Synthèse des avis adoptés à la session plénière des 18 et 19 septembre 2024

Lukáš Diko, directeur du centre d’investigation Ján Kuciak, figurait parmi les intervenants de la table ronde consacrée au journalisme d’investigation lors de l’édition 2024 du séminaire «Connecter l’UE». Il a évoqué pour nous le travail des journalistes d’investigation en Slovaquie aujourd’hui; le soutien initialement apporté à la liberté de la presse et à la lutte contre la corruption après l’assassinat de Ján Kuciak y a laissé place à une défiance à l’égard des médias indépendants et à une atmosphère hostile aux journalistes.

Lukáš Diko, directeur du centre d’investigation Ján Kuciak, figurait parmi les intervenants de la table ronde consacrée au journalisme d’investigation lors de l’édition 2024 du séminaire «Connecter l’UE». Il a évoqué pour nous le travail des journalistes d’investigation en Slovaquie aujourd’hui; le soutien initialement apporté à la liberté de la presse et à la lutte contre la corruption après l’assassinat de Ján Kuciak y a laissé place à une défiance à l’égard des médias indépendants et à une atmosphère hostile aux journalistes.

1.  L’assassinat de votre collègue Ján Kuciak, qui fut le premier journaliste assassiné en Slovaquie depuis son indépendance, a provoqué une onde de choc, non seulement dans votre pays mais aussi dans l’UE. Quelles sont les informations les plus récentes concernant les poursuites dont font l’objet les auteurs de ce crime?

Cela fait six ans et demi que Ján Kuciak et sa fiancée Martina Kušnírová ont été assassinés en raison du travail d’enquête mené par Ján. Malgré cela, le procès est toujours en cours et pourrait encore se prolonger. Aujourd’hui, l’assassin, son chauffeur et l’intermédiaire ont été condamnés à de lourdes peines de prison. Toutefois, les procès du supposé commanditaire, l’homme d’affaires Marian Kočner, et de sa proche associée Alena Zsuzsová, qui ont, selon l’enquête, ordonné l’assassinat, sont en attente des décisions que doit rendre de la Cour suprême en appel. Zsuzsová a été condamnée par le tribunal de première instance, tandis que Kočner a été acquitté. En fonction du verdict à venir, une nouvelle procédure pourrait également être lancée. Kočner et Zsuzsová ont déjà été longuement incarcérés pour d’autres crimes. Au centre d’investigation Ján Kuciak (ICJK), nous avons suivi le procès de très près, l’un de nos principaux objectifs étant de préserver l’héritage de Ján en poursuivant son travail d’enquête.

2. Selon vous, après le choc initial et les manifestations qui ont dénoncé les assassinats et entraîné la démission du Premier ministre de l’époque, Robert Fico, qu’est-ce qui a fait évoluer l’opinion publique pour que M. Fico puisse revenir au pouvoir?

En 2018, l’assassinat de Ján et de Martina a plongé toute la société en état de choc. La Slovaquie a connu ses plus grandes manifestations populaires depuis la révolution de velours de 1989 qui avait abouti à la chute du communisme. Ces manifestations ont provoqué la démission du Premier ministre Robert Fico et du ministre de l’intérieur Robert Kaliňák. Les journalistes étaient alors très soutenus, tout le monde voulait devenir journaliste d’investigation et les gens s’intéressaient aux problèmes de corruption. Grâce à cette dynamique, l’opposition a remporté les élections de 2020 avec un programme de lutte contre la corruption. Mais peu de temps après a débuté la pandémie de COVID-19, qui a été mal gérée et a engendré de nombreux problèmes ainsi que des troubles politiques. Fort de son expérience politique, Robert Fico a su tirer profit des manifestations organisées par les opposants à la vaccination, ce qui lui a remis le vent en poupe. Après le début de la guerre en Ukraine, il a également intensifié ses discours pro-russes qui ont aidé son parti, Smer, à regagner du soutien. La Slovaquie est particulièrement vulnérable face à la propagande et aux fausses informations, et ces facteurs ont contribué à la victoire de Robert Fico et de son parti lors des élections de 2023.

