Par rapport à des économies semblables à l’échelle internationale, comme les États-Unis, la zone euro est confrontée aux enjeux pressants que constituent la médiocrité de la productivité du travail, l’affaiblissement de la compétitivité et le ralentissement de la dynamique économique. Pour inverser cette tendance, le Comité économique et social européen (CESE) plaide en faveur d’une stratégie urgente et coordonnée. 

Par rapport à des économies semblables à l’échelle internationale, comme les États-Unis, la zone euro est confrontée aux enjeux pressants que constituent la médiocrité de la productivité du travail, l’affaiblissement de la compétitivité et le ralentissement de la dynamique économique. Pour inverser cette tendance, le Comité économique et social européen (CESE) plaide en faveur d’une stratégie urgente et coordonnée.

Dans son avis sur la «Politique économique de la zone euro (2025)», le CESE présente un plan visant à stimuler la croissance en approfondissant le marché intérieur, en réduisant les formalités réglementaires et en garantissant la viabilité budgétaire. Dans le même temps, les politiques doivent s’intéresser aux tendances porteuses de transformations, par exemple l’intelligence artificielle (IA) et les pressions liées au vieillissement de la population.

Après avoir subi des chocs extérieurs comme la pandémie de COVID-19 et la crise énergétique, la zone euro est confrontée à des défis économiques majeurs. Si des efforts de stabilisation ont été déployés, des questions telles que l’incertitude intérieure, les évolutions démographiques et les pressions budgétaires croissantes exigent des réformes audacieuses.

Pour renforcer la productivité et la compétitivité, le CESE propose une approche en trois étapes consistant à approfondir le marché intérieur, coordonner la politique industrielle et réduire les formalités administratives. La viabilité budgétaire est essentielle et nécessite un cadre équilibré, une collaboration renforcée de l’UE et des efforts pour tirer parti de recettes inexploitées. L’investissement demeure un point faible. Il s’impose donc de développer le capital-risque et d’élaborer des politiques favorables à l’innovation.

La résilience du marché du travail est également essentielle et nécessite une certaine souplesse, ainsi que des salaires équitables, des réformes de la sécurité sociale et un développement des compétences fondé sur l’IA. Le CESE souligne qu’il est nécessaire de partager les responsabilités entre l’Union et ses États membres et préconise de renforcer la coordination des politiques. Grâce à des actions décisives et à des investissements stratégiques, la zone euro peut construire une économie résiliente, compétitive et durable pour l’avenir. (tk) 

Alors que l’hiver fait, non sans réticence, place au printemps, le CESE amorce le mois de mars avec une série de manifestations dynamiques, mettant à l’honneur la voix des jeunes et de la société civile.

Alors que l’hiver fait, non sans réticence, place au printemps, le CESE amorce le mois de mars avec une série de manifestations dynamiques, mettant à l’honneur la voix des jeunes et de la société civile.

La 16e édition de «Votre Europe, votre avis!» marquera le début de cette série. Les 13 et 14 mars 2025, cette manifestation réunira près de 100 jeunes participants issus d’organisations de jeunesse, de conseils nationaux de la jeunesse et d’écoles secondaires, ainsi que 37 enseignants des États membres de l’Union, des pays candidats et du Royaume-Uni. Tous partageront une expérience unique et uniront leurs voix pour donner corps à l’Europe dans laquelle ils souhaitent vivre.

Leurs recommandations pourraient éclairer la deuxième Semaine de la société civile du CESE, organisée à peine quelques jours plus tard, et ainsi servir de base à des discussions axées sur les jeunes. Elles sont également susceptibles d’être partagées avec des représentants de haut niveau des institutions européennes.

Après un lancement prometteur de la manifestation en 2024, cette deuxième édition se tiendra du 17 au 21 mars et aura pour thème «Renforcer la cohésion et la participation dans des sociétés marquées par des clivages». L’instabilité sociale, les ralentissements économiques et le mécontentement généralisé, en particulier chez ceux qui ont le sentiment de ne pas être entendus et se sentent laissés pour compte, ont encore exacerbé les divisions sociétales.

Pour répondre à ces préoccupations pressantes, l’édition 2025 de la Semaine de la société civile réunira un large éventail de parties prenantes de la société civile en Europe et au-delà, fournissant une plateforme unique pour participer à des débats critiques, partager des bonnes pratiques et collaborer pour élaborer des solutions qui favorisent la cohésion sociale et renforcent l’engagement démocratique.

