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La crise du coût de la vie rend nécessaire de repenser complètement le modèle économique de l’UE
La crise du coût de la vie rend nécessaire de repenser complètement le modèle économique de l’UE
Par le groupe des travailleurs du CESE
Le coût de la vie constitue une préoccupation majeure des citoyens de l’Union européenne étant donné qu’il a des répercussions sur leur qualité de vie et leur bien-être économique. Des facteurs tels que les prix du logement, les coûts de l’énergie et de l’alimentation, ou encore l’inflation, peuvent grever les budgets des ménages, en particulier pour ce qui est des personnes et des familles à revenus faibles ou intermédiaires. Pour y remédier, le CESE a adopté une série de sept avis sectoriels, qui ont abouti à un avis-cadre général. Ensemble, ces avis mettent en avant la conviction du CESE selon laquelle les défis et les incertitudes auxquels l’UE est confrontée exigent non pas des ajustements progressifs, mais un changement structurel et stratégique plus profond du modèle économique européen.
L’objectif poursuivi est de fournir des orientations et des recommandations claires et concrètes aux institutions de l’Union, aux gouvernements nationaux, aux partenaires sociaux et à la société civile. Les grandes priorités suivantes ont été abordées:
- l’importance du dialogue social et de la négociation collective: il y a lieu de soutenir le rôle des syndicats et de la négociation collective dans la négociation de salaires et de conditions de travail équitables;
- les mesures à prendre par l’UE pour s’attaquer aux causes des hausses du coût de la vie (facteurs mondiaux, bénéfices excessifs des entreprises, protection sociale inadaptée, politiques fiscales favorisant les plus fortunés, etc.): il convient de renforcer les filets de protection sociale pour soutenir les travailleurs durant les périodes de difficultés économiques ou de chômage;
- la nécessité d’orientations claires au niveau de l’UE, d’améliorations en ce qui concerne l’établissement de rapports, ainsi que d’emplois de qualité assortis d’une solide protection des travailleurs, en veillant à ce que les salaires suivent le rythme de l’inflation et de l’augmentation du coût de la vie, afin de permettre aux travailleurs de conserver leur pouvoir d’achat. L’UE se doit de montrer l’exemple en veillant à ce que tous les emplois soient de qualité et à ce qu’aucun travailleur ne soit laissé pour compte;
- les mesures à prendre pour remédier aux dysfonctionnements du marché unique qui poussent les prix à la hausse: il s’agit d’assurer une application plus stricte de la législation européenne, d’achever l’union des marchés des capitaux, de veiller à une meilleure mobilité de la main-d’œuvre, ainsi que d’améliorer les infrastructures et l’accès aux soins de santé. Les règles régissant le marché du logement devraient également être évaluées quant à leur incidence sur le caractère abordable de ce dernier;
- la mise en avant de l’importance des services d’intérêt général pour atténuer les effets de la crise, en appelant à accroître les investissements publics dans les infrastructures sociales, le logement et les transports: il convient de promouvoir des politiques qui rendent le logement plus abordable et plus accessible, en particulier pour les travailleurs à revenus faibles ou intermédiaires;
- la précarité énergétique, qui est devenue une composante fondamentale de la crise du coût de la vie que connaît l’Europe. La forte hausse des coûts de l’énergie et des transports ces dernières années, imputable à la volatilité des marchés mondiaux, à la transition écologique et aux tensions géopolitiques, pèse le plus lourdement sur les travailleurs à revenus faibles ou intermédiaires, déjà confrontés à une stagnation de leurs salaires et à des marges financières limitées;
- la nécessité d’éviter le retour des politiques d’austérité ainsi que des politiques trop ciblées de la part de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui implique que cette dernière devrait non seulement se concentrer étroitement sur les politiques liées à l’inflation et à l’austérité, mais aussi prendre en considération l’incidence plus large de ses décisions sur l’emploi, l’investissement public et les coûts de la vie quotidienne, surtout pour les plus vulnérables.