3. Aujourd’hui, dans quelle mesure est-il dangereux d’être journaliste d’investigation en Slovaquie? À quelles nouvelles menaces êtes-vous confronté dans votre travail?

Ces dernières années, quatre journalistes d’investigation ont été assassinés dans les États membres de l’UE. Il s’agit de Daphne Caruana Galizia à Malte en 2017, de Ján Kuciak en Slovaquie en 2018, de Giorgos Karaivaz en Grèce en 2021 et de Peter de Vries aux Pays-Bas en 2021. En Europe, il est devenu dangereux d’être journaliste d’investigation. Mais nous constatons également que l’on n’étouffera pas la vérité en assassinant un journaliste et que celle-ci finira par éclater. Nous l’avons observé dans chacun de ces pays.

Malgré ces atroces assassinats, un nombre croissant d’attaques verbales ou en ligne sont encore dirigées contre des journalistes en Slovaquie, souvent à l’instigation des responsables politiques, y compris du Premier ministre. Leurs propos incitent fréquemment à mener des campagnes de harcèlement et de dénigrement à l’encontre de journalistes. D’autres actes dont sont victimes les journalistes et les médias indépendants résultent de cette atmosphère hostile. Récemment, nous avons constaté une recrudescence des poursuites-bâillons; à titre d’exemple, le Premier ministre Fico a poursuivi le rédacteur en chef du site d’information Aktuality.sk pour avoir utilisé sa photo sur la couverture d’un livre. La dernière affaire concernait le recours abusif aux services répressifs pour intimider des journalistes qu’a subi l’un de nos collègues de l’ICJK. L’ensemble de ces attaques ont altéré la confiance que le public accorde aux médias indépendants et ont instauré une atmosphère globalement hostile à l’égard des journalistes. De ce fait, le nombre de journalistes d’investigation dans le pays diminue et peu de jeunes aspirent à embrasser cette carrière. Pour terminer sur une note positive, à l’ICJK nous avons lancé le projet Safe.journalism.sk, qui propose aux journalistes une formation en matière de sécurité personnelle et numérique, ainsi qu’une aide juridique et psychosociale à ceux qui font l’objet de menaces ou d’attaques.

Lukáš Diko est rédacteur en chef et président du centre d’investigation Ján Kuciak (ICJK). Lukáš est un journaliste d’investigation et un acteur de premier plan du monde des médias qui possède plus de vingt ans d’expérience. Il a travaillé comme directeur de l’information, des sports et des affaires publiques au sein de l’organisme public de radiodiffusion slovaque (RTVS). Lukáš a également participé à la rédaction du code de déontologie des journalistes slovaques adopté en 2011.

La puissance économique de l’UE dans le monde est en déclin et sa position stratégique est gravement affaiblie face à la montée des tensions géopolitiques. Dans ce contexte, deux rapports d’une importance majeure ont été commandés pour évaluer la compétitivité de l’UE et son marché unique. Les rapports établis en réponse à cette demande, tous deux rédigés par d’anciens premiers ministres de l’Italie, MM. Enrico Letta et Mario Draghi, plaident vivement en faveur d’une consolidation bancaire. Par Stefano Mallia, président du groupe des employeurs du Comité économique et social européen

Alain Coheur

par Alain Coheur

La santé est un pilier fondamental de la résilience et de la prospérité de l’Union. Loin d’être un sujet périphérique, elle est primordiale pour chaque citoyen européen, car, tôt ou tard, nous utilisons toutes et tous nos systèmes de santé. Pendant la pandémie de COVID-19, la santé a été au centre des priorités, mais force est de constater que la présidente Von der Leyen n’a pas saisi cette occasion unique de faire de celle-ci une composante incontournable de toutes les autres politiques, en favorisant une intégration transversale de cette thématique. 