Cette année, trois grandes initiatives seront au programme: les tables rondes organisées par le Groupe de liaison du CESE avec les organisations et réseaux européens de la société civile pour discuter de la manière dont une stratégie européenne en faveur de la société civile pourrait favoriser une plus grande cohésion; la Journée de l’initiative citoyenne européenne (ICE) et son rôle dans la lutte contre les clivages; et la cérémonie de remise du prix de la société civile. Destiné à honorer l’excellence dans les initiatives de la société civile, le 15e prix de la société civile récompense le combat contre les clivages néfastes dans la société européenne. Les lauréats sont originaires de Belgique, de France et de Slovaquie, et représentés respectivement par les organisations de la société civile «Diversité», «Reporters d’espoirs» et «Slovak Debate Association». Le classement sera annoncé au cours de la cérémonie!

Notre Semaine de la société civile arrive à point nommé pour offrir à la société civile et à nos concitoyens une plateforme où ils peuvent s’exprimer sur des questions essentielles, qu’il s’agisse de l’escalade des enjeux liés au changement climatique, de l’augmentation du coût de la vie et de l’aggravation des disparités de revenus, ou encore des résultats des élections de 2024 dans le monde, autant de situations qui créent un terreau fertile pour l’émergence de vastes clivages.

Je vous invite à participer à cet échange constructif en prenant part à nos discussions et en saisissant l’occasion de faire en sorte que les débats donnent lieu à des changements. Nos voix comptent et elles peuvent être entendues tant que nous restons unis, proactifs et prêts à contribuer à une Europe plus solidaire et plus participative. Les inscriptions sont ouvertes! Ne laissez pas passer cette occasion!

Laurenţiu Plosceanu

Vice-président chargé de la communication 

La deuxième édition de la Semaine de la société civile 2025 du CESE, du 17 au 20 mars, aura pour thème «Renforcer la cohésion et la participation dans des sociétés marquées par des clivages». Assurez-vous d’y obtenir votre place en vous y inscrivant par ce lien!

La deuxième édition de la Semaine de la société civile 2025 du CESE, du 17 au 20 mars, aura pour thème «Renforcer la cohésion et la participation dans des sociétés marquées par des clivages». Assurez-vous d’y obtenir votre place en vous y inscrivant par ce lien!

Il est encore temps de vous inscrire à la deuxième édition de la Semaine de la société civile, organisée par le CESE, durant laquelle des acteurs de la société civile européenne, décideurs politiques de l’Union européenne, experts, journalistes et autres parties prenantes se rassembleront pour débattre de l’un des défis les plus prégnants qui se posent aujourd’hui: comment pouvons-nous lutter contre la polarisation de nos sociétés?

Sous l’effet de différentes crises imbriquées, depuis celle de la pandémie et du changement climatique jusqu’à l’augmentation du coût de la vie, en passant par le creusement des inégalités de revenus, la polarisation s’est répandue, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union, avec pour effet d’approfondir les clivages sociaux, de miner la confiance dans les institutions démocratiques et de mettre à rude épreuve la cohésion de la société.

C’est dans ce contexte que la Semaine de la société civile 2025 lance un appel résolu à agir pour renforcer la cohésion sociale et la participation démocratique. Sous la forme de débats dynamiques et d’ateliers collaboratifs, les quatre journées de ce forum offriront à tous ses participants une plateforme exceptionnelle pour engager un dialogue critique, partager de bonnes pratiques et travailler de concert à l’élaboration de solutions concrètes. 

Les résultats escomptés

Au menu de la Semaine de la société civile 2025 figurent des discussions en tables rondes, organisées sous la houlette du groupe de liaison du CESE avec les organisations et réseaux européens de la société civile, ainsi que la journée de l’initiative citoyenne européenne (ICE) et la cérémonie au cours de laquelle sera remis le prix de la société civile du CESE.

Le coup d’envoi de la manifestation prendra la forme d’un discours de fond prononcé par la chercheuse, écrivaine et commentatrice politique Albena Azmanova, qui brossera un tableau du cadre dans lequel s’inscriront les discussions subséquentes.

