du peuple» et emprisonnés sur la base de fausses accusations économiques.

L’INVITÉ SURPRISE

Notre invité surprise est Andreï Gnyot, un réalisateur et journaliste biélorusse qui vient d’être libéré de son assignation à résidence en Serbie, où il a passé un an en détention aux fins d’extradition pour des allégations de crimes économiques formulées par son pays. À travers son histoire personnelle, il décrit le sort des journalistes indépendants dans la Biélorussie d’aujourd’hui, où même la moindre critique à l’encontre des personnes au pouvoir peut les amener à être qualifiés d’«ennemis du peuple» et emprisonnés sur la base de fausses accusations économiques.

La gagnante du concours photo «Connecting EU» 2024 est Martina Cikojević, rédactrice en chef et journaliste au sein du syndicat croate des employés des postes. Sa photo, «Brussels Grand Place in the Moonlight», lui permet de remporter un séjour de deux jours à Bruxelles lors de la Semaine de la société civile du CESE en mars 2025.

La gagnante du concours photo «Connecting EU» 2024 est Martina Cikojević, rédactrice en chef et journaliste au sein du syndicat croate des employés des postes.

Sa photo, «Brussels Grand Place in the Moonlight», lui permet de remporter un séjour de deux jours à Bruxelles lors de la Semaine de la société civile du CESE en mars 2025.

Mme Cikojević a participé au séminaire «Connecter l’UE» 2024, qui s’est tenu les 17 et 18 octobre à Bruxelles Ce séminaire a rassemblé des attachés de presse et des responsables de la communication d’organisations de la société civile de l’UE, ainsi que des journalistes. Intitulé «Le journalisme, dernier bastion de la démocratie: comment l’aider à survivre et à prospérer», ce séminaire s’est concentré sur les défis sans précédent auxquels les journalistes sont confrontés dans un monde caractérisé par l’évolution rapide de l’intelligence artificielle et par des pressions politiques croissantes.

Les participants ont également assisté à la séance de mise en réseau intitulée «Travailler en tant qu’attaché de presse ou responsable de la communication à l’ère d’Instagram, de TikTok et de l’intelligence artificielle: comment faire passer son message», qui comprenait deux ateliers. Le concours photo s’inscrivait dans le cadre de l’atelier consacré aux «Leçons sur le contenu de la communication», mené par Tom Moylan, spécialiste de la communication.

Mme Cikojević a déclaré que sa photo, montrant la lune briller à travers des nuages sombres et apportant de la lumière dans la nuit, pourrait être symboliquement reliée au thème du séminaire. «Personne ne peut empêcher la lune d’éclairer l’obscurité. Personne ne devrait empêcher les journalistes de transmettre la vérité, pour une société meilleure, plus sûre et plus juste», a-t-elle expliqué.

En tant que lauréate du concours photo, Mme Cikojević participera à la deuxième Semaine de la société civile du CESE, qui se tiendra du 17 au 21 mars dans les locaux du Comité à Bruxelles. Le thème de cette année est le renforcement de la cohésion et de la participation dans les sociétés marquées par des clivages.

Le service de presse du CESE tient à féliciter Mme Cikojević et remercie tous ceux qui ont envoyé leurs photos. (ll)