par Alain Coheur

La santé est un pilier fondamental de la résilience et de la prospérité de l’Union. Loin d’être un sujet périphérique, elle est primordiale pour chaque citoyen européen, car, tôt ou tard, nous utilisons toutes et tous nos systèmes de santé. Pendant la pandémie de COVID-19, la santé a été au centre des priorités, mais force est de constater que la présidente Von der Leyen n’a pas saisi cette occasion unique de faire de celle-ci une composante incontournable de toutes les politiques en favorisant une intégration transversale de cette thématique.

Il s’agit de dépasser les cloisonnements sectoriels et de construire un modèle européen plus cohérent, plus solidaire, plus inclusif, et de soutenir une transition juste pour tous, où personne ne sera laissé pour compte. Il convient d’unir tous les acteurs, de renforcer le dialogue social et d’associer la société civile, depuis la conception des politiques jusqu’à leur mise en œuvre et leur évaluation.

Le Comité réclame une initiative européenne phare en faveur de la santé: une initiative fédératrice, ancrée dans la solidarité européenne, pour renforcer nos systèmes de santé, lutter contre les inégalités dans le domaine de la santé, et se protéger contre les crises futures. Au cœur de cette initiative globale, on trouve notamment:

  • la garantie européenne de soins et de santé: la promesse faite à chaque citoyen européen de disposer d’un accès équitable et universel à des soins de qualité;
  • l’approche «Une seule santé»: la santé des êtres humains est indissociable de celle des animaux, des plantes et de l’environnement. Le changement climatique, les pandémies et la perte de biodiversité sont autant de menaces qui nous contraignent à adopter une approche intégrée;
  • la modernisation de nos systèmes de santé, qui passe par l’adoption d’outils numériques et de l’intelligence artificielle, tout en veillant à placer la cybersécurité et le renforcement des compétences numériques des citoyens et des professionnels de santé au cœur de ce processus;
  • les investissements sociaux et sanitaires stratégiques. Investir dans la santé génère des retombées positives sur le bien-être des citoyens et la compétitivité de l’Europe;
  • l’accès aux médicaments et le développement d’une industrie européenne innovante et compétitive dont les avancées doivent assurer la primauté de la santé et de l’intérêt général et réduire notre dépendance à l’égard de chaînes d’approvisionnement mondiales. Produire sur le sol européen est essentiel si l’on veut garantir notre souveraineté sanitaire;
  • des professionnels de santé bien formés, bien rémunérés et en nombre suffisant, grâce à des conditions de travail attractives et à des investissements dans la formation, en construisant des carrières enrichissantes et en offrant un soutien constant aux travailleurs de la santé;
  • le renforcement des politiques de santé et de sécurité au travail, notamment grâce à la médecine du travail, à des programmes de dépistage sur le lieu de travail et à la protection des travailleurs contre les agents cancérogènes et mutagènes;
  • la lutte contre le fléau des maladies non transmissibles et le défi que représentent les maladies rares doivent être prioritaires: il s’agit d’un combat contre les inégalités multifactorielles en matière de santé.

Par Alexandra Borchardt

Commençons par une provocation: le journalisme et l’IA générative sont en contradiction. Alors que le journalisme s’attache aux faits, l’IA générative calcule les probabilités. Ou peut-être souhaiteriez-vous que les journalistes remplissent les blancs d’une histoire avec n’importe quoi, du moment que cela semble plausible? Parce que c’est exactement ce que fait l’IA générative.