Cette intervention sera suivie d’une table ronde de haut niveau, consacrée à un débat sur le thème «Sommes-nous encore unis dans la diversité?» Parmi les intervenants, on retiendra les noms de Younous Omarjee, vice-président du Parlement européen, d’Adriana Porowska, ministre de la société civile de la République de Pologne, s’exprimant au nom de la présidence polonaise du Conseil, d’Oliver Röpke, président du CESE, de Brikena Xhomaqi, coprésidente du groupe de liaison du CESE avec les organisations et réseaux européens de la société civile, de Petros Fassoulas, secrétaire général du Mouvement européen international, ou encore de Mădălina-Mihaela Antoci, du Conseil national de la jeunesse de Moldavie.

Durant cette Semaine de la société civile, les participants étudieront comment il est possible, grâce à l’éducation, de résorber les fractures, de donner à l’Europe les moyens de faire la course en tête en matière d’innovation sans pour autant renoncer à ses valeurs, ainsi que de rendre le logement plus abordable et durable, en luttant contre la précarité énergétique et en soutenant l’habitat intergénérationnel. Nous nous pencherons également sur les moyens de renforcer la société civile grâce au soutien des pouvoirs publics et des structures philanthropiques, examinerons comment garantir que les politiques de l’Union européenne épousent les besoins locaux lors de la transition verte et bleue et réfléchirons à la manière dont il est envisageable, à travers toute l’Europe, de reconnaître, protéger et mobiliser plus efficacement la société civile.

Une session spéciale, coorganisée avec le Parlement européen, traitera spécifiquement du cadre financier pluriannuel (CFP) et de ses enjeux pour la société civile.

Journée de l’ICE 2025

La Journée de l’ICE, le 18 mars, braquera les projecteurs sur le puissant outil de démocratie participative que constitue l’initiative citoyenne européenne (ICE). Instauré par le traité de Lisbonne, ce mécanisme habilite les citoyens à demander à la Commission de proposer une nouvelle législation de l’Union européenne sur un sujet donné. Pour qu’une telle initiative soit prise en compte, ses organisateurs doivent avoir recueilli un million de signatures à l’appui de leur demande.

Dans des débats de haut niveau et des ateliers interactifs, les participants examineront des problématiques essentielles, comme le rôle que les initiatives citoyennes européennes peuvent jouer pour faire pièce à la polarisation, ou les pistes à emprunter afin d’obtenir un soutien renforcé au sein des États membres. Un des points qui retiendront particulièrement l’attention consistera à déterminer par quel truchement les organisations de la société civile peuvent jouer un rôle actif dans le processus des ICE afin que dans l’élaboration des politiques européennes, la voix des citoyens soit entendue.

Les participants auront aussi une occasion unique d’entrer en contact direct avec des organisateurs d’ICE, passées, présentes ou futures, pour une mise en commun du bagage de bonnes pratiques et d’expériences dont ils pourront tirer profit dans leurs propres campagnes.

En outre, la manifestation mettra en évidence l’importance que des stratégies d’impact revêtent pour que les ICE et les panels de citoyens gagnent en efficacité, de manière à accroître les chances que les institutions de l’Union leur donnent un suivi sous forme législative.

Le prix de la société civile 2025

La dernière journée de la Semaine de la société civile 2025 sera notamment consacrée à la cérémonie durant laquelle sera remis le quinzième prix de la société civile du CESE.

L’objectif de cette distinction consiste à sensibiliser le public à la contribution exceptionnelle que la société civile peut apporter pour façonner une identité et une citoyenneté européennes, ainsi qu’à promouvoir les valeurs communes sur lesquelles se fonde l’intégration européenne. Le prix est décerné chaque année à des personnes ou des organisations de la société civile afin d’honorer les projets novateurs et créatifs qu’elles ont développés, dans un but non lucratif, en rapport avec différentes thématiques pertinentes pour l’Union européenne.

Cette année, cette distinction sera octroyée à trois initiatives luttant contre cette polarisation, qui répand ses funestes effets au sein de la société de l’Union européenne.

La Semaine de la société civile se conclura par une séance de clôture animée, qui donnera la parole au vice-président de la Commission européenne (à confirmer), à Katarina Barley, vice-présidente du Parlement européen, à Oliver Röpke, président du CESE, ainsi qu’à la secrétaire générale de la Fondation du Centre pour la démocratie en Serbie, Nataša Vučković.

Participez aux échanges!

Tout au long de ses quatre jours, où vous aurez l’occasion de prendre part à des discussions éclairantes, d’écouter des orateurs de haut vol et de profiter de formidables possibilités de développer vos réseaux, la Semaine de la société civile 2025 constitue un rendez-vous que vous ne voudrez pas manquer. Assurez-vous d’y obtenir une place en vous y inscrivant dès aujourd’hui, et rejoignez-nous pour faire en sorte que ces échanges se traduisent en autant de changements. Votre voix compte pour construire une Europe plus solidaire et participative!

Le programme complet est disponible par ce lien.

Inscrivez-vous, grâce à ce lien avant le 12 mars. (ma)

Par le groupe des travailleurs du CESE

Le groupe des travailleurs du CESE met en garde contre le fait que les efforts déployés par l’UE pour rester compétitive à l’échelle de l’économie mondiale ne devraient pas porter préjudice aux droits sociaux et droits des travailleurs durement acquis. Alors que retentissent les appels en faveur d’une déréglementation accrue, l’Union ne doit pas revenir sur des actes législatifs essentiels tels que le socle européen des droits sociaux.

Par le groupe des travailleurs du CESE

Le groupe des travailleurs du CESE met en garde contre le fait que les efforts déployés par l’UE pour rester compétitive à l’échelle de l’économie mondiale ne devraient pas porter préjudice aux droits sociaux et droits des travailleurs durement acquis. Alors que retentissent les appels en faveur d’une déréglementation accrue, l’Union ne doit pas revenir sur des actes législatifs essentiels tels que le socle européen des droits sociaux.

Suite aux recommandations des rapports Draghi et Letta, la Commission a publié une communication sur la boussole pour la compétitivité qui, complétée par les initiatives horizontales qu’elle a annoncées, vise à stimuler les activités des entreprises. L’objectif est de renforcer l’avantage concurrentiel de l’Europe.

Le groupe des travailleurs est profondément préoccupé par le fait que les droits sociaux et les droits du travail risquent de subir du retard dans ce processus, étant donné que l’UE semble avoir choisi de suivre à tout prix le rythme d’autres économies compétitives.

C’est pour cette raison que le groupe a proposé une série d’avis d’initiative qui abordent la question de la compétitivité du point de vue de la valeur ajoutée que recèle le capital humain.  Telle est la proposition annoncée pour l’avis sur «Le rôle des syndicats dans l’amélioration de la productivité». L’avis visera à montrer que le moteur de la productivité dans l’UE (qui a une incidence sur la compétitivité) est principalement l’investissement dans le capital humain (les travailleurs), ainsi que dans la technologie et l’innovation.

Le rôle crucial des syndicats est souligné dans ce contexte, étant donné qu’ils unissent les travailleurs grâce à des négociations et des actions collectives, ce qui façonne la dynamique du marché du travail afin de contribuer à la réalisation de la promesse d’une économie compétitive.

De même, une prochaine étude du groupe des travailleurs visera à faire le point et à évaluer l’état d’avancement de la législation de l’Union relative au socle européen des droits sociaux. L’étude constituera un outil important de suivi de la politique sociale, étant donné que, dans sa recherche de la voie royale vers la compétitivité, l’Europe devrait se concentrer principalement sur son économie.   

Enfin, lors de la réunion d’avril de la catégorie «La voix des travailleurs pour une plus grande participation démocratique», le groupe des travailleurs examinera les efforts proposés pour réduire les charges réglementaires pesant sur les entreprises, qui sont perçues comme un facteur qui ralentit la compétitivité de l’Europe, et leur incidence sur la législation de l’UE en matière de protection des travailleurs et de l’environnement, en particulier dans le contexte du devoir de vigilance en matière de durabilité et de la publication d’informations concernant la durabilité par les entreprises.

Le 11 février, le Comité économique et social européen (CESE) a annoncé l’ouverture des candidatures pour la quatrième édition des prix européens du bio, le délai de dépôt se clôturant le 27 avril 2025.

Le 11 février, le Comité économique et social européen (CESE) a annoncé l’ouverture des candidatures pour la quatrième édition des prix européens du bio, le délai de dépôt se clôturant le 27 avril 2025.