Par Alexandra Borchardt

Commençons par une provocation: le journalisme et l’IA générative sont en contradiction. Alors que le journalisme s’attache aux faits, l’IA générative calcule les probabilités. Ou peut-être souhaiteriez-vous que les journalistes remplissent les blancs d’une histoire avec n’importe quoi, du moment que cela semble plausible? Parce que c’est exactement ce que fait l’IA générative. Elle offre néanmoins d’immenses possibilités d’améliorer le journalisme, qu’il s’agisse de son utilisation lors de séances de remue-méninges et pour rédiger les questions des interviews et les titres, ou encore de son rôle dans le journalisme de données et l’analyse rapide des documents. Elle peut également contribuer à transcender les formats et les langues, et transformer des textes en vidéos, podcasts et visuels, ainsi que transcrire, traduire et illustrer du contenu, et le rendre accessible au format chat. Ces aspects de l’IA générative pourraient permettre de toucher les personnes qui étaient auparavant délaissées: les publics hyperlocaux, celles et ceux qui ne maîtrisent pas la lecture ou la compréhension, ou qui présentent un autre handicap, ainsi que les personnes qui ne sont tout simplement pas intéressées par le journalisme traditionnel. Comme l’affirme Ezra Eeman, directeur «Stratégie et innovation» chez NPO, le radiodiffuseur public néerlandais: «Grâce à l’IA générative, nous pouvons mieux remplir notre mission de service public; elle renforcera l’interactivité, l’accessibilité et la créativité. L’IA nous aide à apporter une plus grande partie de nos contenus à nos publics.»

Toutefois, si certains acteurs du secteur sont manifestement déjà grisés par les promesses de l’IA générative, cette technologie présente des risques considérables pour le journalisme. Les deux principaux sont une perte générale de confiance dans l’information et la poursuite de l’érosion, voire la disparition, de ses modèles économiques. Comme indiqué précédemment, les «hallucinations» — terme utilisé pour désigner la tendance de l’IA générative à fabriquer des réponses, en présentant des pseudo-faits et sources — sont en réalité une caractéristique de cette technologie plutôt qu’un bug. Mais le défi est bien plus complexe. Étant donné que l’IA générative permet à n’importe qui de créer, en quelques minutes, tout type de contenu, y compris des hypertrucages (ou deep fakes), le public risque de perdre confiance dans l’ensemble des contenus disponibles. L’un des conseils donnés dans le cadre de l’éducation aux médias est de faire preuve de scepticisme à l’égard des contenus disponibles en ligne; ce scepticisme sain pourrait se transformer en totale méfiance à mesure que la fabrication de contenu s’amplifie. Nul ne sait encore aujourd’hui si les médias traditionnels tireront des avantages de leur rôle de guide dans ce monde de l’information ou si tous les médias seront considérés comme non fiables dans ce contexte.

La déferlante des recherches génératives vient s’ajouter à cette calamité, car elle menace d’entraîner une invisibilisation croissante du journalisme. Alors que par le passé, une recherche sur Google fournissait un ensemble de liens, dont beaucoup étaient liés à des médias dignes de confiance, le résultat des recherches est désormais de plus en plus influencé par l’IA générative. Les internautes peuvent voir les réponses de premier niveau sous forme de texte et n’ont même pas besoin d’approfondir leur recherche. Il n’est pas étonnant que les responsables des médias soient effarés. Nombre d’entre eux se dépêchent d’adopter l’IA pour augmenter l’efficacité de leurs équipes, ce qui n’est évidemment pas la solution puisqu’il faudrait plutôt investir davantage encore dans un journalisme de qualité, pour montrer au public ce qui distingue le simple «contenu» du journalisme bien documenté, précis et fiable.