Ces prix célèbrent l’excellence dans la chaîne de valeur du bio, en mettant à l’honneur des contributions remarquables, auxquelles sera décerné un titre de champion du bio dans différentes catégories, à savoir les agricultrices et les agriculteurs, les villes, les régions, les PME de transformation alimentaire, les détaillants, ainsi que les restaurants ou services de restauration. Le CESE assure la supervision de trois de ces catégories, à savoir:

  • la «Meilleure PME transformant des produits alimentaires biologiques»,
  • le «Meilleur détaillant de produits alimentaires biologiques»,
  • le «Meilleur restaurant/service de restauration biologique».

Les noms des lauréats seront dévoilés le 23 septembre 2025, à l’occasion de la journée européenne du bio. Nous invitons tous les acteurs du bio, agriculteurs, transformateurs, détaillants ou pouvoirs publics, à faire acte de candidature.

Le site web de la Commission consacré à ces prix fournit de plus amples détails concernant les conditions à remplir pour pouvoir se porter candidat, ainsi que la procédure afférente. Toute question relative aux catégories gérées par le CESE peut être envoyée à l’adresse EUorganicawardsEESC@eesc.europa.eu.

Cette initiative soutient le plan d’action de l’Union en faveur de l’agriculture biologique, qui promeut la production bio et sensibilise le consommateur à ses enjeux. (ks) 

Par le groupe des organisations de la société civile du CESE

Dans l’Union européenne, les prix de l’immobilier résidentiel ont grimpé de 47 % entre 2010 et 2022. Sur la même période, la hausse des loyers s’est établie à 18 %. Selon des données d’Eurostat se rapportant à l’année 2023, plus de 10 % des ménages résidant en zone urbaine et de 7 % de ceux habitant en milieu rural consacrent au logement une part de leur revenu disponible qui excède 40 %. Dans un souci de mieux mettre en évidence les moyens dont nous disposons afin que tous les Européens puissent se loger à des conditions abordables et de manière plus durable, le CESE a commandé une étude qui explore des pistes d’intervention visant à réaliser cet objectif. Dans l’entretien ci-après, les co-auteures de ce travail, l’économiste Agnieszka Maj et Karolina Zubel, directrice pour les questions relatives à l’environnement, l’énergie et le changement climatique au Centre de recherche sociale et économique (CASE), en évoquent les principales conclusions.

 

Par le groupe des organisations de la société civile du CESE

Dans l’Union européenne, les prix de l’immobilier résidentiel ont grimpé de 47 % entre 2010 et 2022. Sur la même période, la hausse des loyers s’est établie à 18 %. Selon des données d’Eurostat se rapportant à l’année 2023, plus de 10 % des ménages résidant en zone urbaine et de 7 % de ceux habitant en milieu rural consacrent au logement une part de leur revenu disponible qui excède 40 %. Dans un souci de mieux mettre en évidence les moyens dont nous disposons afin que tous les Européens puissent se loger à des conditions abordables et de manière plus durable, le CESE a commandé une étude qui explore des pistes d’intervention visant à réaliser cet objectif. Dans l’entretien ci-après, les co-auteures de ce travail, l’économiste Agnieszka Maj et Karolina Zubel, directrice pour les questions relatives à l’environnement, l’énergie et le changement climatique au Centre de recherche sociale et économique (CASE), en évoquent les principales conclusions.

Quel est l’objet de cette étude du CESE et en quoi est-elle pertinente?

Cette étude sur le logement abordable et durable dans l’UE se penche sur la nécessité de disposer, au sein de l’Union européenne, de logements durables et d’un prix abordable, en mettant l’accent sur le rôle que jouent à cet égard la numérisation, sous la forme de l’intelligence artificielle, des permis de construire numériques ou de bases de données spécifiques au secteur, ainsi que les structures de l’économie sociale. S’appuyant sur des études de cas, le texte met en évidence des initiatives novatrices qui améliorent le caractère abordable, l’accessibilité et la durabilité de l’habitat. L’étude formule, à l’horizon de 2030 et 2050, des recommandations exploitables, qui concordent avec les objectifs que l’Union européenne poursuit en matière de résilience climatique, d’équité sociale et de croissance économique. Elle trace des perspectives stratégiques qui, tout en adaptant les politiques du logement face à l’évolution des contraintes, vont dans la sens du bien-être de la collectivité.

Quelles sont les principales conclusions de l’étude?