Une approche éthique de l’utilisation de l’IA dans les médias est indispensable. Premièrement, les organisations de médias ont besoin d’une stratégie en matière d’IA et doivent se focaliser sur ce que peut apporter la technologie pour fournir un service public de qualité. Les ressources doivent être concentrées sur ce qui est souhaitable et être affectées en conséquence — sans jamais perdre de vue que l’IA a un coût environnemental et sociétal considérable. Il devrait toujours être possible de dire non. Les organisations devraient également utiliser leur pouvoir et leur influence lorsqu’elles achètent des produits, font pression en faveur d’une réglementation et participent à des débats sur le droit d’auteur et la protection des données. Les enjeux sont nombreux. Il est impératif que chaque entreprise analyse régulièrement les produits qu’elle utilise afin de détecter les préjugés et les stéréotypes et d’éviter tout tort supplémentaire. Enfin, dans cet environnement en mutation rapide, où de nouveaux produits inondent le marché tous les jours, il est dangereux de faire cavalier seul. Les collaborations et leur promotion au sein de l’industrie et entre l’industrie et les entreprises technologiques sont essentielles pour progresser de manière responsable.

Cela dit, il ne fait aucun doute que l’IA générative augmentera considérablement la dépendance des médias à l’égard des grandes entreprises technologiques. Plus les entreprises technologiques intégreront les outils d’IA dans les applications utilisées quotidiennement par tout un chacun, moins les médias pourront maîtriser les pratiques, les processus et les produits. Leurs orientations éthiques pourraient alors être réduites à un simple élément accessoire d’un processus décidé depuis longtemps ailleurs.

Compte tenu de ce qui précède, l’hypothèse suivante pourrait sembler surprenante: le journalisme de demain pourrait ressembler beaucoup à celui d’hier — mais, espérons-le, en mieux. Cependant, une partie du journalisme d’aujourd’hui disparaîtra. Comme ils l’ont toujours fait, les journalistes continueront à parler de faits, à surprendre, à raconter des histoires et a détenir le pouvoir de demander des comptes aux autorités. Il s’agira d’établir des relations stables, loyales et fiables avec les publics en fournissant des orientations, en menant des débats et en soutenant les communautés. Dans un monde de contenu artificiel, ce que disent, pensent et ressentent les vraies gens sera précieux. Les journalistes sont particulièrement bien outillés pour le découvrir. Cela étant, l’IA peut aider le journalisme à s’améliorer en étant au service des individus et des groupes en fonction de leurs besoins et situations de vie et en devenant plus inclusif, plus local et plus riche en données, ce qu’il ne pouvait se permettre auparavant. Comme l’a fait observer Anne Lagercrantz, numéro deux de la télévision suédoise, à propos de l’IA: «Elle changera fondamentalement le journalisme, mais, nous l’espérons, pas notre rôle dans la société. Nous devons œuvrer à la crédibilité du secteur des médias. Nous devons créer des lieux sûrs pour l’information». Nous pouvons raisonnablement conclure que ce n’est pas le journalisme proprement dit, mais ses modèles économiques, qui sont les plus menacés par l’ère de l’IA.

Ce texte repose sur le rapport (en anglais) intitulé «Un journalisme de confiance à l’ère de l’IA générative», publié par l’Union européenne de radiotélévision en 2024 et pouvant être téléchargé gratuitement; le rapport est le fruit des recherches d’Alexandra Borchardt, Kati Bremme, Felix Simon et Olle Zachrison, qui l’ont également rédigé.

Embrasser la cause de l’élargissement: un engagement pour l’avenir de l’Europe

Le processus d’élargissement et l’intégration des pays candidats dans l’Union européenne ne sauraient se réduire à une simple expansion. Il s’agit d’un investissement géostratégique visant à favoriser la paix, la stabilité, la sécurité et le développement socio-économique, tout en renforçant le tissu démocratique de notre continent. L’élargissement de l’Union européenne constitue donc un outil puissant de diffusion et de promotion des valeurs européennes fondamentales. 

Embrasser la cause de l’élargissement: un engagement pour l’avenir de l’Europe

Le processus d’élargissement et l’intégration des pays candidats dans l’Union européenne ne sauraient se réduire à une simple expansion. Il s’agit d’un investissement géostratégique visant à favoriser la paix, la stabilité, la sécurité et le développement socio-économique, tout en renforçant le tissu démocratique de notre continent. L’élargissement de l’Union européenne constitue donc un outil puissant de diffusion et de promotion des valeurs européennes fondamentales. Les organes bilatéraux que nous avons instaurés avec les sociétés civiles des pays candidats sont les comités consultatifs mixtes et les plateformes de la société civile, l’initiative intitulée «membres d’un pays candidat à l’adhésion» (MPCA) et l’extension des visites consacrées à l’état de droit et aux droits fondamentaux dans les pays candidats. Ils illustrent le double engagement du CESE en faveur de l’approfondissement et de l’élargissement de l’Union. Nos travaux démontrent que les progrès sur le plan des réformes internes nécessaires peuvent et doivent aller de pair avec l’intégration des pays candidats. En dépit des difficultés qui persistent dans plusieurs d’entre eux, ces obstacles devraient stimuler notre collaboration avec nos homologues des pays candidats au lieu de freiner le processus.

Le CESE a joué un rôle déterminant dans l’élargissement de l’Union européenne en participant à la réunion ministérielle des Balkans occidentaux à Skopje ou encore en collaborant étroitement avec les responsables politiques de plusieurs pays candidats. Nos activités visent à évaluer le degré de préparation des pays candidats au regard des critères de Copenhague ainsi qu’à réaffirmer notre engagement en faveur d’un dialogue inclusif et équitable avec l’ensemble des membres du CESE, et en intégrant très probablement les MPCA. C’est la raison pour laquelle je suis fier de pouvoir dire que l’initiative des pays candidats à l’adhésion, lancée en février dernier en présence d’Edi Rama, premier ministre d’Albanie et de Milojko Spajić, premier ministre du Monténégro, constitue une pierre angulaire du manifeste de ma présidence.

En incluant activement les MPCA, le Comité se positionne en tant que chef de file, parmi les institutions européennes, dans le processus d’intégration progressive des pays candidats à l’adhésion à l’Union. L’impact de cette initiative est tangible, et elle bénéficie d’une reconnaissance accrue dans les pays candidats comme au sein de l’Union – Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, et Oliver Várhelyi, commissaire chargé de l’élargissement affirmant soutenir fermement le projet. L’initiative vise non seulement à apporter des avantages immédiats, mais aussi à donner des bases solides sur lesquelles construire les aspirations à long terme des pays candidats, de leurs citoyens et de leurs dynamiques sociétés civiles. Elle permet à la société civile de ces différents pays de participer directement au processus décisionnel européen, en maintenant l’élan des réformes nécessaires. Au total, quelque 146 membres de pays candidats à l’adhésion ont été activement associés à l’élaboration d’avis portant sur des thématiques liées à l’élargissement, tels que la politique de cohésion de l’Union européenne, le marché unique, la durabilité du secteur agroalimentaire ou encore les pénuries en matière de compétences.

Les comités consultatifs mixtes et les plateformes de la société civile constituent des enceintes de dialogue essentielles entre les différentes parties prenantes et garantissent que tous les points de vue seront entendus au cours du processus décisionnel. Des comités consultatifs paritaires sont actuellement opérationnels avec le Monténégro, la Serbie et la Turquie, tandis que des plateformes de la société civile sont en place, notamment avec l’Ukraine et la Moldavie. Le comité consultatif mixte UE-Macédoine du Nord devrait redémarrer dès l’ouverture du premier groupe de chapitres de négociation, tandis qu’un nouveau comité pour l’Albanie est en bonne voie. Le prochain forum de haut niveau de la société civile consacré à l’élargissement qui se tiendra le 24 octobre prochain, en marge de la session plénière du CESE, renforcera encore cet engagement. Organisé conjointement avec la Commission, ce forum réunira des membres du CESE, une centaine de représentants des MPCA, des responsables politiques de premier plan des États membres et des pays candidats avec pour visée d’explorer les apports potentiels du dialogue civil et social à la réussite de l’élargissement. Il mettra en évidence le rôle du dialogue social pour faire avancer les efforts en faveur de l’adhésion, optimiser les transitions écologique et numérique et soutenir le respect des valeurs fondamentales européennes.