La numérisation offre un outil appréciable pour gagner en efficacité au stade de la planification de l’habitat, de sa construction et de sa gestion, où elle est susceptible de réduire les coûts et d’augmenter la durabilité. Pour l’instant, son impact reste cependant limité pour ce qui est de réaliser des économies sur les dépenses à engager. Parmi les principaux obstacles qui entravent l’adoption des avancées du numérique, il convient de mentionner certaines mentalités passéistes des parties prenantes, l’impression que le retour sur investissement sera faible, des coûts de mise en œuvre élevés et un manque de mesures d’incitation, de formation et d’encadrement réglementaire. Si nous voulons que la numérisation puisse déployer tout son potentiel, il est primordial de réaliser des investissements supplémentaires dans les infrastructures numériques, par exemple en assurant l’interopérabilité des plateformes numériques.

S’agissant de relever les défis de l’heure en matière d’habitat, une innovation stratégique prometteuse consiste à associer à la démarche les structures de l’économie sociale, qu’il s’agisse de sociétés de logement à but lucratif limité, d’organisations d’utilité publique ou de coopératives. Ces intervenants proposent des formules de logement soigneusement conçues qui, pour un coût maîtrisé, renforcent la cohésion communautaire et favorisent une stabilité de long terme en matière d’habitat. À Vienne, par exemple, l’habitat proposé par des entités à but non lucratif ou but lucratif limité, qui intervient à hauteur de 30 % dans la production totale d’immobilier résidentiel de la ville, joue un rôle crucial pour y stabiliser ce marché, en jouant un rôle d’amortisseur sur les prix pratiqués. Ce faisant, il contribue à maintenir les loyers à des niveaux accessibles et à éviter des distorsions sur le marché.

Sur la base de vos conclusions, quelles grandes recommandations formulez-vous en ce qui concerne les actions et les recherches supplémentaires à engager?

Pour le moyen terme, les politiques de l’UE en matière de logement devraient s’attacher en priorité à promulguer un «nouveau pacte européen pour un logement social durable et abordable» et une «directive sur le logement», visant à instaurer une approche unifiée entre les États membres. Chaque pays se devrait d’encourager des modèles d’inspiration novatrice, comme les coopératives et l’immobilier à but lucratif limité, de fournir un soutien financier souple à des projets de logement et d’adopter les outils numériques pour renforcer ses filières d’immobilier résidentiel.

Sur le long terme, les politiques de logement devraient adopter une approche de durabilité stratégique, qui mette en avant des solutions locales et un suivi permanent. Il s’impose de recourir à la voie législative afin que la numérisation acquière valeur de norme, avec l’instauration de pratiques d’économie circulaire qui consisteront, par exemple, à subordonner l’octroi de prêts bancaires à des exigences de circularité dans la construction, à prévoir des mesures d’incitation à la mise en location en fonction de l’efficacité énergétique ou à lancer des initiatives de financement au niveau le plus local. Il conviendrait par ailleurs d’étendre le champ du concept de «logement social» pour qu’il inclue des familles à revenu intermédiaire, à l’instar du modèle viennois de «logement sociétal», qui encourage la mixité sociale et évite l’écueil de la gentrification. Pour répondre efficacement aux besoins en matière d’immobilier résidentiel, il est crucial, tout à la fois, de se focaliser sur la construction à neuf et la rénovation et de reconfigurer à de nouvelles fins des immeubles inutilisés.

Les recherches futures devront cibler des approches inclusives en matière d’urbanisme, de construction et de fourniture de logements qui rendront l’habitat plus accessible pour tous les citoyens. Il conviendra également qu’elles s’intéressent aux effets des technologies en phase d’émergence, comme l’intelligence artificielle et l’automatisation, sur les économies de coûts et l’efficacité dans le développement et la gestion du logement. Par ailleurs, les chercheurs se devraient d’étudier, dans l’ensemble des États membres de l’Union, des modèles de logement novateurs et d’élaborer des stratégies susceptibles de favoriser un habitat qui soit abordable autant que durable.

Cette étude a été commandée par le CESE à la demande de son groupe des organisations de la société civile.

Les progrès de l’Europe vers la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) ont considérablement ralenti, ce qui suscite des inquiétudes quant à la réalisation des objectifs à l’horizon 2030. Le rapport 2025 sur le développement durable en Europe (ESDR), publié par le réseau de solutions pour le développement durable des Nations unies (SDSN), révèle que les progrès réalisés en matière d’ODD entre 2020 et 2023 ont été plus de deux fois moins rapides qu’au cours de la période précédente.