En tant que porte d’entrée pour la société civile, le CESE s’emploie à donner les moyens d’agir et à se faire le porte-voix de celles et ceux qui défendent la liberté, la démocratie et la prospérité socio-économique, en ayant en ligne de mire une intégration plus étroite dans les pays candidats et au niveau de l’Union. C’est ensemble que nous construisons un avenir meilleur pour l’Europe – un avenir qui repose sur l’inclusion, la prospérité et l’unité. L’engagement du Comité en faveur de l’élargissement est inébranlable, et nos actions témoignent que nous croyons en une Europe formant un tout, à la fois plus intégrée et plus résiliente.

Oliver RÖPKE

Président du CESE

Notre invitée-surprise est Alexandra Borchardt, qui a prononcé le discours d’orientation lors de l’édition 2024 du séminaire «Connecting EU» du CESE. Elle est l’une des autrices principales du rapport d’actualité 2024 de l’Union européenne de radio-télévision (UER) concernant les effets de l’IA sur le journalisme, dans lequel elle analyse les perspectives d’un journalisme responsable à la suite de l’essor rapide de l’IA générative. Si certains acteurs du secteur des médias sont déjà grisés par les promesses de l’IA générative, celle-ci présente des risques considérables, mais offre aussi d’immenses possibilités.

Notre invitée-surprise est Alexandra Borchardt, qui a prononcé le discours d’orientation lors de l’édition 2024 du séminaire «Connecting EU» du CESE. Elle est l’une des autrices principales du rapport d’actualité 2024 de l’Union européenne de radio-télévision (UER) concernant les effets de l’IA sur le journalisme, dans lequel elle analyse les perspectives d’un journalisme responsable à la suite de l’essor rapide de l’IA générative. Si certains acteurs du secteur des médias sont déjà grisés par les promesses de l’IA générative, celle-ci présente des risques considérables, mais offre aussi d’immenses possibilités.

Journaliste chevronnée, consultante indépendante, professeure d’université et chercheuse spécialisée dans le domaine des médias, Alexandra Borchardt cumule plus de 25 ans d’expérience en salle de rédaction, dont 15 années à des postes de direction. Au cours des cinq dernières années, elle a accompagné 26 éditeurs européens dans leur transformation numérique en tant que conseillère pour le programme «Table Stakes Europe» de la World Association of Newspapers (WAN-IFRA). Vous pouvez consulter son travail ici.

Dans notre rubrique «Droit au but», Alain Coheur, rapporteur de l’avis du CESE sur le thème «Forger une initiative phare européenne en faveur de la santé», recommande de faire de la santé un thème prioritaire de la future Commission européenne. Il souligne le caractère fédérateur de cette initiative en faveur de la santé, qui devrait démontrer la solidarité européenne en renforçant les systèmes de santé et en protégeant l’Union contre les crises futures.

Dans notre rubrique «Droit au but», Alain Coheur, rapporteur de l’avis du CESE sur le thème «Forger une initiative phare européenne en faveur de la santé», recommande de faire de la santé un thème prioritaire de la future Commission européenne. Il souligne le caractère fédérateur de cette initiative en faveur de la santé, qui devrait démontrer la solidarité européenne en renforçant les systèmes de santé et en protégeant l’Union contre les crises futures.