Les progrès de l’Europe vers la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) ont considérablement ralenti, ce qui suscite des inquiétudes quant à la réalisation des objectifs à l’horizon 2030. Le rapport 2025 sur le développement durable en Europe (ESDR), publié par le réseau de solutions pour le développement durable des Nations unies (SDSN), révèle que les progrès réalisés en matière d’ODD entre 2020 et 2023 ont été plus de deux fois moins rapides qu’au cours de la période précédente.

Alors qu’entre 2016 et 2019, les progrès ont augmenté de 1,9 point, ils sont tombés à seulement 0,8 point les années suivantes. Ce ralentissement s’inscrit dans un contexte d’aggravation des défis environnementaux, sociaux et géopolitiques. L’ODD 2 (faim «zéro») reste une préoccupation majeure, puisque les problèmes de sécurité alimentaire et de durabilité persistent dans toute l’Europe.

Une étude distincte réalisée pour le Comité économique et social européen (CESE) souligne la nécessité de changer les régimes alimentaires afin de soutenir l’agriculture durable et la santé publique.

Avec l’entrée en fonction des nouveaux dirigeants de l’UE, les experts plaident en faveur de politiques renforcées et d’investissements accrus afin d’accélérer les progrès dans la réalisation des ODD. La coopération mondiale et le financement sont considérés comme essentiels; la quatrième conférence internationale sur le financement du développement, qui se tiendra en Espagne en juin 2025, devrait se concentrer sur le renforcement du soutien financier en faveur de la durabilité.

Guillaume Lafortune, vice-président du SDSN et principal auteur du rapport, avertit que la montée des tensions géopolitiques complique les efforts en matière de durabilité, tout en restant optimiste.

«Le monde est de plus en plus dangereux, instable et incertain», a-t-il déclaré. «Dans le même temps, les gens, en particulier les jeunes, sont demandeurs de développement durable. Compte tenu de la taille de l’économie mondiale et des technologies disponibles, le monde dispose du potentiel nécessaire pour parvenir pleinement au développement durable.»

«Des systèmes alimentaires durables sont un moteur primordial de la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Pour accélérer l’action, nous avons besoin de mécanismes plus ambitieux permettant de préserver les moyens de subsistance des agriculteurs, des petits producteurs alimentaires et des autres acteurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Mais nous devons également lutter contre la distribution inéquitable et garantir une transition juste», a indiqué Peter Schmidt, président de la section «Agriculture, développement rural et environnement» (NAT) du CESE, tout en préconisant un engagement accru de la société civile.

À seulement cinq ans de la date butoir, l’UE doit prendre une décision critique: agir de manière décisive ou risquer de ne pas respecter ses engagements concernant un avenir durable et équitable. (ks)

Il s’impose de réformer le marché de l’électricité de sorte qu’il ne se borne pas à atteindre simplement les objectifs de neutralité climatique à l’horizon 2050. Selon le Comité économique et social européen, il est tout aussi indispensable de garantir la sécurité de l’approvisionnement, des prix stables et abordables et le droit à l’énergie afin de protéger les groupes vulnérables.

Il s’impose de réformer le marché de l’électricité de sorte qu’il ne se borne pas à atteindre simplement les objectifs de neutralité climatique à l’horizon 2050. Selon le Comité économique et social européen, il est tout aussi indispensable de garantir la sécurité de l’approvisionnement, des prix stables et abordables et le droit à l’énergie afin de protéger les groupes vulnérables.

Dans son avis intitulé «L’avenir de l’offre d’électricité et de sa tarification dans l’Union européenne», publié en janvier et élaboré par Jan Dirx et Thomas Kattnig, le CESE plaide en faveur d’un modèle dans lequel la régulation gouvernementale, lorsqu’elle est nécessaire, coexiste avec l’entrepreneuriat privé chaque fois que possible, et il préconise de mettre sur pied une agence électrique.

Cette structure pourrait prendre la forme d’une entreprise qui serait créée par les pouvoirs publics et qui, sur le marché de l'électricité, jouerait le rôle de teneur de marché, de manière à réaliser les objectifs de neutralité climatique, assurer la sécurité d’approvisionnement et garantir des prix stables et abordables.

Le CESE estime que les changements nécessaires sur le marché de l’électricité devraient intervenir en trois étapes:

  • phase 1, d’aujourd’hui à 2030.

    L’agence électrique développera son portefeuille au moyen du bouquet de production de son choix (sans émissions de CO2). Le marché de l’électricité reposera sur les transactions à un jour pendant cette période, mais l’influence de l’agence sur le marché ira grandissant;

  • phase 2, de 2030 à 2040.

    L’agence électrique atteindra sa position de teneur de marché et contrôlera une proportion adéquate de l’offre grâce à des contrats de distribution. Le rôle des transactions à un jour connaîtra un ajustement en conséquence;

  • phase 3, de 2040 à 2050.

    L’agence optimisera l’approvisionnement électrique pour garantir, à partir de 2050, une distribution d’électricité durable à long terme, avec zéro émission nette de gaz à effet de serre, à des prix stables et prévisibles. (mp)

Promouvoir la participation politique de la communauté rom au niveau local et lui permettre de devenir des membres actifs de la société sont deux aspects principaux du cadre stratégique actuel de l'UE pour les Roms. Bien que certains membres de la communauté rom soient maires ou maires adjoints, dans la plupart des États membres, les Roms ne sont pas représentés dans le processus décisionnel local et sont parfois privés, par des moyens directs et indirects, légaux et extralégaux, de l'exercice de leurs propres droits politiques. L'audition discutera les obstacles rencontrés par la communauté rom qui l'empêchent de devenir des citoyens actifs, ainsi que des changements nécessaires. Elle examinera également les bonnes pratiques des municipalités où des mesures sont prises pour améliorer la représentation et l'inclusion de la communauté rom.

C’est ensemble que nous défendrons le mieux les intérêts légitimes de l’Union dans l’Arctique européen, au moyen d’une stratégie arctique de l’UE qui renforce la participation de la société civile à toutes les décisions pertinentes. Une coopération étroite avec le Groenland est également cruciale pour investir de manière durable dans l’Arctique afin de garantir la prospérité et la résilience de la région.

C’est ensemble que nous défendrons le mieux les intérêts légitimes de l’Union dans l’Arctique européen, au moyen d’une stratégie arctique de l’UE qui renforce la participation de la société civile à toutes les décisions pertinentes. Une coopération étroite avec le Groenland est également cruciale pour investir de manière durable dans l’Arctique afin de garantir la prospérité et la résilience de la région.

Le CESE a présenté un avis d’initiative sur le thème «Développer la stratégie européenne pour l’Arctique en dialogue avec la société civile», qu’il a adopté lors de sa session plénière de janvier et dans lequel il souligne à quel point l’Arctique joue un rôle important dans l’autonomie stratégique, la résilience et la compétitivité de l’Europe.

Anders Ladefoged, membre du CESE et rapporteur de l’avis, a déclaré: «Dans notre nouvel avis sur la politique arctique de l’UE, nous présentons le point de vue de la société civile sur la manière dont l’Union pourrait faire évoluer sa politique concernant cette région. Le double objectif poursuivi consiste à protéger ses propres intérêts, tout en contribuant à garantir une région résiliente et prospère pour les personnes qui y vivent.»

Le CESE soutient et encourage la pleine consultation des peuples autochtones de l’Arctique, et une totale coopération avec ceux-ci. Dans ce contexte, Christian Moos, membre du CESE et corapporteur de l’avis, a déclaré: «La meilleure approche pour défendre les intérêts des États de l’Arctique européen consiste à unir les efforts, dans le cadre de la coopération entre les États membres du nord de l’Union et de la stratégie arctique européenne, qui doivent garantir la participation de la société civile tout en protégeant les droits des populations locales et autochtones.»

Le Groenland, dont il est également question dans l’avis, est confronté à une situation similaire à celle de l’Arctique européen s’agissant à la fois des défis et des possibilités liés à la transformation rapide dans la région.

À ce sujet, M. Moos a déclaré: «Une coopération européenne renforcée, y compris au Groenland, est indispensable pour que les investissements durables consacrés à l’Arctique européen lui permettent de devenir une région prospère et résiliente.»

L’un des principaux enjeux pour les Groenlandais consiste à renforcer leur autodétermination en tant que nation, sous le slogan «Nothing about us without us» (rien sur nous sans nous). En tout état de cause, l’UE est considérée comme un allié proche qui partage des valeurs communes, telles que les droits de l’homme et le dialogue social. (at)