Le 4 octobre dernier, le groupe ad hoc du CESE sur l’initiative citoyenne européenne a organisé à Zagreb un débat intitulé «L’initiative citoyenne européenne — état des lieux en Croatie». L’objectif était de faire dialoguer les membres du groupe ad hoc avec des acteurs locaux pour procéder à un échange d’expériences et de points de vue et à un débat d’idées. Les participants se sont notamment penchés sur la visibilité et la notoriété de l’«initiative citoyenne européenne» (ICE) en Croatie, mais aussi sur les enseignements tirés et les bonnes pratiques recensées jusqu’à présent. L’ICE est un outil qui permet aux citoyens de l’Union européenne d’influer directement sur ses politiques en proposant de nouvelles initiatives législatives.

Le 4 octobre dernier, le groupe ad hoc du CESE sur l’initiative citoyenne européenne a organisé à Zagreb un débat intitulé «L’initiative citoyenne européenne — état des lieux en Croatie». L’objectif était de faire dialoguer les membres du groupe ad hoc avec des acteurs locaux pour procéder à un échange d’expériences et de points de vue et à un débat d’idées. Les participants se sont notamment penchés sur la visibilité et la notoriété de l’«initiative citoyenne européenne» (ICE) en Croatie, mais aussi sur les enseignements tirés et les bonnes pratiques recensées jusqu’à présent. L’ICE est un outil qui permet aux citoyens de l’Union européenne d’influer directement sur ses politiques en proposant de nouvelles initiatives législatives.

Avec son débat à Zagreb sur le thème «L’initiative citoyenne européenne — état des lieux en Croatie», c’est la première fois que le groupe ad hoc organisait une manifestation dans ce format, hors de Bruxelles. Dans l’enceinte de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Croatie, les membres du groupe ad hoc du CESE ont eu le plaisir d’accueillir Mme Margareta Mađerić, secrétaire d’État auprès du ministère croate du travail, M. Dino Zorić du ministère croate de la justice, des représentants de la Commission européenne et du Forum de l’ICE, mais aussi de nombreux participants représentant les centres Europe Direct, des universités, des collectivités locales et des conseils économiques et sociaux nationaux, ainsi que des ambassadeurs de l’ICE en Croatie, des organisateurs d’ICE, des étudiants universitaires et d’autres acteurs de l’ICE.

Le débat a été suivi dans l’après-midi d’une réunion ordinaire du groupe ad hoc sur l’ICE et d’une déambulation dans le centre de Zagreb, au cours de laquelle les membres du groupe ad hoc sont allés directement à la rencontre de citoyens croates pour leur remettre le fameux Passeport pour la démocratie européenne du CESE.

Avec son programme de travail 2023-2025, le groupe ad hoc a pour ambition que le CESE prenne une part encore plus active au processus de l’initiative citoyenne européenne. Il prévoit d’organiser de nouvelles réunions en dehors de Bruxelles, car celles-ci lui offrent une occasion privilégiée de débattre avec des acteurs locaux de l’ICE et de sensibiliser des interlocuteurs nationaux et locaux à cet outil.

Actuellement présidé par Mme Violeta Jelić, membre du CESE, le groupe ad hoc sur l’ICE a été créé en 2013 pour fournir des orientations politiques sur l’ICE et effectuer un suivi de l’actualité dans ce domaine.

Introduite par le traité de Lisbonne, l’initiative citoyenne européenne a vu le jour en 2012, devenant ainsi le tout premier instrument de démocratie participative au niveau transnational. Elle permet à au moins un million de citoyens de l’Union issus d’au moins sept États membres de demander à la Commission européenne de présenter une proposition législative, et représente à ce titre le plus proche équivalent d’une initiative législative citoyenne. 

Depuis le tout début, le Comité économique et social européen (CESE) joue un rôle très actif dans le développement et la promotion de l’initiative citoyenne européenne. (ep)

6 novembre 2024

Conférence annuelle sur les droits fondamentaux et l’état de droit

27 novembre 2024

Les citoyens face à la désinformation (Athènes, Grèce)

28-29 novembre 2024

Forum européen sur la migration — 9e réunion

4-5 décembre 2024

Session plénière du CESE